La vie en noir et blanc

Parce que les premiers livres qu’on offre à découvrir aux tout-petits sont des ouvrages en noir et blanc (car on rappelle que leur vision en développement perçoit au début les contrastes), voici une petite sélection de parutions récentes.

Mon livre-mobile en noir et blanc, Sunny Kim, Albin Michel Jeunesse, 2016

Ce livre-mobile est idéal pour stimuler le nouveau-né. On déploie le livre accordéon autour de bébé: les parties mobiles attisent la curiosité et la capacité de concentration, les images en noir et blanc développent la vision, le recto présentant des formes géométriques et le verso des animaux éveillent au monde qui l’entoure. Léger, à un prix abordable (8€50), c’est un livre qu’on pourra montrer souvent à son petit car on peut facilement prolonger la complicité en y associant des comptines à l’image du titre suivant…

A noter, dans la même série: Mon livre-mobile de toutes les couleurs

 

Petit chat et ses amis, Surya Sajnani, Casterman, 2017

Chat, chien, raton-laveur, lapin, chouette et abeille se succèdent sur le recto de ce livre accordéon, en tissu cette fois. Avant que le bébé puisse manipuler l’objet par lui-même, il est intéressant de le proposer à regarder lorsque le tout-petit est sur son tapis d’éveil, à plat dos tantôt sur son côté gauche, tantôt sur son côté droit et en position à plat ventre, face à lui.

Pour créer du lien avec son enfant, rien de mieux que de lui « lire » le livre lorsqu’il est dans vos bras, sur vos genoux, en vous plaçant à ses côtés sur le tapis d’éveil… Mais on peut se trouver désarçonné(e) de lire un livre à un si petit, un livre en tissu sans texte qui plus est… Quelques pistes pour vous approprier l’ouvrage et donner vie aux pages: imiter le cri de l’animal, prénommer l’animal/accoler un adjectif, un verbe ou une couleur à l’animal en créant une rime pour jouer avec les sonorités de la langue etc. Prenons l’exemple de notre abeille: bzzzz bzzz bzz, elle bourdonne/elle vrombit, salut Mireille, la vieille abeille qui veille/sommeille/balaie, petite abeille vermeille! On peut également chanter une comptine, exécuter un jeu de doigt, réciter un poème, un haïku, une fable, un couplet de chanson, un texte bref qui vous plaît en somme et associé à l’animal. De même qu’un peu plus tard, vous pourrez poursuivre la démonstration du livre par la lecture d’un album ayant l’animal comme personnage principal.

« Voici une ruche,

Mais les abeilles, 

Où sont-elles?

Elles sont cachées au fond de la ruche, 

Et elles vont sortir une à une:

1,2,3,4,5! »

A noter, dans la même série: Petit ours et ses amis (autour des animaux sauvages)

Safari, Surya Sajnani, Casterman, 2017

Safari, c’est un imagier cache-cache conçu pour initier les petites mains aux puzzles explique l’éditeur. Page de gauche, une devinette et page de droite, l’animal représenté. Le « puzzle » consiste plutôt en un système de trois glissières permettant de (dé)former la silhouette animale. Pour les petits yeux les plus alertes, des paires de petites bêtes se sont cachées derrière les glissières: papillons, abeilles, coccinelles et escargots. Ce tout-carton costaud est parfait pour apprendre à manipuler l’objet-livre et travailler la motricité fine.

A noter, dans la même série: Animaux (autour des animaux domestiques)

Si comme moi vous avez aimé le coup de crayon de Surya Sajnani, qui a crée Petit chat et ses amis et Safari, allez fureter du côté de la Wee Gallery qu’elle a fondé avec son mari enseignant à la naissance de leur premier enfant. Vous y découvrirez ses publications en anglais, des jouets, des cartes, des couvertures, des oreillers, des mobiles, des céramiques, tout pour enrichir l’univers de bébé…en noir et blanc bien-sûr!

Le chat, Céline Lamour-Crochet, Editions Mouck, 2016

Enfin, pour clore cette sélection, un petit récit tout simple mais efficace. Avec les quatre lettres du mot « chat », Céline Lamour-Crochet fait un calligramme et même d’autres dessins qui racontent une histoire. Super original et créatif! Les éditions Mouck étoffe ainsi leur catalogue avec une collection destinée aux 0-4 ans baptisée « Petit Ly »; des parutions à suivre!

A noter, dans la même série: Le chien

Tatsu Nagata et le phasme

Je viens de découvrir ce bien bel ouvrage sur l’élevage de phasmes très présent dans nos écoles élémentaires!Comment-elever-ton-phasme

Pour ceux qui ne connaissent pas ce « scientifique » , Tatsu Nagata est né sur l’île de Yaku au Japon. Depuis son enfance , il observe la nature et nous fait part de ses connaissances dans une collection publiée chez Le Seuil, traduite en France par Thierry Dedieu, fidèle acolyte. Membre du Tokyo Scientific Institute, il est reconnu comme l’expert mondial des mutations du métabolisme chez les batraciens.

En Février 2009, il publie ce hors-série sur le phasme.

dedieuTatsu Nagata explique les raisons de cette publication dans son blog ici . De nombreuses demandes de ses lecteurs assidus, le succès des « bestioles nippones », le nouveau chouchou des maîtres (j’ai succombé moi aussi au charme de la bestiole!)

 

 

Dans ce documentaire, vous trouverez donc:

-une présentation des différents phasmes,

-son comportement (camouflage, techniques de survie ….)

-un cahier spécial élevage avec le portrait de la bête, comment le nourrir, le chouchouter,  les meilleures conditions pour que l’élevage dure une année scolaire (et éviter d’arriver un matin, découvrir un vivarium/cimetière où tout le monde a capoté et…. devoir l’expliquer aux élèves!)….

Evidemment, le tout agrémenté des illustrations drôlissimes du petit professeur japonais manipulant l’insecte star des cours de récré!

Côté enseignement, le documentaire peut être un excellent support de lecture pour découvrir la bête (questionnaire/puzzles de lecture….), pour élaborer un carnet de suivi à la manière de Tatsu Nagata , pour créer du lien famille/école si le livre voyage à la maison….

Dernière info: il existe un rallye-lecture Tatsu Nagata CP : ici

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BD 2017 : séance de rattrapage.

Oh la la ! Il y a tant de bandes dessinées dont je n’ai pas eu le temps de vous parler !

J’ai rencontré des héros et héroïnes à vous faire vibrer des jours entiers ! Ils s’appellent Momo, Chaussette, Dagobert, Merlin, Verte, Félix, La fouine, Calliope, Sucre de pastèque, Eugène, Ursule, Anastabotte… J’ignore pourquoi ils ont tous des noms originaux ou qui étaient démodés avant mais qui reviennent en force. Ceux qui ont des noms d’animaux en sont vraiment, rassurez-vous. Ceux qui portent des noms de vêtements ne sont pas des habits pour autant…

sfar

21,90€ ed. Flammarion.

Commençons par celui qui n’est pas franchement une bande-dessinée : A cause de la vie de Véronique Ovaldé au dessin et Joann Sfar au texte (une bien piètre blague s’est dissimulée dans cette phrase). Personnellement chaque fois que j’ai montré ce livre à un client, il m’a dit « Ah, mais oui, ils sont passés à La grande librairie ; ils avaient l’air si complices ! ». J’ai donc été chaque fois bien aidée puisque apparemment les deux zigotos ont sacrément fait le show.  Et mon boulot avec. Va peut-être falloir que je finisse par regarder ce replay par ailleurs.

C’est donc l’histoire d’une jeune ado qui elle aussi a un nom qui était à la mode avant (mais qui n’a pas fait de revival depuis et que je ne citerai pas pour ne vexer aucune Nathalie lectrice). Elle décide donc de  se faire appeler « Sucre de pastèque », ce que je trouve nettement moins joli et facile à porter. En même temps on est dans le bon timing popularité du prénom car on est dans les 80’s. Tout ce paragraphe ne sert donc à rien.

Elle aime exagérer, se plumer les cheveux, piquer du rouge à lèvres en cachette, écouter les Smiths (en lien une de leur chanson que j’adore et qui existe en version revue et corrigée par Ebony Bones). Elle attend le prince charmant en se prélassant dans son vieil appartement. DING DONG ! Le voilà, tout chétif et craintif. Début d’une folle et belle histoire d’amitié entre deux gamins du même immeuble qui réinventent une façon d’être amis en se voyant à peine, à grands renforts d’ingéniosité.

Un livre inclassable pour tous les publics qui aiment les histoires touchantes et farfelues. Avec de jolies illustrations de Joann Sfar et un texte minutieux, malicieux, généreux de Véronique Ovaldé. Immense coup de cœur. Je l’ai serré dans mes bras quand je l’ai fini. C’est dire si je l’ai aimé.

verte

14,00 €, ed. Rue de Sèvres.

Elles vous sont certainement familières. Verte, Ursule et Anastabotte sont 3 sorcières de la littérature jeunesse nées sous la plume de Marie Desplechin dont les aventures sont parues en roman sous les titres Verte, Pome et Mauve. Il y a fort à parier qu’il y aura 3 BD aussi… Dans cette adaptation fort fidèle au roman, je n’ai donc pas été déçue du tout de retrouver ces trois générations de nanas. Des personnages pétillants, une magie inoffensive ou bienfaitrice et surtout, surtout cette bonne idée de proposer à Magali Le Huche d’illustrer cet album. Le résultat est pimpant comme tout, joliment coloré et plein de motifs mimis comme tout ! Alors c’est un grand oui pour cet album !

 

momo

16 €, ed. Casterman.

Momo… ah, Momo ! Lisez Momo, je vous en conjure ou je démissionne ! Car tant de beauté et de subtilité ne peuvent passer inaperçues et méritent bien un caprice de libraire. Moi aussi je peux taper des pieds dans les rayons en chouinant.

A l’illustration : Rony Hotin, subtile combinaison de Miyazaki et Vivès (y a pire, non ?) nous emporte loin, très loin dans l’émerveillement. Le scénario de Jonathan Garnier nous fait faire le yoyo des émotions, le grand huit des sentiments. C’est certainement l’une des plus belles et tristes histoires d’enfance que je connaisse. Et moi j’adore chialer et rire en même temps alors je me mets à soupçonner que messieurs Hotin et Garnier aient écrit ce livre pour moi (mais ça devient n’importe quoi).

Sublime et aux avis unanimes (du moins parmi mes collègues et tous ceux qui l’ont lu).

Officiellement pour enfants, mais franchement on s’en tape et on l’offre à tous ceux qui aiment la BD.

bambou

12,00€, ed. Rue de Sèvres.

Allez, hauts les cœurs ! Une histoire positive, pleine d’espoir pour le futur et la nature…

Une forêt de bambou se meurt. Et oui ! C’est triste,  mais c’est comme ça (que commence l’histoire en tout cas, parce qu’après je vais encore passer pour celle qui n’aime ni les animaux, ni la nature, ni les gosses etc.)

Il suffit de regarder la couverture pour être les pupilles toutes écarquillées par la splendeur de l’illustration, par le choix des couleurs et les attitudes et expressions des personnages.

Animaux et humains vont s’unir afin de sauver la forêt dont les bambous disparaissent les uns après les autres. Une très jolie histoire de Richard Marazano auteur d’un certain nombre de mes séries chouchoutes, notamment pour la jeunesse Yin et le dragon, Le monde de Milo, Le rêve du papillon, etc.

J’ai été vraiment émue à la lecture de cette BD et ne regrette pas un instant cette dangereuse balade en forêt.

chaussette

10,95€, ed. Delcourt.

Loïc Clément et Anne Montel, auteurs d’un de mes chouchous : Le temps des mitaines, poursuivent leur singulière œuvre qui ne ressemble à nulle autre parmi les BD jeunesse. Si j’hésite à utiliser l’adjectif mignonne à l’encontre de leur œuvre, c’est qu’on peut parfois l’associer à « cul-cul ». Et aussi parce que finalement ce n’est certainement pas assez flatteur pour refléter l’esprit de leurs albums. Que dire alors ? Des livres coquets, délicats, croquignolets, ravissants, aux teintes subtiles plus que de raison (le boulot d’Anne) et aux histoires tantôt intrigantes : Le temps des mitaines T1 se lit comme une enquête policière, tantôt engagées comme dans Le temps des mitaines t2 dans lequel les personnages prennent conscience de plein de choses de grands.

Mais toujours et avant tout profondément humaines et attentives aux autres. C’est une des choses que j’aime chez eux, on sent qu’ils aiment les gens et aussi qu’ils ne veulent pas prendre les enfants pour des imbéciles.

Dans Chaussette, une amitié discrète prend forme entre un petit garçon à la curiosité aiguisée et sa vieille dame de voisine. Un joli duo s’amorce au fil des pages. On déambule avec la « vieille » Chaussette et son chien Dagobert dans une ville pleine de couleurs pastel et de vie. On s’y sent bien dans ce quartier !

Et en prime, ça fera plaisir à ma cliente orthophoniste d’hier qui voulait que je fasse passer ce message aux éditeurs : « Imprimez vos livres en écriture attachée et pas en majuscules ». Parce que c’est vrai que la belle écriture d’Anne est quand même plus jolie. Et si ça peut aider les enfants en difficulté de lecture, je relaye ce message avec plaisir.

voleur

10,95€, ed. Delcourt.

« Portés par une joie immense, nos deux amoureux mirent fin à leur quête dans un festival de scintillements… »

A vos souhaits ! Si Félix est dans le coin lorsque vous éternuez, méfiez-vous ! Il pourrait bien vous piquer votre souhait pour le mettre en bocal… Une idée de Loïc Clément (oui, le même qu’au-dessus) qui s’offre ici une parenthèse en compagnie de Bertrand Gatignol. Changement radical d’illustration donc pour cette histoire. Gatignol dont je trouve le travail admirable, me fait toutefois d’habitude un peu peur parce qu’il aime bien les ogres, les marmites et les nonosses à ronger. Malgré tout, j’ai ouvert cet album avec grand enthousiasme parce que je me suis dit qu’il n’allait quand même pas infliger des trucs pareils aux gosses. Par ailleurs connaissez-vous Pistouvi ? Soit dit en passant…

pistouvi

L’alliance de ces deux talents Clément + Gatignol, c’est le combo magique ! Moderne, inventif, avec une fin en feux d’artifices, cet album est une pépite.

Les aventures de Félix le collectionneur de souhaits et de Calliope qu’on dirait sortie tout droit de la Grèce antique, sont fabuleuses et émouvantes. Dans un monde où il n’y a qu’eux qui compte, ils errent à la recherche de leurs désirs les plus chers dans un Paris à la fois réel et qui pourtant semble étrangement imaginaire. En vain.

Et nous on a la larme à l’oeil de tant de poésie et de beauté.

Les bonus à la fin ont un intérêt certain pour tous les curieux de l’édition. Les secrets de la création de l’album, les négociations avec l’éditeur, les arguments des uns et des autres offrent une belle conclusion à ce magnifique Voleur de souhaits.

 

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Sachez que ça me tue de ne pas vous parler du prochain Bastien Vivès qui sort début mai que j’ai dévoré d’une traite et que je ne fais qu’y penser depuis… Mais franchement, vous mettre l’eau à la bouche pour un livre pas encore paru, ça se fait trop pas.

Une autre fois !

soeur

 

 

 

 

Puis, … la cerise sur le gâteau !

La der des ders, et encore une journée de stage pas comme les autres. En effet, Astrid Lemonnier participe à une opération proposée par l’Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie, « Un libraire adopte un éditeur » : http://www.arl-haute-normandie.fr/actualite-operation-un-libraire-adopte-un-editeur-585.html

Installation, la veille de la rencontre

Les agences régionales sont aussi des partenaires essentiels pour développer l’animation en librairie. Ici, l’idée, c’est de mettre en relation deux métiers du livre pour une meilleure connaissance de l’environnement et des atouts / contraintes de l’un et l’autre. C’est également l’occasion pour les éditeurs, et même auteurs, de parler au mieux de leurs écrits à des clients rencontrés dans un contexte familier et de proximité comme une librairie. Ainsi, nous passons ce samedi en compagnie de Sébastien Mousse, de L’atelier Mosésu (cf. http://www.atelier-mosesu.com) et de Sophie Jomain, auteure de romans young adults.

Ambiance inattendue à la librairie et discussions argumentées – de la part des uns et des autres – autour de la littérature et de la lecture. Et bien-sûr, séance de dédicace.

Sophie Jomain, auteure, et Sophie, jeune lectrice

Pendant ce temps-là, au rayon jeunesse, j’ai envie de vous parler de mes deux dernières lectures coups de coeur. Une collection, tout d’abord, celle de « L’heure des histoires » de chez Gallimard. De petits albums faciles à manipuler et au prix sympathique de 5,50 euros. Des auteurs et illustrateurs dont le talent n’est plus à prouver. Des contes, des aventures, des histoires d’amitié ou juste des récits de vie, tout y est pour partager un bon moment de lecture en famille ! Impossible de ne pas y trouver un thème de prédilection, de belles illustrations, des univers rêvés et un tremplin pour l’imaginaire. Début de parution en 2010 et régulièrement des nouveautés. À partir de 3 ans.

Bon, j’ai une GRANDE préférence pour « Zagazou » de Quentin Blake, publié en 2010 que je conseillerai d’ailleurs – ce n’est pas paradoxal – à tous les parents d’ados que je connais. Parce que ça fait rire et que d’un seul coup, ça fait du bien. 😉

Deuxième coup de coeur, c’est la BD « Sacha et Tomcrouz« , tome 1, d’Anaïs Halard et de Bastien Quignon, des Editions Soleil (qui publie également les Carnets de Cerise), dans la collection Métamorphose.

Un petit garçon, Sacha, curieux et très intéressé par les expériences scientifiques, se fait offrir à son anniversaire un chihuahua (alors qu’il voulait un rat…). Ce dernier, pas très docile, également curieux et plutôt fouineur, se retrouve un matin couvert d’une sorte de gelée incandescente. Est-ce cette matière qui entraîne Sacha et son chien, à leur insu, dans un autre lieu et un autre temps ? Nous le saurons sûrement au cours de leurs différentes aventures. Mais dans ce premier tome, ils devront déjà se dépatouiller et se débarrasser d’une bande de vikings féroces et pas très malins.

C’est une BD très accessible, qui plaira aux fans de fantastique, de science et de magie à partir de 9-10 ans. Il y a même des fiches qui donnent quelques repères historiques ou expliquent en détail l’expérience scientifique qui permet à Sacha, de se sortir de mauvaises situations, et tout à fait réalisable à la maison. Le dessin est frais et encourage, sans souci, l’immersion. Une série, qui devrait trouver des adeptes très vite.

En définitive et pour terminer ce « tour du propriétaire », ce stage de 15 jours fût une expérience très enrichissante. Humainement déjà (encore un Grand merci à Astrid de m’avoir accueillie), professionnellement puisque je me suis rendue compte que le métier de libraire comporte plusieurs facettes (illumination totale) dont certaines inattendues, et puis littérairement bien-sûr. La littérature de jeunesse est un champ vaste, avec des parcelles bien limitées ou pas. Les métiers, qui en assurent l’exploitation, sont nombreux et la récolte n’est pas toujours bonne. Il faut parfois éviter de suivre les sillons, en prenant quelques risques. Un travail de terrain – sur un bon terreau – permet de la connaître, de la valoriser et de la prescrire. Le circuit court demeure donc, essentiel. Du producteur au distributeur, il faut garder en tête le plaisir du consommateur : le « petit » lecteur à qui on transmet le fameux plaisir de goûter, manger, dévorer, engloutir … des tonnes de livres. Et surtout au diable les quotas !

L’espace réservé aux enfants

La librairie, côté « grands »

Une « histoire de papier », une librairie indépendante en pays de Bray. Ce n’est pas qu’une chance, pour de simples lecteurs, c’est une libraire qui – pour nous – s’est engagée !!

Illustres illustratrices

9ème – et même avant dernier – jour de stage. Gloups !

C’est le début d’une opération de l’Union commerciale de Neufchâtel en Bray, pour le week-end de Pâques. C’est à dire que les commerçants d’un quartier, d’une commune… se réunissent, sous forme d’association, ce qui leur permet d’animer leur localité, de valoriser leurs boutiques et de mieux se représenter auprès des municipalités. Les C.C.I. leur apportent régulièrement outils, soutien et accompagnement. Ils sont des médiateurs non négligeables.

Et l’Union commerciale, c’est une force pour chaque commerce et la garantie du dynamisme des centres villes. Ici, c’est bien le cas.

En parallèle, au cours des mes « peregrinations », de mes zieutages et de mes feuilletages au coeur du rayon jeunesse, je découvre deux albums aux couvertures séduisantes. Ce ne sont pas des nouveautés, peu importe. La littérature jeunesse a encore de quoi – largement – m’initier.

Le premier livre, c’est « La petite poule rousse » de Miss Clara, chez Gauthier Languereau de 2015. Un conte classique proposé par une illustratrice à l’univers inventif et aux personnages attachants. Une technique d’illustration qui ne laisse pas indifférent.

Le second, c’est « Rendez-vous à quatre heures et demie » de Claire Franek, chez Actes sud dans la collection Encore une fois, publié en 2013. Cette artiste, partie bien trop tôt, n’aura pas eu le temps de nous montrer l’immensité de son talent et sa façon si particulière de s’intéresser, tout simplement, aux gens. Mais en ayant fait polémique avec le « Tous à poil » co-écrit avec Marc Daniau (cf article de Marion sur l’O.L. : https://ouvrelivres.wordpress.com/2012/01/21/tous-a-poil-de-claire-franek-et-marc-daniau/), elle avait déjà fait preuve de tant de malice, indispensable pour plaire aux enfants et faire vivre les grands. À travers cette histoire, elle suit la journée de différents parents qui habitent un même quartier. Car, c’est la question : que font-ils tous dès que les enfants sont déposés à l’école le matin et qu’ils ne doivent les récupérer qu’à quatre heures et demie (d’où le titre…) ? Quelques heures écoulées, un pâté de maisons, sa vie, son école, ses commerces et ses habitants, c’est une intrigue envisagée à la manière d’un reportage télé, montrant la diversité et la mixité, mais aussi tant d’ententes et d’affinités.

Décidément, ce stage, tout du long, me réserve de belles découvertes. Je vis en littérature de jeunesse, sympathique ressenti et agréable enthousiasme.

Colorier, découper, coller, plier, calculer, … pour s’occuper, apprendre et se détendre

8ème jour de stage et il faut aussi apprendre que la librairie hors-les-murs, ça existe et c’est indispensable. Aspect médiation. Ainsi, Astrid prépare une sélection de documentaires, petits jeux et autres, pour une fête de la nature à laquelle elle participera bientôt dans un lycée agricole voisin. Outre son stand, c’est elle également qui organise la venue des auteurs qui seront sur place lors de cette journée particulière. Donc qui dit nature, dit : reconnaître les arbres, fabriquer son herbier, découvrir le langage des fleurs, différencier les petits oiseaux et s’inspirer de la forêt.

Respirez, c’est presque l’été !

Au rayon jeunesse, poussée par une curiosité sans nom (exagération est mon 2ème prénom…), je m’amuse à faire l’inventaire des cahiers d’activités qui représentent une part de vente importante du marché du livre jeunesse (voir l’étude suivante : http://www.inaglobal.fr/edition/article/le-livre-jeunesse-joue-dans-la-cour-des-grands-8955).

Ce qui se prouve aussi, à la librairie. Je découvre alors un rayon très varié, entre coloriage (même magique), gribouillage, mandala, autocollant et sticker, gommette, pliage, dessin, labyrinthe, blague, devinette, rébus, point par point, paper toys, pochoir. Et vous vous doutez bien que cette liste n’est pas exhaustive.

Côté éditeurs, tout le monde s’y met : (J’aime les listes aujourd’hui) 1.2.3. Soleil, Albin Michel, Amaterra, Auzou, Bayard, Bordas, Chantecler, les Deux coqs d’or, Du Rouergue, Gallimard, Glénat, Grenouille éditions, Hachette, Hatier, Hemma, Kimane, Les éditions du patrimoine et des monuments historiques, Les Grandes Personnes, Larousse, Lito, Milan, Nathan, Piccolia, playBac, Retz, Rue du Monde, Sassi, Seuil, Vigot…

Quelle chance pour les enfants d’y retrouver leurs héros préférés – Petit ours brun, Trotro, Chi, Tchoupi, Peppa…- ou un concept ou un jouet déjà familier – Lego, Pyjamarama. Et tout y passe, les animaux, la ferme, les transports et les véhicules, les princesses, les pirates (ou l’inverse), les dinosaures, la nature, les contes. On peut également profiter du cahier de défoulothérapie® de chez playBac.

En ce qui me concerne, j’ai un réel coup de coeur pour les cahiers Amaterra, le « Coller, dessiner, créer » de Thereza Rowe et le « Tout sur l’espace » de Harriet Russell. Et je me dis que si c’était à refaire, un mémoire en littérature jeunesse sur ce sujet là, pourquoi pas ?

Cot, Cot, Codec !

7ème jour. Qui a dit que libraire c’est tranquillou ?? Car le jour des livraisons, c’est plutôt branle-bas de combat, tout le monde sur le pont, moussaillons on s’active ! Il faut réceptionner, pointer, vérifier, trier, ranger et valoriser. (Et parfois, la nuit je rêve de jongler avec des cartons… 😉 Pour dire.)

Les colis arrivent, les livres sont répartis selon les rayons, un court moment entassés. Ensuite, il faut les rendre « unique » et vendables. Ils deviennent Ce Livre que le client vient spécialement acheter.

Côté lectures, à l’approche de ce week-end pascal, on refait une petite « toilette » aux albums mis en avant pour l’occasion.

Les sempiternels « Petit ours brun » et « P’tit loup » sont bien présents, et surtout se vendent bien. Petits albums carrés, faciles à lire et pratiques à cacher, ils remplaceront nombre de lapins, d’oeufs et de poules en chocolat. Pas d’inquiétude, le petit panier pour ramasser le tout sera bien là.

Ouf ! Adrien le lapin, fidèle au poste, est l’heureux représentant de ses copains « Les drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings. Ça non plus, ça ne vieillit pas. Pour célébrer cette fête religieuse, certains apprécieront « Le récit de Pâques » des éditions Usborne, alors que d’autres préféreront une version plus délirante comme celle d’Alex Sanders, avec « Les oeufs de Pâques des rois et reines » dans la collection Giboulées de Gallimard. Bref, là encore, il y en a pour tous les goûts… chocolatés.

Attention, plus que deux jours, pour vous décider !!

« Cot, cot, codec, c’est le rock and roll des gallinacés… »