De la BD rue de Sèvres

  • Bien-sûr, je dois faire partie des rares personnes qui se sont dit, en voyant des BD éditées par « Rue de Sèvres », tiens c’est rigolo c’est la même adresse que L’école des loisirs ? Oui voilà, voilà ! Mais cette naïveté me permet quelques découvertes souvent essentielles à l’enrichissement de ma culture générale et attise ma curiosité (on dirait que vous en doutiez ?). En tout cas, j’ai ensuite vérifié sur le site officiel de l’éditeur ce que «  ma » libraire préférée m’avait expliqué :

    « Rue de Sèvres est la maison d’édition de bande dessinée du groupe l’école des loisirs. Depuis septembre 2013, Rue de Sèvres propose des albums de bande dessinée ado-adultes, tout public et jeunesse. Il nous tient à cœur de soigner chaque livre que nous publions, de proposer des histoires ambitieuses et de beaux objets, c’est pourquoi nous proposons un nombre restreint d’albums chaque année. Notre projet est de ne nous poser aucune limite de genre mais d’accueillir dans notre catalogue des livres aussi variés qu’incontournables ».

    Et toc ! Je suis donc repartie, davantage éclairée, avec deux albums BD sous le bras, estampillés « Rue de Sèvres ».

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    « Le cabaret des ombres », Une aventure des spectaculaires de Régis Hautière et Arnaud Poitevin, nous plonge dans un Paris d’un autre temps, début du XXème siècle. Le professeur Pipolet, une espèce de Géo Trouvetou, doux rêveur pacifiste, s’est fait voler les plans d’une arme révolutionnaire par un très, très méchant homme d’affaires. Pour l’aider à les récupérer, il sollicite quatre artistes, les Spectaculaires de Paname, rois de la débrouille et de l’illusion. Les faibles recettes de leur spectacle les obligent plus ou moins à accepter, s’ensuit une drôle d’aventure et de nombreuses péripéties entre maladresses, engueulades et désorganisation. C’est une drôle d’équipe que forme Pétronille, Félix, Eustache et Évariste ces artistes intéressés par l’appât du gain, certes, mais tout compte fait plutôt intrépides et humains.

  • DSCN4277C’est un récit vif avec plein de rebondissements, des personnages attachants – de vrais antihéros – et des inventions complètement loufoques. Beaucoup d’humour. Un univers qui m’a renvoyé à certains films de Jeunet, au film d’animation « Un monstre à Paris » de Bergeron et à un peu de Jules Verne aussi. Pour dire… C’est un album « Histoire complète » (one-shot comme dirait l’autre), et c’est même écrit sur la 4ème de couverture. C’est parfois pratique.

    « Yin et le dragon, T1 : créatures célestes », de Richard Marazano et Xu Yao nous emmène, lui, en voyage dans le Shangaï des années 30. Yin vit avec son grand-père le Vieux Li, un pêcheur pauvre qui a du mal à joindre les deux bouts et à s’occuper seul de sa petite fille, courageuse, volontaire mais pas toujours obéissante. Aussi, quand il part pêcher un soir, elle se glisse en douce dans la barque. Or cette nuit là, point de poisson dans le filet mais un dragon d’or (même sur la côte normande, on en trouve…). Comme il est blessé, Yin arrive à persuader son grand-père de le ramener à terre, pour le soigner. Le vieux Li finit par accepter sauf que les Japonais envahissent Shangaï et qu’il va être difficile de cacher bien longtemps un dragon. De plus, une autre menace pèse, car le dragon d’Or qui reprend des forces, est venu en fait annoncer une future et terrible tragédie…

  • DSCN4276Il faudra attendre la sortie du 2ème tome pour connaître la suite de cette série, prévue en 3 volumes. Mais le décor et le suspense sont déjà bien installés dans cette 1ère partie. Les auteurs nous emportent vers des horizons plus qu’exotiques et nous plongent dans un monde assez obscur où se mêlent les conflits, l’occupation japonaise, la misère et les légendes. La fraîcheur et l’innocence de Yin tranchent un peu avec tout ça, la faisant sortir un peu brutalement du monde de l’enfance mais donnant aussi un peu d’espoir en l’avenir. La grande variété de formats des phylactères, les différences de point de vue, les cadrages larges et/ou serrés, donnent au récit un rythme dynamique et amplifient cette impression de menace imminente. Tout comme le choix subtil des couleurs, qui accentue le réalisme des illustrations mais qui fait aussi passer de nombreuses émotions.

    Deux différentes et belles lectures. Pour de jeunes lecteurs (plutôt 8-9 ans je dirai), surtout que les textes sont tous écrits en MAJUSCULE et que dans « Yin et le dragon » certains termes sont même écrits en gras. Mais ça, je n’ai pas encore compris pourquoi… ?

    « Le cabaret des ombres », de Régis Hautière et Arnaud Poitevin, colorisé par Christophe Bouchard. Rue de Sèvres, 2016. 14€

    « Yin et le dragon, T1 : créatures célestes », de Richard Marazano et Xu Yao. Rue de Sèvres, 2016. 14€

    Pour en savoir plus sur l’éditeur : http://www.editions-ruedesevres.fr/maison-edition-rue-de-sevres

    Un GRAND merci à Astrid LEMONNIER, libraire à Neufchâtel en Bray (76), qui passe la plupart de ses journées et de sa vie au milieu des romans, albums jeunesse, BD… dans sa boutique, « Une Histoire de papier ». Merci pour tout ce qu’elle fait, pour développer et maintenir la lecture en milieu rural et pour m’avoir gentiment prêté ces deux albums. Le début d’un sympathique et littéraire partenariat.

    Son site : https://www.facebook.com/UneHistoireDePapier/?fref=ts

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