Sélection de Noël : la bande dessinée.

 

Les conseils de Gaëlle

Il en sort 5000 par an (c’est trop), elles me bousillent le dos (c’est lourd)  mais je les aime d’amour (ça rime). Les BD pour enfants sont variées, divertissantes, instructives…

Je ne m’en lasse pas.

Bien consciente de l’embarras face au choix démentiel qui s’offre à vous je vous propose aujourd’hui une sélection pour tous les âges. C’est bien peu face à tout ce que j’ai lu cette année encore mais j’ai essayé de vous résumer l’essentiel des parutions indispensables de l’année. Il en manquera forcément mais j’espère que ça vous donnera des idées et que vous n’aurez pas à vous rabattre sur le dernier tome n°xxx de la série « Bidule et Machin » commencée en 1932, en désespoir de cause.

Plus d’excuses, filez chez votre libraire et faites-leur (vous) plaisir !

J’ai pris la peine, alors que je n’aime pas trop ça de mettre des âges à titre indicatif. Comme je le dis souvent aux clients, je ne connais pas vos enfants, c’est donc à prendre avec précaution !

Vous pouvez m’écrire pour des conseils plus poussés sur le mail du blog ou sur notre page Facebook.

 

Couverture Ana Ana tome 12

Ana Ana t12, je ne veux pas être une princesse, de Dominique Roques et Alexis Dormal, ed. Dargaud, 7,95€.

Ana Ana et ses cheveux en bataille sont pris en otage par les doudous déguisés en buisson qui lui sautent dessus pour la transformer en princesse.
C’est mal connaître l’animal qui n’a pas du tout envie de jouer à ce jeu stupide. Ce tome m’a vraiment beaucoup fait rire et à lire avec le ton c’est top !

Dès 3 ans et encore plus super à lire tout seul quand on est capable même si l’éditeur s’échine à écrire au dos 3-6 ans et qu’un jour ça me rendra folle.

 

Couverture Akissi tome 8

Akissi t12, Mission pas possible de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin, ed. Gallimard, 10,50€.

Poussez-vous ! Akissi est de retour ! Méfiez-vous il parait qu’elle va bientôt déménager en France…
Si elle s’installe vers chez vous, méfiez-vous qu’elle ne vous pique pas votre bébé pour jouer avec. Ou qu’elle ne vous tue de rire avec sa mauvaise foi et son caractère bien trempé. Akissi c’est la vie !

Dès 7 ans pour les lecteurs qui sont déjà autonomes.

Crevette, de Elodie Shanta, ed. La pastèque, 16€.

Voilà la bonne et joyeuse surprise de cette année ! Faussement naïve cette BD offre du réconfort et donne envie de faire des efforts. Crevette est une jeune sorcière orpheline qui rate tous ses examens. Mais avec de la persévérance et l’aide précieuse de ses amis, la réussite est au bout. Un album vraiment mignon qui encourage l’autonomie et la persévérance pour tous ceux qui n’ont pas encore l’âge de lire « tout » Harry Potter.

Dès 7 ans pour les lecteurs qui sont déjà autonomes.

Couverture Aubépine tome 1

Aubépine t1, Le génie saligaud, de Karensac et Thom Pico, ed. Dupuis, 9,90 €.

Aubépine, petite citadine se voit contrainte à une vie de Heidi au beau milieu de la montagne. Passée la désillusion et une fois un peu de magie de ci de là, c’est parti pour les péripéties.
Aubépine rappelle Hilda par ses ambiances rocailleuses et autres monstres magiques. Que de peps là-dedans ! Et en plus, bonne nouvelle, le deuxième est paru aussi !

Dès 7 ans pour les lecteurs déjà autonomes.

 

Couverture Bergères guerrières tome 2

Bergères guerrières t2, Amélie Fléchais et Jonathan Garnier, ed. Glénat, 14,95€.

Cette série est une petite pépite au cœur de la BD pour la jeunesse. Une série intelligente, maligne et magnifiquement illustrée qui met les filles en avant de manière jubilatoire mais pas caricaturale. On ne peut qu’attendre la suite en trépignant et le dessin animé aussi ! Bonne nouvelle il y a eu un tome un avant le tome 2 (pardon la blague n’est vraiment pas au niveau de la série). Les deux volumes ne sont pas indépendants et à lire dans l’ordre.

Dès 9 ans.

Couverture Sacha et Tomcrouz tome 2

Sacha et Tomcrouz t2, La cour du roi, de Halard et Quignon, ed. Soleil, 16,95€.

Dans ce 2e volume la magie expédie Sacha  et son a-do-rable chien-chien Tomcrouz à la cour du Roi… Ce qui est aussi pour nous l’occasion de réviser un peu notre histoire ancienne. Délicatement illustré, nul doute que cette série mignonne et marrante et intelligente trouvera vite son public !

Les deux volumes peuvent se lire séparément, j’ai une grosse préférence pour le 2e.

Dès 9 ans.

 

Couverture Les souris du Louvre tome 1

Les souris du Louvre t1, Milo et le monde caché, de Joris Chamblain, Sandrine Goalec et Drac, ed. Delcourt (co-edité par Louvre éditions), 9,95€.

En toute honnêteté j’ai ouvert cette BD non pas grâce au sticker apposé « par le scénariste des Carnets de Cerise » mais clairement parce que je jette toujours un œil curieux aux co-éditions avec le Louvre. J’ai été joyeusement surprise par cet album extrêmement chouette et inattendu ! Je l’ai refermé toute guillerette car il contient plein de bonnes idées et j’ai passé un super moment de lecture. Une bien étonnante façon d’entrer dans l’intimité des collections du Louvre ! Pas ennuyeuse un instant cette BD offre une excellente opportunité de se balader dans l’un des musées les plus fameux au monde. Qu’on aime les souris ou pas d’ailleurs.

Dès 8 ans.

 

Couverture Le détective du bizarre tome 1

Le détective du bizarre,  Billy Brouillard et la chasse aux fantômes, de Guillaume Bianco, ed. Soleil, 16,95€.

C’était mon premier Billy Brouillard parce que je suis trouillarde et que je fuis les monstres comme la peste ! Mais en bonne compagnie j’ai pu appréhender mes peurs et affronter les pires bizarreries aidée de ma lampe magique.
Je ne sais pas si je suis guérie mais je suis sur la bonne voie ! Mais nul doute que la plupart des enfants seront bien plus courageux que moi !

 

Dès 9 ans.

 

Couverture Biguden - intégrale

Biguden (intégrale), de Stan Silas, ed. Paquet, 29€.

Poussez-vous ça va déménager ! Quand une petite Japonaise échoue sur une plage bretonne il se passe des choses bien étranges qui amènent toutes les vieilles bigoudènes à se remettre au boulot. Une série à l’humour ravageur, au final qui vous coupe le souffle. Je n’ai pas fini d’aimer Biguden et d’en parler encore et encore. Une vraie bouffée d’air frais (vent d’ouest oblige).

Dès 9 ans.

 

Couverture Wonder pony

Wonder Pony, de Marie Spénale, ed. Jungle, 12,95€.

En grande fan de Tezuka, je n’ai pu résister à cette super héroïne aux jambes d’Astro. Une BD fun aux personnages attachants, aux couleurs pimpantes comme tout. Voilà bien le genre de BD qui redore le blason de la BD jeunesse. Sous un air faussement cucul la praline, les héroïnes ne sont pas toutes des quiches. Revigorant !

Dès 8-9 ans.

Couverture Calpurnia tome 1

Calpurnia, de Daphné Collignon, ed. Rue de Sèvres, 14€.

Calpurnia, jeune héroïne américaine du temps jadis se prend des envies de d’observer scrupuleusement la nature. Daphné Collignon a parfaitement trouvé comment rendre l’atmosphère de cet ébouriffant et épais roman d’apprentissage en y intégrant des planches à la manière des naturalistes. Au final un livre merveilleux et pour tous les publics dans lequel virevolte comme un papillon une jeune fille curieuse et prometteuse. N’oubliez pas de lire le roman aussi, hein !

A partir de 10 ans.

 

LES INCLASSABLES ENFANTS-ADOS-ADULTES/TOUT-PUBLIC etc…

 

 

Couverture Rat et les animaux moches

Rat et les animaux moches, Sibylline, d’Aviau, Capucine, ed. Delcourt, 19,99€.

Que de raisons de s’extasier sur ce livre merveilleux ! Des animaux moches, certes, mais sublimés par Jérôme d’Aviau choisissent de se regrouper pour vivre tranquillement dans leur « village pour animaux moches qui fait un peu peur » . La scénariste Sibylline, dont la langue faussement enfantine tintinnabule, nous rappelle que c’est en se mélangeant que la vie est belle.
Un album brillant de toutes parts, qui éclaire le monde comme une baudroie. On a tous notre place sur cette terre nous hurle ce livre ! Lisez-le bon sang. Gros coup de cœur. Probablement même pour moi l’album tout-public de l’année.

https://www.lajoiedelire.ch/wp-content/uploads/2018/09/mulysse_RVB.jpg

Mulysse, Tête de mule prend la mer, de Oyvind Torseter, ed. La Joie de lire, 24,90€.

Source éditeur (car c’était si bien dit !) Un livre incroyable, délirant, intelligent, magnifique !

Tête de Mule travaille dans un salon de coiffure mais n’est vraiment pas doué. Il est bien vite remercié. En rentrant chez lui il a la surprise de trouver sur sa porte un cordon de sécurité et une lettre du propriétaire expliquant que l’immeuble va être détruit et que toutes ses affaires sont dans un container dans un entrepôt. Le propriétaire est désolé pour le dérangement. Si Tête de Mule veut récupérer ses biens, il lui faudra payer 70 000 couronnes. Tête de Mule est déprimé. Il rentre alors dans un pub pour noyer son chagrin et rencontre une jeune serveuse très sympathique. Il croise également un aventurier excentrique prêt à payer 70 000 couronnes la personne courageuse qui voudra bien partir avec lui pour une expédition hasardeuse en mer à la recherche du plus grand œil du monde, le seul trésor qu’il lui manque. Tête de Mule voit là la chance de sa vie…

J’ai adoré cet album !

Couverture Aspirine tome 1

Aspirine, de Joann Sfar, ed. Rue de Sèvres, 16€.

Aspirine à la rage et comme on la comprend. Elle enrage d’avoir 17 ans depuis 300 ans. Bloquée à un âge dont on se serait tous bien passé on ne peut que lui pardonner ses coups de sang. Une héroïne vampire dont le quotidien résonne avec celui de nos ados.
Un livre parfait pour eux mais aussi pour nous et qui nous régale de mauvais souvenirs !

 

 

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Ateliers d’écriture à Paris

Les Mots est une école dédiée aux personnes qui souhaitent progresser dans l’art d’écrire, au contact d’écrivains reconnus dont notamment : Yannick Haenel (Prix Médicis 2017), Jérôme Ferrari (Prix Goncourt 2012), Alice Zeniter (Prix Goncourt Lycéen 2017), ou encore Isabelle Sorente, Martin Winckler, Tobie Nathan, Nicolas Fargues, Charles Pépin et beaucoup d’autres.

Depuis février 2017, ces écrivains partagent leur savoir et leur expérience à travers des ateliers inspirants, fondés sur la pratique, avec des particuliers et en entreprise. Des genres et des thèmes très différents sont proposés afin d’aborder l’écriture sous toutes ses formes.

Voici la programmation pour cet automne :

– Concevoir et aboutir un projet d’album de jeunesse avec Caroline Pellissier, les jeudis de 18h30 à 21h30 à partir du 4 octobre.

Cet atelier est fait pour celles et ceux qui souhaitent construire un projet d’album ou de documentaire personnel et ressentent le besoin d’être accompagnés. Il s’agit véritablement d’un coaching littéraire avec une auteure passionnante.

– L’enfance du texte par Hélène Frappat, les jeudis de 19h30 à 21h30 à partir du 27 septembre.

Cet atelier propose d’explorer le thème littéraire de l’enfance et d’encourager chacun à repartir du souvenir d’un premier texte écrit dans sa jeunesse pour retravailler celui-ci avec la conscience et l’expérience existentielles qui le constituent aujourd’hui.

– Atelier pour enfants : Philo-écriture autour du Petit Prince animé par Chiara Pastorini les dimanches de 10h30 à 12h30 à partir du 23 septembre. 

Ce stage propose aux 8-12 ans de découvrir l’écriture réactive en utilisant leur imaginaire et d’explorer des thématiques philosophiques grâce au classique de Saint-Exupéry. 

Nous étions 10, Nine Antico.

Nous étions dix et rien, absolument rien ne nous effrayait…

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Habituellement Nine Antico se passionne pour les starlettes ou les gens du porno dont elle propose de truculents portraits dans ses albums parus à l’Association.

Mais pas de panique c’est bien d’un livre pour enfants dont je vous parle aujourd’hui (et je l’avoue peut-être aussi beaucoup pour les parents…)

Nous étions dix, frappe d’abord par sa couleur bleue qui vous prend aux yeux pour ne plus vous lâcher. Puis, surgissent les dorures qui illuminent cette nuit azurée.

On dirait un hommage aux Trois brigands, sous la forme d’une ritournelle ou d’un conte de randonnée. Cet album est un décompte. Dix enfants en colonie de vacances (sur l’île du Frioul, je le tiens de source sûre), s’enhardissent de passer la nuit dehors sous forme de « t’es pas cap ». Tous d’un abord plus courageux que le copain d’à côté jusqu’à se déballonner les uns après les autres pour des raisons saugrenues.

Un album brillant et original pour réjouir toute la famille. Pour petits et grands trouillards ou aventuriers !

18€, aux éditions Albin Michel jeunesse, coll. Trapèze.

 

 

Vendeuse de faux livres

Croyez-le ou non, il y a encore des gens pour qui la BD n’est pas un livre.

Ah les joies de la BD ! Pour tous les âges, pour tous les goûts, elle reste le cadeau de référence des anniversaires des copains, des Noël des enfants, des fêtes des pères et des mères… Elle assure à tous les coups. Sa variété lui permet de faire plaisir à tout le monde.
Pour une fois je ne vais pas faire que vous raconter ma vie de libraire de province mais aussi étayer mon blabla de quelques chiffres pas sortis d’un chapeau.
Parmi la production de livres pour enfants, assurément les bandes dessinées sont bien représentées ! http://www.acbd.fr/wp-content/uploads/2016/01/Rapport-Ratier-ACBD-2015.pdf.
En 2015 autour de 340 BD pour enfants sont parues contre 38 en 2001 (oui ! Vous avez bien lu.) Et ce, dès le plus jeunes âge puisque l’on trouve des collections dès 3 ans, sans texte aucun et celles-ci remportent un vif succès !
Le plus célèbre héros est Petit Poilu. Presque aussi hirsute que sa gigotante confrère, Ana Ana. La jeune sœur du non moins célèbre Pico Bogue ravit les plus jeunes et selon moi fait un excellent support en 1e lecture aussi et on s’en fiche si, sur le présentoir, c’est écrit pour les 3-6 ans. D’ailleurs j’ai collé un autocollant sur cette indication parce qu’il me semble qu’à 6 ans quand on découvre le plaisir de lire seul, c’est vraiment une des séries les plus adaptées. Et si je laisse l’info visible je prends alors le risque qu’on me fasse remarquer que c’est « pour les bébés »…
Le genre est profondément ancré dans les habitudes de lecture des plus jeunes. C’est ce que l’on découvre dans Les jeunes et la lecture en France, étude de juin 2016 sur 1500 jeunes de 7 à 19 ans.  On y apprend aussi que la BD est le genre le plus populaire pour 65% des lecteurs de primaire et pour 63% des collégiens avant d’être supplanté par les romans auprès des lycéens. Ainsi les héros les plus populaires auprès des jeunes sont Harry Potter mais aussi Titeuf, Tintin, Astérix ou encore Max et Lili…  Et cerise sur le gâteau :

EURÊKA !

Seuls 4% des enfants ont déclaré détester lire…

Soulagement ! Enfin pour combien de temps encore ? La tablette et le smartphone finiront-ils par faire disparaitre ces merveilles ? Il y a peu j’ai lu un article dans le magazine Causette qui m’a fait frémir. Le sujet en était les jeunes enfants et leur addiction aux écrans. Une mère racontait que son gosse de 3 ans lui avait fracassé 10 téléphones car le soir il s’endort avec une appli de berceuses et que si le wifi a le malheur de couper le gamin pique des crises en fracassant le téléphone au sol.
Aussi, pour les habitués aux livres que nous sommes, la question peut sembler idiote et saugrenue de savoir si oui ou non une BD peut bien être considérée comme un livre. Mais dans la réalité, ce n’est pas aussi clair pour tout le monde car à la librairie, combien de fois nos oreilles se sont-elles froissées en entendant : « Vous ne vendez pas de vrais livres ? ».  Pas un mois sans entendre la terrible sentence. Pour « les gens » un livre est un roman, point barre. Pauvres livres de cuisine, de jardinage, de photographie… Je ne vous parle pas des mangas qui souffrent encore plus du dédain de certains.
Car nous sommes tous bien d’accord qu’un livre est un « assemblage de feuilles imprimées et réunies en un volume, broché ou relié » ; c’est Mr Larousse qui le dit. Il n’y a donc même pas besoin qu’il y ait de texte. Seuls les plus contrariants (il en reste !) iront donc penser ou dire que la BD n’est pas un livre. Reste à les convaincre, mais je m’en charge ! Et y a du boulot quand on entend :
« Ah vous vendez des BD, je préfèrerais vous acheter autre chose. Ah ! Mais tiens ! Là il y a des livres pour les enfants. » (véridique et entendu au moment où je rédige cet article manquant de m’étrangler…) Cette irritante remarque tombe pile-poil !
Effectivement, dans notre librairie, nous avons fait le choix d’implanter un rayon de livres pour enfants (hors BD, donc.) Ce n’est qu’un petit bout de rayon qui selon moi était devenu indispensable. Jusqu’alors nous n’avions rien à proposer aux enfants de moins de 6 ans à l’exception de 2 ou 3 séries de BD sans texte dont nous avions très vite fait le tour. Quand j’ai senti que j’allais frôler l’overdose de Petit Poilu je me suis dit qu’il fallait agir.
A part ça, je l’aime bien et je n’ai rien contre lui.
J’avais aussi la sensation de laisser tout un pan de notre jeune clientèle sur le carreau. Voir les petits frères et sœurs dans les poussettes repartir bredouille, c’était trop triste.
Mon petit cœur sensible ne pouvait pas supporter.
En tant que prescriptrice (ouh le vilain adjectif au féminin !) mon rôle est de proposer des liens que l’on ne voit pas forcément mais qui me semblent pertinents et de ne pas céder aux sirènes de la nouveauté. Ainsi, si vous pouvez glaner quelques albums jeunesse  là où je travaille, l’essentiel des albums que nous avons mis en valeur concerne des ouvrages de fonds, des classiques pour la jeunesse et quelques nouveautés qui ont attiré notre œil curieux d’illustrations novatrices. J’ai choisi de proposer des livres pour tous les âges et d’offrir du choix à tous les enfants qui rentreraient dans la librairie, même s’ils se déplacent encore en poussette ou accroché aux parents par un bout de tissu savamment noué.
... > Photos > Isère > Passerelles du Drac > Passerelle de l'ebron
Oh la jolie passerelle ! Ce mot me tient à cœur.
Au final ces « vrais » livres au milieu de ces « ersatz » de littérature remplis de cases et de bulles sont un vrai plus pour les clients et pour nous.  Ils sont une véritable PASSERELLE vers des lectures différentes dès le plus jeune âge.
Ainsi, chaque jour je tente de décloisonner, d’ouvrir des horizons, de tisser des liens le plus possible pour que chacun trouve son bonheur dans les livres.
Il y a du boulot, mais j’en fais mon affaire personnelle !
 
 

Calpurnia, 3 fois !

A l’origine il y a un roman sublime dont on avait déjà parlé par là.

Depuis, ont fleuri :

  • 1 -une suite Calpurnia et Travis que je n’ai pas lu mais dont beaucoup m’ont dit avoir été déçues.

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  • 2- une collection pour les plus jeunes dans laquelle notre héroïne se fait vétérinaire et dont le titre un tout petit peu raccoleur Calpurnia apprentie vétérinaire pouvait laisser penser le pire (songez à toutes ces collections alliant un prénom de fille ou de garçon accolé à un métier…)  L’illustration y est divine, alors pourquoi s’en priver ?

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Ici pour le plaisir des yeux, la série aux couvertures originelles ce qui doit pas mal mettre la pression à Daphné Collignon qui illustre magistralement la série en français.

 

  • 3- une bande dessinée dont le 1e volume m’a absolument enchantée et dont le tome 2 sortira… prochainement.

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Je ne peux qu’applaudir des mains et des pieds face à cette merveilleuse adaptation sacrément réussie. L’intérieur mi BD, mi carnet à dessins retranscrit formidablement l’ambiance du roman. Les illustrations de Daphné Collignon sont tout bonnement divines et le choix des couleurs parfaitement adapté à l’été caniculaire texan qui nous est ici rapporté.

Calpurnia est un personnage féminin fort et ambitieux, nourri à Darwin, aux expérimentations en tout genre. Peu décidée à apprendre la broderie et l’art culinaire pour satisfaire sa mère, Calpurnia ouvre de nouvelles voies aux petites filles curieuses de prendre leur vie en main.

Un roman bouleversant ici judicieusement adapté en bande-dessinée. Pour tous les âges et sans modération.

Les romans de Jacqueline Kelly sont publiés par l’Ecole des loisirs, la bande dessinée par Rue de Sèvres.

Au dessin, Daphné Collignon.

Une belle équipe au service d’un sacré personnage !

 

 

 

 

L’été sera Chaud !

Aujourd’hui je vous propose deux Benjamin Chaud (vous n’en aurez pas deux au prix d’un chez votre librairie autant le dire de suite), pas moins que ça !

Dans Pompon ours dans les bois on retrouve notre célèbre petit ours (ou si ce n’est pas lui, sûrement un membre de la famille élargie). Petit ours en a marre d’être un petit ours, il veut être un enfant ! Jouer à la poupée, sauter sur les lits, prendre un bain moussant… Toutes ces choses l’amusent tellement le temps d’une journée. Mais hélas, Petit ours a désobéi à ses parents pour filer en douce jouer au gosse. Et ça lui vaudra une belle frayeur !

Un album digne des précédents qui ont fait le succès du petit personnage et de son papa ours : les détails abondent, on ne sait plus où donner de l’œil et on se plait nous aussi à fouiner dans toutes les pages. A exploiter avec joie dès 3 ans.

Pompon ours dans les bois, ed. Hélium, 15,90 €.

C’est aussi le retour d’un autre personnage fétiche illustré par Benjamin Chaud et biberonné par Ramona Badescu: Pomelo, l’éléphant rose pastel au nom de pamplemousse. Ca me rappelle que quand j’étais gamine et qu’il y a avait du pomelo à la cantine je me demandais toujours ce qu’on allait bien pouvoir nous servir à manger (fonctionne avec « vol au vent », « bouchées à la reine » et autres menus obscurs aux noms enjôleurs pour faire passer la pilule).

La série, toujours aussi bucolique et épicurienne nous emmène en balade et c’est bien agréable de suivre Pomelo et Stela sous les arbres, les framboises et autres merveilles de la nature. Un album malin qui aide à réfléchir à des questions essentielles de la vie avec l’air de pas y toucher. Comme toujours, magique !

Pomelo découvre, ed. Albin Michel Jeunesse, 13 €

Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !