Une saison avec Jane-Esther, Shaïne Cassim (dès 13/14 ans)

4e91a-9782211214360_1_75Il y a quelques mois, je m’interrogeais sur l’avenir de cette maison qu’on appelle (dans le business du livre jeunesse) avec tendresse, simplement l’École.
Puis, j’avais lu avec émoi Calpurnia de Jacqueline Kelly, roman parfait en tout point (selon mes critères bien évidemment). Aujourd’hui je ressens un peu le même émoi littéraire en vous parlant du nouveau roman de Shaïne Cassim intitulé Une saison avec Jane-Esther. En commun, j’ai retrouvé une écriture délicate, de belles phrases qui donnent envie de dire « oh! » (Et ce n’est pas si souvent que j’ai cette sensation), un personnage dont le destin qu’on devine brillant s’enclenche avec une passion. Si Calpurnia s’émancipait par la botanique, Eden Vilette ne jure que par la poésie. Le roman mêle d’ailleurs habilement des poèmes au récit. Ceux de l’héroïne et ceux de Jane-Esther, célèbre poétesse de retour en ville. On remarque là que Shaïne Cassim a un talent dans le domaine de la poésie également affublé d’une imagination qui déborde. En effet, notre jeune héroïne sent qu’elle a au bout de sa plume un poème prêt à s’offrir au monde sur le thème d’une mystérieuse poule aux coudes pointus. Cette poule, Eden va la chercher tout au long du roman, aidée de Jane-Esther qui lui offre un regard sans concession sur poésie.
« Plutôt l’ortie que l’orchidée,
Le sommeil sans repos
que le rêve tranquille.
Plutôt la nuit ou l’aube que le plein jour,
Le sommeil d’une poule davantage que le charme d’une fleur compliquée… »

Si Eden suit les conseils de Jane-Esther dans le domaine de la poésie, c’est moins le cas lorsque son coeur s’emballe pour un drôle d’anarchiste russe qui a la révolution dans le sang. Eden, qui ne voulait justement pas se contenter du chaste amour que lui proposait Devendra Lacazette plonge dans les bras de cet incontrôlable Adam.
Au son de ces noms, vous aurez peut-être deviné que l’action se situe à la Nouvelle Orléans. Le roman se déroule lors de l’année 1967, l’on y croise le spectre du racisme, les Black Panthers et Angela Davis.
Pour tout vous dire j’ai adoré ce roman jusqu’à ce que j’en lise une critique qui m’a jeté dans un doute affreux. Ce roman est-il si génial que ça ? Je crois que oui mais je me réserve le doit de penser que ç´aurait pu être un chef d’oeuvre si :

Les personnages étaient plus développés
Le roman était plus long. Il s’adresse quand même à de grandes ados de plus de 13/14 ans et de ce fait je regrette qu’il ne soit pas plus consistant. Ce qui était le cas de Calpurnia.
En plus on ne sait pas si Eden trouve sa poule aux coudes pointus.

Je reste toutefois saisie par la beauté de la langue et par les passages poétiques qui m’ont réconciliée avec un genre littéraire que jusqu’alors je trouvais fort ennuyeux.

Allez, je vous en cite un petit morceau :

« Songeant à la poule aux coudes pointus, je devenais profondément consciente de mon ignorance, de la peur irrépressible de vivre dans ce monde de tumultes, du vide qui tordait mon ventre à l’idée que je ne reverrais jamais Adam. J’avais l’intuition que cet amour serait le grand désastre de ma vie, et que j’allais devoir imaginer une façon poétique et amusante de vivre avec ce désastre. »

Shaïne Cassim a écrit de nombreux romans pour la jeunesse et est éditrice de la collection pour grands ados Wiz de chez Albin Michel.

Ce roman paraîtra courant octobre (oui, je sais c’est pas juste!)

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