Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux.

 

5 ans sans Anne-Laure, c’est long.

Tant que nous sommes vivants

« Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu’à moitié, lorsque Bo entra, un matin d’hiver, dans la salle des machines. »

Heureusement, le 25 septembre vous pourrez tous et toutes enfin vous ruer sur son nouveau roman à paraître chez Gallimard Jeunesse.

Privilège de libraire, j’ai eu la chance de lire Tant que nous sommes vivants et en voici ma petite chronique enthousiaste !

5 ans après Le temps des miracles, ALB s’est refait une beauté. C’était le temps qu’il lui fallait pour « une parenthèse nécessaire […] intense en réflexions, en changements personnels et professionnels »*

Ainsi, tout comme dans son histoire personnelle, ce nouveau roman est avant tout histoire de transformations et de métamorphoses. Dans ces pages sublimes, on côtoie l’ombre et la lumière en permanence. Des symboles plus ou moins évidents surgissent à chaque coin de page. Le lecteur navigue entre le monde d’en haut dans les 1e et 3e parties et celui d’en bas, dans laquelle se passe la 2e partie.

Bo et Hama sont les héros de cette aventure. Un jeune couple éperdument amoureux. Ils vivent au début du roman dans le monde d’en haut. Un monde qui ressemble étrangement au nôtre par certains aspects (le travail à l’usine, le bar-cabaret du village…) et qui pourtant nous semble assez peu familier. Les noms des personnages ne nous évoquent rien : Bo et Hama sont entourés de Malakie, Malkior ou encore leur fille Tsell. Si dans le cabaret la bière coule à flots, la patronne Tititne-Grosses-Pattes aux étranges jambes de ferraille nous sort de notre réalité. Ainsi, l’on navigue en permanence entre le familier et l’étrange, sans trop savoir où est la frontière. Une chose est sûre, l’amour de Bo et Hama est immense, pur et ne cessera jamais.

Le métal, l’usine, la forge, sont presque des personnages à part entière dans ce roman qui laisse un goût métallique dans la bouche. On coupe, on scie, on assemble. Il y a là le goût de l’effort, du travail acharné. L’odeur de la sueur et le goût des larmes salées. Ce livre est un histoire de sens, qu’il met tous en éveil.

Et puis un jour, c’est la catastrophe.

Tout sera chamboulé dans le village et surtout dans la vie de Bo et Hama. Surtout Hama.

Roman découpé en 3 parties aux narrateurs différents, on découvre dans la première la vie des héros heureux de s’aimer et de travailler dur dans la seule usine encore sur pied à des kilomètres à la ronde. On y voit grimper leur amour très haut.

La seconde partie est celle d’après la catastrophe, celle de l’errance pour Bo et Hama qui quittent leur village de manière tragique. C’est la partie de l’étrange, celle du petit peuple d’en bas qui va les accueillir comme des rois. Bichonnés, nos héros vont ici reprendre leur souffle, se ressourcer.

Dans la troisième partie, Bo et Hama, devenus parents cherchent un endroit où vivre tous les 3 paisiblement. Leur errance les mènera vers une presqu’île paradisiaque jusqu’au jour où… Pointe en sourdine une guerre dont ils n’ont jamais entendu, reclus comme ils sont sur leur île de Robinson. Cette dernière partie est bien différente de l’ambiance métallique des débuts, on y vit parmi les cocotiers dans une cabane en bois. Au grand air, en compagnie de leur drôle de fille qui manifeste d’étranges pouvoirs, le couple de Bo et Hama se délite. Les démons des uns et des autres refont surface.

Ce livre est remarquable en tout points, un grand roman. Fin, intelligent, remarquablement écrit. Il a tout pour plaire. Aux moyens, aux grands, aux filles, aux garçons etc…

Anne-Laure vous êtes largement pardonnée pour l’attente !

 

* courrier adressé par l’auteure aux libraires

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Une réflexion sur “Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux.

  1. HélèneM dit :

    Anne Laure Bondoux fut ma grande découverte littéraire de l’année. Une rencontre humaine aussi car j’ai eu la chance de la rencontrer, de discuter avec elle et d’assister à une table ronde sur le secret en littérature. Sujet qu’elle distille à merveille dans chacun de ses livres. Son roman pour adulte: l’autre moitié de moi-même est une belle écriture sur les masques et la connaissance de soi.
    J’ai hâte de lire ce nouveau roman.

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