Médias et littérature jeunesse : quelles critiques pour quels publics ?

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Samedi dernier avait lieu, au sein de la Bibliothèque centrale de Tours, l’inauguration du Centre Patrice Wolf, un nouveau centre de ressources en littérature pour la jeunesse alimenté en partie par les ouvrages donnés par l’ancien co-animateur de « L’as-tu lu mon p’tit loup ».

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À cette occasion une table ronde était organisée, consacrée aux relations entre les médias et la littérature jeunesse. Animée par Anne Clerc, Déléguée Générale des Amis de la BNF, elle réunissait  trois journalistes spécialisées sur le sujet ; Françoise Dargent, du Figaro, Jeanne Beutter, journaliste indépendante et Lucie Cauwe, qui anime maintenant le blog Lucie&co, et est aussi administratrice du groupe intitulé « Autour de la littérature de jeunesse » sur Facebook.

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Appartenant au collectif de passionnées qui œuvrent sur ce blog Louvrelivres, c’est un sujet qui ne pouvait que m’intéresser.

Mon projet initial était bien évidemment de vous faire un compte-rendu le plus exhaustif possible des différentes discussions survenues tout au long de cette table ronde.

 2017-11-23_143633Je ferai cependant une entorse à cette initiative. En effet, Cécile Boulaire, Maître de conférences à l’Université François-Rabelais de Tours, et spécialisée en littérature pour la jeunesse, était présente ce jour là et son article dans Album ‘50’  a parfaitement retransmis leurs échanges ainsi que les débats qui s’en sont suivis.

Étant moi-même « la bibliothécaire qui a apporté son témoignage et qui, une dizaine de minutes plus tard, a dit « c’est vrai que je n’avais pas du tout vu les choses sous cet angle », apportant la preuve concrète que cette après-midi de débat avait fait avancer la réflexion », je souhaitais apporter un complément d’information concernant ma réflexion.

Celle-ci faisait réponse à la journaliste Jeanne Beutter qui émettait des réserves quant à la « concurrence » faite -selon elle- par les rédactrices et rédacteurs de ces différents blogs vis-à-vis des journalistes de métier, dont elle-même. Il est exact, en effet, que je n’avais pas envisagé que cela pouvait être perçu comme une activité concurrentielle.

Cependant, comme je l’ai fait remarquer, il me semble que les ambitions du collectif ne portent pas sur le même champ d’action. Il est vrai que nous ne sommes pas journalistes. Ce n’est pas pour autant que notre regard est moindre, voire « bisounours », ou naïf comme pourraient le laisser supposer les propos de Lucie Cauwe -retransmis par Cécile Boulaire- vis-à-vis des différents blogs. Bloggeuses, « (…) une expression d’emblée perçue comme péjorative (…) » ici ; « (…) nébuleuse de jeunes femmes, lectrices de littérature pour la jeunesse (et, peut-être, seulement de littérature pour la jeunesse…), passionnées par les livres qu’elles lisent, parfois mères de jeunes enfants, qui semblent considérer que ces trois conditions suffisent à rendre légitimes leurs avis sur les livres pour enfants, exprimés sur leurs blogs personnels  (…) ici

 La présentation que Cécile Boulaire fait des bloggeuses et bloggueurs dans son article est d’ailleurs, à mon sens, un très bon reflet de notre collectif, composé en effet de  « professionnel(le)s qui, au cours de leur parcours, ont ressenti le besoin de se former et qui, à l’issue de leur formation, ont très logiquement souhaité faire partager au-delà de leur petit cercle de connaissance les propos critiques qu’ils et elles se sentaient désormais en mesure d’argumenter. » Bibliothécaires, libraires, professeures-documentalistes ou professeures des écoles, nous sommes toutes en poste et, de par nos professions, toutes médiatrices du livre, donc habituées à examiner en détail les ouvrages et  les « critiquer » afin d’effectuer des choix. Mais force est de reconnaître que la place de la contribution médiatique de professionnels/elles du livre  interpelle, et questionne.

Comment situer,  par exemple, les libraires rédactrices et rédacteurs de la revue des libraires Page ?

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Quid des libraires pour la jeunesse rédactrices et rédacteurs dans  la revue Citrouille et son blog  associé, Librairies sorcières ?

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Et, enfin, que penser des relations entre  « tous les professionnels du livre et de la lecture pour la jeunesse » apportant leurs contributions dans La Revue des Livres pour enfants ?

C’est une réflexion dont nous pourrions débattre plus longuement ensemble mes collègues et moi-même. Je pense plus particulièrement à Gaëlle, qui est parfois intervenue dans plusieurs de ces revues.

À suivre, donc.

 

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« L’as-tu lu mon p’tit loup » fête ses 30 ans

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     C’est à l’occasion de la 6ème édition de « Radio France fête le livre », les 24, 25 et 26 novembre prochains que « L’as-tu lu mon p’tit loup », l’émission de radio consacrée à la littérature pour la jeunesse, célèbrera ses 30 ans.

Une fois n’est pas coutume, nous avons rendez-vous samedi prochain, de 17h à 18h.

 Pour cette émission spéciale, en direct et en public, Denis Cheissoux et son équipe recevront son complice des premières heures, Patrice Wolf, ainsi que plusieurs auteurs dont Timothée de Fombelle, Malika Doray ou encore Daniel Pennac.

Ouvrez grand vos oreilles !

Pour l’écouter, c’est ici 😉

Fred Bernard et François Roca, un duo à 4 mains

PRESENTATION

J’ai eu la chance d’assister samedi après-midi, lors du salon du livre jeunesse de Beaugency, à un exercice d’illustration de haute voltige entre nos deux duettistes, Fred Bernard et François Roca.

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Leur complicité dans le travail est évidente et leur duo réglé comme du papier à musique. Sous nos regards envieux, il leur a suffit de 15/20 minutes par dessin  pour passer de la page blanche à une formidable illustration.

Je vous présente ici  leur première performance, la mise en image très détaillée d’un corsaire et son bateau.

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De la perspective aux traits du visage, rien ne manque.

Démonstration en images :

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Superbe, non ?

 

 

 

Bernard et Roca

A l’occasion de ce 32ème salon du livre de jeunesse de Beaugency,  une exposition de dessins de Bernard et Roca a été créée, qui s’intitule :

“Fred Bernard et François Roca, créateurs d’aventures”.

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Accessible du 1er au 30 mars 2017, elle est installée en l’Église SaintÉtienne de Beaugency.

Je ne résiste pas à l’envie d’en partager quelques vues avec vous, d’autant que les mots ne suffisent pas à en exprimer toute la richesse !

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Salon du livre jeunesse de Beaugency

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Les 24, 25 et 26 mars derniers se déroulait au complexe sportif Des Hauts De Lutz le 32ème Salon du livre jeunesse de Beaugency.

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Comme chaque année, auteurs, dessinateurs de BD et illustrateurs sont venus rencontrer leurs lecteurs, à l’exemple des deux invités d’honneur de cette édition, Fred Bernard et François Roca, créateur de l’affiche ci-dessus.

BERNARD ET ROCA

 

En avant première, une journée professionnelle autour du thème « Métissages » était organisée le mercredi 8 mars au théâtre le puits-Manu à destination des « professionnels du livre, de l’enfance, de l’animation, mais aussi aux bénévoles associatifs, retraités, bref à tous ceux que la littérature jeunesse intéresse », en partenariat avec le Centre de Recherche et d’Information sur la Littérature pour la Jeunesse (CRILJ,).

N’ayant malheureusement pas pu y assister cette année, je me permets donc de partager ici avec vous le lien de Val de Lire  qui nous permettra d’en prendre tranquillement connaissance :

http://www.valdelire.fr/compte-rendu-de-la-journee-de-formation-le-8-mars-2017/

 

« Life on Mars »*

 

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Dans la section jeunesse de ma bibliothèque,  je me rends compte qu’au fur et à mesure que les propositions d’achats me parviennent, les dernières parutions de séries de romans ados/jeunes adultes se transportent petit à petit vers la « planète rouge ».
Pour quelqu’un comme moi qui -certes peut parfois avoir la tête dans les étoiles ou être dans la Lune- mais n’est pas pour autant fan d’ouvrages à référence spatiale (j’avoue honnêtement ne pas avoir vu La guerre des Étoiles, c’est dire…), cela peut donc paraitre une gageure de m’essayer aux dystopies transposées dans l’espace !
Et pourtant….
Je viens juste de terminer la lecture du diptyque de Victor Dixen, intitulé Phobos, et….sans trop en dire….., j’avoue… , j’ai adoré : six filles, six prétendants, six minutes pour  se séduire et près de six mois de voyage pour se choisir, sous l’œil des caméras.

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Ce speed dating version Space opéra nous maintient en haleine, -voire en apesanteur- car émaillé des rebondissements et faux-semblants qui sont l’apanage des dessous et magouilles de la téléréalité !

Sa nomination comme double lauréat du Grand prix de l’imaginaire en 2010 puis 2014 est à mon avis amplement justifiée.

 

La planète Mars, tout comme les dystopies à thématiques révolutionnaires, se retrouve donc dans l’ère du temps, et dans la création puisque  les auteurs n’écrivent pas sur du blanc mais que leurs ouvrages sont le reflet d’une génération.

En « superbibliothécaireautopdelaveilledocumentairequejesuis », je devais pressentir le sens que prendrait cette littérature jeunesse en anticipant par la lecture de Seul sur Mars d’Andy Weir en 2014, ouvrage que j’avais beaucoup apprécié.

Nous tous, lectrices et lecteurs, nous ne lisons pas non plus sans nos propres références intertextuelles si chères à Roland Barthes. De fait, cette lecture de Phobos s’est parfois nimbée d’une pincée d’Hunger games, d’un soupçon de Divergente, avec, pour les plus âgées d’entre-nous, quelques strates bien enfouies d’9782266159241Uglies, Pretties…de Scott Westerfeld.
Un bon moment de lecture, à ne pas laisser passer.
Alors n’hésitez pas, embarquez vous aussi à destination de Mars.

En ce qui me concerne, Je me suis procurée hier la trilogie de Pierce Brown, Red Rising, elle aussi basée sur Mars. Et, déjà, la lecture des premiers chapitres n’est pas sans me rappeler Hungers games, toujours et encore, ainsi que les personnages de la série Le Worldshaker de Richard Harland, voire la Trilogie Silo d’Hugh Howey.

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À suivre donc.

Depuis le 9 février dernier, et jusqu’au 28 août 2016, Mars est aussi l’objet d’une exposition temporaire au Palais de la Découverte, conçue et réalisée par la Citée de l’Espace de Toulouse :

http://www.palais-decouverte.fr/fr/au-programme/expositions-temporaires/explorez-mars/lexposition/

 

 

* Le titre de l’article est un hommage à David Bowie

 

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