Lastman, de Vivès, Sanlaville et Balak.

N’avez-vous jamais éprouvé toute la peine du monde à trouver une BD pour ados qui ne soit ni trop classique, ni trop neuneu ?

Il est légitime d’avoir l’impression qu’entre Astérix et Les nombrils (titres choisis au hasard), il n’y a rien… Pourtant, en cherchant bien, on peut trouver des séries qui sortent du commun et allient tout un tas de qualités : graphisme impec, narration au top, suspense etc… Parmi ces bijoux il y a Lastman, projet protéiforme conçu d’emblée pour exister sur plusieurs supports (manga + anime + jeux vidéo) et dont la version en BD est imparable.

balakvivesBalak-Vivès-Sanlaville (dans le bon ordre, s’il vous plait !)

Aux manettes ils sont 3 : le plus connu est sans doute Bastien Vivès, qui, depuis qu’il s’est mis à la BD a décidé d’être remarqué par tout le monde pour toutes ses créations… C’est très réducteur mais je n’en citerai que deux qui vont vous faire dire « ah oui, c’est lui » : Le goût du chlore et Pollina. Mais le jeune homme a déjà un CV long comme le bras bien qu’il n’ait QUE 30 ans. Et oui, ça agace.

A ses côtés évoluent Balak dont le site Delitoon nous apprend ceci : « Expert en découpage, Balak s’est fait connaître dans le monde de l’animation comme story-boarder, il est aussi un spécialiste et théoricien de la bande dessinée numérique qui conseille notamment les studios Marvel. » Le troisième larron de l’affaire est Michaël Sanlaville « est un as du mouvement et des cadrages. Auteur complet, il a publié le Fléau Vert. Il est aussi illustrateur et story-boarder pour les plus grandes productions desin annimé en France ». Comme je cite, les fautes ne sont pas de moi… Mais je ne vais pas me plaindre car je ne savais rien de ces 2 auteurs et que je n’allais pas inventer non plus.

Avec tout ça on a bien compris qu’on va avoir du lourd dans Lastman, série à peu près inracontable, au carrefour entre Dragon ball, Nefertiti, Rambo et que sais-je encore ?

L.10EBBN001591.N001_LASTMANt1_JAQ_FRLastman T1. Dès la couverture on comprend que c’est un manga. Souple, épais, en noir et blanc mais avec les premières pages en couleur, rythme, découpage etc… tout y est pour mettre en route pour de bon le manga à la française.

Dans cette série qui comprend pour le moment 6 volumes sur les 12 prévus, on peut dire que l’on est scotchés par l’art du mouvement et par la narration qui nous cessent de nous envoyer de partout. Les changements de monde nous font virevolter d’une époque à l’autre dans une profusion d’action qui nous fait tourner la tête.

Je vais essayer de faire court et simple pour vous donner l’essentiel de la série.

On débute on ne sait où et on ne sait quand. Un groupe d’enfants et d’ados s’entraîne à combattre pour un tournoi annuel. L’ambiance est bon enfant, les personnages attachants. En tête de file le très jeune et trop trop mignon Adrian Velba (un patronyme doux comme une peau de pêche mais vous verrez plus loin que c’est censé évoquer autre chose…).

Adrian à qui l’on a envie de faire de gros câlins, c’est lui :

adrian        lastman-ff93d

Les couleurs sont sublimes dans les premières pages du manga mais le noir et blanc est top aussi !

Adrian fait partie de l’école de Maître Jansen et comme pour tous ce combat revêt une importance capitale mais au dernier moment, son coéquipier ne peut participer au combat. C’est dans ce décor qui pourrait représenter la Renaissance (?), rois et reines vêtus comme François 1e, ou un village médiéval ; que déboule sur une moto notre fier Richard Aldana. Oui, sur une moto ! On se demande si on a bien vu, mais c’est bien ça.

lastman-richard

A côtés des autres zozos déguisés en Robin des bois, il n’a pas trop le look de l’époque…

lastman

Mais d’où sort ce satané gaillard ?

Pour le moment on s’en fiche me direz-vous car il tombe bien le Richard, il va pouvoir faire équipe avec notre petit Adrian qui est ravi ravi d’avoir un coéquipier de dernière minute pour le tournoi. Le tournoi… parlons-en, là aussi on va passer un bon moment ! Les combats, bien qu’ils s’inspirent certainement de certains combats japonais à la DBZ n’en ont pas la longueur infernale. Au contraire, le rythme et le découpage imposé par les auteurs ne nous laisse aucun répit. Au passage on note quelques pointes d’humour insérées tout du long, dont cette bonne blague qui m’a bien fait rire :

last_m10

Ça vous rappelle quelques-uns ?

Là, en gros je vous passe le déroulement des combats parce que je ne vais pas tout vous raconter. Je vais juste pour donner quelques infos croustillantes ! Il y a aussi de l’amoooooooooooooooooooour… Et comment ne pas tomber amoureux de la tellement jolie maman d’Adrian, je vous le demande ?

lastman-5

Adrian, trop content d’avoir un coéquipier, présente Richard à sa jolie môman.

Bon, vu comme ça elle a pas l’air commode la boulangère du village, mais c’est une maman poule qui ferait n’importe quoi pour son fiston (vraiment n’importe quoi). La beauté de Marianne rend tous les hommes fous mais seul lui importe son fiston. Enfin, ça c’était avant que Richard débarque sur sa grosse moto…

La série mêle habilement tous types d’histoires, du combat, du romantisme, de l’héroïsme, de la mythologie etc… Pourtant on ne s’y emmêle pas trop les pinceaux et tout est habillement mené. Le premier tome assez classique pose les bases : on y comprend que diverses écoles de combat s’affrontent et on découvre le monde dans lequel vivent Adrian et Marianne sa maman boulangère. on évolue dans un monde tendance « médiéval/renaissance ». L’arrivée de Richard, venu apparemment d’un autre monde vient bousculer nos certitudes d’avoir face à nous une série historique. Le tournoi se déroule sur les deux premiers volumes de la série, il ne s’étale pas en longueur. Ces deux tomes plantent le décor de ce côté ci du monde, on y fait connaissance des combattants, de la cour du roi etc…

Puis, on découvre que Marianne Velba a une grosse moto planquée quelque part et qu’elle est experte en combat elle aussi. Et là, je n’en dis pas plus parce que ça va valdinguer. Si j’ai un petit bémol sur le tome 3 qui m’a moins convaincue, je reste vraiment emballée par cette série novatrice, créative et menée de 6 mains de maîtres.

Lastman3

N’hésitez plus à vous lancer dans l’univers de Lastman que vous soyez ados ou adultes, l’ennui n’y est pas invité.

Ah oui, j’ai oublié de vous dire que si les noms des personnages sonnent doux à l’oreille, ils sont largement inspirés des obsessions mammaires des auteurs et rendent hommage à certains gens de l’univers pornographique ! Parents, n’ayez crainte, on n’est pas pour autant dans une série de cette teneur… Point trop de dévergondage dans Lastman surtout de l’action.

Petit plus, le côté album Panini qui complète chaque titre, on redevient gamin en collant les vignettes de nos personnages préférés…

N’hésitez pas un instant à aller découvrir Lastman sur le site Delitoon.

Vous pouvez aussi aimer sans restriction la page facebook consacrée à la série. On est déjà 6234 à aimer mais faites du bruit pour Lastman !

Du côté des auteurs ils sont eux aussi on line et c’est par pour Bastien Vives, ici pour Balak et dans ce coin pour Sanlaville.

 Lastman est publié dans le label KSTR de chez Casterman. Éditeur historique mais pas encore ringard comme le prouve chaque volume qui coûte 12,50 € (et ça les vaut bien !)

 L.10EBBN001591.N001_LASTMANt1_Ip001p216_FRBon sang, mais jusqu’au vont-ils nous emmener ?

Gros coup de cœur pour cette série découverte grâce à un inconditionnel : Vincent de BD Fugue Annecy !

Publicités

Une réflexion sur “Lastman, de Vivès, Sanlaville et Balak.

  1. sandrinemz dit :

    Très bon choix Gaëlle ! Et Bastien Vivès j’adore. Un autre titre très sympa aussi de ce même dessinateur – et pour les ados – « Le goût du chlore ». Et dans la collection KSTR, il y aussi « En silence » d’Audrey Spiry. Bref, tu as absolument raison : pas ringard ! Et à soutenir, pour que ce type de BD puisse continuer à exister.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s