Jouons au téléphone arabe conté

On continue à présenter nos séances autour des contes merveilleux avec des enfants d’élémentaire. Aujourd’hui, on souhaite mettre en avant la dimension orale du conte…

« Conter, raconter, transmettre un conte ». Les contes, comme leur nom l’indique, se racontent. Ou plutôt, ils se racontaient autrefois, quand il n’y avait ni télévision ni radio, quand tout le monde ne savait pas lire et qu’il n’y avait pas de livres partout, comme maintenant. Alors, le soir pour s’occuper, se divertir et se parler, les gens se retrouvaient lors de veillées et se racontaient des histoires autour du feu ou sous les étoiles dans les pays chauds… un peu comme on se raconte aujourd’hui des blagues lors de repas de famille. Le conte transmet donc une histoire de bouche à oreille à l’origine.

A cette époque, dans tous les pays du monde, les gens qui se racontaient des histoires les avaient déjà entendues quand ils étaient enfants, racontées par leur père ou leur mère, leur voisin(e), leur grand-mère ou grand-père ou un colporteur de passage dans le village. Ce n’étaient pas des histoires écrites. Alors celui qui racontait, racontait à sa façon à lui. Il y mettait toujours un peu de lui-même, il racontait avec ses mots à lui, il rajoutait ou enlevait certains détails. C’est pourquoi l’histoire était la même, mais aussi toujours différente de celle de ses parents  ou de celle de la région d’à côté. Et toutes les façons de raconter l’histoire, toutes les versions existaient en même temps. Par exemple, une version en Bretagne, en Provence, en Corse etc. Les contes ont ainsi été transmis de génération en génération.

Après ce temps d’introduction et d’échange avec le groupe, montrer qu’un conte peut être raconté de différentes manières: à votre avis, de quelles façons différentes le conte peut être dit ?

=> faire le tour du monde avec un conte. Depuis des siècles, à travers les pays et les langues du monde entier

=> mettre au style direct en se mettant dans la peau des personnages (dans l’esprit, plus que dans le costume), style indirect qui vient naturellement

=> travailler l’interprétation, en déplacement, devant le miroir, jeu théâtral…

=> travailler autour du sens : les symboles peuvent agrémenter le conte, le compléter. Choix de tel ou tel animal/objets/lieux, symbolisant des choses différentes selon les pays…

=> prendre le contre-pied : si le gentil n’était pas si gentil et le méchant pas si méchant…

=> donner un rythme au texte : le dire en utilisant un métronome et jouer avec les rythmes possibles, rompre le rythme et le reprendre (idée de « groove »), placer de la musique, rap, slam, rimes, chant etc

Si les contes traditionnels ont été inventés oralement par le peuple, certains contes ont aussi été écrits par des auteurs précis. Ces auteurs sont:

Soit ceux qui ont mis par écrit des contes qui se racontaient oralement. Ils en ont fixé la forme. Par exemple, les frères Grimm. Ils ont été recueillir de nombreux contes dans des villages en Allemagne, parfois dans des coins très reculés et ils les ont retranscrits par écrit. Par exemple : Blanche Neige, Raiponce… Le conte est devenu très connu grâce à leur version/leur texte. Il  y a aussi Charles Perrault, celui qui a rendu célèbre le Petit Poucet ou Cendrillon ; c’était au XVIIème siècle ! On peut alors lire un extrait significatif de la langue de ce siècle!

Soit ceux qui ont inventé les histoires de ces contes. Par exemple, Pierre Gripari : La sorcière de la rue Broca ou Marcel Aymé : Les contes bleus/rouges du chat perché ou Hans Christian Andersen. Lui, a inventé ses propres contes en s’inspirant du folklore et des légendes de son pays, le Danemark. Par exemple : La Petite sirène, Le vilain petit canard, La petite fille aux allumettes, La reine des neiges…

Parfois aussi, on ne se rappelle plus d’où vient le conte et qui l’a écrit, il est donc anonyme…Par exemple : La Petite poule rousse, Boucle d’or, Les trois petits cochons etc.

Maintenant, à votre tour de transmettre un conte de bouche à oreille…mais dans une version spéciale que je vais vous laisser découvrir…et on en reparle après le jeu. C’est une sorte de téléphone arabe.

– Petit atelier autour de la mémorisation : Raconter une version courte et la faire circuler par le « téléphone arabe »

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D’après Il était une fois …contes en haïkus, Agnès Domergue, Cécile Hudrisier, Thierry Magnier

Rappeler avant tout les règles du « Téléphone arabe ». Cela consiste à faire circuler rapidement de bouche à oreille à travers une file de joueurs, une phrase énoncée par le premier d’entre eux puis récitée à voix haute par le dernier. L’intérêt du jeu est de comparer la version finale de la phrase à sa version initiale (éventuelles erreurs d’articulation, de prononciation, confusions entre des mots et des sons etc).

Les joueurs se placent côte à côte. Le premier énonce la phrase et la chuchote au deuxième qui la chuchote au troisième et ainsi de suite jusqu’au dernier qui annonce à voix haute ce qu’il a entendu. Chaque joueur dit la phrase à son voisin sans se faire entendre des autres, on ne répète pas la phrase si on n’a pas bien compris. La victoire est collective.

Etant donné qu’il y a 20 haïkus dans ce recueil, constituer 4 équipes jouant avec 5 contes et intervertir les jeux de contes au fil de la partie. On peut comptabiliser par équipe le nombre de haïkus transmis correctement, le nombre d’erreurs etc et déclarer une équipe vainqueur.

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A l’issue du jeu, rassembler les enfants, les questionner : qu’est-ce que c’étaient ces phrases ? Définir le haïku : c’est un poème très court, 3 lignes pas +, tout droit venu du Japon.

A la lueur d’un rêve

coudre et se brûler les mains

plumes d’orties

Vous aurez sans doute devinez qu’est dépeint ici le conte d’Andersen Les Cygnes sauvages

Enfin, lire l’intégralité du livre qui a inspiré le jeu; cela permet de dévoiler les illustrations et de mettre le titre du conte exact sur le haïku. Proposer aux enfants de deviner de quels contes il s’agit!

– Lecture finale :

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Bou et les 3  zours, Elsa Valentin, Ilya Green, L’Atelier du poisson soluble

En conclusion, on peut lire cette relecture de Boucle d’or et discuter de ce texte inventé, surprenant qui joue avec la langue et s’amuse avec les sons et les sens des mots : argot, langage soutenu, patois, babillage enfantin, mots-valise (= deux mots mélangés ensemble, par ex. impassiquiétude, panitrouille, sursauprise, moelleudoux, bricassa), néologismes, vocabulaire tiré de langues étrangères comme l’italien, l’anglais, le cap verdien.

– Autre atelier possible : 

« La langue paralysée » : oups, ma langue ne bouge plus ! Sans elle, je ne parviens plus à prononcer certaines lettres : les consonnes (occasion de distinguer consonnes et voyelles). Essayer de réciter sans prononcer les consonnes. Ce petit jeu permet d’imiter différentes dictions et d’en inventer. Varier le jeu : zézaiement, chuchotement, accents etc

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