L’album s’invite au collège

Parce que j’ai suivi un stage de formation sur l’album au collège (merci le PAF) et aussi parce que j’ai assisté à une conférence de Sophie Van der Linden (merci la BM de Fresnes), alors OUI, je vais parler de l’album. Avant, je ne voyais pas l’intérêt pour les collégiens. Les albums : c’était « nul, que pour les bébés et vraiment tout pourri » (sic).

Et puis ce livre a miraculeusement surgi dans ma vie : [Lire l’album, Sophie Van der Linden, L’atelier du poisson soluble, 2006]

Et là, rien n’a plus jamais été comme avant. J’avais tout compris : la relation texte/image, la mise en page, l’importance des pages de garde, la double-page, le potentiel créatif du format, les différentes fonctions de l’image dans la narration, etc., etc. Alors après, forcément, on se met à lire des albums. Et progressivement on les lit des mieux en mieux. Parce qu’on est attentif aux détails, parce qu’on connait quelques auteurs et parce que ça déborde de poésie, de beauté et surtout de sens.

Il y a une chose que j’ai aussi découverte, c’est qu’un album de qualité peut être lu, relu et rerelu. Seul, avec ses enfants, avec des élèves, à l’âge adulte, enfant… Il y a toujours quelque chose dont on peut se nourrir. A chaque fois. Parce qu’on ne se lasse pas de regarder une œuvre d’art.

Et comme il y a autant d’albums que de lecteurs d’albums, on est d’avantage ennuyé par l’importance de l’offre que par sa rareté. Je vous présente ici quelques uns des titres qui ont particulièrement retenu mon attention et qui ont leur place au collège (mais pas que).

Max et les maximonstres de Maurice Sendak, l’Ecole des loisirs, 2000 [1ère édition française en 1967], 12,50€ (ou 7,50€ en poche mais sacrilège).
Tout le monde connait cet album et pourtant peu pensent qu’il a sa place au collège. De mon point de vue, le voyage de Max sur l’île des maximonstres, tant il offre de niveaux de lecture, peut être apprécié et étudié par des collégiens.

Yakouba de Thierry Dedieu, Seuil jeunesse, 1990, 15€.

Adapté d’un conte africain, cet album oblige le héros, Yakouba, à prendre une décision contraire à la pression sociale. Minimaliste et juste.

Les derniers Géants de François Place, Casterman, 1992, 16,95€.

Nous suivons les voyages un explorateur anglais du XIXe siècle qui, découvrant un peuple jusque-là inconnu, entrainera leur perte. Album magnifique et beau mélange de fictionnel et de réalisme.

Le collectionneur d’instants de Quint Buchholz, Milan, 1998, 13,90€.

Cette histoire d’amitié entre un peintre et un musicien fait voyager les personnages dans des tableaux. Ou comment l’Art aide à grandir.

Otto, autobiographie d’un ours en peluche de Tomi Ungerer, l’École des loisirs, 1999, 13€ (ou 5,5€ en version poche).

Cet album est un mille-feuille un peu âcre : à travers l’évocation de ce nounours balloté on parle des horreurs de la 2de Guerre mondiale.

C’est écrit là-haut de Claudine Desmarteau, Seuil, 2000, 10,95€.

Un magnifique album sur le destin, la conduite de sa propre vie et la lutte contre l’immobilisme.

Jésus Betz de Fred Bernard et François Roca, Seuil, 2001, 16,50€.

Un bel album, bien que pas gai du tout sur la vie d’un homme-tronc. Poignant.

Une histoire à quatre voix d’Anthony Browne, l’École des loisirs, 2001, 13,60€ (5,50€ en poche mais sacrilège).

Une femme et un petit garçon d’un côté ; de l’autre, un homme et une petit fille. Chaque groupe accompagné d’un chien. Tous ces personnages se rencontrent lors d’une sortie au parc racontée par quatre narrateurs différents, reprenant, un à un, les personnages. Album d’une très grande richesse iconographique, symbolique et qui permet de très nombreuses utilisations en classe (mais qui est aussi source de plaisir lors des lectures « gratuites »).

Blaise et le château d’Anne Hiversère de Claude Ponti, l’École des loisirs, 2004, 21,50€ (existe en poche mais ce serait un sacrilège).

« Longtemps je me suis couché de bonheur », déclare Ponti en ouverture. Il prépare ainsi le lecteur à l’intertextualité qui explose comme un feu d’artifice dans une double-page où sont réunis tous les héros des lectures de l’enfance ou des dessins animés, invités à la fête d’Anne Hiversère. Les images fourmillent de détails. L’album remplace très avantageusement les Où est Charlie ?.

Nasreddine et son âne d’Odile Weulersse et Rébecca Dautremer, Flammarion, 2007, 14€ (ou 5,20€ en poche).

Ou quand deux grandes dames de la littérature pour la jeunesse, l’une côté texte, l’autre côté image, revisitent un conte traditionnel musulman. Très inspiré. Et il fallait bien un album de Rébecca Dautremer dans cette sélection.

Le parapluie jaune de Ryu Jae-Soo, Mijade, 2008, 11€.

Ici, pas de texte, mais de la musique. L’album s’accompagne d’un CD de piano qui rappelle le bruit de la pluie, pour une invitation à la rêverie. C’est superbe. Album sans texte.

La mélodie des tuyaux de Benjamin Lacombe, Seuil, 2009, 25€.

Le monde d’Alexandre est gris et triste alors qu’une troupe de saltimbanques arrivent près de chez lui. Il y découvre l’amour et la musique.

La vague de Suzy Lee, Kaléïdoscope, 2009. 13€ (ou 5,50€ en version poche).

Le lecteur est spectateur de l’avancée vers la mer d’une petite fille. Des images magnifiques et d’une incroyable force narrative. Album sans texte.

J’en oublie… plein.

Bibliographies complémentaires

Albums au collège: compilation des messages issus de la liste cdidoc.fr, déc. 2007

Association Nantes Livres Jeunes, nov. 2007

Albums pour le collège, juin 2003

Exploitation pédagogique

Dossier « L’album au CDI » conçu par Prisca Bridault, documentaliste au CRDP d’Amiens, et par Anne Francou, documentaliste au CRDP de Lyon pour Savoirs CDI.

Art. « L’album au collège » de Catherine Sevestre-Loquet dans InterCDI.

Académie de Paris, ressources en français pour le collège.

Journée d’étude « L’album pour adolescents », 24 mars 2011 au CRDP d’Amiens : vidéos et ressources.

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4 réflexions sur “L’album s’invite au collège

  1. SARRETE dit :

    Quand je me souviens des albums auxquels j’avais accès jeunette dans les années 70 et 80 (Martine… Pfff), je me dis qu’aujourd’hui, la littérature jeunesse est devenue un remarquable vivier d’albums (oui, oui, Elsa), de romans magnifiques du point de vue du texte et des illustrations. Je regrette, des fois de n’être pas née 35 ans plus tard ! Je me régale à les lire à mes enfants. L’évolution de la qualité en 30 ans me stupéfie ! Merci Elsa pour cette nouvelle sélection. Ces albums peuvent aussi être exploité ou lu en fin d’école primaire, d’ailleurs. Je suis toujours étonnée qu’en primaire où je travaille, on se contente d’étudier toujours les mêmes romans et albums vu l’offre exceptionnelle et diversifiée que l’on nous propose… Cette littérature ouvre les enfants à un autre monde, et il peuvent choisir celui qui leur plaît le plus… La magie de la lecture. Comment peut-on s’en passer ?

  2. Hélène M dit :

    J’aimerais être prof au collège…pour des tas de raison mais aussi et surtout pour travailler autour d’albums avec les adolescents.
    Merci Elsa, pour ce beau tour d’horizon.
    La vague, je le travaille avec les maternelles actuellement. Là est là richesse des albums: ils sont « intergénérationnels. »

  3. Gaëlle dit :

    Connaissez-vous le très bel album de Loustal et Taï-Marc Le Thanh intitulé La ballade de Pat Garrett et Billy the kid au Seuil. J’adore !!!

    • Elsa dit :

      je ne connais pas mais je vais de ce pas à la bibliothèque l’emprunter! Elle est fermée? Bon alors j’attendrai demain. Merci Gaëlle.

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