Ateliers d’écriture à Paris

Les Mots est une école dédiée aux personnes qui souhaitent progresser dans l’art d’écrire, au contact d’écrivains reconnus dont notamment : Yannick Haenel (Prix Médicis 2017), Jérôme Ferrari (Prix Goncourt 2012), Alice Zeniter (Prix Goncourt Lycéen 2017), ou encore Isabelle Sorente, Martin Winckler, Tobie Nathan, Nicolas Fargues, Charles Pépin et beaucoup d’autres.

Depuis février 2017, ces écrivains partagent leur savoir et leur expérience à travers des ateliers inspirants, fondés sur la pratique, avec des particuliers et en entreprise. Des genres et des thèmes très différents sont proposés afin d’aborder l’écriture sous toutes ses formes.

Voici la programmation pour cet automne :

– Concevoir et aboutir un projet d’album de jeunesse avec Caroline Pellissier, les jeudis de 18h30 à 21h30 à partir du 4 octobre.

Cet atelier est fait pour celles et ceux qui souhaitent construire un projet d’album ou de documentaire personnel et ressentent le besoin d’être accompagnés. Il s’agit véritablement d’un coaching littéraire avec une auteure passionnante.

– L’enfance du texte par Hélène Frappat, les jeudis de 19h30 à 21h30 à partir du 27 septembre.

Cet atelier propose d’explorer le thème littéraire de l’enfance et d’encourager chacun à repartir du souvenir d’un premier texte écrit dans sa jeunesse pour retravailler celui-ci avec la conscience et l’expérience existentielles qui le constituent aujourd’hui.

– Atelier pour enfants : Philo-écriture autour du Petit Prince animé par Chiara Pastorini les dimanches de 10h30 à 12h30 à partir du 23 septembre. 

Ce stage propose aux 8-12 ans de découvrir l’écriture réactive en utilisant leur imaginaire et d’explorer des thématiques philosophiques grâce au classique de Saint-Exupéry. 

Publicités

Nous étions 10, Nine Antico.

Nous étions dix et rien, absolument rien ne nous effrayait…

antico.jpg

Habituellement Nine Antico se passionne pour les starlettes ou les gens du porno dont elle propose de truculents portraits dans ses albums parus à l’Association.

Mais pas de panique c’est bien d’un livre pour enfants dont je vous parle aujourd’hui (et je l’avoue peut-être aussi beaucoup pour les parents…)

Nous étions dix, frappe d’abord par sa couleur bleue qui vous prend aux yeux pour ne plus vous lâcher. Puis, surgissent les dorures qui illuminent cette nuit azurée.

On dirait un hommage aux Trois brigands, sous la forme d’une ritournelle ou d’un conte de randonnée. Cet album est un décompte. Dix enfants en colonie de vacances (sur l’île du Frioul, je le tiens de source sûre), s’enhardissent de passer la nuit dehors sous forme de « t’es pas cap ». Tous d’un abord plus courageux que le copain d’à côté jusqu’à se déballonner les uns après les autres pour des raisons saugrenues.

Un album brillant et original pour réjouir toute la famille. Pour petits et grands trouillards ou aventuriers !

18€, aux éditions Albin Michel jeunesse, coll. Trapèze.

 

 

Vendeuse de faux livres

Croyez-le ou non, il y a encore des gens pour qui la BD n’est pas un livre.

Ah les joies de la BD ! Pour tous les âges, pour tous les goûts, elle reste le cadeau de référence des anniversaires des copains, des Noël des enfants, des fêtes des pères et des mères… Elle assure à tous les coups. Sa variété lui permet de faire plaisir à tout le monde.
Pour une fois je ne vais pas faire que vous raconter ma vie de libraire de province mais aussi étayer mon blabla de quelques chiffres pas sortis d’un chapeau.
Parmi la production de livres pour enfants, assurément les bandes dessinées sont bien représentées ! http://www.acbd.fr/wp-content/uploads/2016/01/Rapport-Ratier-ACBD-2015.pdf.
En 2015 autour de 340 BD pour enfants sont parues contre 38 en 2001 (oui ! Vous avez bien lu.) Et ce, dès le plus jeunes âge puisque l’on trouve des collections dès 3 ans, sans texte aucun et celles-ci remportent un vif succès !
Le plus célèbre héros est Petit Poilu. Presque aussi hirsute que sa gigotante confrère, Ana Ana. La jeune sœur du non moins célèbre Pico Bogue ravit les plus jeunes et selon moi fait un excellent support en 1e lecture aussi et on s’en fiche si, sur le présentoir, c’est écrit pour les 3-6 ans. D’ailleurs j’ai collé un autocollant sur cette indication parce qu’il me semble qu’à 6 ans quand on découvre le plaisir de lire seul, c’est vraiment une des séries les plus adaptées. Et si je laisse l’info visible je prends alors le risque qu’on me fasse remarquer que c’est « pour les bébés »…
Le genre est profondément ancré dans les habitudes de lecture des plus jeunes. C’est ce que l’on découvre dans Les jeunes et la lecture en France, étude de juin 2016 sur 1500 jeunes de 7 à 19 ans.  On y apprend aussi que la BD est le genre le plus populaire pour 65% des lecteurs de primaire et pour 63% des collégiens avant d’être supplanté par les romans auprès des lycéens. Ainsi les héros les plus populaires auprès des jeunes sont Harry Potter mais aussi Titeuf, Tintin, Astérix ou encore Max et Lili…  Et cerise sur le gâteau :

EURÊKA !

Seuls 4% des enfants ont déclaré détester lire…

Soulagement ! Enfin pour combien de temps encore ? La tablette et le smartphone finiront-ils par faire disparaitre ces merveilles ? Il y a peu j’ai lu un article dans le magazine Causette qui m’a fait frémir. Le sujet en était les jeunes enfants et leur addiction aux écrans. Une mère racontait que son gosse de 3 ans lui avait fracassé 10 téléphones car le soir il s’endort avec une appli de berceuses et que si le wifi a le malheur de couper le gamin pique des crises en fracassant le téléphone au sol.
Aussi, pour les habitués aux livres que nous sommes, la question peut sembler idiote et saugrenue de savoir si oui ou non une BD peut bien être considérée comme un livre. Mais dans la réalité, ce n’est pas aussi clair pour tout le monde car à la librairie, combien de fois nos oreilles se sont-elles froissées en entendant : « Vous ne vendez pas de vrais livres ? ».  Pas un mois sans entendre la terrible sentence. Pour « les gens » un livre est un roman, point barre. Pauvres livres de cuisine, de jardinage, de photographie… Je ne vous parle pas des mangas qui souffrent encore plus du dédain de certains.
Car nous sommes tous bien d’accord qu’un livre est un « assemblage de feuilles imprimées et réunies en un volume, broché ou relié » ; c’est Mr Larousse qui le dit. Il n’y a donc même pas besoin qu’il y ait de texte. Seuls les plus contrariants (il en reste !) iront donc penser ou dire que la BD n’est pas un livre. Reste à les convaincre, mais je m’en charge ! Et y a du boulot quand on entend :
« Ah vous vendez des BD, je préfèrerais vous acheter autre chose. Ah ! Mais tiens ! Là il y a des livres pour les enfants. » (véridique et entendu au moment où je rédige cet article manquant de m’étrangler…) Cette irritante remarque tombe pile-poil !
Effectivement, dans notre librairie, nous avons fait le choix d’implanter un rayon de livres pour enfants (hors BD, donc.) Ce n’est qu’un petit bout de rayon qui selon moi était devenu indispensable. Jusqu’alors nous n’avions rien à proposer aux enfants de moins de 6 ans à l’exception de 2 ou 3 séries de BD sans texte dont nous avions très vite fait le tour. Quand j’ai senti que j’allais frôler l’overdose de Petit Poilu je me suis dit qu’il fallait agir.
A part ça, je l’aime bien et je n’ai rien contre lui.
J’avais aussi la sensation de laisser tout un pan de notre jeune clientèle sur le carreau. Voir les petits frères et sœurs dans les poussettes repartir bredouille, c’était trop triste.
Mon petit cœur sensible ne pouvait pas supporter.
En tant que prescriptrice (ouh le vilain adjectif au féminin !) mon rôle est de proposer des liens que l’on ne voit pas forcément mais qui me semblent pertinents et de ne pas céder aux sirènes de la nouveauté. Ainsi, si vous pouvez glaner quelques albums jeunesse  là où je travaille, l’essentiel des albums que nous avons mis en valeur concerne des ouvrages de fonds, des classiques pour la jeunesse et quelques nouveautés qui ont attiré notre œil curieux d’illustrations novatrices. J’ai choisi de proposer des livres pour tous les âges et d’offrir du choix à tous les enfants qui rentreraient dans la librairie, même s’ils se déplacent encore en poussette ou accroché aux parents par un bout de tissu savamment noué.
... > Photos > Isère > Passerelles du Drac > Passerelle de l'ebron
Oh la jolie passerelle ! Ce mot me tient à cœur.
Au final ces « vrais » livres au milieu de ces « ersatz » de littérature remplis de cases et de bulles sont un vrai plus pour les clients et pour nous.  Ils sont une véritable PASSERELLE vers des lectures différentes dès le plus jeune âge.
Ainsi, chaque jour je tente de décloisonner, d’ouvrir des horizons, de tisser des liens le plus possible pour que chacun trouve son bonheur dans les livres.
Il y a du boulot, mais j’en fais mon affaire personnelle !
 
 

Calpurnia, 3 fois !

A l’origine il y a un roman sublime dont on avait déjà parlé par là.

Depuis, ont fleuri :

  • 1 -une suite Calpurnia et Travis que je n’ai pas lu mais dont beaucoup m’ont dit avoir été déçues.

kellycalpurniaettravisplat1

  • 2- une collection pour les plus jeunes dans laquelle notre héroïne se fait vétérinaire et dont le titre un tout petit peu raccoleur Calpurnia apprentie vétérinaire pouvait laisser penser le pire (songez à toutes ces collections alliant un prénom de fille ou de garçon accolé à un métier…)  L’illustration y est divine, alors pourquoi s’en priver ?

calpurnia

Ici pour le plaisir des yeux, la série aux couvertures originelles ce qui doit pas mal mettre la pression à Daphné Collignon qui illustre magistralement la série en français.

 

  • 3- une bande dessinée dont le 1e volume m’a absolument enchantée et dont le tome 2 sortira… prochainement.

couv_calpurnia_t1.jpg

Je ne peux qu’applaudir des mains et des pieds face à cette merveilleuse adaptation sacrément réussie. L’intérieur mi BD, mi carnet à dessins retranscrit formidablement l’ambiance du roman. Les illustrations de Daphné Collignon sont tout bonnement divines et le choix des couleurs parfaitement adapté à l’été caniculaire texan qui nous est ici rapporté.

Calpurnia est un personnage féminin fort et ambitieux, nourri à Darwin, aux expérimentations en tout genre. Peu décidée à apprendre la broderie et l’art culinaire pour satisfaire sa mère, Calpurnia ouvre de nouvelles voies aux petites filles curieuses de prendre leur vie en main.

Un roman bouleversant ici judicieusement adapté en bande-dessinée. Pour tous les âges et sans modération.

Les romans de Jacqueline Kelly sont publiés par l’Ecole des loisirs, la bande dessinée par Rue de Sèvres.

Au dessin, Daphné Collignon.

Une belle équipe au service d’un sacré personnage !

 

 

 

 

L’été sera Chaud !

Aujourd’hui je vous propose deux Benjamin Chaud (vous n’en aurez pas deux au prix d’un chez votre librairie autant le dire de suite), pas moins que ça !

Dans Pompon ours dans les bois on retrouve notre célèbre petit ours (ou si ce n’est pas lui, sûrement un membre de la famille élargie). Petit ours en a marre d’être un petit ours, il veut être un enfant ! Jouer à la poupée, sauter sur les lits, prendre un bain moussant… Toutes ces choses l’amusent tellement le temps d’une journée. Mais hélas, Petit ours a désobéi à ses parents pour filer en douce jouer au gosse. Et ça lui vaudra une belle frayeur !

Un album digne des précédents qui ont fait le succès du petit personnage et de son papa ours : les détails abondent, on ne sait plus où donner de l’œil et on se plait nous aussi à fouiner dans toutes les pages. A exploiter avec joie dès 3 ans.

Pompon ours dans les bois, ed. Hélium, 15,90 €.

C’est aussi le retour d’un autre personnage fétiche illustré par Benjamin Chaud et biberonné par Ramona Badescu: Pomelo, l’éléphant rose pastel au nom de pamplemousse. Ca me rappelle que quand j’étais gamine et qu’il y a avait du pomelo à la cantine je me demandais toujours ce qu’on allait bien pouvoir nous servir à manger (fonctionne avec « vol au vent », « bouchées à la reine » et autres menus obscurs aux noms enjôleurs pour faire passer la pilule).

La série, toujours aussi bucolique et épicurienne nous emmène en balade et c’est bien agréable de suivre Pomelo et Stela sous les arbres, les framboises et autres merveilles de la nature. Un album malin qui aide à réfléchir à des questions essentielles de la vie avec l’air de pas y toucher. Comme toujours, magique !

Pomelo découvre, ed. Albin Michel Jeunesse, 13 €

Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !

 

Faites des gosses !

livre-enfant-quand-tu-seras-grand

Spéciale dédicace à tous les parents. La vie avec des gosses c’est pas le rêve tous les jours mais que serait-on sans eux ?

Voici une petite sélection d’albums récents sur le thème de la parentalité qui ont attiré mon œil.

Je vous suggère de débuter votre lecture par l’album Big Bang Pop ! (ed. Atelier du Poisson Soluble) dont le titre pétille dans la bouche autant que les illustrations vous feront pétiller les yeux. Claire Cantais, reine des coups de ciseaux dans le Canson coloré vous fait ici une belle leçon qui part du big bang à la naissance du bébé à qui vous offrirez cette merveille ! Des couleurs et des onomatopées de partout ornent cet album singulier.

Pour les parents déjà un peu plus avancés dans cette grande aventure je vous conseille de jeter un œil à l’album Comment élever un Raymond (ed.Sarbacane), drôle de manuel d’élevage concocté par Marie de Lestrade et « vintagement » illustré par Marie Dorléans. Un Raymond késako ? On nous dit que c’est un genre d’animal,  fréquemment posé sur le canapé, que ça ne sent pas bon, que ça aime les chatouilles, que ça boit du lait, que ça n’aime pas le potiron… Un livre drôle et touchant sur les étapes de la parentalité jusqu’à ce que le Raymond vienne avec son Raymond à lui sonner chez vous ! Et là, ta-dam : grosse émotion.

Aux filles qui rêvent d’une petite sœur et même de milliers de petites sœurs pour faire les quatre cent coups je propos la lecture d’un album adorable : Petites sœurs de Tomo Miura aux éditions La joie de lire. Rarement j’ai vu des bouilles aussi mignonnes ! Des sourires qui dévorent le visage des personnages ornent toutes les pages. Et puis au final, être fille unique c’est bien aussi ! Trop chou comme dirait une amie bien plus jeune que moi.

Impossible de ne pas craquer pour le sublime Quand tu seras grand dans lequel Emily Winfield Martin semble avoir mis tout son talent et son amour des enfants au profit d’un album mémorable ! Un ouvrage qui me semble être un parfait cadeau de naissance, prompt à bouleverser bien des jeunes parents par sa beauté et son intelligence. Les éditions des éléphants nous proposent décidément de belles publications.

Enfin, pour survivre à toutes ces progénitures, je pense qu’il s’agit de conclure avec Maman robot (ed. Sarbacane) qui reprend le thème de la fameuse « charge mentale » tant à la mode. Zidrou au scénario vous met en garde ! Prenez soin de votre maman avant qu’elle ne se transforme en robot à tâches ménagères voire qu’elle ne se mette en grève…

 

Un album aux couleurs et motifs joyeux de Sébastien Chebret, comme une maman qui reçoit un collier de nouilles (sérieusement faites un effort la prochaine fois les enfants !)