Je suis ton père…

Pas de précipitation, vous ne trouverez aucun Luke Skywalker, aucun Jedi, aucun Dark Vador… ci-après. Mais peut-être que cette critique vous intéressera quand même. 😉

Après avoir découvert « Après la peine » d’Ahmed Kalouaz, j’ai enchaîné avec « La maraude » (je suis comme ça, moi). Ces deux romans ont de nombreuses similitudes, à savoir la relation père-fils, le décalage générationnel mais aussi le rétablissement de la communication, et peut-être le pardon.

IMG_20180119_163153

Dans ces deux ouvrages, que l’on suive le récit de Ludovic ou de Théo, c’est surtout à la figure du père que s’attaque A. Kalouaz. Celui qui a des failles, qui a des doutes, qui a de « vieux » rêves, qui s’égare, qui fuit. Dans l’un, nous avons le père qui triche avec la loi, qui se fait prendre et qui écope d’une peine de prison. Dans l’autre, nous avons celui qui perd son travail, qui déprime, qui part. Ils ont leurs différentes raisons, une envie de  rattraper le passé, de réparer une injustice ou une envie de protéger. Et leurs fils, en pleine adolescence, en pleine construction, ne les jugent pas, mais veulent surtout les « retrouver » (dans tous les sens du terme) et veulent comprendre. Cette recherche s’effectue d’ailleurs de manière concrète, sur la route, dans la rue. Elle est ponctuée de rencontres, à la découverte aussi des autres (« La maraude » aura d’ailleurs ma préférence, l’auteur y laissant la parole à quelques SDF, type témoignages. Touchant !).

Ces deux romans de la collection DoAdo, chez Du Rouergue, se lisent très facilement. La relation père-fils interroge, surtout à une période de la vie où tout compte fait (que l’on soit adulte ou jeune), chacun se cherche malgré le décalage de l’âge, de la perception de la vie, de l’avenir. Pas de faux-semblant entre père et fils. Et l’idée que l’un est toujours fort, grand, protecteur, courageux et surtout le « chef » de famille ne repose, tout compte fait, sur rien. Aux fils donc de grandir, de devenir responsable, de se faire adulte. C’est un échange de personnalités judicieux qu’Ahmed Kalouaz amène très bien dans ces histoires.

L’avantage également, bien que ce soit de plus en plus courant, c’est d’avoir des protagonistes masculins. Une prescription plus aisée face à quelques lecteurs (et non lectrices, si vous avez bien compris) fâchés avec la lecture ou juste réticents concernant les romans.

« Après la peine » 2014 et « La maraude » 2016 d’Ahmed KALOUAZ, Du Rouergue. Collection DoAdo.

« Tout à l’heure, un homme du groupe de la place Notre-Dame m’a dit de sa voix caverneuse : « Tu vois, petit, la bonté, ça peut devenir une faiblesse, ici, si tu fais pas attention. » J’ai pensé à mon père, si doux avant que le sol se dérobe sous ses pieds, incapable de violence et de brutalité. » Théo, « La maraude« 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s