Sally Jones, de Jakob Wegelius.

Je n’en démordrai pas ! Sally Jones est le meilleur livre que j’ai lu en 2016.

sally

Sally Jones, de Jakob Wegelius, ed. Thierry Magnier, 16,90 €.

L’héroïne, appelée Sally Jones (attention ! d’une seule traite, pas seulement Sally) est une gorille, ce n’était pas gagné que je me passionne pour sa vie. Et pourtant je ne me souviens même pas depuis quand je n’avais pas ressenti pareille émotion en lisant un roman pour ados ! Si je cherche bien, je crois que ça remonte à Black Out de Brian Selznick et ça doit faire une paire d’années…

Alors oui, je ne lis plus beaucoup de romans car je suis désormais libraire « spé BD » mais j’ai à cœur de découvrir encore des livres pour enfants.

Sally Jones ce sont deux ouvrages écrits par le suédois Jakob Wegelius, à la fois auteur et illustrateur de génie. Un roman paru en juin, puis un album « préquel » dans lequel on découvre la vie de Sally Jones avant l’histoire narrée dans le roman.

sally2Sally Jones, la grande aventure, de Jakob Wegelius, ed. Thierry Magnier, 15,50 €.

Pensant que je n’aurais jamais le temps ni le courage de lire un si gros roman, j’ai fait tout l’inverse ! Attirée par les gravures de l’album, je l’ai parcouru pensant simplement faire une jolie découverte. Mais j’ai été renversée par la vie de cette gorille malchanceuse. Rarement l’empathie m’aura autant envahie pour un personnage romanesque. Ici une petite vidéo alléchante… Dans le foulée j’ai dévoré le roman y pensant jour et nuit. Un soir j’ai même fait la tronche à mon mari parce qu’à cause de je ne sais plus quoi je n’avais pas eu le temps de lire Sally Jones le soir…

Malmenée par la vie depuis sa naissance, son existence n’a rien de bienheureux. Volée, vendue, esclave de maîtres tous plus ou moins indignes, Sally Jones va connaître bien des tourments mais aussi rencontrer de vrais amis prêts à tout pour elle. Punaise, heureusement parce que sinon ce serait carrément la cata.
Tour à tour cambrioleuse de haut vol, mécanicienne, réparatrice d’accordéons, joueuse d’échecs…. L’étendue de ses talents et sa remarquable intelligence font d’elle une compagne admirable. Bien que non douée de la parole elle est une véritable amie pour tous ceux qui veulent son bien. Le premier à croire en elle et à lui donner le goût de la liberté c’est Henry Koskela, dit Le Chef, marin qui va lui apprendre la mécanique. Tous deux vont devenir inséparables. Pendant tout le roman Sally n’aura de cesse de parcourir le monde pour faire innocenter son ami accusé à tort de meurtre.

C’est parti pour un mémorable voyage qui part des pentes de l’Alfama de Lisbonne au Palais du Maharadja de Bapur ! La partie portugaise de l’histoire fait la part belle à la ville de Lisbonne. On sent tout l’amour qu’a l’auteur pour cette ville qu’il dépeint admirablement. On sent les odeurs de nourriture et d’embruns et l’on est bercé par la douce voix d’Ana Molina et le cri des goélands qui planent sur les toits de la ville. Au rez de chaussée, dans son atelier où il conçoit et répare des accordéons, Luigi Fidardo est perplexe à l’idée de cohabiter avec une gorille… Mais personne ne résiste aux désirs d’Ana qui veut à tout prix sauver Sally Jones ! Tout comme moi Luigi succombe.
Tous aux petits soins pour cet improbable colocataire, ils auront le cœur lourd lorsque Sally Jones partira pour l’Inde chercher les preuves de l’innocence du Chef. Eux restent à quai, mais moi je file avec elle sillonner les mers !

De nouveau seule et vulnérable, Sally Jones quitte le cocon douillet de l’Alfama pour une périlleuse traversée et une enquête minutieuse à travers l’Inde. Cette autre partie du roman, tout autant réussie, fait la part belle à la grandiloquence des maharadjas. Profusion de saveurs, de couleurs, de pierres précieuses, Sally Jones découvre un univers impitoyable en entrant au service du Maharadja. Tous jaloux de ce singe qui leur spolie leur travail, les employés du palais vont lui faire la vie dure…

Roman d’aventure dans lequel les ambiances sont impeccablement posées, l’on ne peut que tourner les pages à un rythme effréné. Y a des gens qui appellent ça un « page turner » mais je n’aime pas trop ça.

La langue est belle, les images qui défilent devant nos yeux sublimes.

Je suis fière de dire que j’ai ri et pleuré en lisant Sally Jones ! Je n’arrêtais pas de tout commenter, ce qui gênait un peu les lectures de mon mari qui sait dorénavant tout de ma nouvelle meilleure amie ! Sally par-ci, Sally par-là, le pauvre, heureusement qu’il est compréhensif… Parce que je n’arrêtais pas de lui taper sur l’épaule pour lui raconter des passages. Parfois il me regardait un peu inquiet parce qu’il ne savait pas si je riais ou si je pleurais, parfois c’était les deux à la fois… Sally Jones est un livre vivant !

Je vous conseille vivement de lire un extrait (le début du roman).

Je vous déconseille de taper « Sally Jones » dans un moteur de recherche car il y a que des filles vraiment chelou qui apparaissent.

Je vous déconseille aussi de taper Sally Jones tout court sinon je vous fracasse la tête.

Publicités

Une réflexion sur “Sally Jones, de Jakob Wegelius.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s