Les cygnes sauvages

Un conte, trois versions: Les Cygnes sauvages d’Hans Christian Andersen

SAMSUNG CAMERA PICTURES

51scW+ZvOnL

Les Cygnes sauvages, traduit du danois par David Soldi et illustré par Joanna Concejo, Notari, 2011, 18,30 €

Joanna Concejo est une illustratrice diplômée des Beaux-Arts de Poznan, en Pologne. Elle vit et travaille en France depuis les années 90. Elle a fait de nombreuses recherches plastiques avant d’être publié. De cette pratique, elle a conservé le goût d’utiliser le crayon de papier pour s’exprimer, outil duquel elle apprécie les aspects direct et intime, « du trait au cœur » comme elle l’a souligné lors de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne. Elle choisit donc scrupuleusement les zones qu’elle colorise, faisant ainsi ressortir certains détails, jouant avec l’esquisse et son côté inachevé, valorisant les traces ou le blanc du papier.  On aime retrouver dans un coin de feuille ses essais de teintes à l’image d’une palette de peintre. On aime aussi ses choix de supports, des bouts de papier qui ont déjà une histoire, tâchés, déchirés, auréolés, quadrillés… Mais qui de mieux que Joanna Concejo elle-même pour évoquer son travail:

J’aime dessiner comme on recoud un trou, raccommode un vêtement. Comme on coud un bouton blanc avec du fil noir, parce qu’on en n’a pas d’autres. Comme on cache un endroit usé sur un complet bleu marine d’une pièce de tissus à fleurs, Et elle nous sourit de là… Par simple nécessité, un besoin très « terre à terre » de réparer, pour que quelque chose puisse encore durer. Encore un peu…

J’aime dessiner, comme on tricote un napperon, comme une méditation, presque inconsciente, sans réfléchir… une maille à l’endroit , une maille à l’envers… parce que c’est comme ça, car c’est ainsi que font depuis toujours toutes les grands-mères du monde…

On attend prochainement sa vision du Petit chaperon rouge chez Notari dont les premières illustrations ont été dévoilées par l’artiste sur son blog.

concejofleurs

dufour

Mette et les  cygnes sauvages, Muriel Bloch, Sandra Dufour (ill.), Thierry Magnier, 2012, 18,80€

Dans cette adaptation-ci, le texte « s’inspire librement d’Hans Christian Andersen mais l’écrivain s’est lui-même nourri de versions populaires du nord de l’Europe. Il existe également, chez les frères Grimm, deux versions de ce même conte: Les Six frères et Les Douze frères » comme le souligne Muriel Bloch en préambule de l’album. C’est Sandra Dufour, plasticienne et créatrice textile qui collabore aussi régulièrement pour la presse qui a choisi cette histoire pour la symbolique du fil qu’elle portait. Elle a délibérément délaissé d’autres titres attendus et peut-être trop connus tels que La belle au bois dormant qui se piqua le doigt sur un fuseau ou Le petit chaperon rouge avec son épisode des chemins de l’aiguille et de l’épingle (souvent retiré d’ailleurs). Muriel Bloch a alors accentué les motifs textiles dans sa réécriture.

La broderie reste une technique peu exploitée en France alors Sandra Dufour s’est perfectionnée au département Textile du National College of Art and Design de Dublin après son passage aux Arts décoratifs de Strasbourg. Elle qui se dirigeait au départ vers le stylisme a vite expérimenté le travail à l’aiguille pour dessiner. Chaque illustration impose sa technique (piqués libres à la machine et/ou points à la main), sa matière, son motif particulier. Tributaire des tissus, elle chine et accumule de nombreux échantillons. Dans ses « dessins au fil » (comme elle les qualifie auprès des enfants rencontrés en ateliers), elle aime s’affranchir des points classiques même si elle confectionne presque systématiquement un traditionnel cadre au point de chaînette;  médaillon duquel elle sort d’ailleurs aussi fréquemment!

80_sandradufour-mette01

 

La jeune femme s’est livrée lors de son passage à la 30 ème Fête du livre de jeunesse de Saint Paul Trois Châteaux, laissant entendre qu’un nouveau projet éditorial se dessinait, avec dans l’idée d’octroyer une plus grande place à l’image… On patiente déjà!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

 Portrait de Sandra Dufour dans la revue Marie Claire idées n° 94 Janvier 2013

41XpLnhb1QL

Il était une fois…contes en haïku, Agnès Domergue, Cécile Hudrisier, Thierry Magnier, 2013, 11 €

conteenhaïku

 

Cette version-là est tirée du recueil Il était une fois…Contes en haïku. 20 textes pour 20 contes à deviner… car ils ont été transposés sous la forme de haïku par Agnès Domergue, également musicienne. Vous avez dit haïku? Il s’agit d’un bref poème très codifié tout droit venu du Japon. C’est le nombre de syllabes qui importe dans sa composition à la française; tout ça pour signifier l’évanescence des choses. C’est bel et bien réussi ici avec ce petit livre élégant, des plus agréable à feuilleter, offrant alors un subtile nuancier! On aime son dos toilé gris anthracite et son papier mat où sont imprimés les « petits mondes dans une goutte d’eau » tels que les appelle Cécile Hudrisier, qui développe là une technique plus personnelle. Chaque double page répond à la même construction: à gauche on nous offre les trois lignes alors qu’à droite est abritée l’aquarelle; chaque histoire bénéficiant d’une couleur caractéristique. Tel un livre-jeu, on va « vérifier les réponses » en consultant le sommaire final. Pour prolonger le plaisir, on peut retrouver l’univers des contes en haïkus dans une expo de kakémonos disponible à la location…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s