Le monde dans la main, Mikaël Ollivier.

 

 

 

 

 

Longtemps je me souviendrai de mon premier Mikaël Ollivier.

Comme je suis toujours en décalage, je commence donc par le dernier intitulé joliment Le monde dans la main. Autant le dire tout de suite, le monde en question n’est pas celui auquel on pense et on le découvre tout à la fin dans une scène magnifique de délicatesse.

Ce roman débute de façon fort drôle par une visite chez Ikéa. Les parents de Pierre, 16 ans, qui étouffe dans les vieux meubles de famille dans lesquels des générations  de d’Alembert ont dormi avant lui, l’emmènent donc au temple du meuble moderne pour renouveler le mobilier de sa chambre.

« Ikéa, c’est drôle au début », fait remarquer le narrateur, d’une voix qui pourrait être la nôtre. Je n’avais pas souvenir d’avoir déja ri en lisant la première phrase d’un roman. Ce premier chapitre s’ouvre donc chez les suédois mais à Versailles. Dans ce roman on côtoie la bourgeoisie versaillaise, on s’appelle Pierre-Marie, Marie-des-neiges, Marie-Alix etc… Mais les versaillais, tout riches qu’ils soient vont aussi chez Ikéa, et quand ils en ressortent ils ont les mêmes pensées que nous : « Là où ils sont forts chez Ikéa, c’est que t’en as tellement marre à la fin, que t’es soulagé de payer. Et Marie-des-Neiges, la maman, en a marre mais tellement marre que pendant que son fils et son mari tentent de faire rentrer les meubles en kit dans la voiture, elle part. Comme ça, sans rien dire. Elle quitte le parking à pied, tourne à droite au rond-point et hop ! Le père bien trop fier n’essaie même pas de la retenir. Un peu plus tard, juste un SMS pour dire une chose du genre : j’en peux plus mais je vais bien faut pas m’attendre. Autant dire que chez les d’Alembert ce genre de comportement détonne.

Mikaël Ollivier gère ensuite son roman de façon admirable. On s’étonne de la disparition de cette mère mais en même temps on assiste à la renaissance des personnages qui semblent devenir autres. Des êtres meilleurs, joyeux, plein d’envies.  Terrible n’est-ce pas ? Quel enfant normalement constitué irait avouer que sa mère ne lui manque pas tant que ça ? Et bien Ollivier, lui ça ne le gène pas. Et au fond, comme on le comprend ce gamin de 16 ans. Loin, bien plus loin, tout à la fin, on découvre des évènements bouleversants. On imagine pourquoi la fuite sur le parking et pourquoi ce fils et ce père ont fini par s’habituer à cette vie sans la femme de leur vie.

J’ai commencé ce roman en riant, je l’ai terminé en larmes. Je suis une pleurnicheuse mais je ne doute pas que cette histoire saura vous bouleverser autant que moi.

Un grand roman pour ados, comme j’aime, plein de sentiments. Mais pas des mièvres.

Publicités

5 réflexions sur “Le monde dans la main, Mikaël Ollivier.

  1. Gaëlle dit :

    t’as qu’à viender à la librairie : j’en ai ! combien je vous en mets ma bonne dame ? je précise que je n’en ai que 2. un pour toi et un pour moi !

  2. Madame d'Albi dit :

    Bon moi je ne peux pas venir à la librairie mais ça donne très envie aussi…Idée cadeau pour moi d’abord et pour les ados que j’aime aussi.

  3. Karine de Tours dit :

    Je l’ai lu la semaine dernière. Relu ensuite des passages. Je l’ai terminé le coeur serré. Ce livre est très percutant, et j’avoue que moi aussi j’ai eu les larmes aux yeux. La disparition de la mère est inexplicable, on se demande pourquoi et comment une maman peut abandonner sa famille. Puis l’explication vient, et j’ai compris malgré tout l’incompréhensible. C’est très fort, très prenant (j’avais du mal à lâcher le livre pendant ces fêtes de Noël !!). Un livre à lire et à relire.

  4. Gaëlle dit :

    Chère Karine de Tours, arrête de lire notre blog tu vas te ruiner.
    Je suis infiniment heureuse que tu aies autant aimé ce roman qui m’a étonnée de bout en bout par son sujet, son traitement, son dénouement. Tout y est inattendu. La fuite de la mère pour commencer et la façon dont le fils finit par faire avec et voire même se rendre compte qu’elle ne lui manque pas tant que ça. Et comme tu le dit, on finit par comprendre l’incompréhensible. Un roman décapant qui gratouille la où ça fait mal. J’ai envie de le faire lire à la terre entière.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s