Dans le ventre du loup…

16 avr
Three Little Pigs est un conte anonyme du folkore anglo-saxon dont les premières traces remonteraient au XVIIIème siècle, bien que le conte soit sans doute plus ancien… Depuis, Les Trois Petits Cochons a  donné lieu à de nombreuses versions illustrées ainsi qu’à des adaptations cinématographiques dont l’une des plus connues (en tout cas pour moi!) reste le court-métrage sous la houlette de Walt Disney en 1933 avec son refrain: "Qui a peur du Grand Méchant Loup ? C’est pas nous, c’est pas nous !" fredonné malicieusement par Nif Nif, Naf Naf et Nouf Nouf…
Mais aujourd’hui, ce sont quelques interprétations contemporaines que l’on souhaite mettre en avant…Côté scène d’abord, avec Dans le ventre du loup, une histoire dansée des 3 petits cochons. En janvier 2012, la chorégraphe Marion Lévy crée avec la compagnie Didascalie le spectacle au Théâtre National de Chaillot d’après un texte de Marion Aubert; il poursuit maintenant sa tournée!
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Dans le ventre du loup : une histoire dansée des trois petits cochons, Marion Aubert, Riikka Sormunen (ill.), coll. "Heyoka jeunesse", Actes sud-Papiers, 2012, 8,70 €

Côté papier, deux artistes belges ont revisité ce conte pour les tout-petits. Dominique Descamps d’une part, a reçu une bourse de création pour Par un beau jour, offert en 2012 aux 21 000 nouveau-nés du Val de Marne en cadeau de naissance. Au départ, c’était un livre d’artiste au très grand format que Dominique Descamps a mis presque deux années à réaliser grâce à la technique de la linogravure (= gravure sur linoleum). Ce bel album sans texte présente trois cochons insouciants partis pique-niquer. On les suit à travers les bois, les champs, les parterres de fleurs et les buissons aussi grâce aux judicieuses découpes dans la page mais au bout du chemin, c’est le loup qui les guette!Auront-ils la peau du loup?

 par un beau jourPar un beau jour, Dominique Descamps, Ed. des Grandes Personnes, 2012, 17,50 €

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D’autre part, Sabine de Greef, elle, offre son histoire sous la forme d’un livre à rabats, qui ravira les plus petits.

unemaisonpourtroiscochonsUne maison pour trois cochons, Sabine de Greef, Pastel, 2006, 11,20€

Toc, toc, toc, y a quelqu’un ? Pas de réponse… Nos trois petits cochons poussent la porte et s’aventurent dans la maison à l’image du Petit chaperon rouge. Mais à qui appartiennent ces bottes de sept lieues ? Et cet énorme manteau ? Et ce pantalon si long ? Et ces gants de géant ? Devinez-vous qui se cache sous la couette ? Le loup pardi! Pour lui échapper, l’astucieuse trouvaille de l’auteur: refermer la porte de l’antre matérialisée par la quatrième de couverture!

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1, 2, 3 Qui est là? Sabine de Greef, Pastel, 2003, 11,20€

Là, c’est une version bretonne des trois petits cochons où la fratrie est remplacée par des poulettes! On doit ce livre-CD au duo Fabienne Morel et Debora Di Giglio aussi connu sous le nom d’Huile d’olive et beurre salé, le tout illustré par Nathalie Choux. Voyez plutôt!

pouletteettroismaisonnettesLa poulette et les trois maisonnettes, texte écrit et raconté par Fabienne Morel et Debora Di Giglio, Nathalie Choux (ill.), Syros, 2013, 18,90 €

Et dans le genre version décalée, ne pas oublier Les trois petites culottes de Sylvie Chausse et Anne Letuffe éditée à l’Atelier du Poisson Soluble.

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Mais aussi… Il était une fois trois très petits cochons, Jambon, Rillette et Lardon, qui, lassés de ranger leur chambre constamment, décidèrent de quitter leur maman pour construire leur propre maison. L’un la fit avec des pailles, l’autre la fit de pain grillé, le troisième la fit en morceaux de sucre…

trespetitscochonsLes Très petits cochons, Angélique Villeneuve, Martine Camillieri (photographies), Seuil Jeunesse, 2013, 13,90 €

trespetitscochonsLa cochonaille est incarnée ici par des jouets des plus kitchs côtoyant divers aliments appréciés des enfants dans des mises en scène colorées photographiées par Martine Camillieri. On se prend alors à réfléchir à notre mode de consommation ainsi qu’au recyclage…Un régal pour les yeux!

"Oh my god! Je lis un album anglais!"

11 avr

Petit article pour évoquer la littérature de  jeunesse anglophone à l’école.

Dans ma classe de Ce1, cette année, les albums anglophones m’ont permis d’aborder chaque notion et structure langagière enseignées. Je n’ai rien inventé, il s’agit d’un procédé didactique bien en place intitulé Storytelling. Je me suis aidée de nombreuses recherches en didactique des langues étrangères et de quelques sites très riches.*

L’hypothèse de départ  est simple. A= Le jeune lecteur aime le livre. B=Le jeune lecteur aime l’anglais. Donc A+B=C: le jeune lecteur aime  les livres en anglais. (un peu facile certes, mais d’autres s’occupent des problématiques plus complexes, laissons-les réfléchir.) Et puis la maitresse aime les albums de jeunesse et l’anglais….:-)

Pour cette première expérimentation, je me suis entourée de valeurs sûres me disant qu’avec l’expérience, je prendrai le temps de construire des séquences sur des albums plus récents découverts lors de mes déambulations londoniennes (zut! il va falloir que j’y retourne….;-))

Donc ici quelques albums qui permettent d’introduire l’anglais en cycle 2, à savoir comprendre un récit,  reproduire des phrases entendues oralement, produire un texte oral.

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La maitresse dit hello! de Kris di Giacomo est  un album bilingue qui reprend le vocabulaire de base. Dès le début de l’année, je l’ai utilisé comme présentation de notre progression. Les élèves le lisent régulièrement comprenant chaque jour davantage le texte. j’ai beaucoup aimé les illustrations de cet album qui sont dans des tons vert- gris-blanc cassé qui suggère la douceur.

 

 

 

 

 

 

 

Hello-Goodbye 

 Hello, Goodbye, de Sam Lloyd . Les animaux se croisent et se disent Hello, puis lorsque la pluie arrive, ils disent Goodbye.! Les élèves l’ont manipulé avec plaisir malgré le texte complexe mais il a permis de pouvoir s’exercer à répéter les formules de politesse avec différentes voix et ainsi de commencer quelques petites scénettes en anglais dès le tout début de l’année. Dire Hello (avec le H aspiré!!!) dans la voix du Gros Ours dédramatise totalement le fait de prononcer un nouveau son devant la classe. Ce gros nounours, on n’a qu’une envie: aller lui faire un bon gros câlin.

 

 

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 Today is monday d’Eric Carle, auteur reconnu et souvent utilisé à l’école maternelle. La chanson des jours de la semaine a permis l’installation de l’English corner dans la classe pour instituer des rituels anglais."What’s the day today?"  J’aime beaucoup ses collages colorés et les grands yeux de ses personnages.

 

 

 

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Meg and Mog  de Helen Nicoll et Jan Pienkowski. Le graphisme de cet album m’a beaucoup plu et l’histoire est drôlissime. Nous avons abordé un pan de la culture anglophone et Halloween.

 

 

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 Ketchup on your cornflakes de Nick Sharatt. Cet album  a permis de découvrir la structure langagière I like /I don’t like/ I prefer, de compéter le lexique de la nourriture. En fabriquant un album individuel qui permet de savoir que Lucas n’aime pas les champignons sur sa pizza ou qu’ Emeline aime le miel sur son pain, les élèves n’ont jamais autant parlé anglais!

 

 

 

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Mr Wolf’s week de Colin Hawkins a été riche lui aussi. Jours de la semaine, temps qu’il fait, vêtements….nous avons profité de la compagnie de ce loup goguenard de nombreuses semaines. Nos rituels se sont enrichis de "what is the weather like?" et de"what are you wearing today?"

 

 

 

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L’incontournable Brown Bear d’Anthony Browne s’est invité en mars dans notre classe. La chanson a été mémorisée rapidement, permettant aux élèves de disposer d’éléments linguistiques pour échanger entre eux (couleurs, animaux). Cette fois-ci les productions ont été filmées comme chanson-cadeau pour notre intervenante Grace. De l’écrit mais surtout, surtout de l’oral au cycle 2. (Mise en ligne des vidéos en cours)

 

 

 

 

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A l’approche des fêtes des mères, des pères, nous enchainons avec My Mum et My Dad d’Anthony Browne (encore lui) pour produire un portrait-cadeau. Nous nous intéresserons de près au lexique de la famille, aux pronoms personnels, à la structure  avec CAN. Mais surtout les élèves dévorent les illustrations magnifiques déjà rencontrées dans Une histoire à quatre voix.

 

 

 

Pour la fin de l’année, j’hésite encore……le choix est difficile! Une chose est sûre, le bilan est plus que positif. Les albums sont empruntés, lus, les enfants sont dans une démarche dynamique d’apprentissage, ils parlent, écrivent, collent, fabriquent, ils ont entre les mains des documents authentiques que d’autres enfants liront aussi. Qui doute encore de l’importance de la littérature de jeunesse à l’école ?

*Sitographie

http://www.primlangues.education.fr/

http://lewebpedagogique.com/enmodecafipemf/2012/12/10/anglais-cycle-2-albums/

 

 

 

 

 

Emilie, Domitille de Pressensé

7 avr

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Et oui ! Je vais faire de jalouses c’est sûr car ce lundi matin j’ai rencontré Domitille de Pressensé.

Si vous êtes nées entre 1975 et 1990 vous avez forcément eu entre vos mimines de petites filles un album au moins de la série ÉMILIE. Peut-être même avez-vous appris à lire avec elle, son frère Stéphane, sa sœur Élise, son hérisson Arthur… Et puis les cousins, les copains, Sidonie et compagnie. Il y avait même un anglais prénommé Arthur. On se baignait dans des baquets, on enguirlandait les sapins à même la forêt pour ne pas les déraciner. J’avais un masque Émilie mais ça tout le monde s’en fiche.

Quand j’ai découvert Domitille ce matin -j’avoue que je ne l’avais jamais "googlisée" ou "facebookée"-, je me suis dit : "mais qu’est-ce qu’elle est jeune !". Rapide calcul dans ma tête (mon âge + ou moins 30 ans), ça nous menait déjà vers les 70… Mais point du tout ! Domitille était une toute jeune étudiante en arts nantaise lorsqu’elle a imaginé cette petite fille en rouge et elle avait à peine plus de 20 ans lorsque le premier album est paru chez Rouge et or en 1975 !

Il y a quelques années Domitille a racheté ses droits et a été contactée de plus en plus souvent par des jeunes mamans pour lesquelles Émilie restait un souvenir vivace. La série n’était alors plus éditée depuis longtemps. Ces messages ont encouragé Domitille à se remettre en quête d’un éditeur. Ce sera Casterman. Lors de la rencontre de ce lundi il était très émouvant de voir que le lien crée entre Domitille et son éditrice Mélanie, elle aussi bercée par Emilie dès le biberon…, était si fort. On comprend tout de suite que chez Casterman Émilie et sa maman vont être bichonnées.

Si le personnage a un peu évolué au fil des années, la série qui est republiée depuis 2008 chez Casterman reste très fidèle à l’originale. Disons que le bistouri s’est fait moderne mais léger. C’est avec l’aide de son fils Guillaume que Domitille s’est relancée avec sa petite fétiche. Le coup de patte du fiston est discret et apporte juste ce qu’il faut de moderne au personnage qui reste toujours éloigné des canons de beauté des podiums des défilés. Émilie reste "ronde" et toute en bonhommie et ça fait plaisir qu’on ne l’ai pas affinée…
En même temps pas question de trop transformer la petite sans risquer le courroux des fans de première heure.

On remarque tout juste un petit changement dans le texte légèrement colorisé en gris bleu. De temps en temps, des couleurs se font joyeuses pour attirer l’attention des jeunes lecteurs.

Émilie se décline désormais en romans pour les premières lectures, suivant les épisodes de la série animée. Le tout sous étroite surveillance de la "maman" ! L’esprit originel de la série est donc maintenu.

Ce qui est étrange, c’est que j’avais complètement oublié Émilie avant de la redécouvrir quand Casterman a repris la série. Contrairement à Martine par exemple, qui n’a eu de cesse d’être commercialisée, Émilie a longtemps disparu des librairies. Jusqu’à s’effacer de ma mémoire malgré l’importance qu’elle avait eu pour moi.

Pourtant, à l’instant même où j’ai revu sa bouille -et ce que j’ai toujours pris pour des moustaches de chat-, j’ai basculé violemment dans mes souvenirs d’enfance. C’était à la fois doux et douloureux de me revoir en sa compagnie en train de lire sur la table de la cuisine dans les années 80. À quoi donc ça tient tout ça ?

D’où vient ce sentiment de quasi violence lorsque l’on se retrouve jeté dans ses souvenirs les plus vieux ? Suis-je la seule à éprouver cela lorsque je retrouve des livres de mon enfance que j’avais oubliés ?

Une chose est sûre, j’ai été sincèrement émue d’aller me faire dédicacer MON Émilie comme une gamine que je ne suis plus (tout à fait!)

Merci Domitille pour toutes ces émotions.

Rencontre avec Eléonore Thuillier

5 avr

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Eléonore Thuillier est une jeune illustratrice française qui monte, qui monte… Impossible d’entrer dans une librairie jeunesse sans tomber sur l’un de ses jolis dessins !

L’Ouvre-livres l’a rencontrée, et voilà ce qu’elle nous a raconté.

 …

Vous êtes illustratrice depuis 5 ans et avez publié plus d’une vingtaine de livres. Comment tout a commencé ? Que pensez-vous de ce chemin parcouru ?

En 2007, j’ai ouvert un blog sur lequel j’ai posté des dessins. Ce blog à été vu par un auteur : Michaël Escoffier. Il m’a proposé des textes et il y en a un en particulier qui m’a beaucoup plu. C’était le texte du Gentil P’tit lapin. J’ai commencé à en réaliser les illustrations puis nous l’avons soumis à Isabel Finkenstaedt des Éditions Kaléidoscope. Elle a beaucoup aimé et l’a publié. J’ai eu beaucoup de chance de commencer avec un auteur comme Michaël et une maison comme Kaléidoscope. Ça reste un de mes albums préférés, un très bon souvenir. Tout commençait. 

 …

Vous avez reçu deux prix : le prix Enfantaisie du « Meilleur album 2013 » au salon du livre et de la presse de Genève pour Jour de piscine et le prix « Petite enfance » du salon du livre de Gaillac 2012 pour Une histoire toute bête. Qu’ont-ils changé dans votre carrière ? Que représentent-ils pour vous ?

Ils n’ont pas changé fondamentalement ma carrière. Mais ça fait très plaisir d’avoir la reconnaissance des enfants, ça donne confiance. Car pour les 3 prix que j’ai eu le plaisir de recevoir, (j’ai obtenu aussi avec Orianne, le prix "coup de pouce" pour Le Loup qui cherchait une amoureuse en 2012), ce sont les enfants qui ont voté. C’est une belle récompense.

Le Loup qui voyageait dans le temps, écrit par Orianne Lallemand et illustré par Eleonore Thuillier. Editions Auzou, 2014.

Le Loup qui voyageait dans le temps, écrit par Orianne Lallemand et illustré par Eleonore Thuillier. Editions Auzou, 2014.

La série sur votre personnage Le Loup qui…, écrite par Orianne Lallemand, plaît beaucoup aux enfants : elle est en tête de gondole dans les librairies. Comment expliquez-vous ce succès ?

Je pense que le personnage est attachant. Il n’est pas parfait et moralisateur, il est plutôt maladroit, rigolo et râleur ce qui fait que les enfants l’aiment bien. Là encore j’ai vraiment beaucoup de chance.

Ce Loup se décline désormais en peluches ou en jouets. Avez-vous le sentiment que ce personnage  auquel vous avez donné corps, vous échappe désormais ?

Non, je n’ai pas ce sentiment là. Au contraire, quelle fierté pour moi de savoir que plein d’enfants ont adopté mon Loup comme doudou et qu’il fait partie de leur quotidien. Ensuite, Orianne et moi gardons un œil sur tout ce qui se fait. Il s’agit de ne pas faire n’importe quoi sous prétexte que le personnage plait. 

 …

Allez-vous parfois à la rencontre de vos lecteurs ? Si oui, que vous apportent-ils ?

J’y vais autant que je peux. C’est très important et enrichissant pour moi. Les enfants sont très contents de me voir et moi je suis ravie de rencontrer mes petits lecteurs. Il y a un joli échange. Les parents aussi sont adorables. Ça m’apporte énormément. 

 Vos illustrations sont bourrées de détails rigolos qui ne sont pas dans le texte ; par exemple, dans Le Loup qui voyageait dans le temps, on remarque un paillasson à l’entrée de la grotte des hommes préhistoriques, des lunettes 3D à un bal costumé à Versailles, ou encore une sonnette devant la caverne d’un énorme dragon. De quelle liberté l’illustrateur dispose-t-il face au texte ?

Je dispose de toutes les libertés. C’est ce qui est vraiment intéressant. J’adore distiller des références humoristiques dans les illustrations et ajouter une double lecture au texte. Et puis j’aime bien quand il se passe quelque chose en arrière plan qu’on ne remarque pas forcément à la première lecture. 

Le gentil p'tit lapin, écrit par Michaël Escoffier et illustré par Eléonore Thuillier. édition Kaléidoscope, 2009.

Le gentil p’tit lapin, écrit par Michaël Escoffier et illustré par Eléonore Thuillier. édition Kaléidoscope, 2009.

Vous travaillez avec plusieurs auteurs : Michaël Escoffier, Orianne Lallemand ou Jean Leroy pour n’en citer que trois. Comment s’établissent vos collaborations ? 

Les collaborations se font surtout par mail sauf pour Orianne avec qui j’ai le plaisir de travailler régulièrement. Il y a un réel échange. C’est passionnant et très enrichissant.

Vos illustrations permettent une seconde lecture de l’histoire, visuelle et ludique, avec des propositions fortes. Par exemple, dans Jour de piscine, vous n’hésitez pas à changer le sens de lecture, en faisant basculer le livre à la verticale pour en utiliser toute la longueur. Comment vous emparez-vous de l’objet livre ?

En fait, je me sers du livre comme support. J’essaie de ne pas avoir trop de contraintes et de casser un peu la "monotonie"… Ça rend la lecture plus "vivante" et j’ai remarqué que les enfants aimaient bien.

 …

Votre palette est très vaste : vous passez des dessins poétiques à d’autres plus comiques, vous utilisez des collages, des pochoirs, des crayons, de la peinture… Et pourtant, on reconnait tout de suite votre trait. Comment le définiriez-vous ?

Je ne sais pas vraiment. Je suis plus à l’aise lorsque je traite un texte humoristique, c’est certain. C’est le style qui me va le mieux pour le moment.

Est-ce que vous adaptez votre style à celui des auteurs ou est-ce l’envie de toucher à tout qui vous incite à utiliser différentes techniques ? 

J’adapte mon style au texte pas à l’auteur, à ce que j’imagine dès la première lecture. Je me laisse guider. J’essaie, je me trompe, je recommence… J’ai de plus en plus envie d’essayer de nouvelles choses.

Jour de piscine, écrit par Christine Naumann-Villemin et illustré par Eléonore Thuillier. Editions Kaléidoscope, 2012.

Jour de piscine, écrit par Christine Naumann-Villemin et illustré par Eléonore Thuillier. Editions Kaléidoscope, 2012.

Vous habitez en Tunisie et travaillez pour des éditeurs français. Comment organisez-vous votre journée de travail ?

Assez classiquement. Je travaille de 9h à 16h environ. Grâce à internet je suis tout le temps en contact avec mes éditeurs et auteurs. C’est comme si j’habitais en France, il n’y a pas de différence. 

 …

Je me demande à quoi ressemble votre bureau…  Est-ce un coin de votre maison ou une pièce dédiée ? À quoi ressemble-t-il ? Croule-t-il sous vos croquis ou est-il impeccablement rangé ?

Je rêve d’avoir un atelier mais pour le moment mon bureau est dans un coin et croule sous le bazar…

 …

Parlons références. Avez-vous des livres cultes ? Des illustrateurs vous ont-ils inspirée ? Quelles sont vos dernières découvertes, vos derniers coups de cœur ?

J’ai un livre culte, celui qui m’a donné envie de faire ce métier. C’est Ma maison de Delphine Durand. Sinon il y a beaucoup d’illustrateurs dont j’admire le travail. Mes derniers coups de cœurs sont nombreux, j’adore l’humour de Vincent Malone (auteur de la série des Kiki par exemple ou encore du génial Quand papa était petit, y’avait des dinosaures. Et j’admire des illustrateurs comme Carter Goodrich et Peter de Sève. 

 …

Quels sont vos projets actuels ? Quelles sont vos envies pour la suite de votre carrière ? Souhaiteriez-vous écrire et illustrer vos propres histoires ?

Mon envie c’est de continuer sur ma lancée. J’ai une nouvelle série intitulée Rosie et Rosette (éditions De la Martinière) dont je suis à la fois l’auteure et l’illustratrice. Je continue la série du Loup qui… chez Auzou avec Orianne. Et puis d’autres albums sont en préparation. Bref, je ne m’ennuie pas. 

Rosie et Rosette, écrit et illustré par Eléonore Thuillier. Editions La Martinière, 2014.

Rosie et Rosette, écrit et illustré par Eléonore Thuillier. Editions La Martinière, 2014.

Merci Eléonore pour cet échange ! Nous vous souhaitons une très bonne continuation et à très vite sur L’Ouvre-livres ! :)

29 ème Salon du livre jeunesse de Beaugency

3 avr

Le 29 ème Salon du livre jeunesse de Beaugency se déroulera du vendredi 4 avril 2014 au dimanche 6 avril, au complexe sportif Des Hauts De Lutz.

Une vingtaine d’auteurs et illustrateurs viendront à la rencontre de leurs lecteurs, dont :

* Laurent Corvaisier, invité d’honneur de cette édition et concepteur de l’affiche

* Cédric Tchao, mangaka

* Rolande Causse

* Malika Doray

* Cyril Hahn…

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La grande nouveauté pour cette 29 ème édition, ce sont les différents ateliers proposés, avec les auteurs illustrateurs invités http://www.valdelire.fr/nouveaute-ateliers-et-lectures-avec-les-invites-sur-le-salon/

Le premier atelier démarrera le samedi matin à 10h30, prenant la forme d’une performance de 2 heures réalisée par Laurent Corvaisier, qui peindra en direct un triptyque.

Une journée professionnelle organisée en partenariat avec le CRILJ a eu lieu, en avant première, le 12 mars dernier. Face aux 4 intervenants invités [Michel Peltier, Sohie Humann, Patrick Borione et Laurent Corvaisier], étaient réunis environ 150 personnes, d’horizons variés : enseignants, bibliothécaires, [dont votre « serviteuse » ;-)], animateurs, auteurs, bénévoles….

Programme consultable en ligne! 

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Les éclats de lire du Vigan

3 avr

Les 15, 16 et 17 mai, au pied du massif de l’Aigoual, dans les Cévennes, se tiendront Les éclats de lire du Vigan.
A cette occasion de belles rencontres se préparent avec :  Annie Agopian, Audrey Calleja, Rachel Corenblit, Claire Franek, Ilya Green, Ahmed Kalouaz, Serge Kribus, Régis Lejonc, Stéphane Servant.
Pour connaître le programme détaillé : http://eclatsdelireduvigan.blogspot.fr/

Fabienne

Comptines in’

2 avr

Voici aujourd’hui livrés des coups de cœur pour vous inviter à ouvrir grand vos écoutilles! Tous revisitent avec brio l’univers patrimonial des comptines mais offrent des interprétations originales et modernes qui plairont à coup sur aux petits comme aux grands!

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La Fabrique à comptines, Luce, Male Instrumenty, Elisa Granowska, Éveil et découvertes, 2012, 15,50€

La pétillante Luce, surtout connue du grand public pour sa participation et sa victoire en 2010 à l’émission télé La Nouvelle Star, a été sollicitée par Eveil et découvertes pour poser sa voix sur les compositions du groupe polonais Male Instrumenty. Leur signe particulier? Jouer de la musique… à l’aide de jouets! Ni voyez là rien de mièvre ou d’horripilant! Mini piano, hochet, guitare en plastique ou encore boîte à musique ont servi à revisiter les 13 comptines traditionnelles pour un résultat surprenant mais dont on ne se lasse pas. On a aimé bien-sûr l’originalité des arrangements ainsi que le phrasé, la juste dose de théâtralisation et la subtile invention de voix de Luce sans oublier les jolis décors d’Elisa Granowska à la façon carton pâte! Un véritable coup de cœur!

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À la récré, Weepers Circus, Éveil et découvertes, 2009, 14,90€

Les Weepers Circus, ce quintette de musiciens invitent dans ces deux albums (qui sont également des spectacles jeune public, allez fureter sur leur site) une pléiade d’artistes, qu’ils soient chanteurs-euses ou bien acteurs-rices toutes générations confondues!Tantôt chansons enfantines bien connues, tantôt compositions originales, en tout cas tous les styles musicaux sont abordés, du rock’n’roll au hip hop en passant par le rap,  les rythmes africains ou même les berceuses…

le-grand-bazar-du-weepers-circusLe Grand bazar du Weepers Circus, Weepers Circus, Gallimard Jeunesse, 2013, 24€

Dans cet opus, on retrouve avec plaisir les illustrations espiègles de Clotilde Perrin

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Gimick explose les comptines, Gimick, Naïve, 2012, 13,99€

Dernière pépite, Gimick explose les comptines. Ce duo détonnant composé de Mathieu Le Nestour et Alexandre Martin propose ici une sélection de comptines où les paroles traditionnelles surfent sur des mélodies inédites teintées de groove, reggae, world, électro ou disco. Un inédit, Le comptinobook, vient ponctuer l’album qui nous donne, à chaque morceau l’envie irrépressible de bouger les épaules, décoller les orteils, dodeliner la tête: en un mot, danser quoi!