Pour faire un livre

15 déc

Une autre façon de donner le goût de la lecture pourrait être d’examiner comment est fait un livre, de sa conception intellectuelle à sa réalisation matérielle. En s’attachant à cet aspect technique, on s’aperçoit qu’il existe de nombreuses formes artistiques d’objet-livre et que la plupart est simple et intéressante à reproduire avec les enfants. Voici quelques ouvrages-outils grosso modo évoqués par ordre de facilité de réalisation par les enfants, du plus petit au plus grand…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Je fabrique mes livres, Nathalie Palmaerts, Marie Paruit (ill.), Casterman, 2012, 12,50 €

Du simple cahier au livre animé, toutes les clés sont livrées ici pour fabriquer pas à pas ses propres livres. Dans un premier temps, on aborde les différentes parties d’un livre avec le vocabulaire spécifique. Dans un second temps créatif, on propose de concevoir certains types de livres tels que « le livre de ma semaine », « le livre éventail », « le livre d’une couleur », « le livre des j’aime » etc.

Pour faire un livre, Alain Serres, Solenn Larnicol (ill.), Rue du monde, 2013, 17 €

Dans ce livre accordéon astucieux (déjà chroniqué là), le recto raconte toute la chaîne de fabrication des livres: de l’auteur jusqu’au lecteur en passant par l’illustrateur, l’imprimeur, le libraire, qu’on découvre de la tête aux pieds sous forme de portrait. Au verso, on explique comment faire soi-même un livre: écrire, illustrer, fabriquer. En quelques étapes numérotées, le tour est joué!

 

Comment fait-on un livre? Anne-Sophie Baumann, coll. « Exploradoc », Tourbillon, 2009, 13,95 €

Dans cet ouvrage, c’est une véritable exploration du monde du livre. Toutes les étapes de la naissance des livres sont retracées en détail. On trouve également des interviews de créateurs – d’album, de roman, de BD, de poème, de livre animé – pour en appréhender les particularités.

Comment un livre vient au monde, Alain Serres, Zaü, Rue du monde, 2005, 15 €

Ici, sous la forme d’un carnet de voyage c’est tout le cheminement d’un livre en particulier qu’on suit, celui de Sous le grand banian de Jean-Claude Mourlevat et Nathalie Novi. A lire absolument avec l’album à ses côtés pour en savourer toutes les subtilités!

souslegrandbanianmourlevatnoviSous le grand banian, Jean-Claude Mourlevat, Nathalie Novi (ill.), Rue du Monde, 2005, 15 €

Il y avait, dans un village de l’Inde, deux sœurs. La plus jeune était aveugle mais quand elle passaient ensemble sous les grand banian, pour elles, la vie ouvrait grand les yeux.

Une fois arpentées les coulisses de fabrication, on peut alors se lancer dans la phase créative du livre…

Je crée des livres, Véronique Guillaume, Casterman, 2006, 14,50 €

Véronique Guillaume commence elle aussi par présenter l’objet à travers le vocabulaire (les composants, son format, le lettrage, la mise en page). Ensuite place aux réalisations originales. Tout commence par les reliures et les couvertures. Ensuite, voici une ribambelle de livres de toutes sortes à réaliser facilement: les livres tactiles ou odorants, animés ou à rabats, des livres de toutes les formes, miniatures ou à cachettes, et même de faux livres ! Pour chaque activité, on découvrira le principe du livre, le matériel nécessaire et les étapes de fabrication pas à pas. Pour les scénarios et les histoires, il faudra les imaginer ou se référer aux autres ouvrages de la collection (« Grands livres »  chez Casterman) proposant des activités d’écriture.

Pour faire un livre avec des images, Bellagamba, Grandir, 2007, épuisé

Les explications d’un auteur pour savoir comment faire un livre sont l’occasion de jouer avec les mots et l’image. Apporte un regard empreint de poésie à l’acte de création…

Ma petite fabrique de livres, Sophie Benini Pietromarchi, Milan Jeunesse, 2008, 25,90 €

Inspirée par des ateliers qu’elle a mené auprès d’enfants, l’artiste Sophie Benini Pietromarchi invite à oser! D’abord, à travers une chasse aux trésors, il faut glaner sa matière première: fouiller sa trousse d’écolier, inspecter la cuisine puis sonder la maison toute entière sans oublier le potentiel de la cueillette dans la nature. Ensuite, elle nous conduit à laisser aller notre imagination pour construire son histoire. On passe après à la préparation proprement dite du livre: storyboard, texte, couverture, illustrations… Enfin, différentes formes de livres sont présentées: livre de feuilles, livre rouleau, livre télé, livre plumeau etc. A chacun de s’approprier SON livre!

Et voici le tout dernier paru sur le sujet dont on ne pouvait s’empêcher de dire le plus grand bien…

Atelier pour enfants, dix ateliers pour fabriquer dix livres, Junko Nakamura et Odile Chambaut, MeMo, 2014, 14 €

Ce manuel présente dix ateliers pour concevoir et réaliser des livres plastiques et graphiques avec divers thèmes et formes : carnets, livres jeux, livres narratifs etc. Des exemples de travaux d’enfants réalisés lors des ateliers organisés par les auteures sont présentés dans l’ouvrage. Ceux-ci ont été inspirés par des auteurs, des artistes, des graphistes, des cuisiniers et des poètes ; mais aussi par l’art populaire indien, sud-américain ou japonais. Une superbe mise en pages qui donne l’envie de s’y mettre sur le champ!

Enfin, un ouvrage clairement destiné aux médiateurs dans une collection qu’on vous invite à découvrir dans son intégralité sur des sujets aussi divers que les marionnettes, contes & légendes, portraits, jeux d’écriture etc.

La collection « Arts visuels & » propose d’explorer, pour les enseignants, les formateurs, les intervenants et les artistes, de multiples opportunités pédagogiques en arts visuels, transférables dans les cycles 1, 2 et 3 de l’école primaire et le collège .

Chaque «ouvrage témoignage» présente des activités qui s’appuient sur diverses approches thématiques et disciplinaires, valorisant ainsi l’interdisciplinarité  : récits d’ateliers, réalisations d’élèves, propositions didactiques autour du dessin, des productions plastiques, de la connaissance des arts, en lien avec des notions étudiées en histoire, géographie, littérature et sciences.

arts visuels & albumsArts visuels & albums, Cathy Chamagne et Christa Delahaye, Canopé et CRDP de Franche-Comté, coll. « Arts visuels & », 2014, 16 €

Cette petite fabrique à livres-objets invite donc les élèves à explorer des univers d’artistes, pour jouer à leur tour avec les formats, les textes, les images et les matériaux, repousser les codes génériques de l’album de jeunesse et engager une véritable expérience esthétique.

Le Noël 2014 de l’Ouvre-livres

8 déc

NOEL…NOEL…NOEL…NOEL…NOEL…

Ce n’est jamais simple de choisir parmi les merveilles de l’année et de n’en garder que quelques unes.
Ce n’est jamais simple non plus de choisir un cadeau. Nous nous réjouissons de voir que malgré les années le livre reste une valeur sûre au pied du sapin, qu’il soit en plastique ou… en sapin.
Cette année, c’est sûr, si j’avais un enfant dans mon entourage qui a autour de 3ans et demi/4 ans, il n’échapperait pas à mon coup de coeur :

narrow_calin Gros câlin de Nicholas Oldland, ed. Bayard jeunesse.

L’histoire d’un ours plein d’amour et de joie qui distribue des câlins à tout le monde ! Les arbres, les castors (des fois les deux à la fois), c’est indéniablement l’ours le plus sympa au monde. Au début ses acolytes de la forêt semblent un peu étonnés de ce débordement de tendresse mais ils s’y font bien. Mais un jour un bûcheron armé d’une grosse tronçonneuse va s’en prendre à un arbre… Je ne dirais pas comment l’histoire se termine sinon ça gâcherait tout.

***

Ce n’est jamais anodin d’offrir un livre….en fait cela peut devenir militant. Moi j’ai déjà eu droit à « Tu arrêtes avec tes cadeaux de maitresse?! » Comme si c’était le cadeau ringard, has-been …. Alors la sœur, la copine, la cousine est fière que sa progéniture ait un cadeau intelligent, « éducatif » mais le jeune, dont les copains ont tous déballé une tablette, une console, voire un écran plat ( je vous jure que ça se passe autour de moi!), risque de marmonner un merci poli…..Et pourtant…..

Soyons fous, coupons la poire en deux : inventons le livre porte-billet, le livre porte-bons cadeau, le livre cache-« participation à ce que le jeune veut pour Noël ». Histoire de transmettre quand même de belles histoires et de belles images sans passer pour la Tata craignosse et sans céder à la fashion pression (Non mais!).

Lors de mes pérégrinations urbaines, j’ai découvert quelques belles histoires, et admiré ici et là de magnifiques illustrations destinés aux jeunes lecteurs autonomes (dès 7 ans).

Le dernier opus d’Antoine Guilloppé  Little Man relate l’aventure d’un jeune garçon au centre de New York. Les buildings et autres éléments architecturaux  de La Grosse Pomme permettent à Antoine Guilloppé de mettre sa technique d’illustration au centre de cet album et de nous livrer une histoire touchante. Un plaisir toujours présent.

Couverture-LITTLE-MAN

Little Man, Antoine Guilloppé, Gautier Languereau, Octobre 2014, 19, 90€.

Un jardin en hiver de Pauline Kalioujny est une histoire toute simple qui séduit par son jeu de couleurs (noir, blanc, rouge), par l’intrigue ( à qui donc sont ces grosses empreintes noires dans la neige??) et par la simplicité et la chaleur de ce qui ressemblerait à un conte russe. Une belle découverte.9782364745353

Un jardin en hiver, Pauline Kalioujny, Thierry Magnier, Novembre 2014, 11, 90€.

Abris d’Emmanuelle Houdart nous offre des illustrations magnifiques et les différentes significations de l' »ABRI » suivant son âge, son origine. Chaque définition est très juste et parlera sans aucun doute aux grands comme aux petits. Une belle émotion.

ob_86cf5b_abris-houdart

Abris, Emmanuelle Houdart, Les fourmis rouges, Octobre 2014, 18€.

Yéti de Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon.  Voici un album de saison qui présente un personnage sympathique, attachant qui part à la recherche de la belle qui a perdu sa botte..ça ne vous rappelle rien? Le dénouement est surprenant…..

yeti_cop_new3.indd

Yéti, Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon, Kaléidoscope, Novembre 2014, 12, 80€.

Pour toi de Christos et Sandrine Gambart. Un petit livre de rien du tout avec de belles illustrations et surtout surtout beaucoup, beaucoup de tendresse pour ce monstre poilu, griffu, qui sait aussi se rendre doux et câlin pour ceux qu’il aime. On en redemande!9791091338196

Pour toi, Christos et Sandrine Gambert, Points de suspension, Novembre 2014, 8€.

Je me demande de Jostein Gaarder et Akin Duzakin. Des questions sur la vie, l’amour, l’amitié, mais juste des questions…..pas de réponses d’adulte. Des illustrations magnifiques dans les tons sépia, gris, bleu….Histoire de prendre le temps….

51B1OwbsiDL._SL160_

Je me demande, Jostein Gaarder et Akin Duzakin, La joie de lire, Novembre 2014, 10€.

Histoire à la petite semaine de Rachel Corenblit et Cécile Bonbon. Un petit livre de rien du tout…perdu dans les livres de la collection Mouche….une belle histoire de transmission, des personnages frais, un texte écrit simplement sans vocable sensé capter l’intérêt du jeune lecteur (je pense à POURRI, PET, CROTTE….*). J’aime l’idée d’avoir entre les mains un carnet ligné que l’on lirait chaque jour, des illustrations colorées qui rappellent des tampons, des croquis, des collages….J’ai hâte de recevoir les autres titres de cette série ……

9782812606793FS

Histoire à la petite semaine, Rachel Corenblit et Cécile Bonbon, Editions du Rouergue, Aout 2014, 8€.
*même si je suis une fan de la taupe, Gaëlle !!

***

Quelques livres pour les tout-petits…

çavapaslatêteélisagéhin

ça va pas la tête, Elisa Gehin, Bernard Duisit, Hélium, 2014, 12,50 €

Ça va pas la tête ? : livre à tirettes et rabats où les personnages passent du sourire à la grimace pour le bonheur des plus petits. On retrouve ici la technique des tampons chère à Elisa Géhin et les couleurs acidulées qui font sa marque de fabrique. Livre pour rire, manipuler, jouer. A partir de 3 ans.

lepetitcurieuxedouardmanceau

Le petit curieux, Edouard Manceau, Milan jeunesse, 2014, 16,50 €

Quoi de mieux que le créateur en personne pour évoquer son dernier livre?! Voilà Le petit curieux présenté par Edouard Manceau…C’est une fenêtre découpée dans le livre qui invite le tout-petit à regarder le monde qui l’entoure…D’une simplicité et d’une ingéniosité remarquables!

 

abécédairexavierdeneux

L’abécédaire, Xavier Deneux, Milan jeunesse, coll. « Les imagiers gigognes », 2014, 25 €

Nouvel opus de la collection « Imagiers gigognes » aux éditions Milan signée Xavier Deneux. Cette fois, il réinvente le genre de l’abécédaire. Chaque lettre est mise en scène: page de gauche la lettre en relief, page de droite la forme correspondante en creux. Le contour en volume se détache de la page et invite l’enfant à toucher chaque caractère pour mieux les mémoriser. En vis-à-vis, un mot illustré en creux vient faire écho à chaque lettre pour lui donner vie et sens. Un véritable outil ludique, presque magique, à la fabrication soignée et solide, qu’un enfant pourra découvrir sans risquer de le casser.

***

Quelques romans…

Puisque tout le monde en parle, faisons de même !

LivreDePerle300Le livre de Perle, Timothée de Fombelle, ed. Gallimard jeunesse, 17 €.

Le nouveau Timothée de Fombelle est une fois encore savoureux, savant mélange de conte, de roman historique de roman à l’eau de rose ; il est quasi impossible à raconter ! C’est le livre de Perle avec une majuscule parce qu’il s’agit que quelqu’un, Joshua Perle. Dedans il y est question de personnages venus d’une époque différente, de collections d’objets, de boutique de guimauves, de valises qui s’entassent, de marais, de guerre, d’amour… Je ne vous en dit pas plus mais sachez que c’est un livre exigeant qui requiert une attention soutenue… Pour bons lecteurs donc, plutôt autour de la 4e. Mais c’est une merveille qui embaume la guimauve et la lagune de Venise (ok, elle sent pas très bon.) Vous pouvez lire par ici ce que le génial Michel Abescat en a dit car il en parle mieux que moi. Et une interview très chouette de l’auteur par . Au passage le roman a quand même gagné la Pépite du livre pour ado…

Coups de coeur de mes collègues à la librairie mais que je n’ai pas eu le temps de lire, je cite  :

Humains de Matt Haig publié chez Helium (15,90 €) HUMAIN_couverture_2014.04

et La guerre des singes de Richard Kurti chez Thierry Magnier (18,80 €).

singes

Tous deux pour bons lecteurs aussi.

Pour ma part je réitère quelques fameux livres de cette année que j’ai particulièrement aimés :

20140518-171457.jpg Eleanor et Park dont la critique déjà publiée sur ce blog est , roman subtil sur l’amour et le malaise adolescent qui m’a vraiment transportée.

Tant que nous sommes vivants Également le très bon roman d’Anne-Laure Bondoux, Tant que nous sommes vivants, dont on lira la critique ici.

Pour ceux qui aiment les romans qui remuent les tripes, Philippe Arnaud frappe fort avec son roman publié chez Sarbacane, Indomptables.

couv-indomptables

Ne vous fiez pas à cette couverture sur laquelle deux enfants semblent s’amuser follement ! Plus jeunes, certes ils s’amusaient sur la plage mais avec le temps vint la détresse et l’exil. C’est l’histoire bouleversante de deux enfants africains qui se nourrissent l’un de l’autre, passent des heures à discuter dans un confortable manguier. Il y a Jean-Jules et Mohamadou. Il y a aussi Olivia qui vit en France et qui est en souffrance. 3 enfants, 3 ados qui grandissent à une même époque mais dans des conditions bien différentes. Enfants, la vie des 2 garçons est plutôt légère mais avec les années le père de Mohamadou se radicalise. Plus question de s’amuser ou même d’écouter la radio. Mohamadou trouve refuge ailleurs, puis lorsque ce n’est plus possible, l’exil lui tend les bras. Jean-Jules et son ami ne se quitteront plus. C’est un roman bouleversant qui m’a subjugué par tous ces aspects tantôt doux, tantôt amer, tantôt joyeux ou désespéré. On n’oubliera pas de sitôt ces 2 héros.

***

Quelques documentaires…

Bestiaire des grands et des petits de Julie Colombet propose de grandes illustrations colorées et une entrée originale dans le documentaire. Il s’agit d’une suite de vérités scientifiques liées à la taille des animaux très cocace. Un moment agréable.

100278743

Bestiaire des grands et des petits, Julie Colombet, Acte Sud Junior, Novembre 2014, 16 €

painperdudupetitpoucet

Le pain perdu du Petit Poucet et autres recettes de contes de fées, Seymourina Cruse, Marie Caudry, Thierry Magnier, 2014, 21,20 € 

Ici, il ne s’agit pas des contes traditionnels réécrits mais plutôt d’une mise en scène humoristique et gourmande à la façon de Seymourina Cruse. Pour chacun des 14 contes revisités, ce sont 2 à 4 recettes originales et faciles à réaliser, tantôt sucrées, tantôt salées mais toujours avec une saveur de l’enfance qui nous sont proposées. Par exemple, au menu de Boucle d’or et les trois ours:

- la soupe au pistou de Papa ours

- le crumble aux mûres de Maman ours

- la gâteau au yaourt et miel de bébé ours

Chaque conte est illustré par une grande double-page signée Marie Caudry où les détails savoureux bouillonnent.

 

Dans le même esprit culinaire,

enviesd'enfance

Envies d’enfance, 55 recettes illustrées par Junko Nakamura, Stéphanie Rigogne-Lafranque, Rouergue, 2013, 18 €

On grandit, on accumule les expériences, les goûts, on stratifie nos souvenirs. Et puis, un jour, on s’aperçoit qu’il y a des choses que l’on a oublié de faire depuis longtemps, des choses essentielles et futiles: regarder l’âge que l’on a au fond des verres comme on le faisait à la cantine, sourire de toutes ses dents au dos des cuillères, creuser la mie du pain jusqu’à ce qu’il n’en reste que la croûte, faire un volcan avec sa purée, manger sa glace en commençant par la pointe du cornet, lécher le beurre des tartines, éplucher les clémentines en une seule fois pour que la peau ne se déchire pas, goûter les confitures avec les doigts ou encore manger le chocolat en poudre à la cuillère… Certaines saveurs, certains gestes nous ramènent irrémédiablement à l’enfance, c’est en cultivant cette insouciance, cette douceur que l’on retrouvera le temps du réconfort.

Dans ce répertoire de recettes promptes à raviver les plus chers de nos souvenirs d’enfance, se sont glissées 7 histoires imaginées par Stéphanie Rigogne-Lafranque. Voici le titre évocateur de quelques-unes de ces précieuses bulles d’enfance:

- comment se pelotonner sous la couette sans en perdre une miette

- comment quelques plats peuvent sécher des larmes

- comment de l’ennui naît la magie

- comment la nostalgie a du bon

Les illustrations délicates de Junko Nakamura, par empreintes de papiers découpés, apportent une douceur supplémentaire à ces tendres morceaux de cuisine… A expérimenter en famille!

Lectures d’enfance chez Loïc

30 nov

Ce mois-ci, c’est au tour de Loïc de nous livrer ses lectures d’enfance, l’occasion de voir la littérature jeunesse à travers un regard masculin mais aussi d’avoir un aperçu du quotidien de l’amoureux de la dame de la bibliothèque… A quels supplices livresques peut-il bien être confronté?!

 SAMSUNG CAMERA PICTURESLoïc, lecteur jeunesse malgré lui?!

Mon rapport à la littérature jeunesse?

Même si je lis pas mal de romans ados, je vois surtout la littérature jeunesse à travers les yeux de ma copine, qui est bibliothécaire jeunesse. Déjà pendant ses études, j’étais un peu son cobaye à domicile en faisant de petits exercices de lectures (dans quel ordre on lit/voit/comprend les pages, le texte, les images, la première et la quatrième de couverture etc) mais le pire c’est que ça ne lui convenait pas toujours, je ne réagissais pas vraiment comme elle l’attendait; car bien-sûr je n’ai pas la vision d’un enfant! 

Aujourd’hui, elle me montre ses coups de coeur, des contes et de beaux albums très souvent, elle qui adore les images. Une fois à la maison le soir, je vois vite quand elle a fait une découverte: « Faut que j’te lise un truc! Je peux?! ». Du coup, on s’installe sur le canapé et c’est parti…Parfois, je sers encore de « testeur » quand elle prépare une heure du conte ou des accueils de classe… Je peux aussi parfois jouer le rôle de « conseiller technique » comme elle dit, lorsqu’elle a quelque chose à bricoler: trouver un système pour fixer un castelet sur un vélo (pour lire un kamishibaï comme dans la tradition japonaise), pour projeter des ombres chinoises au mur d’après un livre aux pages finement découpées etc.

Des nombreuses histoires qu’elle me raconte, on a gardé quelques répliques qu’on réutilise, comme un langage secret, connu de nous deux: « Dakodak respondit Bou », « Par les poils de ma barbichette, c’est celle-là que j’veux »*. Parfois aussi, elle ramène de drôles de livres, des livres animés, des façons originales de lire comme les kamishibaïs ou les tapis à raconter, pour s’entraîner à raconter quoi.

Souvent, elle ramène des romans qu’elle pense présenter au club ados de la médiathèque. Elle aimerait bien que j’en lise un peu pour réduire sa pile de livres mais moi, je préfère lire un livre à la fois! Et puis, il y a aussi la voiture… Quand je la lui emprunte, il faut que je fasse attention à bien mettre « pause » si elle était en train d’écouter une émission radio en podcast pour suivre l’actualité de la littérature jeunesse ou bien si elle écoutait des nouveautés en musique enfantine ou des histoires enregistrées…

Mon premier livre?

Je me rappelle de certains livres mais je ne suis pas sûr que ça soit les premiers… Mes premiers souvenirs de lecture sont liées à mon hospitalisation, à l’âge de 3 ans. Le tout premier livre qui me vient en tête parlait du corps humain. On me l’avait donné à l’hôpital. Il y avait 7 ou 8 doubles pages cartonnées, avec une spirale et des sortes d’onglets pour retrouver facilement chaque chapitre. On découvrait les différentes couches du corps d’un enfant grâce à des découpes: les organes, le squelette, la respiration…

tuesfaitcommeçaTu es fait comme ça, M. Gomboli, C.A Michelini (ill.), coll. « Je vois, je découvre », Nathan, 1988, épuisé 

Que se passe-t-il quand nous mangeons? Comment circule notre sang? A  quoi servent nos cinq sens? Voici un livre à fenêtres pour découvrir la merveilleuse machine qu’est notre corps. En page de gauche, une ou plusieurs actions de tous les jours. En page de droite, des dessins et des textes simples qui en expliquent les mécanismes.

tuesfaitcommeça'Dans la même collection existait Comment vit un arbre

Après, il y a eu cet atlas géant… Il était grand comme moi dans mon souvenir mais en réalité il mesure 60 cm de haut et 40 cm de large. J’ai pu vérifier, j’ai retrouvé les livres avec mes cahiers d’écoliers qu’avait conservés ma mère.  Il y était encore noté « URSS » sur les cartes… J’avais aussi un titre sur l’espace mais je le regardais moins…On me les avait offert à Noël! 

SAMSUNG CAMERA PICTURESMon premier atlas géant, de grandes cartes faciles à lire au mur ou sur le sol, coll. « Livres géants », Gründ, 1987, épuisé

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le plus grand atlas du monde peut se consulter sur le sol ou comme une carte murale. Les cartes, égayées de symboles amusants, permettront aux géographes en herbe de tout savoir, ou presque, sur les cinq continents, les hommes qui y vivent et les productions du sol et de l’industrie » lit-on sur la quatrième de couverture.

L’histoire du soir ?

Petit, avec ma mère, on lisait des Monsieur Madame. On achetait un livre de temps en temps  au bureau de tabac. Au début, je n’avais que des Monsieur puis après sont apparues les Madame. Au dos, je me souviens qu’il n’y avait que quelques personnages. Je surveillais l’avancée de ma collection comme ça, en vérifiant la quatrième de couverture… Je repense à Monsieur Curieux, Monsieur Chatouille, Monsieur Maladroit ou encore Monsieur Malpoli. Mais celui-là je ne l’aimais pas trop, il avait une sale tête avec son monocle, il avait l’air snob! C’était de bons moments passés avec ma mère, même si on ne lisait pas forcément le soir! Par contre, quand on a changé de maison, j’avais peur dans ma nouvelle chambre et là, je me rappelle qu’on lisait le soir avant de m’endormir…

SAMSUNG CAMERA PICTURESMonsieur, Madame, Roger Hargreaves, Hachette Jeunesse

Roger Hargreaves était un auteur illustrateur britannique qui dessinait dans un style très simple et vivement coloré. Publiée à partir de 1971 en Angleterre, la série des Monsieur Madame était destinée à un très jeune lectorat. Chaque livre met en scène sur quelques pages les aventures humoristiques d’un personnage à chaque fois différent, identifié par une caractéristique physique ou morale particulière. La collection comporte 93 histoires: 49 Monsieur, 44 Madame. La série fut aussi un succès commercial par le nombre de produits dérivés qui en furent issus (dessin-animés, livres, figurines, jouets, vêtements…).

Une fois que j’ai su lire…

Une fois que j’ai su lire, j’ai dévoré énormément de BD. Ma mère avait déjà pas mal de Léonard et mon père tous les Lucky Luke ainsi qu’une bonne partie des Astérix et des Tintin; vous savez les premiers avec la couverture souple… Jusqu’à la fin du collège, je me faisais offrir des BD pour certaines occasions, comme les anniversaires par exemple. Quand j’ai eu le droit de regarder la télé le soir, je dois bien avouer que j’ai beaucoup, beaucoup moins lu… Ah si, ce que j’ai toujours lu et lis encore, ce sont des magazines! Celui auquel je suis abonné depuis longtemps c’est Sciences et vie.  Ma mère m’achetait de temps en temps un Sciences et vie junior car elle pensait m’inciter – à juste titre – à lire grâce à des sujets qui m’intéressaient.

Bon, par contre, je m’aperçois que je ne sais pas vraiment choisir un livre… En fait, je trouve que c’est compliqué d’aller chercher une histoire en dehors des têtes de gondoles. En librairie, c’est bien souvent rangé comme dans une bibliothèque, on ne voit rien! Je m’attache donc beaucoup aux mises en avant des libraires et à leurs avis notés sur des post-it, et pareil à la bibliothèque. Je me laisse porter par les conseils des gens et du coup j’ai des lectures hétéroclites!

* Bou et les trois zours, Elsa Valentin, Ilya Green (ill.), L’atelier du poisson soluble, 2008, 15,50 €

Bou_et_les_3_zours

La culotte du loup, Stéphane Servant, Laetitia Le Saux (ill.), Didier Jeunesse, 2011, 12,50 €

51w5afdKgpL._SX385_ 

A propos d’une vieille dame facétieuse nommée Astrid Lindgren, de Fifi Brindacier sa fille farfelue et de quelques autres fieffés farceurs…

14 nov

LindgrenL’Elan publie cet automne une biographie d’Astrid Lindgren. Ce texte pourrait être vraiment bienvenu, tant les écrits en français sur la vie de l’écrivaine suédoise sont rares, mais il se révèle finalement décevant. Thierry Maricourt signe cette biographie, l’auteur de Frérot frangin s’empare de la vie d’Astrid Lindgren, ou plutôt de sa plume pour nous livrer le récit d’une vie à la première personne.

Dans cette biographie, T. Maricourt retrace brièvement les événements de la vie de A. Lindgren, se focalisant davantage sur les héroïnes et héros de ses œuvres : Fifi Brindacier, Emil (ou Zozo, selon les traductions), Ronya, etc.

Un récit à la première personne… Ce choix étonne, on s’attend alors à un récit intimiste or, il n’en est rien. Le ton de T. Maricourt est léger même quand il aborde les événements les plus graves de la vie d’A. Lindgren. Est-ce dû au choix de l’auteur ou à un manque de sources sur la vie de l’écrivaine suédoise ? Au fil des pages, la figure d’A. Lindgren tend à s’effacer devant celles de ses héroïnes et héros. Astrid Lindgren était une femme de plume et une femme de convictions, elle a mené de nombreux combats notamment pour les droits des enfants, des animaux, etc., malgré cela la voix de Fifi se fait ici plus forte que la sienne.

Au final on en sait peu sur cette femme devenue mère (célibataire) très tôt, forcée de confier son enfant à une famille d’accueil car elle ne peut subvenir à ses besoins – comment vécut-elle cela ? – car le récit de T. Maricourt ne mentionne ces faits qu’en passant, comme s’il voulait que cette biographie soit d’un ton aussi léger que celui des récits de Fifi. Et que dire de ce thème sans cesse ressassé du refus de grandir, était-ce vraiment la plus grande préoccupation de l’écrivaine (ou est-ce l’amalgame de la posture de ses personnages) ? On aurait aimé connaître les liens plus intimes entre sa vie et son œuvre…

Astrid_portratt_JacobForsell_0

Astrid Portrait #2 © JacobForsell

A propos de son œuvre… La biographie nous présente tour à tour les principaux personnages des romans d’A. Lindgren, offrant donc un panorama commenté des soi-disant intentions de l’auteur. On aurait aimé y apprendre des faits plus marquants, comme par exemple que la version originale de Fifi – précédent la première édition – était beaucoup plus caustique et que les allusions au nazisme y étaient beaucoup plus explicites.

Le problème de cette biographie est peut-être une question de distance. A force de donner un ton léger et humoristique à son récit, T. Maricourt lui ôte toute profondeur, et à son style faussement autobiographique on peine à éprouver de l’empathie pour l’écrivaine. Peut-être tout est-il déjà dit dans le titre « A propos d’une vieille dame facétieuse » alors qu’on aurait voulu entendre parler d’une « grande » dame – fut-elle facétieuse – dont l’empreinte a tant marqué la littérature pour la jeunesse. Astrid Lindgren méritait mieux.

Lizi Boyd

5 nov

Auteure-illustratrice américaine, Lizi Boyd a publié pour le moment en France deux albums chez Albin Michel, deux petits bijoux à découvrir sans tarder…

Dans Dedans dehors, au fil des saisons, la nature se transforme ; le jardin et les jeux changent…Dans cet album sans texte, un petit garçon évolue à l’intérieur et à l’extérieur de sa maison : les fenêtres en découpe créent le lien entre ces deux univers. Les illustrations délicates et minimalistes de Lizi Boyd, tout en couleurs vives sur papier kraft, célèbrent la nature avec poésie ; et la simplicité de son trait contraste avec la richesse des scènes à observer décrit l’éditeur.

Dedans dehors, Lizi Boyd, Albin Michel Jeunesse, 2013, 14,90 €

Dans Promenade de nuit, c’est une déambulation poétique au cœur de l’univers fascinant de la nuit. Un petit garçon (le même héros que dans Dedans dehors certainement) équipé d’une lampe torche se promène dans la forêt tard le soir, silencieusement. Il éclaire d’un faisceau lumineux les animaux et les végétaux qu’il rencontre sur son chemin. Un hérisson, des poissons, des pommes, des champignons… la forêt regorge de surprises que révèle le halo…

Promenade de nuit, Lizi Boyd, Albin Michel Jeunesse, 2014, 14,90 €

Le langage des contes, d’Elzbieta

26 oct

L’automne nous amène de belles feuilles, Le langage des contes_2il en est ainsi du dernier livre d’Elzbieta. En 1997 déjà, l’auteure se dévoilait à travers L’enfance de l’Art. Moins autobiographique, mais tout aussi personnel, son essai Le langage des contes paru récemment nous offre la vision d’une artiste de renom sur un domaine encore plein de mystères.

Avant de plonger dans le monde des contes, Elzbieta se distancie de Bettelheim et de Propp, malgré son intérêt pour l’un et sa déception envers l’autre. L’enfant, le texte, l’image, la morale, l’imagination, le langage… sont parmi les multiples angles d’attaque de cet ouvrage. Pour parler des contes, l’auteur revient sans cesse à l’enfant : l’enfant éternel héros des contes, l’enfant qui écoute inlassablement les mêmes contes, l’enfant et la réception des contes, l’enfant que l’on a été et que l’on n’est plus… Elzbieta nous livre une réflexion sur le conte avec son regard d’artiste, d’une artiste proche de son enfance, toujours curieuse de la perception et de la logique des enfants.

Témoignant de son travail, Elzbieta revendique la pensée personnelle de l’enfant : Un enfant qui imagine, qui s’évade, qui pense par lui-même est un sujet d’inquiétude. Comment lui autoriser une vie intérieure hors de tout contrôle ? […] J’ai beau expliquer que l’exploration que je propose aux enfants à travers mes albums est une affaire privée ; qu’il ne s’agit pas pour moi de leur enseigner ce qu’il faut penser, comprendre ou éprouver d’un album, […] qu’en résumé je m’adresse à la capacité des enfants d’évoluer seuls, d’avoir une vie et une pensée personnelles et intimes : rien n’y fait. (p. 33)

Elzbieta prête aux contes un pouvoir puissant, en cela elle rejoint Bettelheim. De même que nos rêves, les contes ne mentent pas. L’usage consolateur intime, le travail caché de la pensée, que le conte – et sa répétition – suscite, demeurent dans le non-dicible, mais les enfants sentent intuitivement que ces récits-modèles abordent discrètement des questions qui méritent examen. (p. 85)

Quant au langage des contes, à leur structure narrative, Elzbieta entrouvre une porte qu’on aurait volontiers voulu la voir pousser plus loin. Elle nous introduit le langage I-maana et son esthétique de l’implicite que le linguiste Hassan Jouad a particulièrement étudié. Certes, les contes – malgré les nombreuses analyses qu’ils ont subies – recèlent bien des mystères et des pouvoirs méconnus. Approfondir la question sur le non-dit, l’implicite des contes aurait été bienvenu.

Au final, c’est un essai sur le conte marqué de l’empreinte personnelle de l’auteur et qui appelle d’autres lectures ou relectures (Bettelheim, Jouad, Péju, Grimm & co). Son ouvrage nous amène un éclairage sur son travail d’auteure : En me hasardant à inventer des contes […]. Il fallait m’exercer à employer des méthodes narratives qui ne me sont pas naturelles, notamment apprendre à surmonter le besoin d’expliquer, de rendre logique et cohérent le pourquoi et le comment […]. (p. 58)

Le langage des contes / Elzbieta ; Le Rouergue, 2014.

Ô feutres!

20 oct

Aujourd’hui, c’est la technique d’illustration qui va être le fil conducteur de cet article, en l’occurrence le feutre. Ce type de stylo est plus rarement exploité dans l’illustration c’est pourquoi nous avons choisi de présenter le travail de trois jeunes femmes dont c’est l’outil de prédilection…

Charlotte Fréreau

Charlotte Fréreau utilise du matériel scolaire (feutres et crayons de couleurs) pour réaliser ses dessins inspirés par l’enfance et la nature. Son travail très instinctif démarre de la couleur et s’appuie sur la recherche de déséquilibres, de décalages d’échelle entre petites et grandes formes. Les univers qu’elle dessine sont fourmillants et colorés.

Le beau projet dont on voulait se faire l’écho est une série de 4 livres paravents mettant en scène la ronde des saisons. L’enfant déplie chaque livre grand format (24×40 cm) tel un accordéon et là mille et un détails de saison sont à observer: végétation, ville, activités, personnages etc.

automne charlotte fréreauUn an l’automne, Charlotte Fréreau, MeMo, 2009, 22 €

hiver charlotte fréreauUn an l’hiver, Charlotte Fréreau, MeMo, 2009, 22 €

printemps charlotte fréreau

Un an le printemps, Charlotte Fréreau, MeMo, 2009, 22 €

été charlotte fréreauUn an l’été, Charlotte Fréreau, MeMo, 2009, 22 €

 

Petits pas dans la neige

un scarabée dort

dans une chaussette

SAMSUNG CAMERA PICTURESExtrait d’Un an, l’hiver

 

Marie Saarbach

Diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, Marie Saarbach a vu son projet de fin d’études intitulé Le Jeu de l’Oie publié par les éditions Autrement Jeunesse en 2013. Cet ouvrage accordéon s’inspire du jeu traditionnel dont le parcours, case par case, symbolise les grandes étapes de la vie. Trente trois tableaux illustrent le voyage initiatique de deux enfants – un garçon et une fille-, de la maison jusqu’à la mer. A chaque image correspond une épreuve à franchir et met en situation un sentiment (la peur, le danger…). Le cheminement se fait de page en page…

jeudeloiemariesaarbach1Le Jeu de l’oie, Marie Saarbach, Autrement, Jeunesse, 2013, 24,50 €

jeudeloiemariesaarbachDétail sous la pluie

 

Dans un tout autre registre, Marie Saarbach a signé avec la complicité de Clément Paurd et Mathieu Lefèvre, un étonnant Catalogue de l’espace, véritable guide de survie en mode vente par correspondance pour les futurs voyageurs intergalactiques. Trois gammes de produits sont présentées: civile, scientifique et militaire. L’index en fin d’ouvrage détaille les différents articles. De même, les services de l’espace (commande, paiement, livraison, retour, conseil, bon à savoir) ainsi qu’un bon de commande ont parfait le sentiment d’authenticité de cet album voué à atterrir entre les mains du voyageur galactique, du biologiste cosmique ou du soldat stellaire.

91tYCkBB48LCatalogue de l’espace, Clément Paurd et Mathieu Lefèvre, Marie Saarbach, Gallimard Jeunesse, 2013, 20 €

SAMSUNG CAMERA PICTURES

 

 

Fanny Ducassé

Enfin, voilà le portrait que dresse les éditions Thierry Magnier de Fanny Ducassé: 
Elle suit des études de Lettres modernes jusqu’à l’obtention d’une licence. Bien qu’elle s’épanouisse dans ce domaine, elle éprouve le besoin d’exercer son goût pour le dessin, et pour le vêtement. Aussi entame-t-elle des études de stylisme-modelisme à la Chambre syndicale de la Couture parisienne. Elle y développe un attrait certain pour l’illustration et pour l’univers de l’enfance. Peu à peu, ses dessins isolés représentant de petits personnages se transforment en une première histoire biscornue.

louve fanny ducassé

 Louve, Fanny Ducassé, éditions Thierry Magnier, 2014, 13,90 €

Il y avait une fois, tout au fond de la forêt, une jeune fille rousse qui vivait parmi les renards. Louve se mêlait à eux aussi facilement que le chocolat se mêle au lait, car les animaux de feu savaient la reconnaître. Mais Louve est l’objet d’une étrange malédiction : ses cheveux s’enflamment dès qu’elle se laisse submerger par ses émotions. Un beau jour, Louve fait une rencontre qui va changer sa vie, la rencontre d’un gars-loup…

Ici, le feutre crée relief et densité grâce aussi aux mille petits traits noirs peuplant les pages de ce monde automnal et chatoyant. En attendant un prochain album toujours chez Thierry Magnier narrant les aventures d’une certaine Mustella (nous révèle Gaëlle la libraire), découvrez sur son blog son travail autour de la papeterie – carnets, cartes, marque-pages – où le motif est roi.