Puis, … la cerise sur le gâteau !

La der des ders, et encore une journée de stage pas comme les autres. En effet, Astrid Lemonnier participe à une opération proposée par l’Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie, « Un libraire adopte un éditeur » : http://www.arl-haute-normandie.fr/actualite-operation-un-libraire-adopte-un-editeur-585.html

Installation, la veille de la rencontre

Les agences régionales sont aussi des partenaires essentiels pour développer l’animation en librairie. Ici, l’idée, c’est de mettre en relation deux métiers du livre pour une meilleure connaissance de l’environnement et des atouts / contraintes de l’un et l’autre. C’est également l’occasion pour les éditeurs, et même auteurs, de parler au mieux de leurs écrits à des clients rencontrés dans un contexte familier et de proximité comme une librairie. Ainsi, nous passons ce samedi en compagnie de Sébastien Mousse, de L’atelier Mosésu (cf. http://www.atelier-mosesu.com) et de Sophie Jomain, auteure de romans young adults.

Ambiance inattendue à la librairie et discussions argumentées – de la part des uns et des autres – autour de la littérature et de la lecture. Et bien-sûr, séance de dédicace.

Sophie Jomain, auteure, et Sophie, jeune lectrice

Pendant ce temps-là, au rayon jeunesse, j’ai envie de vous parler de mes deux dernières lectures coups de coeur. Une collection, tout d’abord, celle de « L’heure des histoires » de chez Gallimard. De petits albums faciles à manipuler et au prix sympathique de 5,50 euros. Des auteurs et illustrateurs dont le talent n’est plus à prouver. Des contes, des aventures, des histoires d’amitié ou juste des récits de vie, tout y est pour partager un bon moment de lecture en famille ! Impossible de ne pas y trouver un thème de prédilection, de belles illustrations, des univers rêvés et un tremplin pour l’imaginaire. Début de parution en 2010 et régulièrement des nouveautés. À partir de 3 ans.

Bon, j’ai une GRANDE préférence pour « Zagazou » de Quentin Blake, publié en 2010 que je conseillerai d’ailleurs – ce n’est pas paradoxal – à tous les parents d’ados que je connais. Parce que ça fait rire et que d’un seul coup, ça fait du bien. 😉

Deuxième coup de coeur, c’est la BD « Sacha et Tomcrouz« , tome 1, d’Anaïs Halard et de Bastien Quignon, des Editions Soleil (qui publie également les Carnets de Cerise), dans la collection Métamorphose.

Un petit garçon, Sacha, curieux et très intéressé par les expériences scientifiques, se fait offrir à son anniversaire un chihuahua (alors qu’il voulait un rat…). Ce dernier, pas très docile, également curieux et plutôt fouineur, se retrouve un matin couvert d’une sorte de gelée incandescente. Est-ce cette matière qui entraîne Sacha et son chien, à leur insu, dans un autre lieu et un autre temps ? Nous le saurons sûrement au cours de leurs différentes aventures. Mais dans ce premier tome, ils devront déjà se dépatouiller et se débarrasser d’une bande de vikings féroces et pas très malins.

C’est une BD très accessible, qui plaira aux fans de fantastique, de science et de magie à partir de 9-10 ans. Il y a même des fiches qui donnent quelques repères historiques ou expliquent en détail l’expérience scientifique qui permet à Sacha, de se sortir de mauvaises situations, et tout à fait réalisable à la maison. Le dessin est frais et encourage, sans souci, l’immersion. Une série, qui devrait trouver des adeptes très vite.

En définitive et pour terminer ce « tour du propriétaire », ce stage de 15 jours fût une expérience très enrichissante. Humainement déjà (encore un Grand merci à Astrid de m’avoir accueillie), professionnellement puisque je me suis rendue compte que le métier de libraire comporte plusieurs facettes (illumination totale) dont certaines inattendues, et puis littérairement bien-sûr. La littérature de jeunesse est un champ vaste, avec des parcelles bien limitées ou pas. Les métiers, qui en assurent l’exploitation, sont nombreux et la récolte n’est pas toujours bonne. Il faut parfois éviter de suivre les sillons, en prenant quelques risques. Un travail de terrain – sur un bon terreau – permet de la connaître, de la valoriser et de la prescrire. Le circuit court demeure donc, essentiel. Du producteur au distributeur, il faut garder en tête le plaisir du consommateur : le « petit » lecteur à qui on transmet le fameux plaisir de goûter, manger, dévorer, engloutir … des tonnes de livres. Et surtout au diable les quotas !

L’espace réservé aux enfants

La librairie, côté « grands »

Une « histoire de papier », une librairie indépendante en pays de Bray. Ce n’est pas qu’une chance, pour de simples lecteurs, c’est une libraire qui – pour nous – s’est engagée !!

Publicités

Illustres illustratrices

9ème – et même avant dernier – jour de stage. Gloups !

C’est le début d’une opération de l’Union commerciale de Neufchâtel en Bray, pour le week-end de Pâques. C’est à dire que les commerçants d’un quartier, d’une commune… se réunissent, sous forme d’association, ce qui leur permet d’animer leur localité, de valoriser leurs boutiques et de mieux se représenter auprès des municipalités. Les C.C.I. leur apportent régulièrement outils, soutien et accompagnement. Ils sont des médiateurs non négligeables.

Et l’Union commerciale, c’est une force pour chaque commerce et la garantie du dynamisme des centres villes. Ici, c’est bien le cas.

En parallèle, au cours des mes « peregrinations », de mes zieutages et de mes feuilletages au coeur du rayon jeunesse, je découvre deux albums aux couvertures séduisantes. Ce ne sont pas des nouveautés, peu importe. La littérature jeunesse a encore de quoi – largement – m’initier.

Le premier livre, c’est « La petite poule rousse » de Miss Clara, chez Gauthier Languereau de 2015. Un conte classique proposé par une illustratrice à l’univers inventif et aux personnages attachants. Une technique d’illustration qui ne laisse pas indifférent.

Le second, c’est « Rendez-vous à quatre heures et demie » de Claire Franek, chez Actes sud dans la collection Encore une fois, publié en 2013. Cette artiste, partie bien trop tôt, n’aura pas eu le temps de nous montrer l’immensité de son talent et sa façon si particulière de s’intéresser, tout simplement, aux gens. Mais en ayant fait polémique avec le « Tous à poil » co-écrit avec Marc Daniau (cf article de Marion sur l’O.L. : https://ouvrelivres.wordpress.com/2012/01/21/tous-a-poil-de-claire-franek-et-marc-daniau/), elle avait déjà fait preuve de tant de malice, indispensable pour plaire aux enfants et faire vivre les grands. À travers cette histoire, elle suit la journée de différents parents qui habitent un même quartier. Car, c’est la question : que font-ils tous dès que les enfants sont déposés à l’école le matin et qu’ils ne doivent les récupérer qu’à quatre heures et demie (d’où le titre…) ? Quelques heures écoulées, un pâté de maisons, sa vie, son école, ses commerces et ses habitants, c’est une intrigue envisagée à la manière d’un reportage télé, montrant la diversité et la mixité, mais aussi tant d’ententes et d’affinités.

Décidément, ce stage, tout du long, me réserve de belles découvertes. Je vis en littérature de jeunesse, sympathique ressenti et agréable enthousiasme.

Colorier, découper, coller, plier, calculer, … pour s’occuper, apprendre et se détendre

8ème jour de stage et il faut aussi apprendre que la librairie hors-les-murs, ça existe et c’est indispensable. Aspect médiation. Ainsi, Astrid prépare une sélection de documentaires, petits jeux et autres, pour une fête de la nature à laquelle elle participera bientôt dans un lycée agricole voisin. Outre son stand, c’est elle également qui organise la venue des auteurs qui seront sur place lors de cette journée particulière. Donc qui dit nature, dit : reconnaître les arbres, fabriquer son herbier, découvrir le langage des fleurs, différencier les petits oiseaux et s’inspirer de la forêt.

Respirez, c’est presque l’été !

Au rayon jeunesse, poussée par une curiosité sans nom (exagération est mon 2ème prénom…), je m’amuse à faire l’inventaire des cahiers d’activités qui représentent une part de vente importante du marché du livre jeunesse (voir l’étude suivante : http://www.inaglobal.fr/edition/article/le-livre-jeunesse-joue-dans-la-cour-des-grands-8955).

Ce qui se prouve aussi, à la librairie. Je découvre alors un rayon très varié, entre coloriage (même magique), gribouillage, mandala, autocollant et sticker, gommette, pliage, dessin, labyrinthe, blague, devinette, rébus, point par point, paper toys, pochoir. Et vous vous doutez bien que cette liste n’est pas exhaustive.

Côté éditeurs, tout le monde s’y met : (J’aime les listes aujourd’hui) 1.2.3. Soleil, Albin Michel, Amaterra, Auzou, Bayard, Bordas, Chantecler, les Deux coqs d’or, Du Rouergue, Gallimard, Glénat, Grenouille éditions, Hachette, Hatier, Hemma, Kimane, Les éditions du patrimoine et des monuments historiques, Les Grandes Personnes, Larousse, Lito, Milan, Nathan, Piccolia, playBac, Retz, Rue du Monde, Sassi, Seuil, Vigot…

Quelle chance pour les enfants d’y retrouver leurs héros préférés – Petit ours brun, Trotro, Chi, Tchoupi, Peppa…- ou un concept ou un jouet déjà familier – Lego, Pyjamarama. Et tout y passe, les animaux, la ferme, les transports et les véhicules, les princesses, les pirates (ou l’inverse), les dinosaures, la nature, les contes. On peut également profiter du cahier de défoulothérapie® de chez playBac.

En ce qui me concerne, j’ai un réel coup de coeur pour les cahiers Amaterra, le « Coller, dessiner, créer » de Thereza Rowe et le « Tout sur l’espace » de Harriet Russell. Et je me dis que si c’était à refaire, un mémoire en littérature jeunesse sur ce sujet là, pourquoi pas ?

Cot, Cot, Codec !

7ème jour. Qui a dit que libraire c’est tranquillou ?? Car le jour des livraisons, c’est plutôt branle-bas de combat, tout le monde sur le pont, moussaillons on s’active ! Il faut réceptionner, pointer, vérifier, trier, ranger et valoriser. (Et parfois, la nuit je rêve de jongler avec des cartons… 😉 Pour dire.)

Les colis arrivent, les livres sont répartis selon les rayons, un court moment entassés. Ensuite, il faut les rendre « unique » et vendables. Ils deviennent Ce Livre que le client vient spécialement acheter.

Côté lectures, à l’approche de ce week-end pascal, on refait une petite « toilette » aux albums mis en avant pour l’occasion.

Les sempiternels « Petit ours brun » et « P’tit loup » sont bien présents, et surtout se vendent bien. Petits albums carrés, faciles à lire et pratiques à cacher, ils remplaceront nombre de lapins, d’oeufs et de poules en chocolat. Pas d’inquiétude, le petit panier pour ramasser le tout sera bien là.

Ouf ! Adrien le lapin, fidèle au poste, est l’heureux représentant de ses copains « Les drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings. Ça non plus, ça ne vieillit pas. Pour célébrer cette fête religieuse, certains apprécieront « Le récit de Pâques » des éditions Usborne, alors que d’autres préféreront une version plus délirante comme celle d’Alex Sanders, avec « Les oeufs de Pâques des rois et reines » dans la collection Giboulées de Gallimard. Bref, là encore, il y en a pour tous les goûts… chocolatés.

Attention, plus que deux jours, pour vous décider !!

« Cot, cot, codec, c’est le rock and roll des gallinacés… »

S’animer et s’amuser

6ème jour de stage, c’est là où je me rends compte vraiment (même si je m’en doutais un peu, je vous rassure) qu’être libraire, et donc commerçant, c’est être super Fort en relationnel. Astrid me le prouve à chaque instant, que ce soit avec la clientèle (en même temps c’est préférable) mais aussi avec les VRP. Vous savez les « Voyageur, représentant et placier », les commerciaux quoi. C’est la règle des 3 C, on pourrait dire : bon Contact, totale Confiance et royale Commande. Il en passe quelques-uns et Patrick, de chez Lito, c’est le « phénomène » qui assure et qui plaît :

Pour les albums, ça s’anime et qu’est-ce qu’on s’amuse au rayon jeunesse. On en oublierait presque de travailler. Hum ! Hum ! Il faut dire que c’est tentant. Nombre de livres en relief, à rabats, à tirettes (disque mobile, image coulissante…), à système, voire de très beaux livres pop-up, et même les livres mémo et puzzle nous font de l’oeil.

 

Le jeu est attendu et le tactile est fortement sollicité. On manipule, on tourne, on tire, on suit avec les doigts, on caresse, on encastre. Que de temps passé avec un seul album, quel plaisir, quel dé-lire.

Les éditeurs s’éclatent, le secteur est intéressant. La variété est flagrante, parfois (ça arrive) au détriment de la qualité. Bien dommage…

Les nouveautés du jour de chez Gulf Stream. Des z’animaux à faire craquer.

Si j’étais président…

5ème jour de stage, Astrid, La libraire d’Une histoire de papier, commande de la papeterie et prépare sa livraison des nouveautés de mai. Il y a même un ouvrage intitulé X et écrit par X, chez un des éditeurs. J’ai hâte de voir, dans 1 mois, ce que cache ce fameux livre mystère…

Au rayon jeunesse, zoom sur la collection « Les inséparables » chez Milan : http://www.editionsmilan.com/livres-jeunesse/collection/les-inseparables

Bien-sûr, je m’attarde sur le titre « Léa veut voter » de N. Dargent et Y. Thomé. La bande de copains s’interroge sur la vie politique, pure et dure. Ils apprennent même ce que sont les absentionnistes, les règles de vote, l’isoloir et les devoirs du citoyen. A 15 jours des élections présidentielles, ça peut toujours servir au sein des familles. En tout cas, il ne fait aucun doute qu’une majorité de petits lecteurs se posent actuellement quelques, voire beaucoup de questions.

« Les inséparables« , ce sont donc des petits livres à lire facilement, pour apprendre à être soi et à vivre ensemble. A partir de 5-6 ans.

Très malin !

Vive les grands-parents !

4ème jour de stage, j’emballe des livres et je m’applique à faire d’irréprochables et beaux paquets cadeaux ! Hum, Hum !!

En albums jeunesse, je décide de vous présenter « Le pépé de mon pépé & la mémé de ma mémé« , de Noé Carlain et Ronan Badel. Deux précédents titres, de la collection Poivre et compagnie, parus en 2010-2012 et réunis désormais en un seul album.

Une histoire complétement humoristique pour rendre hommage à ces génialissimes grands-parents, mamies et papis, pépés et mémés,… rencontré(e)s, conseillé(e)s depuis deux jours et qui préfèrent offrir de belles lectures jeunesse au lieu de gourmands (mais parfois trop nombreux) oeufs de chocolat à Pâques. Belle idée complétement approuvée par l’O.L. !

Dans cet album, édité par L’élan vert (une maison d’édition qui nous veut beaucoup de bien : http://www.elanvert.fr), nous sommes en présence de grands-parents inventifs et facétieux qui épatent leurs petits-enfants en racontant leur vie EXTRAORDINAIRE et passée de chasseur de mammouth, de sauteuse à l’élastique… Drôle et divertissant ! A avaler tout cru.