Bibliothèque idéale antidéprime hivernale

Si les enfants sont épargnés par LA « déprime hivernale » dont nous, pauvres adultes, sommes si régulièrement touchés, il me semble que cela est bien lié aux merveilleuses pages et images qu’ils ont entre leurs mains, -ou alors merci à leurs parents les cajolant, ou bien c’est qu’ils ont reçu des cadeaux de fous à Noël, ou qu’ils ont réussi un nouveau niveau d’un jeu quelconque, ou qu’ils ont reçu un sourire d’une adorable rouquine, ou d’un angelot châtain, ou bien même qu’ils ont eu droit à leurs tartines de N*****a dominicales… mais cela nous éloignerait de notre sujet, les livres.

Clouée au lit par une bête et méchante Sinusite (on pourrait presque donner ce nom à un personnage monstrueux d’albums), ne supportant ni sons ni luminosité,  je me suis entourée de fidèles doudous littéraires présents dans ma bibliothèque… et plus précisément dans ma section jeunesse pour toucher du bout des lèvres la joie de vivre des bambins et j’en suis arrivée à ce palmarès de livres « seulement » réconfortants, souriants, apaisants, dépaysants…. (le « seulement » c’est parce que Sinusite n’est mise K-O que par antibiotiques):

-Par ordre décroissant, ça fait durer le suspens-

10- Elmer l’éléphant de David Mckee (Kaléidoscope), pour retrouver ses couleurs et ne plus se sentir comme une pauvre éléphante grise au fond de son lit.

9- De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de W.Holzwarth et W. Elbruch (Milan jeunesse), afin de retrouver son humour (si j’avais eu une gastro il me serait venu deux boutades, mais ce n’est pas le cas. Ouf.)

8- Pan et Chat de AKI parce que… cliquez ici pour comprendre. C’est tellement  aaah et si mmmmhhh…!

7- L’histoire du chat qui boude, de Mohamed Dib (Albin Michel Jeunesse) pour ce conte félin, gourmand, oriental et répétitif. Il donne envie de lire à voix haute, de goûter les mots et de les savourer en les disant, bien que la morale condamne les gourmands non assumés.

6- Le fabuleux voyage de Non-Non et ses amis de Magali Le Huche (Tourbillon) pour les noms loufoques et les multidétails à chercher. Déconseillé en cas de fortes fièvres et myopie intense… mais quel bonheur d’avoir ce livre géant sur les genoux où l’on peut plonger pour suivre de multiples parcours. De l’amitié, de l’entraide, de la folie.

5- Grand Loup et Petit Loup de Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec (Père Castor) parce que ces deux-là sont une pommade au doux parfum de sirop d’érable et ont le goût d’un gâteau au beurre trempé dans du thé. De l’amitié, de la couleur, du baume au cœur.

4- Ma vallée de Claude Ponti (EDL). Se sont certainement mes origines haut-savoyardes qui me font apprécier plus particulièrement cet album de Ponti, mais quand je suis malade j’ai ce puissant élan de nostalgie et cette délicieuse envie de douillet. Exacerbés et calmés par les paysages poético-imaginaires, ce livre est un pur dépaysement quand on ne peut plus sacquer les murs de son salon.

3- Péronille la chevalière de Marie Darrieussecq et Nelly Blumenthal (Albin Michel). Aaah la fièvre et ses coups de sang: rêves psychotico-étranges et autres envies chevaleresques…  le pied dans cet album c’est que mes envies d’amazone guerrière sont assouvies et lorsque je referme les pages je me retrouve avec ce sourire béat de « c’est la fille qui a gagné, nananèèèreuh! » parce que bon, le prince charmant, c’est sympa… mais il est pas né celui qui me fera croire que le repos c’est bon pour moi! Je suis une chevalière.

2Les Histoires Pressées (toute la collection, hein) de Bernard Friot (Milan Poche junior). Je suis une chevalière certes, mais convalescente. J’ai donc besoin de faire la sieste au moins trois fois, d’aller faire pipi 30 fois vu toute l’eau que je bois pour compenser avec ce que la fièvre me fait transpirer… disons que mes journées sont séquencées, tout comme le sont mes pensées, distraites et mon énergie, en dilettante. Mais une nouvelle par-ci, une par-là et HOP! un sourire, un suspens, une chute, un chat, un robot, une lettre, de l’amour, de la SF. Ces recueils sont si variés et riches et vivifiants et drôles que bye-bye la cortisone j’ai trouvé mon nouveau boosteur!

-enfin le tant attendu…-

1- La rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat (Pocket jeunesse) avec un coup de cœur pour le T1 -TOMEK, bien que le T2 soit tout aussi waow. Que dire… en approchant ce livre, il me vient des mots en tête comme désert, parfum de cannelle, forêt noire, amnésie, prairies fleuries, parfumeurs, mots qui réveillent, île secrète, quête, amour paternel et amour naissant. Ce sont les échos de tout ce qui se tisse dans cette aventure imaginaire, poétique et multicolore. Chaque chapitre nous emmène plus loin encore dans la gourmandise des univers littéraires que l’on a envie de découvrir. Laissez tomber luminothérapie, homéopathie, kinésithérapie, mouchoirs, chocolats, et autres ordonnances pour aller mieux: ce livre est un médicament contre tous les maux! Il détrône même les bonbons STOPTOU qui pendant longtemps étaient pour moi le St-Graal du réconfort. Jean-Claude Mourlevat a fait plus fort, parce qu’un bonbon ça fond trop vite et que deux ça fait mal au ventre: cette histoire est, depuis le défi lecture 2001 (où j’étais en 5°7)(oui je sais je suis un bébé), mon nounours, ma Bible, mon câlin, mon coup de cœur littéraire jusque là non détrôné.

Lisa lit ça.

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4 réflexions sur “Bibliothèque idéale antidéprime hivernale

  1. Karine de Tours dit :

    Je confirme ces choix, j’aime ! Grand Loup et petit Loup sont parmi mes favoris… Par contre, l’univers de Ponti m’a toujours semblé si triste (sans doute n’aurais je pas dû lire les pieds bleus). La petite taupe et Elmer, les histoires pressées restent des valeurs sûres ! Allez, j’en rajoute une couche ? J’aime les albums de Christine Naumann Villemin, best seller chez les petites filles qui sont justes et drôles; tout comme il faut pour les petites filles pas trop sages. L’hiver ne nous aura pas !

  2. Gaëlle dit :

    Au bout d’une ligne je savais que c’était toi, ma dame de Yaute Savoie.
    Depuis que j’ai lu ce formidable article ensinusité je me demande où tu planques tes articles inusités ?
    Car je sais que tu en caches comme autant de détails dans les Non-Non (pas de S à Tourbillon ! )
    Je dis ça pour te rendre ta voix et t’entendre hurler : elle peut pas s’en empêcher !
    Et voilà que je me demande de quoi tu es capable lorsque tu n’es pas malade
    Car le résultat de tes fiévreuses cogitations me laisse sur le fi..

    • Le temps que je trouve comment mettre des commentaires …. et j’hurle! J’imaginais bien que c’étaient glissées quelques coquilles dans mes phrases. La faute aux médocs on dira.
      Sinon, cette liste me semble infinie, j’ai déjà envie de modifier et rajouter des livres à ma fichue sélection.
      Merci Karine, merci Gaëlle, les autres arrivent…

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