La fois où je suis devenu écrivain de Vincent Cuvellier

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J’ai hésité à classer cet ouvrage dans les romans car il s’agit du témoignage ultra lucide et hilarant de Vincent Cuvellier, auteur pour la jeunesse qu’elle soit très très jeune (sa toute nouvelle série Emile chez Gallimard jeunesse par exemple) ou un peu moins jeune dans le cas de ses romans publiés au Rouergue dans les collections doado ou zig-zag.
Cuvellier conte ses débuts d’écrivain directement en lien avec une scolarité calamiteuse et rapidement interrompue le plus tôt possible, soit à 16 ans. Le regard que porte l’auteur sur ces années à la recherche d’une vocation est radical et à hurler de rire surtout qu’il la connait, lui, sa vocation : il sera écrivain point barre. Mais allez dire ça aux gens de l’ANPE pour voir ce que ça donne. « l’ANPE : jeune, toi qui me lis, l’Agence Nationale pour l’emploi, aujourd’hui ça s’appelle Pôle emploi. C’est censé te trouver du travail. Mais quand tu as 16 ans et que tu ne sais rien faire, ça te trouve rien du tout. »
Cuvellier et son franc parler c’est quelque chose, jamais je n’aurais pense éprouver une telle jubilation à la lecture d’un roman dans lequel l’auteur zappe volontairement les négations et s’arrange com’e il luit plait avec la grammaire. Car Cuvellier s’applique à reproduire le langage tel qu’il sort de nos bouches de nos jours, pas de grandes phrases ampoulées, pas de jargon littéraire incompréhensible, juste des mots savamment agences : « je venais de découvrir un pouvoir magique : quand on écrit, tout est permis. On a le droit de tout faire, tout dire, tout écrire. Les règles ? On les construit au fur et à mesure. Et si c’est mauvais, on enlève, pas grave. La grammaire on s’en fout, on n’est pas a l’école… »
L’école sujet douloureux pour l’auteur est largement disséquée dans ce témoignage, si elle a meurtri ce gamin, elle l’a peut être aussi amené à devenir l’ecrivain qu’il est aujourd’hui. Cuvellier se confie à ce propos et on ne peut que reconnaître qu’il a férocement raison :  » l’école à été pour moi une longue et incompréhensible épreuve[…] la cassure s’est faite très jeune, en CE2 ou le maître nous appelait par nos noms de famille. ‘Cuvellier, au tableau’. C’est con, hein, mais à 8 ans, j’avais envie qu’on m’appelle Vincent. »
Avant dernier de la classe, une fois devenu auteur, Cuvellier malgré la provocation qui imprègne ses textes d’alors, gagne un concours littéraire parraine par Cavanna qu’il vénère. Ce pourrait être le début d’une belle carrière mais il faudra attendre 15 années pour que son second roman prenne vie. Depuis, Vincent Cuvellier a écrit plein d’albums pour enfants et beaucoup de romans aussi, il n’a pas l’air de regretter son parcours scolaire amputé et nous prouve magistralement qu’on peut devenir quelqu’un qui compte sans être un as en classe.
Ce témoignage à de quoi revigorer les plus fâchés avec l’école, truffé de gros mots on rigole de situations tragiques surtout à l’évocation des divers jobs occupés en attendant de devenir un auteur culte. Faut pas se moquer mais c’est dur de s’en empêcher.

 

 

 

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