« D’après une histoire vraie », le livre que j’ai lu ou peut-être pas… !

DSCN4389Si on part du principe que Delphine de Vigan a peut-être ou peut-être pas vécu les événements qu’elle relate dans ce livre, qu’en est-il de notre lecture ? Tout comme elle joue avec la notion d’identité du narrateur, pourquoi ne jouerions-nous pas avec celle du lecteur ? Disons-donc, dans un premier temps, que nous l’avons lu ce livre. Nous pourrions alors dire que « D’après une histoire vraie » raconte un épisode de la vie d’un auteure (prenons par exemple D. de Vigan). Cette dernière vient d’achever, de publier, de promouvoir un livre très personnel dans lequel elle se raconte, elle et sa famille. Puis arrive cette rencontre avec L. Une femme qu’elle croise lors d’une soirée et qui va devenir assez vite une amie, une confidente mais aussi une manipulatrice, une obsession. Leur relation devient exclusive, prenante et même flippante (je l’aurai vécu comme ça, en tout cas, moi) jusqu’à devenir un tantinet dangereuse*. Leurs discussions tournent essentiellement autour des notions de création, d’inspiration et de sujets – valables ou non, attendus ou non – de l’écriture. La tension qui émane de cette relation nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Mais il n’y a pas que ça qui captive autant le lecteur, c’est grâce aussi au jeu subtil de l’auteure qui nous maintient fermement entre cette idée de fiction et de réalité. D. de Vigan a-t-elle rencontré ou pas L. ? A-t-elle vécu réellement ou pas ce harcèlement ? Réalité, fiction, vérité… on se pose la question sans arrêt à chaque page et – tout comme l’héroïne – on doute, on se questionne, on enrage. Un « faux-semblant » original. En définitive on finit par se demander si D. de Vigan ne nous manipule pas davantage que ne le fait le personnage de L. dans le récit… S’il est bien VRAI que nous l’ayons lu, d’ailleurs, « D’après une histoire vraie » ??

Un prix Goncourt des lycéens 2015 largement mérité. Une lecture psychologique mais aussi une belle leçon d’écriture et de création. Juste un bémol pour ma part, quelques longueurs dans ce roman qui je l’espère ne décourageront pas nos jeunes lecteurs.

D’après une histoire vraie, Delphine de VIGAN, JC. Lattès. 484 p. 20€

À partir de 15/16 ans. Lecteurs confirmés (et/ou passionnés par le sens de l’écriture et de la littérature).

* Pour les fans de S. King, c’est un sacré clin d’oeil à « Misery ».

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