Maison(s)

Réfugions-nous dans quelques maisons de papier pour cette dernière racontée de l’année spéciale « Je lis, tu dessines ». L’après-midi sera consacrée à la fabrication de maisons diverses et variées à partir d’enveloppes telle que le blog de Maman Nougatine nous l’avait inspiré ici.

La racontée en détails:

Rien du tout, Julien Billaudeau, Grains de sel, 2016

Au début, il n’y avait rien. Rien du tout. Bien sûr, ici ou là, il y avait quelques arbres. Mais ce n’était presque rien… Jusqu’à l’arrivée de Monsieur C. …

 

La clé sous la porte, Julia Chausson, A pas de loups, 2018

C’est armée de mon trousseau de clés merveilleux que nous ouvrons ce livre-jeu pour une enquête au royaume des contes de fées. L’idée de Julia Chausson a été de mêler de mystérieuses petites annonces à ses gravures enchanteresses. Mais à qui peuvent bien appartenir ces étranges clés d’un temps passé?

 

Voici notre maison, Fiep Westendorp, Albin Michel Jeunesse, 2016

Pour cet album aux phrases minimalistes, nous vous proposons une lecture bruitée dont les sons ont été piochés sur le site de la sonothèque. L’héroïne chemine de page en pièce et un son particulier l’accompagne en complétant le récit textuel lors de la visite de sa maison. Voici les liens vers notre sélection sonore:

Porte d’entrée qui grince

Cuisine

Cheminée du salon

Verre cassé

Oiseaux

Chasse d’eau

Ronflements

Miaulements

Train électrique

Horloge

RDV sur notre compte Instagram pour découvrir une vidéo de cette lecture bruitée 😉

 

Les voisins, Einat Tsarfati, Cambourakis, 2017

L’artiste dévoile les vies inventées des familles de voisins de l’immeuble habité par une petite fille à l’imagination débordante. Chaque page ouvre ainsi la porte d’un appartement différent, dévoilant les vies cachées des divers étages de l’immeuble. Titillant la curiosité de chacun, cette histoire cultive l’imaginaire tout en rappelant joyeusement la nécessité d’une bienveillance et d’une tolérance face aux mœurs des uns et des autres.

 

La maison des bisous, Claudia Bielinsky, Casterman, 2017

Voici un petit ours en quête de bisous. Tu veux l’aider à chercher qui voudra bien l’embrasser ? Pour cela ouvre la porte, soulève les couettes et les tapis, écarte les rideaux, regarde dans les placards… et fais plein de rencontres surprenantes et rigolotes. Bienvenue dans la maison des bisous ! Des flaps à soulever pour entamer une chouette collection de bisous : bisou prout de mammouth, bisou de crapaud vilain pas beau, bisous de fourmis guilis guilis…

Qui fonctionne aussi bien avec les tout-petits qu’avec des plus grands 😛

 

Belle maison, Anaïs Brunet, Sarbacane, 2017

L’été est là. La narratrice, somnolante, est soudain réveillée par le bruit d’une clé fourrageant dans sa serrure : ses chers enfants sont revenus ! Comme on le découvre aussitôt, cet être sensible, impatient des jeux qui s’annoncent, est une maison de famille au charme suranné, édifiée au bord de la mer. Douée de raison et de la force d’aimer, elle vibre et s’émerveille…

 

Une maison pour quatre, Gilles Bizouerne, Elodie Balandras, Syros, 2015

Tigre, Eléphant, Serpent et Hibou se rencontrent un jour et ont une drôle d’idée : « Et si on construisait une maison ? » En utilisant les capacités de chacun, les quatre animaux construisent une pièce avec les moyens du bord. Mais la nuit leur réserve bien des surprises…

 

On déménage, Alice Brière-Haquet, Barroux, Little Urban, 2016

À vendre petite maison qui renferme les heureux moments partagés avec Papa, Maman, mon grand frère et moi… Un texte génial d’Alice Brière-Haquet conçu comme une petite annonce immobilière mêlé au graphisme tendre et coloré de Barroux pour appréhender un déménagement en douceur.

 

Grandimage « Chez Mémé », Cécile Gambini, La maison est en carton, 2011

Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011

Lire le texte de Cécile Gambini sur le paravent puis écouter le « Final » tiré du Carnaval des animaux pour illustrer en musique la recherche des détails de la Grandimage préalablement distribués aux enfants.

Nous avons clos le projet 2018-2019 par un goûter où les parents furent conviés à la bibliothèque afin de découvrir l’exposition de toutes les productions ainsi que les sélections de livres thématiques.

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Au coeur de la nuit

Pour cette nouvelle séance de « Je lis, tu dessines », nous voilà réunis autour d’un feu de camp réalisé en papier d’après des visuels glanés sur la toile pour se croire au cœur de la nuit, le temps d’une veillée contée, et non en plein jour à la bibliothèque!

La racontée en détails:

Nuit de rêve, Laurent Moreau, Actes sud Junior, 2012

Ecouter « L’aquarium » tirée du Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011 pour illustrer en musique cet album sans texte

Lancer le son des grillons la nuit pendant la suite de la racontée

 

Bonne nuit Monsieur Renard, Kathrin Schärer, Âne bâté, 2009

 

Le petit chaperon rouge, Clémentine Sourdais, Hélium, coll. « Contes en accordéon », 2012

Lecture tout en ombres chinoises avec une lampe, l’idéal étant de pouvoir créer de la pénombre pour la racontée

 

Dix cochons sous la lune, Lindsay Lee Johnson, Carll Cneut, La Joie de lire, 2011

Mettre en musique la lecture de certaines pages à l’aide d’une sanza

 

Que fait la lune la nuit ?, Anne Herbauts, Casterman, 1998

 

Bonne nuit, Charlotte Zolotow, Bobri, BNF/Albin Michel Jeunesse, 2015

 

Mais que font les parents la nuit ? Thierry Lenain, Barroux, Little Urban, 2017

 

Du bruit sous le lit, Mathis, Ed. Thierry Magnier, 2004

 

La bête de mon jardin, Gauthier David, Samuel Ribeyron, Seuil Jeunesse, 2017

 

Nous avons rendez-vous, Marie Dorléans, Seuil Jeunesse, 2018

 

Quelques pistes d’activités plastiques & prolongements :

Le centre de loisirs a choisi de faire des dessins sur des feuilles noires à l’aide de craies grasses et  de représenter la nuit étoilée, la lune, des feux d’artifices mais aussi des bulles et bien d’autres choses tout droit sorties de l’imagination des enfants…

 

D’après Promenade de nuit, Lizi Boyd, Albin Michel Jeunesse (épuisé à ce jour)

Sur une feuille noire, on colle un rayon de lumière réalisé avec un morceau de papier blanc et on créé son paysage aux crayons de couleur et à la craie, c’était la belle proposition du blog Bavard’âge.

 

Pourquoi ne pas fabriquer des cartes à gratter? Cela peut faire l’objet d’une séance en amont de la racontée par exemple. De nombreux tutos sont disponibles sur le net ou bien une quantité de modèles est en vente dans le commerce.

 

Si vous avez du temps, songez à vous procurer de la peinture phosphorescente et/ou fluorescente. Voilà ici un article expliquant simplement la différence entre les deux procédés souvent confondus et précisant une sélection de produits et marques s’y rapportant.

Vous pourrez alors immerger les enfants dans une pièce éclairée par une ampoule ultraviolette aussi appelée « lumière noire » pour la séance de peinture ou fabriquer une boîte dans laquelle vous placerez la source lumineuse UV afin que le groupe observe leurs illustrations apparaître…

De nombreuses propositions sont répertoriées sur le net à l’instar de celle de cette maman qui a conçu une séance pour le bain! Son article ici.

 

Pour prolonger le plaisir du fluo et du phosporescent, vous pouvez aussi organiser un temps de lecture dans le noir munis d’une lampe UV avec des livres tels que…hep hep hep! ça fera l’objet d’un prochain post avec une sélection lumineuse!

 

 

 

Sélection de Noël, les romans

Les contes de Petit Duc

 

Les contes de Petit Duc, de Jérémy Fischer et Jean-Baptiste Labrune, ed. Magnani, 25,90€.

Alors là ! Mais alors là, nul doute qu’on tient là une merveille que personne ne va remarquer et ça va m’énerver. Je ne vous fais pas l’éloge de la couverture, vous voyez vous-même comme elle en jette. Et l’histoire, et bien l’histoire, elle est universelle, intemporelle, intelligente. C’est un livre dont on fait ce qu’on veut ! On le lit comme un conte aux plus jeunes qui s’amuseront des noms improbables et foufous des peuples qui sont les héros de l’histoire. Certes vous galèrerez un peu à les lire mais quelle joie quand on y parvient. Si vous butez sur ces patronymes imprononçables, refilez le bouquin à un enfant qui lit tout seul et je ne doute pas qu’il s’en emparera. Au pire, il y aura bien un adulte dans le coin qui se dira : mais c’est quoi ce livre avec de si belles couleurs ? Un roman illustré pour tous, qui fait sautiller de joie par ses sublimes illustrations et son propos fort malin !

Véronique Ovaldé et Joann Sfar - A cause de la vie.

A cause de la vie, Joann Sfar et Véronique Ovaldé, ed. J’ai Lu, 7,90€.

Voilà donc un livre dont on ne sait si c’est une BD, un roman graphique ou allez savoir quoi encore. Et quelle importance ? Quand on est à ce point pris dans le tourbillon de l’histoire et happé par la beauté des mots, plus rien d’autre ne compte que le plaisir de lire.
Un magnifique roman avec la taille d’une BD et des dessins de Sfar dedans ! Et un peu de Perec et d’Amélie Poulain. Énorme coup de cœur que j’ai serré dans mes bras en le terminant.

Dès 11-12 ans. existe aussi en grand format chez Flammarion.

Malika Ferdjoukh - Broadway Limited Tome 2 : Un shim sham avec Fred Astaire.

Broadway limited t2, un shim-sham avec Fred Astaire, de Malika Ferdjoukh, ed. Ecole des loisirs, 18,50€.

Je ne sais pas si c’est flatteur mais ce roman c’est l’équivalent d’une bouillotte en plein hiver dans une chambre humide. Je peinerai à décrire la joie de retrouver toute la maisonnée dans ce tome 2 ! Probablement le livre « jeunesse » que j’attendais le plus ces dernières années. Et il est là, il ne déçoit pas. Malika Ferdjoukh est toujours la reine de la littérature pour ados, elle sait comme personnes trouver les formules qui font mouche et les métaphores qui sonnent dans nos têtes. Encore un grand roman, à faire lire à tous les adultes.

Ados/adultes.

Jefferson. Jean-Claude Mourlevat. Gallimard jeunesse, 2018. 13, 50 € – à partir de 9/10 ans

Comme souvent, je n’ai rien à redire sur le choix de la thématique, l’écriture, l’angle d’attaque, le style et la vivacité de cet auteur. Dans « Jefferson« , il revisite « La Ferme des animaux » en quelque sorte et nous propose un monde dans lequel les animaux parlent, réfléchissent, aiment, lisent… et dans lequel un crime est commis. Jefferson, notre héros, un hérisson très élégant et intelligent, va être accusé à tort du meurtre et va décider, avec son meilleur ami Gilbert le Cochon, de se rendre chez les humains, persuadé que s’y trouve l’énigme de cette drôle d’histoire. Ce qu’il va découvrir, dépassera bien-entendu son imagination. Une fine sensibilisation à la cause et maltraitance animale. Comme dirait l’Autre, de temps en temps simplement se placer de l’Autre côté…

L’archipel, T1 et 2. Bertrand Puard. Casterman, 2018. 16 € – dès 12-13 ans

C’est une première lecture de cet auteur, en ce qui me concerne, car je n’avais pas du tout lu la série des « Effacés« . Yann et Sacha se ressemblent comme des frères, à tel point que l’un – recherché par la police – s’appropriera l’identité de l’autre, retrouvé enfermé dans une prison (la fameuse Archipel) pour expier des fautes qu’il n’a pas du tout commis. Un récit polyphonique, un rythme soutenu, des rebondissements, de grands mystères (ben oui, pourquoi se ressemblent-ils tellement ??) et des ados qui en ont assez d’être manipulés. Bref, un bon roman d’espionnage et d’aventures. On voyage, on voyage…  Le tome 3 ne devrait tarder. Pour les amateurs de suspense.

Sauveur & fils, T4. Marie-Aude Murail. Ecole des loisirs, 2018. 17 €. À partir de 13 ans. 

Même si sa parution date un peu (janvier 2018), ça me paraît une excellente idée de cadeau pour poursuivre cette aventure littéraire avec Sauveur, son fils Lazare et tous les personnages rencontrés dans son cabinet de psychologie auxquels, tome après tome, on a fini par beaucoup s’attacher. Marie-Aude Murail a bien ce talent de nous raconter des histoires comme si on écoutait – au coin du feu (c’est mieux !) – les confidences et vies de nos voisins, de nos copains, de notre entourage… Une truculente familiarité. Et pas que de la bobologie.

J’ai suivi un nuage. Maëlle Fierpied. Ecole des loisirs, 2018. 12,50 € – À partir de 9-10 ans.

Mon réel coup de coeur de cette année ! Le sujet très particulier – la maladie psychologique – en fait un de ces romans qui encouragent à discuter, échanger pour mieux comprendre. Mais pas d’inquiétude, la thématique est finement amenée et le point de vue de l’enfant rend le sujet plus lisible et touchant. Beaucoup de tolérance et d’amour pour sa maman ! D’ailleurs, comment ne pas penser au roman d’Olivier Bourdeaut « En attendant M. Bojangles », en le lisant. Des romans qui changent profondément notre façon de voir (juger) les « dérangeantes » choses de la vie.

Marie-Curie

Marie Curie. Isabel Thomas ; A. Weckmann. Gallimard jeunesse, 2018. (Coll. Les Grandes vies). 9,90 €. À partir de 8 ans.

Ce « petit » documentaire se lit tout comme un roman, et explique simplement – avec des termes très accessibles – les origines, l’histoire et les grandes recherches et découvertes de Marie Curie. Les illustrations, au peps incontesté, appuient le propos, l’égayent mais aident aussi à la compréhension. À dispo. également dans cette collection, Nelson Mandela, Frida Kahlo, Léonard de Vinci. La vulgarisation un peu plus « glamour », nous, on ne dit pas Non !

Sirius, Stéphane Servant, Rouergue, 2017, 16,50€

Sirius, c’est deux enfants, un cochon et de l’espoir! Ce roman de science-fiction nous emmène dans un monde dévasté où plus aucun animal n’a sa place jusqu’au jour où le passé trouble de la planète resurgit. Une seule échappatoire s’impose alors aux jeunes héros: rejoindre la Montagne.

Un roman-pavé initiatique qui provoque une belle et profonde réflexion sur la condition animale et l’impact de l’Homme sur son environnement.

Deux secondes en moins, Marie Colot, Nancy Guilbert, Magnard, 2018, 14,90€

Deux secondes en moins, c’est deux adolescents, un perroquet et beaucoup de musique. Ce roman de vie quotidienne mêlent deux drames très différents mais qui vont réunir nos jeunes protagonistes tous deux passionnés par le piano sous la houlette de leur professeur si lumineux et enthousiasmant.

Une bouffée d’optimisme sous des pages a priori ombragées.

C’est le temps de l’Avent

Il est venu le temps de l’Avent, ces quelques semaines précédent la fête de Noël. Nombreuses sont les familles à utiliser un calendrier pour marquer le décompte jusqu’au 24 décembre. Quelques propositions autour des histoires pour les tout-petits et pour les plus grands.

revue Pomme d’api, n°634 Décembre 2018, 5,95€, dès 3 ans

Cette année encore, Pomme d’api offre un calendrier de l’Avent à ses petits lecteurs sans colle ni ciseaux, où tout est prêt à l’emploi. Il ne reste plus qu’à ouvrir chaque soir la fenêtre de papier qui renvoie à une belle et brève histoire tournée vers un animal différent au fil des jours: hérisson, ours, renard, chouette, blaireau…

Quelle aubaine pour nous qui souhaitions confectionner de nos petits mains un calendrier inspiré de leur modèle de Décembre 2016 autour des bisous animaux. Nous allons ainsi pouvoir mêler les deux en collant simplement à l’intérieur de chaque fenêtre la consigne associée. Une petite photo de notre complément viendra préciser tout ça d’ici la fin du mois 😉

Mon merveilleux sapin de l’Avent, Camille Garoche, Casterman, 2018, 24,95€, dès 2 ans

Chaque jour de décembre, c’est la découverte d’un conte, d’un poème ou d’un chant de Noël – tels que les fameux Michka, « Petit Papa Noël », « Vive le vent », Le Bonhomme de pain d’épice, Casse-Noisette, « Mon beau sapin » mais aussi des légendes méconnues telles que L’ours de Dovrefjell, Rikiki, Le Tomten, Les lutins – puis la recherche de la décoration habilement cachée dans l’illustration de la page et l’accroche sur le sapin de papier à l’aide des fentes discrètes.

Superbe proposition toute en finesse de Camille Garoche dont les illustrations nous plongent délicatement dans l’ambiance hivernale et festive. Plus les plus grands (enfants), on a irrémédiablement l’envie de se ruer vers les livres présentées en une page et quoi de mieux en cette période que de se retrouver lovés en famille autour de livres?

Mais aussi…


L’énigme du Père Noël, 24 histoires pour attendre Noël, Stéphane Daniel, Nathalie Choux, Hors série musique, Gallimard Jeunesse, 2011, 20,10€, dès 2 ans

Le Père Noël est très embêté. À la veille de sa tournée, il a reçu une lettre anonyme : cette année comme toutes les autres années, il aurait oublié quelqu’un ! Avec l’aide de Troll, son petit lutin, il va tout mettre en œuvre pour trouver cet oublié de Noël. 24 histoires racontées par Pierre Richard et une énigme qui se résoud le 24 décembre…
Un livre-CD à lire et à écouter comme un calendrier de l’avent avec, pour chaque soir, une petite histoire… et une surprise à découvrir !

Le géant de Noël, Magali Bardos, Actes sud, 2016, 4,95€, dès 3 ans

Noël approche, il est temps de se préparer. Roland le Géant enfile alors son long manteau d’hiver… Au fil de sa promenade, il trouve de drôles d’objets et rencontre de nouveaux compagnons qu’il glisse dans ses 24 Poches : une étoile, un bouquet de sapins, des lutins, un pingouin…

24 histoires avant Noël, Sophie Carquain, Jacques Azan, Albin Michel Jeunesse, 2011, 14€

Avec humour et tendresse, Sophie Carquain a tricoté 24 savoureuses histoires de Noël pour enfants curieux. En attendant Noël, ils découvriront la fausse-vraie vie farfelue du Père Noël (avec ses bonheurs et ses colères, ses espoirs et ses doutes, ses premières tournées, ses vacances au soleil…), les lutins et les lutines qui fabriquent les jouets, et rencontreront même la fée Carabosse et le père Fouettard !

Tablier d’automne

Pour la trame de ma racontine de saison autour de quelques-uns des symboles de l’automne, j’ai sorti mon tablier multi-poches. Cette séance s’adressant aux tout-petits, elle mêle donc lectures, chansons, jeux de doigts et accessoires qu’ils peuvent manipuler à l’issue des histoires.

Chaque poche cache un petit élément qui appelle un livre, une chanson ou un jeu de doigt au choix.J’aime alterner les formes pour capter l’attention du public. Les différentes composantes sont modifiables au gré des envies, en fonction de l’âge des enfants et/ou de leur attention le jour J mais aussi des histoires qu’on a (ou pas) sous le coude. Voici la sélection de l’édition 2018:

  • une marionnette à doigt représentant un animal de la forêt:

-une chouette: livre Un peu perdu, Chris Haughton, Ed. Thierry Magnier

-un renard: chanson « J’ai vu le loup, le renard et la belette »

-un cerf: livre Dans sa maison, un grand cerf, Jutta Bauer, L’école des loisirs

-une souris: chanson « Les souris multicolores »

-un lapin: chanson « Mon petit lapin (s’est sauvé dans le jardin) »

-un blaireau: livre Le petit bonhomme des bois, Pierre Delye, Martine Bourre, Didier Jeunesse

-un écureuil: livre-marionnette Petit écureuil, Hélène Chetaud, Casterman

  • une figurine en tissu représentant un aliment

– un fruit ici la pomme (on peut aussi mettre en avant certains légumes d’automne): livre Pomme, pomme, pomme, Corinne Dreyfuss, Ed. Thierry Magnier

-un champignon: chanson « J’ai ramassé des champignons »

  • un vrai élément ramassé en balade comme

-une coquille d’escargot: livre Escargot rêve, Béatrice Fontanel, Céline Caneparo, Sarbacane

-une feuille morte: livre Le vent m’a pris, Rascal, Pastel

-un fruit, ici la noisette (mais il y a aussi le marron, la noix…)


Pour cette poche, j’ai revisité l’album La noisette d’Eric Battut chez Didier Jeunesse d’après l’idée soufflée par une internaute (Merci Estelle pour ne pas te nommer si tu passes par là 😉 ) qui s’était elle-même inspirée de cette vidéo:

Dans ma version, j’utilise des figurines en bois tirées du set de 9 petits animaux de la forêt de la marque Le Toy Van (qui comprend au total renard, ours, écureuil, lapin, tortue, souris, faon, hérisson et dont je vous reparlerai à l’occasion!).

J’ai choisi de représenter la noisette sur un cube en bois comme dans les propositions des copines et le petit ver de terre qui sort à la fin du récit est dissimulé grâce à du papier adhésif transparent (de la marque Filmolux, un des fournisseurs professionnels en bibliothèque) scotché sur l’une des faces. Pour la racontée, j’ai préféré ne pas faire sauter les animaux (cubes ou figurines) mais plutôt frapper sur mes cuisses avec mes mains invitant ainsi le groupe d’enfants à m’imiter; succès garanti! Les petits tapent et répètent ainsi de plus en plus fort au fil de l’histoire la phrase-refrain « ils sautent sur la noisette ».

 

La vie en noir et blanc

Parce que les premiers livres qu’on offre à découvrir aux tout-petits sont des ouvrages en noir et blanc (car on rappelle que leur vision en développement perçoit au début les contrastes), voici une petite sélection de parutions récentes.

Mon livre-mobile en noir et blanc, Sunny Kim, Albin Michel Jeunesse, 2016

Ce livre-mobile est idéal pour stimuler le nouveau-né. On déploie le livre accordéon autour de bébé: les parties mobiles attisent la curiosité et la capacité de concentration, les images en noir et blanc développent la vision, le recto présentant des formes géométriques et le verso des animaux éveillent au monde qui l’entoure. Léger, à un prix abordable (8€50), c’est un livre qu’on pourra montrer souvent à son petit car on peut facilement prolonger la complicité en y associant des comptines à l’image du titre suivant…

A noter, dans la même série: Mon livre-mobile de toutes les couleurs

 

Petit chat et ses amis, Surya Sajnani, Casterman, 2017

Chat, chien, raton-laveur, lapin, chouette et abeille se succèdent sur le recto de ce livre accordéon, en tissu cette fois. Avant que le bébé puisse manipuler l’objet par lui-même, il est intéressant de le proposer à regarder lorsque le tout-petit est sur son tapis d’éveil, à plat dos tantôt sur son côté gauche, tantôt sur son côté droit et en position à plat ventre, face à lui.

Pour créer du lien avec son enfant, rien de mieux que de lui « lire » le livre lorsqu’il est dans vos bras, sur vos genoux, en vous plaçant à ses côtés sur le tapis d’éveil… Mais on peut se trouver désarçonné(e) de lire un livre à un si petit, un livre en tissu sans texte qui plus est… Quelques pistes pour vous approprier l’ouvrage et donner vie aux pages: imiter le cri de l’animal, prénommer l’animal/accoler un adjectif, un verbe ou une couleur à l’animal en créant une rime pour jouer avec les sonorités de la langue etc. Prenons l’exemple de notre abeille: bzzzz bzzz bzz, elle bourdonne/elle vrombit, salut Mireille, la vieille abeille qui veille/sommeille/balaie, petite abeille vermeille! On peut également chanter une comptine, exécuter un jeu de doigt, réciter un poème, un haïku, une fable, un couplet de chanson, un texte bref qui vous plaît en somme et associé à l’animal. De même qu’un peu plus tard, vous pourrez poursuivre la démonstration du livre par la lecture d’un album ayant l’animal comme personnage principal.

« Voici une ruche,

Mais les abeilles, 

Où sont-elles?

Elles sont cachées au fond de la ruche, 

Et elles vont sortir une à une:

1,2,3,4,5! »

A noter, dans la même série: Petit ours et ses amis (autour des animaux sauvages)

Safari, Surya Sajnani, Casterman, 2017

Safari, c’est un imagier cache-cache conçu pour initier les petites mains aux puzzles explique l’éditeur. Page de gauche, une devinette et page de droite, l’animal représenté. Le « puzzle » consiste plutôt en un système de trois glissières permettant de (dé)former la silhouette animale. Pour les petits yeux les plus alertes, des paires de petites bêtes se sont cachées derrière les glissières: papillons, abeilles, coccinelles et escargots. Ce tout-carton costaud est parfait pour apprendre à manipuler l’objet-livre et travailler la motricité fine.

A noter, dans la même série: Animaux (autour des animaux domestiques)

Si comme moi vous avez aimé le coup de crayon de Surya Sajnani, qui a crée Petit chat et ses amis et Safari, allez fureter du côté de la Wee Gallery qu’elle a fondé avec son mari enseignant à la naissance de leur premier enfant. Vous y découvrirez ses publications en anglais, des jouets, des cartes, des couvertures, des oreillers, des mobiles, des céramiques, tout pour enrichir l’univers de bébé…en noir et blanc bien-sûr!

Le chat, Céline Lamour-Crochet, Editions Mouck, 2016

Enfin, pour clore cette sélection, un petit récit tout simple mais efficace. Avec les quatre lettres du mot « chat », Céline Lamour-Crochet fait un calligramme et même d’autres dessins qui racontent une histoire. Super original et créatif! Les éditions Mouck étoffe ainsi leur catalogue avec une collection destinée aux 0-4 ans baptisée « Petit Ly »; des parutions à suivre!

A noter, dans la même série: Le chien

BD 2017 : séance de rattrapage.

Oh la la ! Il y a tant de bandes dessinées dont je n’ai pas eu le temps de vous parler !

J’ai rencontré des héros et héroïnes à vous faire vibrer des jours entiers ! Ils s’appellent Momo, Chaussette, Dagobert, Merlin, Verte, Félix, La fouine, Calliope, Sucre de pastèque, Eugène, Ursule, Anastabotte… J’ignore pourquoi ils ont tous des noms originaux ou qui étaient démodés avant mais qui reviennent en force. Ceux qui ont des noms d’animaux en sont vraiment, rassurez-vous. Ceux qui portent des noms de vêtements ne sont pas des habits pour autant…

sfar

21,90€ ed. Flammarion.

Commençons par celui qui n’est pas franchement une bande-dessinée : A cause de la vie de Véronique Ovaldé au dessin et Joann Sfar au texte (une bien piètre blague s’est dissimulée dans cette phrase). Personnellement chaque fois que j’ai montré ce livre à un client, il m’a dit « Ah, mais oui, ils sont passés à La grande librairie ; ils avaient l’air si complices ! ». J’ai donc été chaque fois bien aidée puisque apparemment les deux zigotos ont sacrément fait le show.  Et mon boulot avec. Va peut-être falloir que je finisse par regarder ce replay par ailleurs.

C’est donc l’histoire d’une jeune ado qui elle aussi a un nom qui était à la mode avant (mais qui n’a pas fait de revival depuis et que je ne citerai pas pour ne vexer aucune Nathalie lectrice). Elle décide donc de  se faire appeler « Sucre de pastèque », ce que je trouve nettement moins joli et facile à porter. En même temps on est dans le bon timing popularité du prénom car on est dans les 80’s. Tout ce paragraphe ne sert donc à rien.

Elle aime exagérer, se plumer les cheveux, piquer du rouge à lèvres en cachette, écouter les Smiths (en lien une de leur chanson que j’adore et qui existe en version revue et corrigée par Ebony Bones). Elle attend le prince charmant en se prélassant dans son vieil appartement. DING DONG ! Le voilà, tout chétif et craintif. Début d’une folle et belle histoire d’amitié entre deux gamins du même immeuble qui réinventent une façon d’être amis en se voyant à peine, à grands renforts d’ingéniosité.

Un livre inclassable pour tous les publics qui aiment les histoires touchantes et farfelues. Avec de jolies illustrations de Joann Sfar et un texte minutieux, malicieux, généreux de Véronique Ovaldé. Immense coup de cœur. Je l’ai serré dans mes bras quand je l’ai fini. C’est dire si je l’ai aimé.

verte

14,00 €, ed. Rue de Sèvres.

Elles vous sont certainement familières. Verte, Ursule et Anastabotte sont 3 sorcières de la littérature jeunesse nées sous la plume de Marie Desplechin dont les aventures sont parues en roman sous les titres Verte, Pome et Mauve. Il y a fort à parier qu’il y aura 3 BD aussi… Dans cette adaptation fort fidèle au roman, je n’ai donc pas été déçue du tout de retrouver ces trois générations de nanas. Des personnages pétillants, une magie inoffensive ou bienfaitrice et surtout, surtout cette bonne idée de proposer à Magali Le Huche d’illustrer cet album. Le résultat est pimpant comme tout, joliment coloré et plein de motifs mimis comme tout ! Alors c’est un grand oui pour cet album !

 

momo

16 €, ed. Casterman.

Momo… ah, Momo ! Lisez Momo, je vous en conjure ou je démissionne ! Car tant de beauté et de subtilité ne peuvent passer inaperçues et méritent bien un caprice de libraire. Moi aussi je peux taper des pieds dans les rayons en chouinant.

A l’illustration : Rony Hotin, subtile combinaison de Miyazaki et Vivès (y a pire, non ?) nous emporte loin, très loin dans l’émerveillement. Le scénario de Jonathan Garnier nous fait faire le yoyo des émotions, le grand huit des sentiments. C’est certainement l’une des plus belles et tristes histoires d’enfance que je connaisse. Et moi j’adore chialer et rire en même temps alors je me mets à soupçonner que messieurs Hotin et Garnier aient écrit ce livre pour moi (mais ça devient n’importe quoi).

Sublime et aux avis unanimes (du moins parmi mes collègues et tous ceux qui l’ont lu).

Officiellement pour enfants, mais franchement on s’en tape et on l’offre à tous ceux qui aiment la BD.

bambou

12,00€, ed. Rue de Sèvres.

Allez, hauts les cœurs ! Une histoire positive, pleine d’espoir pour le futur et la nature…

Une forêt de bambou se meurt. Et oui ! C’est triste,  mais c’est comme ça (que commence l’histoire en tout cas, parce qu’après je vais encore passer pour celle qui n’aime ni les animaux, ni la nature, ni les gosses etc.)

Il suffit de regarder la couverture pour être les pupilles toutes écarquillées par la splendeur de l’illustration, par le choix des couleurs et les attitudes et expressions des personnages.

Animaux et humains vont s’unir afin de sauver la forêt dont les bambous disparaissent les uns après les autres. Une très jolie histoire de Richard Marazano auteur d’un certain nombre de mes séries chouchoutes, notamment pour la jeunesse Yin et le dragon, Le monde de Milo, Le rêve du papillon, etc.

J’ai été vraiment émue à la lecture de cette BD et ne regrette pas un instant cette dangereuse balade en forêt.

chaussette

10,95€, ed. Delcourt.

Loïc Clément et Anne Montel, auteurs d’un de mes chouchous : Le temps des mitaines, poursuivent leur singulière œuvre qui ne ressemble à nulle autre parmi les BD jeunesse. Si j’hésite à utiliser l’adjectif mignonne à l’encontre de leur œuvre, c’est qu’on peut parfois l’associer à « cul-cul ». Et aussi parce que finalement ce n’est certainement pas assez flatteur pour refléter l’esprit de leurs albums. Que dire alors ? Des livres coquets, délicats, croquignolets, ravissants, aux teintes subtiles plus que de raison (le boulot d’Anne) et aux histoires tantôt intrigantes : Le temps des mitaines T1 se lit comme une enquête policière, tantôt engagées comme dans Le temps des mitaines t2 dans lequel les personnages prennent conscience de plein de choses de grands.

Mais toujours et avant tout profondément humaines et attentives aux autres. C’est une des choses que j’aime chez eux, on sent qu’ils aiment les gens et aussi qu’ils ne veulent pas prendre les enfants pour des imbéciles.

Dans Chaussette, une amitié discrète prend forme entre un petit garçon à la curiosité aiguisée et sa vieille dame de voisine. Un joli duo s’amorce au fil des pages. On déambule avec la « vieille » Chaussette et son chien Dagobert dans une ville pleine de couleurs pastel et de vie. On s’y sent bien dans ce quartier !

Et en prime, ça fera plaisir à ma cliente orthophoniste d’hier qui voulait que je fasse passer ce message aux éditeurs : « Imprimez vos livres en écriture attachée et pas en majuscules ». Parce que c’est vrai que la belle écriture d’Anne est quand même plus jolie. Et si ça peut aider les enfants en difficulté de lecture, je relaye ce message avec plaisir.

voleur

10,95€, ed. Delcourt.

« Portés par une joie immense, nos deux amoureux mirent fin à leur quête dans un festival de scintillements… »

A vos souhaits ! Si Félix est dans le coin lorsque vous éternuez, méfiez-vous ! Il pourrait bien vous piquer votre souhait pour le mettre en bocal… Une idée de Loïc Clément (oui, le même qu’au-dessus) qui s’offre ici une parenthèse en compagnie de Bertrand Gatignol. Changement radical d’illustration donc pour cette histoire. Gatignol dont je trouve le travail admirable, me fait toutefois d’habitude un peu peur parce qu’il aime bien les ogres, les marmites et les nonosses à ronger. Malgré tout, j’ai ouvert cet album avec grand enthousiasme parce que je me suis dit qu’il n’allait quand même pas infliger des trucs pareils aux gosses. Par ailleurs connaissez-vous Pistouvi ? Soit dit en passant…

pistouvi

L’alliance de ces deux talents Clément + Gatignol, c’est le combo magique ! Moderne, inventif, avec une fin en feux d’artifices, cet album est une pépite.

Les aventures de Félix le collectionneur de souhaits et de Calliope qu’on dirait sortie tout droit de la Grèce antique, sont fabuleuses et émouvantes. Dans un monde où il n’y a qu’eux qui compte, ils errent à la recherche de leurs désirs les plus chers dans un Paris à la fois réel et qui pourtant semble étrangement imaginaire. En vain.

Et nous on a la larme à l’oeil de tant de poésie et de beauté.

Les bonus à la fin ont un intérêt certain pour tous les curieux de l’édition. Les secrets de la création de l’album, les négociations avec l’éditeur, les arguments des uns et des autres offrent une belle conclusion à ce magnifique Voleur de souhaits.

 

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Sachez que ça me tue de ne pas vous parler du prochain Bastien Vivès qui sort début mai que j’ai dévoré d’une traite et que je ne fais qu’y penser depuis… Mais franchement, vous mettre l’eau à la bouche pour un livre pas encore paru, ça se fait trop pas.

Une autre fois !

soeur