L’ouvre-films #3 : Ernest et Célestine.

Ernest-et-celestine-affichePetite fiche technique :

Écrit par Daniel Pennac, d’après les albums de Gabrielle Vincent,

Réalisé par Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar.

Date de sortie en France : 12 décembre  2012.

L’histoire en quelques mots :

A la surface, le monde des ours. Dans les égouts, celui des souris. Ces deux mondes vivent côte à côte mais ne se fréquentent pas. Les ours mangent les souris et ces dernières cultivent la peur du grand méchant ours.

D’un côté, Célestine, jeune orpheline intrépide que l’on oblige à devenir dentiste, de l’autre, Ernest, grand solitaire bourru qui cherche un truc à se mettre sous la dent.

Evidemment, leurs chemins se croisent et une amitié improbable va se nouer entre ces deux incompris. Ensemble, ils combattront les injustices de leurs sociétés respectives et créeront leur propre univers, celui où les souris et les ours sont les meilleurs amis du monde.

ernest_et_celestine_11 Ernest et Célestine est un très beau film de fin d’année qui met à l’honneur la fraternité et la tolérance. Entre poésie et humour, moments de tendresse ou d’action, les personnages nous en font voir de toutes les couleurs. L’inventivité de l’animation à l’aquarelle délicate et fluide souligne l’audace de ce conte initiatique qui pose un certain nombre de questions morales, voir politiques. Ernest et Célestine, malgré cette double lecture évidente pour nous adultes, n’en reste pas moins un film pour les plus jeunes qui adoreront frissonner et rire avec ce grand ours et cette petite souris.

Et la littérature jeunesse dans tout ça ?

Ernest et Célestine est inspirée des 25 célèbres albums éponymes de Gabrielle Vincent, une auteur et aquarelliste belge décédée en 2000. Le film relève le challenge de reprendre les codes des livres tout en créant une intrigue et un univers originaux. L’aquarelle est transcendée, l’histoire est reformulée, les personnages réinventés.

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Le film a eu l’intelligence de ne pas lisser le monde singulier et parfois cruel créé par Gabrielle Vincent. Ici aussi, la maison d’Ernest est un véritable foutoir : dessins collés au murs, linge qui sèche en travers des pièces, vaisselle qui déborde de l’évier, instruments de musique qui trainent au sol… On retrouve l’empreinte de Boléro, l’instituteur devenu SDF, lorsqu’Ernest fait la manche pour se remplir l’estomac. Même Siméon, la peluche canard de Célestine, est bien là, dans son petit lit.

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Comme le dit si bien Noémie Luciani pour Le Monde :

« On le comprend vite : l’entreprise n’est adaptation que dans le plus beau sens du terme. Elle réunit autour du monde de Gabrielle Vincent une nuée de créatifs en éveil, qui ont su trouver entre fidélité attentive et touche personnelle l’équilibre idéal, sans jamais perdre de vue la simplicité ludique de l’exercice. »

Un roman, écrit par Daniel Pennac, prolonge la série originelle : Le roman d’Ernest et Célestine. Il y installe un dialogue direct entre le lecteur et le romancier, qui ponctue son récit de ces petites interventions.

Gabrielle Vincent était ouvertement opposée à l’adaptation de ses livres. Huit ans après sa mort, son éditeur a ouvert les droits en vue d’en faire une série télé. Finalement, ce sera un long métrage de cinéma et un roman… Certes, les créateurs qui se sont emparés de l’oeuvre de Gabrielle Vincent ont respecté son travail et son univers, ses contes sensibles et ses dessins à l’aquarelle ; mais la mémoire de Gabrielle Vincent n’a-t-elle pas été bafouée ? Sa volonté de conserver l’intégrité de son oeuvre n’a-t-elle pas été trahie ?

Quelle que soit la qualité des adaptations émanant de l’univers de Gabrielle Vincent, les albums originaux restent la référence et le reflet de son âme.

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6 réflexions sur “L’ouvre-films #3 : Ernest et Célestine.

  1. Elsa dit :

    Merci Marie! J’ai vu le film hier et c’est très beau… de la poésie, de la fraîcheur et ce trait inimitable. Reste plus qu’à lire les bouquins (j’aurais dû commencer par ça!!!).

  2. mariemnd dit :

    Je suis contente que l’article et le film vous plaisent ! Et si je peux vous conseiller un album en particulier : « La naissance de Célestine »

  3. sandrinemz dit :

    Merci Marie ! Je sors à l’instant du ciné et confirme le trait très très juste de ton article. C’est un très beau dessin-animé avec de la poésie (la transition hiver-printemps est magnifique !) et de l’humour aussi : le camion repeint en trois coups de pinceau et qui se fond immédiatement dans le paysage. C’est attendrissant autant de naïveté et de simplicité. Et surtout ça fait du bien !!

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