#Bleue

bleue

Je finis de lire #Bleue – de Florence HINCKEL – ce dimanche 15 novembre 2015 et je sens que cette lecture est, pour moi, moins habituelle que beaucoup d’autres. En effet, deux jours avant ont eu lieu à Paris des attentats terroristes qui – de nouveau – nous plongent dans l’horreur, dans la consternation, nous les filles de l’OL et tous les citoyens du MONDE ENTIER. Des attentats qui sont innomables, qui touchent ouvertement notre envie de liberté, notre envie de nous distraire et surtout notre envie de VIVRE pleinement, de profiter de chaque instant. Ils touchent le loisir, ils touchent la Culture, ils touchent le plus profond de chacun d’entre nous !

C’est vrai qu’à l’OL, nous aimons plus souvent des histoires BELLES, poétiques, artistiques, esthétiques, qui font rêver, qui font du bien. Sans en être complétement dans la naïveté, bien-sûr. Des histoires positives, optimistes, porteuses de tant d’espoir. Des histoires émouvantes mais jamais, au grand jamais, « blessantes ».

Alors en finissant #Bleue, dimanche soir, je me suis dit qu’après tout ce n’était pas si bête de vivre dans le même monde que Silas et Astrid. Celui où la CEDE – la Cellule d’Eradication de la Douleur Emotionnelle – permet d’effacer les émotions, les souvenirs, les moments douloureux d’une vie. C’est simple : Un chagrin = Un oubli. Ne plus pleurer, ne plus souffrir, être apaisé. Je pensais à tant de gens, dimanche soir, qui auraient pu très vite oublier cette nuit d’horreur, cette attente, ces appels ou ces annonces indésirés, cet après. Oui mais bon…

#Bleue raconte un monde futuriste, dans lequel Silas et Astrid s’aiment d’un amour innocent (ça fait du bien aussi l’innocence…). Mais Astrid est victime d’un accident de voiture. Dans ce monde, les mineurs incapables de supporter la souffrance et la colère causées par le mal-être ou la perte d’un être cher sont obligés d’être dénoncés auprès de la CEDE. Les adultes, eux, ont encore le choix. Après une simple oblitération, ils sont dépourvus de toute douleur émotionnelle et marqués au poignet par un point bleu fluo. Silas deviendra contre son gré un de ces oblitérés. Il raconte alors la disparition d’Astrid et son ressenti avant et après l’intervention. Mais dans ce monde où le « tout Beau », le « tout Gentil » devient inconditionnel, ce n’est pas si simple. Roman à deux voix, on apprend ensuite par Astrid, qu’elle avait en fait décidé de faire partie du mouvement SOS (SOuvenirS) qui revendiquait au contraire l’envie, ou en tout cas le choix de souffrir. Ainsi, à la suite de quelques rebondissements que je ne peux vous dévoiler (sinon vous n’allez jamais le lire), Silas apprendra alors la Vérité et se rendra compte en définitive que cette démocratie – dans laquelle il croyait grandir, vivre, vieillir en toute confiance et légéreté – manipulait et surtout laissait peu de place aux libertéS.

Alors Florence HINCKEL, je suis désolée si je vous associe à ce qui vient de marquer – une nouvelle fois – l’Histoire dramatique de notre pays, et à ce qui vient de tous nous bouleverser, mais votre récit a eu une différente résonance dans mon esprit ces jours derniers. Forcément. Moi aussi je me dis que la souffrance est insupportable, qu’elle ne devrait pas exister. Pourquoi ne pas l’annihiler ?  Mais je me dis aussi que le Souvenir est indispensable à la construction de nos « Soi », de nos « Nous », de « Nos vivre Ensemble ». Et surtout, la Liberté est primordiale. En est la preuve poignante aujourd’hui ! Liberté de penser, liberté de s’exprimer, liberté de boire ou de manger entre amis – sur une terrasse ou ailleurs -, liberté de sortir, liberté d’écouter de la musique, liberté d’assister à un match de foot, liberté de choisir sa foi, ses convictions, son mode de vie, sa Civilisation. Liberté de Lire !  

Bref, #Bleue plaira beaucoup à tous nos jeunes ados, qui ont aussi besoin de voir que tout n’est pas que fatalité. Ils ont aussi leur droit de décider. Et puis même si on m’accuse de mièvrerie (liberté de « mièvrer »…), c’est un récit aussi qui offre un « happy end » qu’aujourd’hui on prendra plus que volontiers. Pour surmonter, se redresser et encore y Croire. Plus que jamais…

Florence HINCKEL. #Bleue. Syros, 2015. (Soon) 15,90 – À partir de 12-13 ans.

BLEUE

Extrait« Cela fait du mal et du bien, c’est le bleu de la douleur. Et cela nous rend vivants. »

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