Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux.

21 juil

 

5 ans sans Anne-Laure, c’est long.

Tant que nous sommes vivants

"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu’à moitié, lorsque Bo entra, un matin d’hiver, dans la salle des machines."

Heureusement, le 25 septembre vous pourrez tous et toutes enfin vous ruer sur son nouveau roman à paraître chez Gallimard Jeunesse.

Privilège de libraire, j’ai eu la chance de lire Tant que nous sommes vivants et en voici ma petite chronique enthousiaste !

5 ans après Le temps des miracles, ALB s’est refait une beauté. C’était le temps qu’il lui fallait pour "une parenthèse nécessaire [...] intense en réflexions, en changements personnels et professionnels"*

Ainsi, tout comme dans son histoire personnelle, ce nouveau roman est avant tout histoire de transformations et de métamorphoses. Dans ces pages sublimes, on côtoie l’ombre et la lumière en permanence. Des symboles plus ou moins évidents surgissent à chaque coin de page. Le lecteur navigue entre le monde d’en haut dans les 1e et 3e parties et celui d’en bas, dans laquelle se passe la 2e partie.

Bo et Hama sont les héros de cette aventure. Un jeune couple éperdument amoureux. Ils vivent au début du roman dans le monde d’en haut. Un monde qui ressemble étrangement au nôtre par certains aspects (le travail à l’usine, le bar-cabaret du village…) et qui pourtant nous semble assez peu familier. Les noms des personnages ne nous évoquent rien : Bo et Hama sont entourés de Malakie, Malkior ou encore leur fille Tsell. Si dans le cabaret la bière coule à flots, la patronne Tititne-Grosses-Pattes aux étranges jambes de ferraille nous sort de notre réalité. Ainsi, l’on navigue en permanence entre le familier et l’étrange, sans trop savoir où est la frontière. Une chose est sûre, l’amour de Bo et Hama est immense, pur et ne cessera jamais.

Le métal, l’usine, la forge, sont presque des personnages à part entière dans ce roman qui laisse un goût métallique dans la bouche. On coupe, on scie, on assemble. Il y a là le goût de l’effort, du travail acharné. L’odeur de la sueur et le goût des larmes salées. Ce livre est un histoire de sens, qu’il met tous en éveil.

Et puis un jour, c’est la catastrophe.

Tout sera chamboulé dans le village et surtout dans la vie de Bo et Hama. Surtout Hama.

Roman découpé en 3 parties aux narrateurs différents, on découvre dans la première la vie des héros heureux de s’aimer et de travailler dur dans la seule usine encore sur pied à des kilomètres à la ronde. On y voit grimper leur amour très haut.

La seconde partie est celle d’après la catastrophe, celle de l’errance pour Bo et Hama qui quittent leur village de manière tragique. C’est la partie de l’étrange, celle du petit peuple d’en bas qui va les accueillir comme des rois. Bichonnés, nos héros vont ici reprendre leur souffle, se ressourcer.

Dans la troisième partie, Bo et Hama, devenus parents cherchent un endroit où vivre tous les 3 paisiblement. Leur errance les mènera vers une presqu’île paradisiaque jusqu’au jour où… Pointe en sourdine une guerre dont ils n’ont jamais entendu, reclus comme ils sont sur leur île de Robinson. Cette dernière partie est bien différente de l’ambiance métallique des débuts, on y vit parmi les cocotiers dans une cabane en bois. Au grand air, en compagnie de leur drôle de fille qui manifeste d’étranges pouvoirs, le couple de Bo et Hama se délite. Les démons des uns et des autres refont surface.

Ce livre est remarquable en tout points, un grand roman. Fin, intelligent, remarquablement écrit. Il a tout pour plaire. Aux moyens, aux grands, aux filles, aux garçons etc…

Anne-Laure vous êtes largement pardonnée pour l’attente !

 

* courrier adressé par l’auteure aux libraires

Lecture #60 – un roman pour l’été

20 juil

Gaëlle:

Un article de Sophie du blog Hello Zadig qui parle de nous ! Ça fait plaisir ! Merci sophie et bonnes lectures avec ou sans nous.

Originally posted on hellozadig:

Quelques jours avant les grandes vacances, je me suis rendue dans une petite librairie jeunesse que j’aime beaucoup ("A pleines pages", vers Cordeliers, pour les Lyonnais), afin de trouver un album à offrir à une amie. Le problème, quand on entre dans ce genre de boutique mignonne comme tout et regorgeant d’ouvrages aux couvertures toutes plus attirantes les unes que les autres, c’est qu’on ne ressort jamais uniquement avec ce qu’on était venu chercher. Ce jour-là, ça n’a pas loupé. Après avoir trouvé un magnifique album pour ma copine (La maison en petits cubes, qui a reçu le Prix Sorcières 2013 du meilleur album, et qui est une véritable tuerie visuelle et poétique) (si vous voulez offrir un album à un enfant (ou un adulte!) de votre entourage, n’hésitez pas!), j’ai commencé à discuter littérature de jeunesse et romans pour ados avec la pétillante libraire, une fille de…

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Livre-tapis d’activités

16 juil

En voilà une nouvelle collection alléchante! "Les livres-tapis d’activités" sont des livres qui se déplient et deviennent de vrais tapis pour colorier, dessiner et s’amuser sur un sujet donné. 

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Le livre tapis d’activités: Les animaux, Delphine Chedru, Actes Sud Junior, 2014, 9,50 €

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Le livre tapis d’activités: Le corps humain, Bruno Gibert, Actes Sud Junior, 2014, 9,50 €

Ils prennent la forme d’une grande feuille recto/verso de 1m x 1,50m que l’on déplie et qu’on déploie par terre ! Avec des crayons, des feutres et de la peinture, on réalise seul, à deux ou à trois, les nombreuses activités proposées par les artistes.  Lorsqu’on a fini, on peut l’afficher comme un poster ! Regardez plutôt la vidéo…

Cet été-là, de Jillian et Mariko Tamaki. Ed. Rue de Sèvres.

12 juil

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Cet été-là est un "YA graphic novel", comme ils disent de l’autre côté de l’Atlantique où vivent et travaillent les cousines canadiennes Tamaki (Jillian est aux pinceaux et Mariko au texte, et il s’agit là de leur second album en commun.)

Entendez donc par là qu’il s’agit d’un "roman graphique pour jeunes adultes". Ah la fameuse tendance "jeunes adultes" qui nous enquiquine parfois parce qu’elle veut tout et rien dire !

Dans le cas de cette BD publiée par Rue de Sèvres, -le label bd de l’École des loisirs dont on a désormais bien compris qu’il n’était pas venu là pour rigoler-, "jeunes adultes" prend pourtant tout son sens. Rose vient tous les ans passer ses vacances avec ses parents à Awago beach où elle retrouve chaque fois son amie Windy. La première, grande blonde et filiforme a encore son corps enfantin, la seconde petite et brune a vu ses seins éclore dans l’année. Rose est aussi réservée que Windy est exubérante. Chez elles c’est un peu la pagaille, surtout chez Rose dont la mère est engloutie par son chagrin depuis une fausse couche l’année précédente. Rose assiste aux crises entre ses parents en se faisant toute petite et redoute le départ de son père plus que tout. Elle attend désespérément le moment où sa mère relèvera enfin la tête.

Cet été-là, les filles vont changer. Mais pas tant que ça. Ce n’est peut-être pas d’elles que viendra la métamorphose attendue par le lecteur. Autour d’elles gravitent des ados, qu’on peut qualifier, eux, de jeunes adultes. C’est l’été, les filles sont peu vêtues, les garçons qui tiennent la boutique qui vend/loue de tout ont la langue qui pendent. Rose trouve ces filles vulgaires et le garçon qui tient le comptoir est plus âgé, mais qui sait… Qui sait s’il l’intéresse ? On ne sait pas trop ce qu’il y a dans la tête de Rose. Alors, -peut-être pour se faire remarquer par ces grands garçons-, nos héroïnes se mettent à leur louer des films d’horreur pour lesquelles elles ne sont pas tout à fait prêtes ! De belles frayeurs pour elles en perspective…

Toutes deux sont encore engoncées dans leurs corps et mentalités de pré-ados, ne sachant si c’est encore chouette de faire des châteaux de sable ou si c’est le bon moment pour visionner des films d’horreur. Leurs corps et leurs cœurs oscillent entre l’enfance et l’adolescence et les cousines Tamaki nous le montrent d’une belle façon. J’ai aimé cette première scène à la plage où l’une propose à l’autre de refaire un château de sable mais où l’on perçoit qu’elles ne savent ni l’une ni l’autre si "ça se fait encore" ou même si elles en ont encore vraiment envie. Et la joie de les retrouver 300 pages plus loin, creuser dans le sable pour s’enterrer comme des gosses qu’elles sont encore (ou plus ?) avant de rentrer chez elles pour une année loin de la plage. Feront-elles encore des châteaux de sable l’an prochain ? Y a t’il d’ailleurs un âge pour arrêter d’en faire ? On ne sait pas. La préoccupation de Rose est plutôt de savoir si l’an prochain, elle aura enfin des seins… Pas des énormes, juste des normaux, lui suffiraient comme elle le dit de manière si touchante en clôture de l’album.

Sur plus de 300 pages, les cousines Tamaki figurent admirablement ce moment délicat qu’est le début de l’adolescence. La pudeur, l’inquiétude de Rose se mêlent à la joie de vivre et au culot de Windy dans cette histoire subtile et magnifiquement illustrée.

Gros coup de cœur pour cette BD qui n’a pas sa langue dans sa poche pour parler des changements hormonaux !

- Y’en a une à mon cours de danse, qui a dix ans et qui fait au moins un bonnet D. Peut-être même un G. Genre, ça lui fouette la figure quand elle court.

- Ma mère fait un B. Je ferai sûrement un B moi aussi.

- Est-ce que toutes tes copines ont des nichons ?

 

Questions essentielles à 13 ans, non ?

Cet été-là, Jillian et Mariko Tamaki, Ed. Rue de Sèvres, 318 p., 20 €.

 

 

 

 

Bizarbre, vous avez dit bizarbre…

7 juil

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 Bizarbres mais vrais! Bernadette Pourquié, Cécile Gambini (ill.), Petite plume de carotte et Petite salamandre, 2013, 19 € 

 Bizarbre [ bizaRbR] n.m. Plante bizarre dont la tige, communément appelé tronc, est chargée de branches.

Ce grand livre inventorie 16 spécimens de bizarbres venus du monde entier, qu’on pourra aisément situer grâce à la carte figurant sur les pages de garde. On dédie à chacune de ces espèces étonnantes mais réelles une double page. A gauche, son titre de bizarbre sous-titré de son nom commun, un texte alliant récit et documentaire où chaque arbre prend la parole pour se dévoiler au lecteur, un encadré contenant une anecdote, et parfois un petit schéma représentant un détail (fleur, fruit, feuille…). A droite, une illustration pleine page signée Cécile Gambini, le tout encadré par un subtil motif. A mettre entre les mains des petits curieux de Mère Nature!

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 L’arbre arc-en-ciel aussi connu sous le nom de Gommier de Mindanao ou encore Eucalyptus deglupta 

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Table ronde avec Elzbieta, Lionel Koechlin et Albertine

2 juil

Le vendredi 29 septembre 2013, au Festival des illustrateurs de Moulins (Allier), Albertine, Elzbieta et Lionel Koechlin tenaient table ronde. Ils étaient interrogés par Anne-Laure Cognet. Voici pour vous, un compte-rendu non exhaustif (article déjà publié sur le blog du CRILJ en décembre 2013).

 . Pourquoi ce thème du cirque est-il si présent dans vos livres ?

 Elzbieta – Je ne suis jamais allée au cirque mais un cirque itinérant passait chaque année à Mulhouse. Les roulottes me fascinaient. Elles représentaient pour moi un univers mystérieux d’aventure et de voyage, tout en apportant aussi la sécurité de la maison. J’ai horreur du réalisme dans les dessins. Le cirque est pour moi une caricature de notre société.

 Lionel Koechlin – Je suis d’accord avec cette idée. Sous un chapiteau, on trouve le risque, la couleur, le danger. Il s’agit d’un concentré des ingrédients de l’Art, et d’un concentré de l’existence aussi. La piste est un cercle symbolique avec une entrée et une sortie. Je vais souvent au cirque. Le cirque doit rester poétique. Il ne vaut mieux pas connaître la réalité difficile du cirque. Il faut conserver le mystère. Pour moi le cirque est une manière de fuir le réel.

 Albertine – Je n’aime pas le cirque, cela me met mal à l’aise, mais j’ai fait un livre sur le cirque pour le Festival, Circus. C’est un laboratoire, un challenge, j’ai beaucoup aimé me prêter à cet exercice et j’ai simplifié mon dessin. Créer des livres, c’est un jeu sérieux : on se fait plaisir. Il faut se surpasser mais il y a toujours une part du dessin qui m’échappe. Nous construisons nos histoires à deux avec mon amoureux qui est écrivain. Je pense que je suis incapable d’écrire une histoire. Il y a une part d’enfance très grande dans ce travail de création.’

 Elzbieta : Si je devait être un personnage de cirque, je serai forcément un clown.

 . Quelle est la part de l’incident ?

 Lionel Koechlin – Quand on travaille sur un sujet, cela augmente notre perception de la chose : on capte plus facilement les informations dessus. Je recherche le dessin de travers, celui qui va ouvrir des portes.

 Elzbieta – Je n’essaie pas d’imposer une image, je la laisse venir. J’ai un travail plus large, qui va plus loin que l’album jeunesse : mon travail pour adultes comme m es carnets que publie cette année L’Art à la page sous le titre Journal 1973-1976. Il ne faut pas trop ‘vouloir’, il faut faire confiance à l’image qui sort.

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 Albertine – Je suis tout à fait d’accord. Il y a quelque chose qui nous échappe et on a envie d’y revenir. On hésite, on est en panne. En fait, on veut aller plus loin. Dans ces cas là, je montre mes dessins à Germano et s’il approuve, alors je ne me pose plus de questions.

 Lionel  Koechlin – Je pense que beaucoup de livres pour enfants seraient bien pour les adultes. Il faut conserver l’équilibre instable du croquis, sur lequel il ne faut pas revenir car mieux serait moins bien.(1) La perspective classique est une convention que j’ai envie de détourner. Mes dessins ne sont pas réalistes. Je dessine comme on ne l’attend pas, par négation de la perspective notamment. Voir, par exemple, Croquis parisiens chez Alain Beaulet en 2010.

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 Elzbieta – Mon premier livre était Petit Mops créé en 1972 et paru en France en 2009 aux éditions du Rouergue. J’ai appris à dessiner dans mon journal personnel. Cela a donné lieu à un style, celui que l’on retrouve dans ma dernière publication à l’Art à la page. Ce sont des dessins des années 1970. Je suis toujours fascinée par ce que l’on peut faire à partir du noir. Ces premiers dessins sont le fondement de tout. Petit Mops était une expérience : je voulais savoir ce que les enfants peuvent comprendre d’un dessin si minimaliste. Je suis une autodidacte. Ce sont les éditeurs qui m’ont demandé de mettre de la couleur dans mes dessins. Comme j’ai été contrainte par ça, j’ai voulu compenser en faisant des livres sur tout ce qui me passait par la tête. D’où des livres aux sujets très variés.

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 . Parlez-nous du format de vos livres…

 Albertine – Pour Les Gratte-Ciel (La joie de lire, 2011), j’ai utilisé la photocopie et ajouté les éléments de la maison étapes par étapes. Dans la création d’un livre, il y a Germano, il y a l’idée et il y a moi. Pour ce livre, la verticalité s’est imposée d’elle-même, le format allait de soi. Je porte aussi beaucoup d’intérêt à la banalité.

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    Dans Ligne 135 (La joie de lire, 2012): le format est important, il définit quelque chose. C’est l’espace dans lequel va se dérouler l’histoire. Celle-ci est née d’un passage de notre vie. Nous nous trouvions sur un monorail à Tokyo quand nous avons eu l’idée de faire un livre là-dessus.

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 Elzbieta – Après Petit Mops, j’ai compris que les enfants étaient des êtres très intelligents. Ils fonctionnent d’une façon assez proche de celle de l’artiste. Oui le format du livre est important, c’est le théâtre de l’histoire. L’édition impose des contraintes, c’est une industrie. Le livre est très contraignant. On ne fait pas ce qu’on veut, ce n’est pas la même chose que l’œuvre de l’artiste qui, lui, est libre.

 Lionel Koechlin – J’ai testé le pop-up avec Pop-up Circus (Gallimard jeunesse, 2008).  et faire un pop-up, c’est formidable. Le cirque est un sujet rêvé pour ça. J’ai d’abord dessiné plusieurs propositions, plusieurs points de vue, puis l’ingénieur papier a mis le projet en relief.

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 . Comment envisagez-vous la question de la gravité ?

 Elzbieta – Je pense à l’enfant à qui je m’adresse. Je pense que c’est important de traiter de sujets importants aussi pour eux. Par exemple, dans Petit lapin Hoplà (Pastel, 2001), j’ai voulu traiter le sujet de l’enterrement et donner du sens à cet acte. Je pense qu’il faut donner de la matière aux enfants. Leur permettre de digérer ces événements de la vie.

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 Lionel Koechlin – J’ai envie de légèreté. Je ne veux pas traiter de sujets graves car je ne me sens pas à l’aise pour ça. Il y a d’autres auteurs qui le font et je trouve ça bien, mais moi je n’en ai pas envie.

 Albertine – C’est une belle question… On ne peut pas vivre sans être traversé par beaucoup de choses et il faut faire avec tout ça. Quand on fait le livre, on a besoin d’une porte de sortie, de légèreté pour traiter les choses.

 . Quels sont les projets auxquels vous travaillez ?

 Elzbieta –  Je prépare un livre théorique sur les contes traditionnels et l’enfance.

 Lionel Koechlin – Je prépare un livre pour adultes, les mémoires d’un directeur de cirque. J’ai exploré différentes branches dans mon dessin et je vais peut-être revenir sur l’une d’entre elles.

 Albertine : « Plusieurs livres arrivent Mon tout petit, Bibi, album sans texte, sur l’enfance et La Femme canon. J’ai aussi un projet d’exposition avec l’Art à la Page.

 . Pourquoi avoir parlé d’abandon ? (question du public à Elzbieta)

 Elzbieta – Un jour, j’ai vu une famille passer devant un SDF. La petite fille et le SDF se sont regardés, ils ont échangé quelque chose à ce moment là. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire Petit-Gris (Pastel, 1995). L’enfant a en lui quelque chose qu’il ne sait pas, mais qui lui permettra d’agir mieux que ses parents. Les enfants ont une vie privée très profonde. Tous les thèmes qui touchent l’enfance les intéressent. Je prends les enfants au sérieux. On les réduits en leur apprenant. J’espère qu’ils vont nous sauver.

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(1) Cette réflexion sur l’incidence dans le dessin nous renvoie à André François qui affirmait que « c’est le dessin qui nous dit quand il est terminé. »

Sur les ondes

28 juin

Parce que 2 webradios pour la jeunesse sont nées ces derniers mois et parce qu’on parle toujours trop peu de la littérature jeunesse dans les médias, voilà l’occasion de faire le point sur l’offre radiophonique existante! Pour de plus amples références, nous vous invitons à consulter notre sitographie…

Pour les petits

Radio Pomme d’api

Si le magazine Pomme d’api fête bientôt ses 50 ans, les éditions Bayard offrent depuis le 20 juin une nouvelle webradio à destination des 3-7 ans. Baptisée Radio Pomme d’api, elle propose chansons, comptines, histoires et poèmes pour découvrir des pans de la littérature orale enfantine sans oublier  certains titres chers aux adultes! Un véritable éveil à tous les genres musicaux!

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 Les petits +

Afin d’améliorer la programmation, l’équipe vous suggère à vous auditeurs de leur envoyer les titres des chansons et histoires préférées de vos enfants et pourquoi pas ceux de votre enfance que vous aimeriez faire découvrir… Mais cette radio jeunesse ne se contente pas de diffuser des références de son propre catalogue! Elle s’est ainsi associée à d’autres labels et organismes tels que Naïve jeunesse, les éditions Oui’dire, Didier Jeunesse, le label Arc-en-ciel ou Enfance et Musique  pour enrichir ses playlists.

Radio Minus

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Lancée en décembre 2013, Radio Minus est un projet de webradio "pour enfants aventureux" mené par un duo sonore et graphique nommé Gangpol & Mit. Leur objectif ? Archiver, documenter, diffuser et mettre en lumière tout un pan de la création musicale jeune public actuellement peu présente dans les circuits traditionnels. La programmation est élaborée par une équipe d’artistes, eux-mêmes souvent musiciens ou graphistes, ayant développé au fil des ans leurs collections de musiques de tous pays, chantées par et pour les enfants, des bandes originales de films et des disques d’illustration sonore, des musiques classiques mais aussi un large éventail de productions actuelles et indépendantes. Ce qu’on aime tout particulièrement c’est leurs 6 canaux de navigation au choix, correspondant à des sélections horaire et thématique: se lever, se laver, manger, danser, se coucher. Il existe également une playlist du moment et une dédiée aux animaux !

Les petits +

Les membres de l’équipe interviennent régulièrement dans le cadre d’évènements tels que Nuits sonores, Siestes électroniques, Gaité lyrique, Glazart etc en tant que DJ’s spécialisés mixant pour les enfants. Ils interviennent également dans le cadre d’ateliers de création radiophonique jeune public autour d’un thème et/ou d’un contexte spécifique, avec pour finalité la diffusion sur le portail web de la radio. Il peut s’agir d’une initiation au reportage, à l’enregistrement et à la collecte sonore, au montage et au mixage, le tout porté par une approche critique et sensée. Enfin, sont annoncés prochainement des articles hebdomadaires et des podcasts d’invités!

Par les petits

tous

1001 Schnagalaf par des jeunes de 10 à 15 ans et des bénévoles, jour et horaire de passage variables, durée 1h env. sur RADIO ZINZINE

Cette émission rassemble divers coups de cœur enfantins en matière de littérature jeunesse.

Pour les grands

Enfin, on ne peut s’empêcher de répertorier les émissions radios (de très belle qualité de surcroît)  traitant de la littérature de jeunesse.

loup

L’as-tu lu mon p’tit loup par Denis CHEISSOUX le dimanche de 19h55 à 20h sur FRANCE INTER

buissonnierLe temps buissonnier par Aline PAILLER le mercredi de 15h30 à 16h sur FRANCE CULTURE ;

anciennement Jusqu’à la lune et retour le samedi de 20h30 à 21h

enfants

Les enfants des livres par Emmanuel DAVIDENKOFF le dimanche à 6h40, 15h40, 20h25, durée 2mn sur FRANCEINFO

éléphant

Écoute, il y a un éléphant dans le jardin par Véronique SOULÉ le mercredi de 10h30 à 12h sur ALIGRE FM