L’été sera Chaud !

Aujourd’hui je vous propose deux Benjamin Chaud (vous n’en aurez pas deux au prix d’un chez votre librairie autant le dire de suite), pas moins que ça !

Dans Pompon ours dans les bois on retrouve notre célèbre petit ours (ou si ce n’est pas lui, sûrement un membre de la famille élargie). Petit ours en a marre d’être un petit ours, il veut être un enfant ! Jouer à la poupée, sauter sur les lits, prendre un bain moussant… Toutes ces choses l’amusent tellement le temps d’une journée. Mais hélas, Petit ours a désobéi à ses parents pour filer en douce jouer au gosse. Et ça lui vaudra une belle frayeur !

Un album digne des précédents qui ont fait le succès du petit personnage et de son papa ours : les détails abondent, on ne sait plus où donner de l’œil et on se plait nous aussi à fouiner dans toutes les pages. A exploiter avec joie dès 3 ans.

Pompon ours dans les bois, ed. Hélium, 15,90 €.

C’est aussi le retour d’un autre personnage fétiche illustré par Benjamin Chaud et biberonné par Ramona Badescu: Pomelo, l’éléphant rose pastel au nom de pamplemousse. Ca me rappelle que quand j’étais gamine et qu’il y a avait du pomelo à la cantine je me demandais toujours ce qu’on allait bien pouvoir nous servir à manger (fonctionne avec « vol au vent », « bouchées à la reine » et autres menus obscurs aux noms enjôleurs pour faire passer la pilule).

La série, toujours aussi bucolique et épicurienne nous emmène en balade et c’est bien agréable de suivre Pomelo et Stela sous les arbres, les framboises et autres merveilles de la nature. Un album malin qui aide à réfléchir à des questions essentielles de la vie avec l’air de pas y toucher. Comme toujours, magique !

Pomelo découvre, ed. Albin Michel Jeunesse, 13 €

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Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !

 

Faites des gosses !

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Spéciale dédicace à tous les parents. La vie avec des gosses c’est pas le rêve tous les jours mais que serait-on sans eux ?

Voici une petite sélection d’albums récents sur le thème de la parentalité qui ont attiré mon œil.

Je vous suggère de débuter votre lecture par l’album Big Bang Pop ! (ed. Atelier du Poisson Soluble) dont le titre pétille dans la bouche autant que les illustrations vous feront pétiller les yeux. Claire Cantais, reine des coups de ciseaux dans le Canson coloré vous fait ici une belle leçon qui part du big bang à la naissance du bébé à qui vous offrirez cette merveille ! Des couleurs et des onomatopées de partout ornent cet album singulier.

Pour les parents déjà un peu plus avancés dans cette grande aventure je vous conseille de jeter un œil à l’album Comment élever un Raymond (ed.Sarbacane), drôle de manuel d’élevage concocté par Marie de Lestrade et « vintagement » illustré par Marie Dorléans. Un Raymond késako ? On nous dit que c’est un genre d’animal,  fréquemment posé sur le canapé, que ça ne sent pas bon, que ça aime les chatouilles, que ça boit du lait, que ça n’aime pas le potiron… Un livre drôle et touchant sur les étapes de la parentalité jusqu’à ce que le Raymond vienne avec son Raymond à lui sonner chez vous ! Et là, ta-dam : grosse émotion.

Aux filles qui rêvent d’une petite sœur et même de milliers de petites sœurs pour faire les quatre cent coups je propos la lecture d’un album adorable : Petites sœurs de Tomo Miura aux éditions La joie de lire. Rarement j’ai vu des bouilles aussi mignonnes ! Des sourires qui dévorent le visage des personnages ornent toutes les pages. Et puis au final, être fille unique c’est bien aussi ! Trop chou comme dirait une amie bien plus jeune que moi.

Impossible de ne pas craquer pour le sublime Quand tu seras grand dans lequel Emily Winfield Martin semble avoir mis tout son talent et son amour des enfants au profit d’un album mémorable ! Un ouvrage qui me semble être un parfait cadeau de naissance, prompt à bouleverser bien des jeunes parents par sa beauté et son intelligence. Les éditions des éléphants nous proposent décidément de belles publications.

Enfin, pour survivre à toutes ces progénitures, je pense qu’il s’agit de conclure avec Maman robot (ed. Sarbacane) qui reprend le thème de la fameuse « charge mentale » tant à la mode. Zidrou au scénario vous met en garde ! Prenez soin de votre maman avant qu’elle ne se transforme en robot à tâches ménagères voire qu’elle ne se mette en grève…

 

Un album aux couleurs et motifs joyeux de Sébastien Chebret, comme une maman qui reçoit un collier de nouilles (sérieusement faites un effort la prochaine fois les enfants !)

 

 

Quand les cabanes à livres essaiment

Qui aujourd’hui n’a pas croisé près de chez soi ou en vacances une cabane à livres ? Sous forme de cabine téléphonique recyclée, de frigo, de simple boîte ou plus élaborée, elles font maintenant partie du paysage.

Le principe importé des Etats-Unis est simple : apporter un livre, en prendre un autre, dans un lieu accessible à tout moment et sans contrainte. La notion de partage prend alors tout son sens, en faisant circuler les livres et en semant la culture à tous les coins de rue. Ce service est complémentaire de l’offre en bibliothèque publique.

Histoire de la construction d’une cabane à livres dans une petite commune icaunaise par la bibliothécaire qui a suivi le projet :

« Avec une bénévole, nous voulions proposer un cycle d’activités aux enfants qui leur permettrait d’être dans l’actif. L’idée du bricolage et de la construction d’une cabane à livres a alors germé. Etant donné nos compétences respectives en bricolage (…), nous avons fait appel par connaissance à Bernard, un agriculteur retraité de 84 ans et passionné par le travail du bois. Nous lui avons présenté l’idée en prenant comme exemple la cabane à livres de la commune voisine, et il a repris le projet à son compte, enthousiasmé. Bernard a alors passé de longues heures à élaborer les plans, scié le bois (toutes les essences sont issues d’arbres locaux qu’il a lui-même débités !!), assemblé… Sur une période scolaire, les enfants ont donc participé à la construction de la cabane en aidant à mesurer, tracer, assembler, poncer… et ont appris en observant Bernard des techniques. La structure de la cabane prenait forme, il a fallu poser la frisette qui vient la recouvrir. Les dernières séances avec les enfants ont été consacrées à la lasure de l’ensemble. Puis vint le moment de la construction du toit, Bernard a choisi d’y apposer des tuiles en châtaignier, y apportant un charme fou ! 

Je vous passe les détails de la construction, de la pose des fenêtres à la mise en place de la cabane (ce sont les enfants qui avaient choisi son emplacement), en passant par les finitions, un ensemble qui a nécessité un investissement en temps très important. Mais le résultat est là, une cabane unique, artisanale, fabriquée avec passion, et dont nous sommes – vous l’aurez compris – très fiers ! »

Un bel exemple de projet collaboratif et de plaisir partagé. Ne reste donc plus qu’à faire vivre cette cabane à livres en partageant ses coups de cœur.

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La cabane à livres en images, avec Bernard à ses côtés,
ainsi que Dominique, un autre bénévole.

 

Quand un livre en chasse un autre…

Dans la veine des escape game, si prisés en ce moment, et dont les bibliothèques se sont rapidement emparés, la littérature jeunesse s’est saisie du sujet des énigmes, chasses aux livres et autres jeux. Une sélection de livres sur le sujet.

enquetesLes enquêtes de la main noire sont désormais des classiques en littérature jeunesse. Quatre enfants et un écureuil se lancent dans des enquêtes et le jeune lecteur peut les aider en faisant preuve de perspicacité et de sens de l’observation. A chaque page une mini-énigme qui peut se résoudre grâce à l’illustration de la page de droite. La solution est donnée en début de page suivante.

Série Les enquêtes de la main noire chez Actes Sud de Julian Press. Autre série sur le même principe avec Malisse et Réglisse, même auteur, même éditeur.

coupableQui est le coupable ? Si vous aimiez le jeu Qui est-ce ?, ces trois livres d’une même série devraient vous plaire. Là encore, sur chaque double page, il faut trouver le coupable d’un méfait : qui a enfermé e fantôme ? Qui a fait une mauvais blague à Boucle-Noire ? Qui a volé la baguette magique de la fée ? Avec les indices distillés dans l’histoire, le lecteur peut innocenter les suspects grâce au système de fenêtre coulissante sur la première page, jusqu’à trouver le coupable. Encore mieux, les enquêtes, qui peuvent se lire indépendamment sont reliées entre elles par un fil rouge qui donne une cohérence à l’ensemble.

Série Qui est le coupable ? chez Milan, de Pascal Prévot. Trois titres disponibles : le château, au manoir, chez les pirates.

enigmesEnigmes : creuse-toi les méninges pour démêler 25 mystérieuses affaires. Un livre-jeu presque tout en illustrations qui classe les énigmes par domaine : logique ou imagination et par niveau de difficulté. Où l’on s’aperçoit que chacun va trouver plus ou moins facilement la solution des énigmes en fonction des types d’intelligence que l’on développe.

Enigmes : creuse-toi les méninges pour démêler 25 mystérieuses affaires, de Victor Escandell, éd. Saltimbanque.

 

lemoncello24 heures dans l’incroyable bibliothèque de M. Lemoncello.

Ce roman commence alors qu’une grande bibliothèque va être inaugurée et pour l’occasion, douze enfants sont sélectionnés pour la visiter et y être enfermés à l’intérieur. Vont-ils réussir à résoudre les énigmes qui permettront d’en sortir ? Une ambiance magique et fabuleuse, qui ravira tous les amoureux des livres, mais aussi des technologies et des jeux de toutes sortes.

Vingt-quatre heures dans l’incroyable bibliothèque de M. Lemoncello, de Chris Grabenstein, Milan. Adapté en film, et 2e tome à paraître.

Chaeurs-de-livresChasseurs de livres.

Emily vient d’emménager à San Fransisco, une aubaine pour cette passionnée de la chasse aux livres. En effet, le créateur de ce jeu M. Griswold est sur le point de mettre en place une quête d’une ampleur inédite, mais il se fait agresser. Reste à Emily à mener l’enquête sur les circonstances de cet incident et donc à se lancer dans une grande chasse aux livres avec l’aide de son voisin.

Chasseurs de livres tome 1, de Jennifer Chamblis Bertman, chez Robert Laffont. 2e tome paru, et un groupe Facebook Chasseurs de livres, pour mettre en pratique…

Ces deux romans se ressemblent étrangement, et je serai curieuse de connaître leur réception auprès du public. Inspirés de Charlie et la chocolaterie, les auteurs nous plongent dans l’univers des personnages. Par contre, les références littéraires seront certainement très éloignées pour le jeune public français, et la résolution des messages codés et autres énigmes sera complexe pour les lecteurs les plus jeunes.

 

Et puis aussi, le titre Enquêtomania que je ne connais pas, mais qui a l’air tout à fait intéressant !

Je n’ai volontairement pas précisé de tranche d’âge, car je pense que pour la plupart de ces titres, le public cible est très large. En effet, le principe de l’enquête, et notamment celle qui s’appuie sur l’image, et d’autant plus qui peut se lire sur une seule double page, peut donner envie à de jeunes lecteurs qui seraient rebutés par tant de texte dans un autre livre, et qui passeront outre la quantité de texte ici. Et à l’inverse, des lecteurs préadolescents par exemple, qui vont chercher peu de texte, ne se sentiront pas du tout dévalorisés et resteront attirés par la thématique. En cela, tous ces livres-jeux peuvent remplir une fonction de livre-passerelles, qui créeront peut-être un déclic et donneront envie de découvrir d’autres livres.

Pour finir, la vitrine de la librairie Obliques à Auxerre, qui prouve si besoin est, l’engouement pour ces thèmes en littérature jeunesse !

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Comment c’est quand on est morts ?

Comment aborder le sujet si délicat de la mort avec les enfants ? Une sélection de titres qui nous a paru pertinente à différents âges.

Certains albums vont servir de support aux questions, pourront inciter aux échanges entres adultes et enfants. Quelques titres à lire lorsque l’enfant est concerné par un deuil, ou lorsqu’il pose des questions sur la mort.

Moi et rien Kitty Crowther Moi_et_rien

L’histoire de Lilas qui s’invente un ami imaginaire qui l’aide à surmonter le deuil de sa mère, et à se confier. Un ami peut-être pas si imaginaire, et qui va en tout cas aider père et fille à se retrouver.

citronCitron, fraise et chocolat de Kochka

Lorsque le papa de Lucas meurt, se mettent en place des petits rituels qui vont aider à apprivoiser la douleur, parmi lesquels les bonbons-baisers avec des goûts différents, ainsi que la goutte d’espoir à distiller dans le café. Une belle manière d’aborder les émotions liés au deuil, et d’admettre que la vie doit continuer malgré tout.

Journal de Mac Lir Jean-François Chabas

Lorsque la mère et la sœur de Mac Lir meurent, son père et lui s’isolent dans une cabane de pêcheurs. Et cet adolescent va devoir gérer le quotidien, porter son père qui s’écroule de désespoir. Il nous livre ses sentiments dans son journal, les ponctuant des rencontres avec un requin et une tortue.

Citons aussi des collections-phare pour aborder des sujets de société, comme les Goûtes philo, avec le titre La vie et la mort, et puis les Max et Lili chez Calligramm avec Grand-père est mort.

Et même s’il ne s’agit pas de littérature jeunesse, un titre qui fait du bien. Car oui, il ne faut pas voir la vie en rose, ni broyer du noir, mais accepter les épreuves de la vie qui font des bleus, et voir la vie en bleu, ce « bleu de travail qu’on doit enfiler chaque matin pour faire du jour qui se lève l’occasion de belles choses ».
La vie en bleu : pourquoi la vie est belle même dans l’épreuve, Martin Steffens, Marabout

Quelques titres à lire en toutes circonstances, pour leur beauté artistique et pour les réflexions qu’ils déclenchent sur le thème de la mort.

albertusAlbertus l’ours au grand large de Laurence Gillot et Thibaut Rassat

Un ours est retrouvé sur l’Albertus, un navire de marchandises, et il appartient forcément à un marin. S’en suit une enquête pour savoir à qui il peut bien appartenir. Attention spoiler : Un point de vue peu traité puisqu’il s’agit ici de la mort d’un enfant, et d’un parent qui se raccroche au doudou de ce dernier. Plein d’émotion, l’album s’ouvre aussi sur une note d’espoir.

5minutes

 

Cinq minutes et des sablés de Stéphane Servant et Irène Bonacina.

Lorsque l’ennui et la routine s’installent chez la petite Vieille, celle-ci décide d’attendre la mort. Mais sa venue crée une animation inhabituelle chez la petite Vieille, qui attire un défilé de personnes curieux, et donnerait envie de continuer à vivre…

Cet album est l’un des rares à aborder la mort de façon sereine, voire humoristique. La petite ritournelle redondante « Cinq minutes de plus ou cinq minutes de moins, quelle importance ? » ainsi que la structure en randonnée en font un bel album qui laissera des traces.

La caresse du papillon de Christian Voltz

Que répondre à un enfant qui demande où est l’être disparu, question épineuse s’il en est ? Papapa trouve une réponse personnelle, où d’après lui le « fantôme » de Mamama veille sur ses proches. A noter sur le thème du même auteur, le titre Vous voulez rire ?.

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