La vie sans moi

Ces dernières semaines, je découvre un auteur qui nous fera le plaisir de venir au salon du livre d’Albi.

Agnès de Lestrade est son nom. Son écriture est si variée que, d’un roman à l’autre, on passe des larmes aux sourires ; des doutes et autres questions existentielles à la détente et aux plaisirs simples.

Une constante pourtant existe : des mots qui explosent, des phrases qui choquent, émeuvent, frappent… Bref, des textes qui ne laissent pas indifférent. J’aime particulièrement ces livres où je me surprends à vouloir garder en mémoire des phrases entières. Je les écris sur un morceau de papier comme pour les apprivoiser… Petites phrases pour petits morceaux de vie.  Les sujets traités ne sont jamais légers : ils parlent de la vie et de ce qui nous fait grandir…Même adulte, je n’ai pas fini de grandir et du haut de mon mètre presque 60 cela a quelque chose de rassurant !

Je suis tombée sous le choc puis sous le charme après la lecture de LA VIE SANS MOI.

La narratrice, une jeune adolescente y confie sa douleur après la mort de son petit frère. Ange était son nom…comme une prédiction.

Ce roman se lit telles les confidences d’une jeune adolescente à qui on a volé l’innocence. Il raconte la perte de l’autre. Il dit l’indicible : un très jeune enfant arraché à la vie à cause d’un accident domestique (mot affreux lorsqu’on l’associe à la mort).

L’équilibre est fragile.

Les illustrations en noir et blanc de Sylvie Serprix accompagnent avec douceur les mots parfois durs et cruels.

Pas d’étalage moribond de la peine mais des phrases brèves au ton juste. Poignant mais pas trop. C’est quand même la première fois que je pleure à chaque page d’un roman dit pour la jeunesse. 

Mais au delà de la perte de l’autre, il parle de la perte de soi. Cette jeune fille s’enferme dans le silence pour ne pas recevoir l’apitoiement des autres. Elle a trop à faire avec sa douleur pour supporter la compassion.

« Parfois dans la vie on ne peut porter que soi. »

Au fil des pages, la douleur se transforme en colère. Jalousie est le mot juste. Jalousie envers ce petit frère mort qui prend toute la place. La perte entache toutes les relations. Une perte en entraîne une autre puis encore une autre…Elle comprend surtout qu’elle perd ses parents. La cellule familiale a explosé et chacun vit sa peine …égoïstement. Chaque personnage est emmuré dans sa souffrance.

Comment faire pour briser ces murs et le silence ? Une fugue qui n’en est pas une. Une fugue pour éprouver l’amour de ses parents.

C’est donc un roman sur le deuil mais pas seulement. La fin aide à essuyer les larmes…

À ne pas lire les jours de lourdes peines…À faire lire en « accompagnant » car le sujet reste difficile.

« Je l’ai prise dans mes bras, je lui ai dit qu’on ne tournerait jamais la page. Que cette page serait toujours dans le livre. Mais que l’histoire ne pouvait pas s’arrêter là. »

Et l’histoire ne s’arrête effectivement pas là…

Mes lectures « Lestradiennes » non plus…

Hélène

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5 réflexions sur “La vie sans moi

  1. Gaëlle dit :

    Et dire qu’elle n’osait pas « publier » son 1e article… On félicite Hélène bien fort et on attend la suite ! Du coup je me demande comment j’ai fait pour passer à côté de ce bouquin.

    • Sandie dit :

      Tout à fait d’accord, Hélène je suis bien contente qu’enfin tu aies osé! La Dream Team se dévoile d’article en article et l’ouvre-livres s’en enrichit!

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