La vérité sur l’Affaire Harry Québert – Impressions de lecture

JOL-DI~1 Le roman ayant remporté le prix Goncourt des lycéens 2012 « La vérité sur l’Affaire Harry Québert » de Joël Dicker méritait bien un petit tour dans l’Ouvre-livres.

Deux ouvre-blogueuses ont tenu ce qui pourrait ressembler à un carnet de lecteur, à savoir quelques réflexions sur les personnages, sur l’intrigue, sur l’écriture. Une lecture subjective qui complètera les nombreuses critiques publiées depuis ces derniers mois sans dévoiler le dénouement et qui vous déciderait à commencer cette lecture passionnante, nous le souhaitons.

 Ce que j’ai pensé de Marcus Goldman

Marcus Goldman jeune écrivain en panne d’inspiration, il a connu un grand succès et sombre dans la dépression faute de produire un nouveau roman. Il se rapproche de son ancien professeur d’université pour lui demander conseil.

Cristel :Je trouve Marcus pitoyable tout au long de son parcours scolaire, universitaire, il incarne la lâcheté. Mais sa pugnacité à défendre son ami Harry Québert lui donne une autre couleur et regagne de l’estime à mes yeux.

Sandrine : Je trouve le personnage de Marcus plutôt ambigu. Il est parfois détestable, égoïste et parfois très engagé, voire trop. On se demande sans arrêt si tout ce qu’il entreprend n’est pas calculé ? J’aime ces personnages insaisissables.  

Ce que j’ai pensé d’ Harry Québert

Harry Québert est un écrivain reconnu et professeur d’université sextagénaire, il est le  mentor de Marcus Goldman. Il est accusé du meurtre de Nola Killergan, jeune fille de 15 ans qui a disparu trente ans auparavant et avec qui il est accusé d’avoir eu une liaison.

Cristel : Harry Québert m’apparaît vraiment comme un personnage énigmatique dès le début du roman. Sa place au sein de ce fait divers qui bouleverse Aurora, ville tranquille du New Hampshire dévoile que le jugement de Marcus n’est pas toujours objectif. Et tout au long de l’intrigue je ne cesse de m’interroger sur son innocence, son histoire avec Nola est trouble.

Sandrine : J’ai aussi été très intriguée par le personnage d’Harry. Cette sorte de « Mentor », toujours présent pour Marcus, attentionné, sage,… Autant je l’ai trouvé mystérieux, mais aussi très « vrai ». Me laissant aller à l’empathie. 

L’endroit où j’ai aimé  lire ce livre

Cristel : La nécessité de ne pas me perdre dans les différentes directions suivies par les personnages m’ont imposé un lieu calme, isolé où toute mon attention était dirigée sur l’intrigue. Certains livres sont faits pour être lus au milieu des autres, dans le bus ou le train, d’autres sont faits pour être commentés, partagés, j’ai eu besoin de m’installer confortablement cette fois-ci .

Sandrine : Il est vrai que c’est un livre qu’on ne lit pas n’importe où et n’importe quand. Ce qui m’a été peut-être dommageable ? Ne le lisant que le soir – moment calme et propice – j’y reproche quelques longueurs. Une lecture davantage rectiligne me semble donc indispensable. 

L’une de mes répliques préférées

Cristel: p516 « Elle ne comprenait pas comment on pouvait se mettre dans un tel état pour un livre. »  Parfois on oublie combien écrire peut être douloureux, ou encore libérateur. L’écriture est un don de soi et ce qui peut sembler un banal récit  à l’un peut être davantage pour l’autre. Quoiqu’il en soit, écrire n’est jamais anodin.

Sandrine : p. 314 « Ce nom ne me dit rien. J’ai pu oublier, vous savez. Le temps a passé et a commencé à faire sa grande lessive. » – J’ai la mémoire qui… p. 167 « Vous voyez, écrire ou boxer, c’est tellement proche. On se met en position de garde, on décide de se lancer dans la bataille, on lève les poings et on se rue sur son adversaire. Un livre, c’est plus ou moins pareil. Un livre, c’est une bataille« . J’ai aimé ces parallèles entre le sport et l’écriture. Tellement Vrai ! On y met de soi, on s’exhorte sans arrêt.

Si j’étais Marcus, je me serais certainement laissée griser par le succès et les mondanités de New York. Par contre, je ne pourrais plus avoir ma mère au téléphone, arrrrgghhh! (Cristel)

Si j’étais Marcus, j’aurais aussi aidé Harry, souhaitais comprendre la Vérité mais je pense que j’aurais aussi quitté ma maison d’édition…  (Sandrine )

 Si j’étais Harry je n’aurais pas pu détruire les photos de Nola et moi. C’est l’une des seules preuves que notre passion avait existé, les seules preuves que tout n’était pas ce que la presse en dit. (Cristel)

Si j’étais Harry, j’aurai été le même… passionné et dépassé… (Sandrine)

Très bonne idée d’avoir intercalé les conseils d’Harry en partant du trente et unième, l’image du compte à rebours vers la vérité est ainsi présente pour le lecteur. (Cristel)

Tout à fait d’accord avec Cristel, cette organisation du récit m’a également beaucoup séduite. (Sandrine) 

Excellente idée d’avoir sur la couverture le « Portrait of Orléans » d’Edward Hopper : il illustre le calme de la petite ville d’Aurora juste avant d’être bouleversé par la découverte du corps de Nola, la passivité des habitants face à ce que l’on sait mais que l’on n’ose pas dire, la journée ensoleillée qu’était censé être ce 30 juin 1975. (Cristel)

Encore d’accord, mais quand on scrute cette première de couverture si paisible, on y voit aussi de mystérieux véhicules noirs… L’importance de l’horizon, aussi, avec la mer au loin. (Sandrine )

Mon bémol: le personnage du policier Gahalowood est caricatural, j’ai bien senti que cet homme grincheux du début du livre allait évoluer pendant l’enquête qu’il effectue aux côtés de Marcus. (Cristel)

A contrario, j’ai apprécié ce personnage de Gahalowood que j’ai trouvé plus proche, plus « humain », plus réfléchi et curieux sur tout ce qui se passe autour de lui. Malgré mon avis positif sur ce livre – prix Goncourt des lycéens 2013 – j’y reproche peut-être trop de chemins tordus, de personnages en définitive très obscurs, torturés… Un peu trop de nature humaine sûrement ? (Sandrine )

A votre tour!

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3 réflexions sur “La vérité sur l’Affaire Harry Québert – Impressions de lecture

  1. Gaëlle dit :

    Oh la bonne idée que de partager vos impressions ! J’adore ce genre d’article. Je pense moi aussi lire ce roman mais comme vous semblez dire qu’il faut être concentrée et alitée (ai-je rêvé ?) j’attendrai d’être cet été au bord de la piscine ou à la plage…

  2. Voilà j’en suis. Je débute LA lecture. Ce roman m’accompagne sur la route de mes vacances. Moment idéal non? Je suis déjà très accrochée aux personnages, à l’intrigue et surtout à certaines phrases que je me délecte à relire chaque jour. J’aime ces romans qui vous happent et vous apprennent quelques vérités sur vous-mêmes.

    Je vous tiendrai au courant de mes impressions finales à la fin de ma lecture.

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