Moi, j’attends…

Le livre  figure une enveloppe à fenêtre. La typographie du titre reste sur cette thématique d’envoi postal. Mais, en lieu et place du fameux « urgent » ou « fragile » est indiqué MOI J’ATTENDS. Cette attente serait ainsi urgente et fragile (je suppute !).

Les points de suspensions quant à eux, nous invitent à ouvrir l’enveloppe. L’auteur et l’illustrateur sont les expéditeurs de ce courrier ; nous, lecteurs en sommes les destinataires. Mais qu’y a-t-il dans ce  livre-enveloppe ? À quoi s’attend le lecteur ?

Le livre fonctionnant comme un trompe l’œil, on s’attend fatalement à y découvrir une lettre.

Et bien non !

Ce n’est pas une lettre, c’est l’histoire d’une vie. Ou plutôt de LA vie.

L’idée du livre est née lorsque l’auteur Davide Cali faisait la queue au bureau postal. Il a alors pensé à toutes les choses que l’on attend dans la vie. Rentré chez lui, il a écrit une liste puis mis de l’ordre dans cette liste en commençant par ce que l’on attend dans l’enfance et ainsi de suite jusqu’à la mort.

Le texte est simple tant au niveau du vocabulaire que de la syntaxe, les phrases sont courtes. Un enfant peut en maîtriser facilement la compréhension. De la même manière, les illustrations de Serge Bloch sont épurées et nous montrent avec force les choses les plus anodines.

Simple et épuré ne veulent pas dire simpliste : à plusieurs moments, le livre exige de construire une histoire à partir d’indices textuels (les points de suspension lors de la mort) ou à partir d’indices iconiques (le fil rouge qui s’emmêle lors de la dispute, le fil rouge qui se brise lors de la mort…). Le lecteur doit donc pouvoir se saisir de ce langage métaphorique.

Le bout de fil rouge est conducteur et nous emmène d’une page à l’autre. Il symbolise les petites et les grandes impatiences d’une vie entière.

Cette histoire, faite de mots simples, aide à comprendre l’essentiel d’une vie. Elle nous parle dʼun petit garçon qui attend de grandir, qui attend Noël, qui, plus grand, attend l’amour etc…

L’adulte la lit en savourant ces petits riens que crée l’attente ; en se souvenant de celles qui ont ponctué les moments de sa propre vie. Elle peut être lue à l’enfant pour parler de la vie qui court et file, des moments de joie qu’elle offre mais aussi de ses moments de tristesse…

Un livre plein de finesse, à l’instar de ses dessins. Un livre poésie.

Il a reçu le prix Baobab de l’album au salon du livre de Montreuil de 2005.

Édité chez Sarbacane, 48 pages.

J’ai aussi envie d’ajouter ici, à l’attention de mes amis chers, que l’attente fait partie de la vie et qu’elle ne doit pas nous empêcher  de savourer les petits riens quand on attend le grand tout. 

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2 réflexions sur “Moi, j’attends…

  1. Elsa dit :

    Cet album est passionnant, en effet. On l’effeuille comme on mange un artichaut. Et ton analyse est très fine. On sent la lectrice de Sophie Van Linden 😉

  2. Sandie dit :

    En effet, Hélène tu nous livres une belle analyse de cet album que j’apprécie également beaucoup. J’ajouterai que ce format courrier rappelle Les larmes de crocodile et Lettre des îles Baladar d’André François.

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