Freak city, de Kathrin Schrocke

À Montreuil, en règle générale, j’aime aller flâner autour des pépites, les lauréats bien sûr mais aussi les nominés. Dans la catégorie « roman ado européen », j’y avais repéré ce livre écrit par une allemande et publié chez « La joie de lire ». Le titre « Freak city » m’a interpellé tout d’abord. Il me replongeait momentanément dans La Monstrueuse Parade de Tod Browning, film culte américain. En puis, en lisant la quatrième de couverture, je me suis rendue compte qu’il correspondait à un de mes thèmes de prédilection professionnels. Ayant des élèves en secteur tertiaire, notamment aide à la personne, je suis toujours à la recherche de  récits autour de sujets tels que la petite enfance, la vieillesse, la maladie, l’inter-générationnel, le handicap. Freak city correspond à ce dernier.

Mika, un adolescent « normal », aux préoccupations normales (les filles, la drague, la sexualité…), va remarquer Léa. Il la trouve séduisante, voire même excitante. Mais alors qu’il met en place tout ce qu’il faut pour l’approcher, la pécho (comme dirait l’autre), il se rend compte que Léa est sourde. Un autre monde s’ouvre alors à lui, lui qui aime écouter de la musique sans arrêt, lui qui est entouré de bruit à longueur de journée, lui qui peut entendre, parler. Il va alors décider d’apprendre la langue des signes, décider d’apprivoiser et de conquérir le coeur de Léa malgré l’étonnement de son entourage, malgré les préjugés de ses camarades, malgré les réticences évoquées par les uns et les autres. Mika, qui a toujours eu l’impression d’être passif, consommateur, va agir, réagir, et aimer.

C’est un récit à la première personne du singulier. Le narrateur est un adolescent. Un point de vue intéressant, je trouve. Le thème de la surdité est abordé de manière fine avec cette confrontation entre deux univers bien différents, et les clashs que cela peut engendrer. Comment faire quand on ne se comprend pas, qu’on peut difficilement communiquer ? Mika – même si je trouve qu’il apprend très, très vite la langue des signes… – donne une belle leçon de persévérance et de tolérance. Bon c’est sûr il rêve de « pécho » Léa mais en définitive, il change aussi sa façon d’être, de faire, de penser. C’est une rencontre formatrice et jamais dans l’apitoiement. En fait, c’est juste une histoire de deux adolescents qui se rencontrent et font un pied de nez à la notion de « normalité ».

Un roman sympathique, pas un grand coup de coeur, mais une lecture agréable et un intéressant « voyage » au pays du handicap et de la surdité. À partir de 14 ans.

Freak city, de Kathrin Schrocke, La joie de lire, coll. « Encrage », 2013. 16,50 €
Freak

1ère de couverture – Freak city

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