Oméga et l’ourse

Ecrit par Guillaume Guéraud et illustré par Beatrice Alemagna, Oméga et l’ourse est un album aux dimensions hors-normes, 31x41cm. Le fait qu’il soit plus large que  haut accentue considérablement sa tendance panoramique, d’autant plus lorsqu’il  est ouvert où il mesure 82cm de long ! Il entre dans la catégorie des livres dont on se saisit à deux mains et que l’on doit lire sur un support. Le format impressionne l’enfant ; quand on est petit, plus le livre est grand, plus la lecture s’apparente à une aventure. Il faut littéralement partir à l’exploration des pages. Cela confère un effet spectaculaire et les représentations prennent une ampleur considérable pour l’enfant.

Dès la première de couverture, plusieurs hypothèses de lecture sont soumises. Une diagonale scinde l’image en deux espaces distincts avec d’un côté une fillette et de l’autre une forme marron : est-ce un tronc d’arbre, les pans de jupe d’une mère,  l’ourse mentionnée dans le titre ? Il faut évidemment ouvrir l’album pour connaître la réponse même si d’autres questions vont continuer à s’imposer à nous, lecteurs…

 Ce projet a démarré d’après une idée de l’illustratrice, inspirée par une esquisse au fusain de l’artiste Edvard Munch qui portait ce titre. Cet ouvrage paru aux éditions du Panama en 2008 retrace le parcours initiatique d’une fillette prénommée Oméga qui s’éprend d’une ourse et la suit dans la forêt où elle se fera dévorer par amour.

L’album,  en tant qu’objet initialement conçu pour s’adresser à l’enfant non lecteur, touche son public par le biais d’un médiateur, qui d’une part s’est procuré le livre et d’autre part, le lit à voix haute. Les éditeurs et les créateurs songent ainsi de plus en plus à orienter le propos en direction de cet adulte intermédiaire. Selon Beatrice Alemagna, cet album est un  compromis fascinant entre un texte pour les enfants et un sous-texte  pour les adultes. On peut comprendre le titre comme un jeu de mot clin d’œil à l’adulte : « oméga », outre le prénom de l’héroïne est un agglomérat d’étoiles et « ourse » renvoie aux constellations de la grande et de la petite ourse. Le titre appelle déjà au domaine de la nuit, du sommeil et peut-être du  rêve… De quoi initier le doute sur la véritable nature de l’ourse : la créature incarnerait-elle l’animal féroce, le prédateur de l’homme ou bien la figure rassurante du doudou, le nounours affectueux ? Cette dualité perdure tout au long du récit et permet à chacun de se construire sa propre opinion en refermant le livre sur une double page onirique…

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