Les petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane (coll. eXprim)

HAUT LES MOCHES !!!
OH, LES MOCHES !!! (Ce qui n’est pas pareil)

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Dans Comme des images , Clémentine Beauvais avait déjà particulièrement bien analysé les ravages des réseaux sociaux auprès des adolescents. Fragile, l’une y avait laissé sa vie.
L’histoire commune de Mireille, Astrid et Hakima débute lorsque Théo (ex meilleur ami d’enfance de Mireille) a l’idée de lancer un concours de boudins au collège via une page facebook dédiée aux filles les plus ingrates. Ici, à l’inverse de Comme des images, les réseaux sociaux ne font pas de gros dégâts mais poussent les trois héroïnes à se surpasser. Pas de place aux lamentations dans Les petites reines ! Place à l’initiative, à la débrouillardise, à l’autonomie ! Élues boudins,
Mireille (boudin de bronze, jadis boudin d’or) Astrid (boudin d’or) et Hakima (boudin d’argent) prennent leur vie en main. Mireille, au sacré tempérament, serait presque vexée de ne plus être au top du top ; elle décide alors de rencontrer les deux autres boudins qui l’ont honteusement détrônée.

De caractères différents, chaque boudin trouvera néanmoins un motif pour rallier Paris à bicyclette d’ici le 14 juillet. Car elles n’ont pas en commun que leur laideur et leur largeur ; d’autres raisons les guident dans cette folie de rejoindre la capitale à coups de pédales vengeurs. L’une veut retrouver son père, l’autre faire un scandale auprès d’un général et la 3e veut approcher son idôle : Nikola Sirkis. Seules, elles n’oseraient pas mais ensemble elles sont capables de tout. Y compris de vendre bien ironiquement du boudin dans une caravane pour financer leur road-trip.

Unies dans la souffrance du pédalage, nos trois boudins sont loin d’imaginer ce qui les attend lorsqu’elles posent leurs grosses fesses sur la selle de leur vélo au départ de Bourg en Bresse (Bourkenbresse) au matin du 8 juillet.

Avec elle, le Soleil, qui sera de la partie tout du long. Pas le vrai soleil, mais Kader le frère d’Hakima, surnommé ainsi par Mireille ; éblouie dès leur rencontre. Kader ne fait pas de vélo, il est en fauteuil roulant. Kader prend la tête de ce drôle d’attelage en poussant de toutes ses forces avec ses mains et en même temps il tire les trois filles vers une célébrité bienfaisante et reconstructrice. Mireille n’en revient pas d’être chapeautée par un gars si solaire et musclé et gentil et beau et et et … Alors elle est tellement intimidée qu’elle ne sait jamais trop quoi lui dire de malin ou simplement normal. Elle bafouille sans cesse « Savakader? » Intrusion du langage sms parfaitement inclus dans ce roman qui joue savamment avec les codes d’aujourd’hui.

Influence des réseaux sociaux, omniprésence des médias à l’affut du moindre scoop, langage sms qui se mêle à la plus jolie des langues ; Clémentine Beauvais s’impose comme une auteure incontournable de la littérature jeunesse.

Un roman à lire par les ados et les adultes curieux du monde étonnant qui les entoure !

Et dans le tas, a continué Hakima d’une voix qui n’était plus qu’un chuchotement, je vois ceux qui tombent en pédalant, et qui pédalaient, pédalaient, pédalaient, avec leurs grosses pattes, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’il leur avait poussé des ailes, et qu’ils pouvaient se sauver.

The end.

15,50 € (et ça les vaut largement)

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3 réflexions sur “Les petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane (coll. eXprim)

  1. Aurais-je le temps de tout lire cet été?
    J’aime bien l’idée des moches qui lèvent le menton, l’idée du langage sms (komanvouzendouté?) et l’image du groupe invraissemblable au départ du pays du Bleu et du poulet ….
    Allez zou ! sur la pile!

  2. sandrinemz dit :

    Lu pendant les vacances. Ai adoré. C’est un récit très chouette avec un regard très critique sur la société formatée, connectée et un peu « fashion victim » d’aujourd’hui. Il y a aussi beaucoup d’humour, de décalage et de la positivité. Un pied de nez à l’apparence, la fatalité, la Norme !

  3. Je viens de le finir, je l’ai adoré !! Quelle histoire, quelle écriture… Un grand roman, et un incroyable plaisir de lectrice du début à la fin.

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