soirée pyjama fluo

Chaque été, j’aime terminer l’année de racontines pour les 0-3 ans par une « soirée pyjama » en trouvant une mise en scène singulière. En 2018, c’était une invitation à un bain d’histoires! Là, c’est le fluo/phosphorescent qui a émané; on avait déjà présenté quelques titres ici.

Vous trouverez ci-dessous la trame détaillée de la séance avec les liens vers les ressources qui nous ont inspirées. Désolée pour le rendu des photos, qui n’ont pas pu être prises le Jour J en raison de la faible luminosité…

Ce soir, je vais vous raconter une histoire et j’ai besoin de votre aide parce que nous allons utiliser nos bras, nos mains et nos doigts pour la raconter. Avant ça, nous allons vérifier que nos bras, nos mains et nos doigts sont bien réveillés et tous les étirer ! Bien. Maintenant, je pense qu’on est prêts à raconter l’histoire. Nous allons commencer par lever le pouce. J’imagine que vous pensez que votre pouce est comme d’habitude mais vous vous trompez, ce soir, c’est spécial ! Ce soir, il est la clé du monde ! Vous êtes prêts ?

Ça c’est la clé du monde (pouce levé)

Et ça c’est le monde. (bras grands ouverts)

 

Dans le monde, il y a une ville (cercle avec ses bras)

Et dans la ville il y a une colline. (coupe avec ses mains au-dessus de la tête)

 

Sur cette colline, il y a une rue (index + majeur descendent du bras de haut en bas)

Et dans cette rue, il y a une maison. (toit pointu avec ses mains devant soi)

 

Dans cette maison, il y a une chambre (dessiner avec ses doigts un rectangle)

Et dans cette chambre, il y a un lit. (joindre les paumes)

 

Sur ce lit, il y a un berceau (mettre les mains en coupe)

Voyons voir ce qu’il y a dans ce berceau !

Oh ! il y a un bébé. Faisons un bisou à ce bébé ! Smac ! (embrasser les mains en coupe)

 

Maintenant, nous allons reprendre l’histoire à l’envers et voir si vous vous en souvenez bien !

 

Donc, il y a ce bébé dans le berceau

Le berceau sur le lit

Le lit dans la chambre

La chambre dans la maison

La maison dans la rue

La rue sur la colline

La colline dans la ville

La ville dans le monde

Et rappelez-vous, où est la clé du monde ? Elle est là ! C’est la clé du monde ! Clic clac! Place aux histoires…

 

Ce jeu de doigts est inspiré de la proposition de Breadcrumb et l’on a beaucoup puisé dans la vidéo produite par la bibliothèque de Toronto que voici pour présenter notre version:

 

Diego fluo, Jane Clarke, Britta Teckentrup, Gründ, 2018

Première lecture sans lampe UV afin que les tout-petits découvrent l’histoire dans toute sa gamme de couleurs fluos. C’est un livre participatif, il ne faut pas hésiter à rendre acteur les tout-petits!

 

 Ils étaient cinq dans le lit, Marie-France Painset, Atelier Saje, Didier Jeunesse, 2018

Ce récit a été adapté en jeu de doigts en dessinant les personnages avec un vernis fluorescent qui est très flashy le jour et brille sous l’effet de la lumière noire. Le faire une première fois à la lumière traditionnelle  puis une seconde fois avec la lampe UV en prévenant les enfants en amont.

Ils étaient 5 dans le lit et le petit dit : « Poussez-vous ! Poussez-vous ! »
Ils se poussèrent tous et l’un d’eux tomba du lit.   Aïe !

Ils n’étaient plus que 4 dans le lit et le petit dit : « Poussez-vous ! Poussez-vous ! »
Ils se poussèrent tous et l’un d’eux tomba du lit. Ouille !

Ils n’étaient plus que 3 dans le lit et le petit dit : « Poussez-vous ! Poussez-vous ! »
Ils se poussèrent tous et l’un d’eux tomba du lit. Bam !

Ils n’étaient plus que 2 dans le lit et le petit dit: « Pousse-toi ! Pousse-toi ! »
Et l’un d’eux tomba du lit. Boum !

Il était seul dans le lit et le petit dit :
« Snif, snif ! Ehhh ! Vous êtes où ? Je m’ennuie ! Remontez tous dans le lit ! ».

Et les voilà tous réunis, dans le lit. « Youpi ! Bonne nuit ! »

Expliquer qu’on va maintenant lire des livres fluos et/ou phosphorescents, ça veut dire qu’on va éteindre les lumières et mettre la lampe noire, ça va briller dans la pénombre 😉 Allumer la lampe UV en décomptant jusqu’à 3. Préciser qu’à la fin des histoires, on laisse un temps de libre regard et manipulation des livres & objets mis en scène.

 

Regarde dans la nuit, Emiri Hayashi, Nathan, 2016

Faire sonner chaque nombre de ce livre à compter fluo au métallonotes. Le plus? La boîte de l’instrument de musique est verte fluo 😉

 

La nuit, Hector Dexet, Amaterra, 2015

Lire le recto uniquement & bruiter certains passages de ce livre-accordéon phosphorescent:

  1. Rien
  2. Kass kass
  3. Rien + multiplaques
  4. Hou hou X3 + guiro
  5. métalonotes

Le calme de la nuit, Virginie Aladjidi, Caroline Pellissier, Emmanuelle Tchoukriel, Ed. Thierry Magnier, 2012

Diego fluo, Jane Clarke, Britta Teckentrup, Gründ, 2018

On peut ici relire Diego fluo à la faveur du néon UV et redécouvrir l’album.

Quand un enfant s’endort, Malika Doray, Annelore Parot, Seuil jeunesse, 2016 

 

Lire avec 6 boîtes à musique différentes pour illustrer les 6 rêves enfantins. A la fin, avec la complicité de parents, on peut allumer toutes les boîtes à musique en même temps pour l’apothéose onirique. Vous pouvez découvrir notre lecture sur le compte Instagram L’ouvre-livres.

On peut ici rallumer les petites lumières et proposer une dernière lecture si l’attention des enfants le permet:

Déjà, Delphine Grenier, Didier jeunesse, 2016

Pendant la manipulation des différents livres fluos/phosphorescents par les tout-petits, diffuser comme ambiance sonore :

« Good day, good night » de Rockabye baby. Il s’agit d’un label qui réenregistre des morceaux emblématiques du rock dans des versions berceuses. Guitares électriques et batteries sont remplacées par des jouets et autres instruments enfantins.


Hors contexte, voilà une photo dévoilant le dispositif qui m’a permis de diffuser la lumière noire. Le néon était fixé sur le pied en bois fait-maison afin qu’il soit au-dessus des ouvrages pour un meilleur angle.

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Je lis tu joues n°2

En ce mois d’août octobre, ce sont plusieurs petits ateliers construits d’après des livres sur lesquels les enfants peuvent tourner qu’on propose aux 9-11 ans du centre de loisirs (oui, ben avec les vacances, la rentrée, tout ça, cet article a vu sa publication complètement décalée). Aujourd’hui, ce sont 4 activités qu’on vous détaille; on peut imaginer un atelier par adulte présent. L’idéal par beau temps est d’être en extérieur pour cette séance imaginée pour 1h30 environ.

 

Matériel

1 ardoise + 1 feutre pour compter les points

Crayons + feuilles blanches + appareil photo

Sélections de livres

 

  • 1,2,3 soleil

Un joueur (la sentinelle) se place face à un mur. Les autres joueurs se placent en ligne à environ 20 pas de lui (distance à adapter en fonction de l’âge des enfants). La sentinelle tape 3 fois le mur et commence la narration d’une histoire, des temps de lecture très courts (une phrase, un groupe de mots, un mot) qui permettent aux autres joueurs d’avancer tout en restant attentifs à la narration de l’histoire. À chaque fois que la sentinelle interrompt sa lecture et se retourne, les joueurs doivent obligatoirement s’immobiliser. Si la sentinelle constate qu’un des joueurs avance, bouge, ou perd l’équilibre, il le renvoie à la ligne de départ. Le premier joueur à atteindre le mur gagne le droit de finir la lecture de l’histoire, d’en choisir une autre ou de prendre la place de la sentinelle.

Sélection :

Devinettes en herbe, Chiara Armellini, La Joie de lire, 2016

Dans les poches d’Alice Pinocchio Cendrillon et les autres, Isabelle Simler, Editions Courtes et longues, 2015

(sur ces titres, les enfants peuvent deviner de quoi il s’agit et avancer en même temps 😉 c’est une façon de glaner des points bonus )

 

Haïkus des tout-petits, Alain Serres, Judith Gueyfier, Rue du monde, 2016

La ronde des contes, Mélusine Thiry, Hongfei, 2011

Comptines des sorcières, Françoise Bobe, Benjamin Chaud, Bayard jeunesse, 2004

Avec toi, Pauline Delabroy-Allard, Hifumiyo, Thierry Magnier, 2019

 

  • Histoires en mouvements

On choisit plusieurs histoires dans lesquelles des noms de personnages ou des mots sont cités fréquemment. On dresse une liste de mouvements correspondant à chaque terme retenu. Les joueurs ayant mémorisés ces mouvements se placent en ligne. L’adulte commence la lecture. A chaque énoncé d’un mot-clé, les joueurs doivent exécuter le mouvement déterminé au préalable. Le lecteur peut aussi exécuter les gestes en même temps que le groupe d’enfants pour dynamiser le jeu.

Sélection :

Boucle d’or, Julia Chausson, Actes Sud Junior, 2012

– Grand(e): sauter à cloche pied

– Moyen(ne) : mettre les mains sur les hanches

– Petit(e): taper dans ses mains

 

Les deux maisons, Didier Kowarsky, Samuel Ribeyron, Didier Jeunesse, 2004

– Sucre: sauter à pieds joints

– Sel: s’accroupir

– Terre: tourner sur soi-même

 

Les trois petits chats, Anne Fronsacq, Eglantine Ceulemans, Père Castor-Flammarion, 2014

– Maman : lever les mains en l’air

– Chatons : sautiller

-Chat : imiter le chat

– Souris : se coucher

 

Va t’en gros loup méchant, Anne-Marie Chapouton, Vanessa Gautier, Père Castor-Flammarion, 2018

Lapins : imiter le lapin

Loup : imiter le loup

Fraise : se gratter la tête

 

Les trois boucs, Jean-Louis Le Craver, Rémi Saillard, Didier Jeunesse, 1999

Poilu : s’asseoir

Velu : danser

Barbu : pas chassé

Troll : marcher lourdement

 

  • Le Cadavre exquis

Dans cette variation du cadavre exquis, il s’agit pour les enfants de créer individuellement des phrases poétiques/rigolotes/farfelues/dégoûtantes à l’aide des titres de livres (différentes caisses de livres sont à leur disposition). Selon le nombre d’enfants, on peut également créer sa phrase en binôme.

Sélection :

Prévoir de petits papiers blancs + des crayons pour que les enfants écrivent les mots/verbes à conjuguer manquants. Prévoir un appareil photo pour immortaliser leurs créations.

  • Le téléphone arabe conté

A partir d’un album court ou d’une histoire simple. Raconter l’histoire dans le creux de l’oreille d’un enfant puis faire circuler. Le dernier participant raconte l’histoire à voix haute. Comparer la version finale à la version initiale.

Sélection :

D’après Il était une fois …contes en haïkus, Agnès Domergue, Cécile Hudrisier, Thierry Magnier, 2013

On avait déjà proposé ce type de séance dans le cadre des TAP et c’était retracé ici.

Fratries

Les quatre filles du Docteur March ont marqué mon enfance. Vinrent ensuite les Quatre soeurs (oui bon, les cinq sœurs Verdelaine) puis la version BD de Cati Baur dont les illustrations font tellement honneur aux mots de Malika Ferdjoukh.

Aujourd’hui, j’ai fait un petit bout d’chemin avec les sœurs Martin et je me suis régalée alors par ces temps ensoleillés, venez vous désaltérer avec le succulent et rafraîchissantissime Diabolo fraise de Sabrina Bensalah.

Je lis, tu joues n°1

Pendant l’été, le centre de loisirs va venir ponctuellement à la bibliothèque où l’on proposera des séances baptisées « Je lis, tu joues ». Le principe? Un temps de lecture suivi d’un temps de jeu pardi! Au programme de ce premier rendez-vous, on va emmener les enfants de 9-11 ans à La Petite école de l’imagination de Rue du monde.

La petite école de l’imagination, Alain Serres, Zaü, Eric Battut, Edmée Cannard, Laurent Corvaisier, Aurélia Fronty, Judith Gueyfier, Vanessa Hié, Delphine Jacquot, Martin Jarrie, Véronique Joffre, Nathalie Novi, Clotilde Perrin, François Place, Lucile Placin, Olivier Tallec, Rue du Monde, 2012

On commence par un temps de mise en bouche avec la racontée de plusieurs extraits de livres mis en scène dans le jeu ou dont l’illustrateur a participé au projet :

Monsieur P’tit sou, Edmée Cannard, Didier jeunesse, 2002 (lu en intégralité)

Bisha, la chèvre bleue qui parlait rrom, Alain Serres, Delphine Jacquot, Rue du Monde, 2012

Le colis rouge, Clotilde Perrin, Rue du Monde, 2007 (album sans texte présenté sur le final  du Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011 avec 8 secondes par double page)

Merveilles des merveilles, Jennifer Dalrymple, Nathalie Novi, Didier jeunesse, 2016

Le roi des trois Orients, François Place, Rue du Monde, 2006

Comment Pok l’oiseau inventa les couleurs, Alain Serres, Laurent Corvaisier, Rue du Monde, 2011

Poucette de Toulaba, Daniel Picouly, Olivier Tallec, Rue du Monde, 2005

On poursuit par un temps de jeu avec les enfants, répartis en petits groupes au gré des recoins qu’offre la bibliothèque pour leur permettre de s’essayer aux différentes règles du jeu possibles: bataille d’histoires, tous pour une, en solitaire, ou tout autre règle qui paraîtra pertinente aux joueurs (jouer par équipe de deux, inventer une histoire à partir de plusieurs illustrations, sans jetons, sans aucune illustration, en choisissant de nouvelles images dans des livres de la bibliothèque, en dessinant ses propres jetons etc.

Enfin, on propose un temps de lecture où les enfants sont libres de se plonger dans les ouvrages de Rue du monde, dans d’autres grands albums sélectionnés pour l’occasion, dans n’importe quel titre de leur choix ou même de faire ce que bon leur semble, c’est un temps libre après tout!

 

 

 

Avec toi

Aujourd’hui, c’est le temps d’une lecture, avec toi, Pauline Delabroy-Allard, l’autrice d’un premier album pour la jeunesse et quelques mois avant d’un premier roman pour adultes, ça raconte Sarah, dont le titre à la façon d’une paronomase ne m’avait pas frappé mais qui me poursuit depuis ma lecture comme un bruit familier et rassurant. Parce qu’ici on met en avant la littérature de jeunesse et parce que tant de lecteurs ont déjà écrit sur ce livre, je n’en dirai pas davantage si ce n’est que je vous invite à mon tour à le lire 😀

Avec toi, Pauline Delabroy-Allard, Hifumiyo, Thierry Magnier, 2019

ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Editions de minuit, 2018

Avec toi, ça commence par deux pages aux couleurs parentes, un bleu céladon et un bleu canard, nuances qu’on retrouvera pour colorer les onomatopées qui ouvrent chaque page et ce tout au long des deux récits entremêlés. Des tons moelleudoux qui enveloppent autant que les mots.

Avec toi, c’est trouver les mots justes pour décrire de petits moments quotidiens que les parents traversent tous en suivant la journée ordinaire d’une mère et de sa fille qui s’égrène à travers leurs cinq sens. C’est une liste de sensations tantôt maternelles tantôt enfantines: bruits, goûts, odeurs, images et touchers.

Avec toi, c’est un peu comme un album photo universel avec ces illustrations à la fois rétros et modernes et ce texte placé en bas de page dont la typographie manuscrite suggère un carnet intime, le leur, un peu le nôtre aussi en fait. On aime l’alternance des cadrages, subtile, entre le point de vue extérieur du parent, censé avoir du recul, et l’autre, à hauteur d’enfant, complètement happé par la situation. Quelle découverte que celle des travaux d’Hifumiyo dont vous pouvez voir + d’illustrations ici.

Un superbe exemple de récit en alternance qu’on imagine déjà présenter à une classe pour évoquer différents schémas narratifs!

Comme un million de papillons noirs

Les coïncidences se sont multipliées pour parler de cet album. D’abord, il y a eu cette émission où j’étais estomaquée de constater que même si c’était bref et aurait mérité d’être davantage creusé, un espace a été fait à la littérature jeunesse un dimanche midi à la télé dans Clique dimanche sur Canal +, c’était le 11 novembre dernier…

Et puis, il y a eu le salon du livre jeunesse de Montreuil 2018 où je voulais feuilleter cet ouvrage si attirant et où il fut victime de son succès grandissant. On en est à combien de tirage là?! Enfin, il a eu ce podcast qui m’a rappelé au bon souvenir d’Adé mais on en reparlera en fin de post…

Alors, cet album…

Comme un million de papillons noirs, Laura Nsafou, Barbara Brun, Cambourakis, 2018

 

Her clothes were white, her hair like a million black butterflies asleep on her head. 

Ses habits étaient blancs et ses cheveux, semblables à un million de papillons noirs endormis sur sa tête.

Délivrances, Toni Morrison, Ed. Christian Bourgois, 2015

C’est cette phrase de Toni Morrison qui a inspiré l’histoire d’Adé, petite fille noire aux cheveux crépus, à Laura Nsafou nourrie par des souvenirs d’enfance:

Adé adore les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions. Elle a aussi de magnifiques cheveux mais ses camarades d’école s’en moquent, simplement parce qu’ils sont différents. En compagnie de sa mère et ses tantes, elle va heureusement découvrir en douceur la beauté des papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

Cet album soigné – de la typographie du titre aux pages de garde en passant par les détails subtiles et foisonnants -ouvre la discussion sur la représentation des personnages noirs dans la littérature de jeunesse, sur l’héritage et la diversité culturels mais aussi plus largement sur le harcèlement scolaire et la construction de l’estime de soi grâce au texte mais aussi aux illustrations réalistes et poétiques de Barbara Brun qui sublime ici la culture noire.

Je vous invite dès à présent à parcourir le blog de Mrs Roots alias Laura Nsafou, blogueuse littéraire afroféministe!

Et pour finir et prolonger la discussion entre adultes…

Noire n’est pas mon métier, collectif (Nadège Beausson-Diagne, Mata Gabin, Maïmouna Gueye, Eye Haïdara, Rachel Khan, Aïssa Maïga, Sara Martins, Marie-Philomène NGA, Sabine Pakora, Firmine Richard, Sonia Rolland, Magaajyia Silberfeld, Shirley Souagnon, Assa Sylla, Karidja Touré, France Zobda), Seuil, 2018, 17€

Ce livre est un appel à une représentation plus juste de la société française au cinéma, au théâtre, à la télévision et dans le domaine culturel en général qui m’a paru faire un bel écho à l’album et à la démarche de Laura Nsafou. Aïssa Maïga, à l’initiative de ce manifeste, où la quinzaine d’actrices témoigne du racisme et du sexisme qu’elles subissent en tant que femmes et Noires, parle de ce projet dans ce petit bijou de podcast nommé La poudre.

Un grand Merci à Gaëlle pour la découverte de ce podcast féministe où la journaliste Lauren Bastide reçoit dans une chambre d’hôtel une femme inspirante, artiste, activiste, politique pour une conversation intime et profonde.

Dix

Avec l’engouement général sur la pla-net Lije autour de Dix, j’ai voulu me replonger dans les Dix petits nègres avant et ai passé un temps délectable à trouver un exemplaire à me mettre sous la dent. Si avoir lu l’original est un plus, il n’est en rien obligatoire pour prendre un plaisir coupable à la lecture de cette revisite horrifique, rien que ça!

Dix petits nègres, Agatha Christie, 1940

Dix, Marine Carteron, Rouergue, 2019

Dix de Marine Carteron, c’est un peu la version 2.0 des Dix petits nègres d’Agatha Christie. C’est un clin d’œil, que dis-je, un hommage, à la reine du roman policier mais aussi à d’autres grands classiques de la littérature patrimoniale (contes et autres mythes) qui parsèment précisément ce récit à l’humour noir. On parle de 10 personnes réunies pour une émission de télé-réalité à la façon d’un escape game littéraire sur une île au sein d’un manoir macabre, puisqu’il sera le théâtre de leurs meurtres, tous plus sanglants les uns que les autres.

Si de prime abord on a affaire à des personnages stéréotypés, c’est pour mieux servir une critique de sujets sociétaux qui touchent les ados – harcèlement scolaire, usage des réseaux sociaux, drogues etc – sans trop rentrer dans les détails pour ne rien dévoiler du cœur de l’intrigue… Les petites figurines d’Agatha prennent de la hauteur chez Marine qui ajoute une dimension gore et cruelle à ce huis-clos mystérieux qu’on ne peut pas lâcher avant le dénouement. Mais quel(s) crime(s) les pensionnaires de ce collège ont-ils bien pu commettre pour être puni ainsi?