Chaque soir à onze heures et Le jardin de minuit (ou : Des pendules dans la BD.)

Étonnamment, deux des meilleures BD lues ces derniers jours ont pour point commun une pendule mystérieuse…

Autre point commun, toutes deux sont adaptées de romans jeunesse, l’un que j’avais lu et chroniqué, l’autre que je ne connaissais que de nom.

Le premier est le roman de Malika Ferdjoukh Chaque soir à onze heures, adapté en BD par Eddy Simon et illustré par la talentueuse Camille Benyamina

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Le second est Tom et le jardin de minuit, roman de Philippa Pearce paru en 1958 et toujours disponible chez Folio junior. Il est ici sublimement adapté par Edith  (faut-il encore présenter Edith?) sous un titre un peu plus court.

Ces deux albums ont pas mal de choses en commun (en plus de la pendule…) Je pense par exemple qu’ils s’adressent à un large public, allant bien au delà des enfants pour Le jardin de minuit et des adolescents pour Chaque soir à onze heures. Parce qu’ils ont cette magie qui fait qu’ils vont toucher toutes personnes sensibles à la beauté des images et un récit suffisamment intrigant et cohérent pour capter toutes les attentions.

Du côté de Philippa Pearce et Édith, la pendule est un détonateur pour se faufiler dans le fantastique. Lorsque Tom entend sonner les douze coups de minuit, il s’enfuit de sa chambre pour ouvrir une porte qui mène dans un jardin fabuleux. Là, au milieu des pelouses, des fleurs et des arbres il croit être invisible. Là, le temps s’écoule à une autre vitesse, il file comme le vent ! Tom rencontre une jeune fille, Hattie, qui revêt une apparence légèrement différente selon les jours. Au fil de la lecture on découvre qu’elle vieillit, ce qui n’est pas le cas de Tom qui reste un petit garçon.

imageTom et Hattie (et un pouce) dans le merveilleux jardin imaginé par Édith

Alors qu’il pensait s’ennuyer chez son oncle et sa tante, Tom vit un été merveilleux. Il partage ses secrets à propos de ce jardin magique dans une tendre correspondance avec son frère convalescent resté au domicile familial. Tom ne veut plus rentrer chez lui et cherche à profiter tant qu’il peut de ce jardin, de sa jeunesse…
Un jour il devra faire le deuil de ces vacances magiques et rentrer chez lui, grandir et devenir un adolescent, puis un adulte ! Et oui Tom, toi aussi tu vas y passer un jour…

Les illustrations d’ Edith sont comme à l’accoutumée sublimes. Pleines de tendresse envers les enfants, leur rendant un sublime hommage. Avec Édith, l’enfance parait toujours merveilleuse et ça fait tellement de bien ! Une grande dame de la BD dont on ne parle sûrement pas assez.

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La pendule bizarre de la famille Fils-Alberne…

Dans l’adaptation de Chaque soir à onze heures, la pendule est plus inquiétante. Située dans la demeure étrange des enfants de l’illustre famille Fils-Alberne baptisée Fausse-malice, la pendule se grippe tous les soirs à 23h. C’est étrangement à 23 h que madame Fils-Alberne s’est suicidée il y a quelques temps de cela. Cela effraie beaucoup la benjamine de la famille, Marni, qui ressent toutes les nuits une présence inquiétante dans sa chambre.
Elle a de quoi être angoissée la petite… Les deux parents morts suite à une sordide affaire, elle vit accompagnée de ses frères et domestiques dans une grande maison un peu antique… Régulièrement, ils reçoivent des menaces ce qui n’est pas pour les rassurer. Mais cet album n’est pas angoissant pour autant. C’est aussi et avant tout un portrait moderne des ados d’aujourd’hui. L’héroïne, Willa, semble tout droit sortie d’une virée chez H et M. Tandis que son amie Fran, héritière d’une famille possédant de célèbres hôtels semble plutôt habituée à des marques un peu plus luxueuses. Les héros, au réalisme époustouflant, évoluent dans un Paris de rêve où les lumières jaillissent de toutes parts ; même dans la pénombre la plus inquiétante. Fran est un genre de pin-up contemporaine et Willa une fille à laquelle on peut facilement s’identifier.

 

Fran la pin-up version 2015  et son frère Iago vus selon Camille Benyamina

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Willa sur les toits de Paris sublimés par l’illustratrice…

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La prochaine fois je vous parlerai d’une série qui devrait aussi plaire aux filles adolescentes et qui traite d’une lycéenne capable de dialoguer avec les morts. Sa vie d’ado insouciante va être perturbée par ce don mais lui permettre de fantastiques rencontres.

C’est palpitant, superbe et ça s’appelle Bouche d’ombre. Une série illustrée par Maud Bégon et écrite par Carole Martinez (oui, la dame qui écrit de très bons romans). Le lien renvoie vers une interview tellement géniale que je me demande su c’est bien encore la peine d’écrire un article !

 

Et ça c’est la couverture du tome 2 tout juste paru cette semaine, juste pour vous mettre l’eau à la bouche !

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Le jardin de minuit d’Edith est publié chez Soleil dans la collection Noctambule. 100 pages de lecture pour 17,95€. Conseillé dès 8/9 ans et sans limite !!!

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina est publié chez Casterman. 96 pages pour 18€. Conseillé dès 12/13 ans et sans limite !!!

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