L’ouvre-films #4 : Jean de la Lune, du livre au film

jeandelaluneLongtemps je me suis levée de bonne heure. Et cette fois, je suis allée au cinéma avec ma fille de 5 ans 1/4, voir Jean de la Lune, l’adaptation du célèbre album du célèbre Tomi Ungerer. Ce film d’animation est sorti en décembre dernier mais je n’y suis pas allée avant (c’est comme ça et c’est tout). On le trouve en DVD depuis le mois dernier et ça c’est de l’actu! Avis à nos amis belges (wouuuuhouuu) : le film sortira sur les écrans en octobre prochain. Et là, je suis même en avance!

D’un côté : Der Mondmann, l’album réalisé en allemand en 1966 et de l’autre Moon Man, le film d’animation franco-irlando-allemand (vive l’Europe!) réalisé par Stephan Schesch en 2012. A gauche, la couverture du livre publié à l’Ecole des loisirs et qui fait a part belle au héros, blanc sur un fond noir, entouré de quelques plantes et fleurs. A droite, l’affiche du film qui reprend Jean de la Lune en diminuant sa taille et en rajoutant de nombreux éléments graphiques colorés. Cette comparaison révèle, à mon sens, la différence majeure entre un album centré sur Jean de la Lune et où l’intrigue est simple et une animation cinématographique plus étoffée et où les personnages secondaires sont très importants.

Voici l’intrigue commune aux deux supports: Jean de la Lune s’ennuie terriblement coincé dans la Lune. Il profite qu’une comète passe par là pour aller sur Terre se divertir un peu et découvrir les richesses de la nature. Il est rapidement repéré et jeté en prison. Grâce à son rétrécissement (les cycles de la lune), il parvient à s’échapper. Il se glisse dans la fusée construite par Ekla des Ombres pour rentrer chez lui.

Le film apporte deux couches supplémentaires par rapport à l’album. Tout d’abord, un contexte géopolitique qui justifie la construction de la fusée. La planète est tout entière soumise à un seul homme, le Président, qui vient d’achever sa conquête du monde. Alors qu’il célèbre son triomphe, la comète, qui arrive droit sur la Terre, est repérée dans le ciel. Comme il risque de s’ennuyer lui aussi, sa machiavélique maîtresse lui suggère de conquérir la Lune! Il oblige Ekla des Ombres à lui construire une fusée. En voyant ce dictateur paranoïaque, on pense bien sûr à Hitler – d’autant que le réalisateur est allemand – mais ça marche aussi avec d’autres personnages politiques. Stephan Schesch a rajouté une dimension politique là où il n’y en avait pas. C’est un parti pris personnel qui n’appartient pas à l’œuvre originelle mais ça fonctionne.

La seconde couche apportée par le cinéma à l’œuvre de Tomi Ungerer, est l’introduction d’un Jean de la lune comme le personnage qui rassure tous les enfants du monde et les aide à dormir. Quand il quitte la Lune, les enfants ne dorment plus et sont tristes de ne plus le voir, chaque nuit. A son retour sur la Lune, Jean est soulagé mais il contente aussi tous les enfants de la Terre. Cette dimension affective permet une identification du jeune spectateur aux enfants malheureux 😦 puis heureux 🙂 du film.

Dans les deux cas, ces apports enrichissent le récit et permettent d’étoffer un scénario qui aurait eu du mal à dépasser les 30 minutes sans cela… Le plaisir n’est pas le même mais il est réel aussi bien à la lecture de l’album qu’à la regardure (hein? quoi?) du film. Ajoutons que le narrateur de l’animation n’est autre que Tomi Ungerer himself.

Merci à Gaëlle pour les invitations même s’il a quand même fallu acheter le livre 🙂

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