« Dis-moi Doudou », dis-donc

Oui habituée à mes « petits » jeux de mots falots (courez ouvrir vos dictionnaires… ;-)), je commencerai ainsi ce post qui est pourtant tout ce qu’il y a des plus sérieux. Malgré les apparences… Il s’agit en fait d’une info-expo.

Nous vous avions déjà parlé et fait la promotion de ce musée national de l’Éducation qui se trouve à Rouen (joyeux seinomarins). Au sein de sa programmation des animations culturelles début 2014, j’y ai repéré pour vous cette exposition intitulée donc « Dis-moi Doudou » sur laquelle l’organisateur nous apprend ceci : « Élimés, câlinés, rapiécés, les doudous (jouets, peluches, poupées, tissus…) sont attachés à l’enfance. La photographe Chantal Thomine Desmazures a souhaité photographier ces reliques, où lapins, ours, grenouilles et autres animaux en tout genre s’offrent à notre regard et sont porteurs d’une histoire intime et universelle« . Rattachés à cette exposition, les futurs visiteurs pourront également profiter d’albums jeunesse, de planches et de jouets de la collection ayant pour point commun la « doudounerie » (euh… évitez le dictionnaire cette fois-ci).

Expo_Doudou

Wahou, un Beau doudou…

Au-delà de nous replonger direct en enfance – pour ma part, que mon beau et gros Barbapapa me manque … soupir – c’est aussi une exposition qui met l’accent sur l’un des objets les plus emblématiques de la petite et tendre enfance et donc l’un aussi des plus porteurs, moteurs, inspirateurs… de nombreux ouvrages destinés à la jeunesse. Emi lit en novembre dernier vous avez déjà proposé un passionnant article sur ce sujet, par ici : https://ouvrelivres.wordpress.com/?s=doudou&submit=Recherche

Pour compléter celui-ci, elle vous propose à l’occasion de rajouter un titre « Nos beaux doudous » d’Ilya GREEN et Stéphane SERVANT chez Didier jeunesse.

Pour revenir à l’exposition, elle est accompagnée de nombreuses animations que je peux vous dévoiler ici – maintenant. Elles intéresseront assurément les petits mais aussi les « grands » enfants… :

samedi 19 avril à 16h ET jeudi 22 mai à 17h30 : « Mon doudou et moi, doudous-émois » pour raconter et partager les souvenirs d’enfance doudouesques et/ou échanger entre professionnels de la petite enfance autour du rôle transitionnel, émotionnel de l’objet chéri

mercredi 30 avril à 14h30 ET mercredi 21 mai à 14h30 : « Dessine-moi un (ton) doudou » qui propose après la lecture de quelques histoires, de prendre crayons et stylos pour crayonner les doudous de nos rêves

dimanche 20 avril à 15h ET dimanche 25 mai à 15h : « Dis-moi Doudou : visite contée » comme son nom l’indique

samedi 19 avril à 15h ET samedi 17 mai à 15h et à 16h30 : « Visite guidée de l’exposition »

samedi 19 avril de 10h à 12h : « Création de doudous » avec la créatrice « Menthe Poivrée » pour parents et enfants

samedi 17 mai à partir de 19h : « La Nuit des doudous », contes et visites décalées (départs 20h et 21h30) avec lampes frontales… pour des « frissons assurés » – J’espère qu’on pourra ramener son doudou… histoire de se réconforter !

Le site Internet du musée : http://www.cndp.fr/musee/

Ne soyez donc pas fous, et courez vous faire doudouner…

peluche-geante-barbapapa-ou-barbamama

J’espère que vous me pardonnerez… je n’ai pas pu m’en empêcher ! Désolée, désolée, désolée…

Bibliothèque idéale antidéprime hivernale

Si les enfants sont épargnés par LA « déprime hivernale » dont nous, pauvres adultes, sommes si régulièrement touchés, il me semble que cela est bien lié aux merveilleuses pages et images qu’ils ont entre leurs mains, -ou alors merci à leurs parents les cajolant, ou bien c’est qu’ils ont reçu des cadeaux de fous à Noël, ou qu’ils ont réussi un nouveau niveau d’un jeu quelconque, ou qu’ils ont reçu un sourire d’une adorable rouquine, ou d’un angelot châtain, ou bien même qu’ils ont eu droit à leurs tartines de N*****a dominicales… mais cela nous éloignerait de notre sujet, les livres.

Clouée au lit par une bête et méchante Sinusite (on pourrait presque donner ce nom à un personnage monstrueux d’albums), ne supportant ni sons ni luminosité,  je me suis entourée de fidèles doudous littéraires présents dans ma bibliothèque… et plus précisément dans ma section jeunesse pour toucher du bout des lèvres la joie de vivre des bambins et j’en suis arrivée à ce palmarès de livres « seulement » réconfortants, souriants, apaisants, dépaysants…. (le « seulement » c’est parce que Sinusite n’est mise K-O que par antibiotiques):

-Par ordre décroissant, ça fait durer le suspens-

10- Elmer l’éléphant de David Mckee (Kaléidoscope), pour retrouver ses couleurs et ne plus se sentir comme une pauvre éléphante grise au fond de son lit.

9- De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de W.Holzwarth et W. Elbruch (Milan jeunesse), afin de retrouver son humour (si j’avais eu une gastro il me serait venu deux boutades, mais ce n’est pas le cas. Ouf.)

8- Pan et Chat de AKI parce que… cliquez ici pour comprendre. C’est tellement  aaah et si mmmmhhh…!

7- L’histoire du chat qui boude, de Mohamed Dib (Albin Michel Jeunesse) pour ce conte félin, gourmand, oriental et répétitif. Il donne envie de lire à voix haute, de goûter les mots et de les savourer en les disant, bien que la morale condamne les gourmands non assumés.

6- Le fabuleux voyage de Non-Non et ses amis de Magali Le Huche (Tourbillon) pour les noms loufoques et les multidétails à chercher. Déconseillé en cas de fortes fièvres et myopie intense… mais quel bonheur d’avoir ce livre géant sur les genoux où l’on peut plonger pour suivre de multiples parcours. De l’amitié, de l’entraide, de la folie.

5- Grand Loup et Petit Loup de Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec (Père Castor) parce que ces deux-là sont une pommade au doux parfum de sirop d’érable et ont le goût d’un gâteau au beurre trempé dans du thé. De l’amitié, de la couleur, du baume au cœur.

4- Ma vallée de Claude Ponti (EDL). Se sont certainement mes origines haut-savoyardes qui me font apprécier plus particulièrement cet album de Ponti, mais quand je suis malade j’ai ce puissant élan de nostalgie et cette délicieuse envie de douillet. Exacerbés et calmés par les paysages poético-imaginaires, ce livre est un pur dépaysement quand on ne peut plus sacquer les murs de son salon.

3- Péronille la chevalière de Marie Darrieussecq et Nelly Blumenthal (Albin Michel). Aaah la fièvre et ses coups de sang: rêves psychotico-étranges et autres envies chevaleresques…  le pied dans cet album c’est que mes envies d’amazone guerrière sont assouvies et lorsque je referme les pages je me retrouve avec ce sourire béat de « c’est la fille qui a gagné, nananèèèreuh! » parce que bon, le prince charmant, c’est sympa… mais il est pas né celui qui me fera croire que le repos c’est bon pour moi! Je suis une chevalière.

2Les Histoires Pressées (toute la collection, hein) de Bernard Friot (Milan Poche junior). Je suis une chevalière certes, mais convalescente. J’ai donc besoin de faire la sieste au moins trois fois, d’aller faire pipi 30 fois vu toute l’eau que je bois pour compenser avec ce que la fièvre me fait transpirer… disons que mes journées sont séquencées, tout comme le sont mes pensées, distraites et mon énergie, en dilettante. Mais une nouvelle par-ci, une par-là et HOP! un sourire, un suspens, une chute, un chat, un robot, une lettre, de l’amour, de la SF. Ces recueils sont si variés et riches et vivifiants et drôles que bye-bye la cortisone j’ai trouvé mon nouveau boosteur!

-enfin le tant attendu…-

1- La rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat (Pocket jeunesse) avec un coup de cœur pour le T1 -TOMEK, bien que le T2 soit tout aussi waow. Que dire… en approchant ce livre, il me vient des mots en tête comme désert, parfum de cannelle, forêt noire, amnésie, prairies fleuries, parfumeurs, mots qui réveillent, île secrète, quête, amour paternel et amour naissant. Ce sont les échos de tout ce qui se tisse dans cette aventure imaginaire, poétique et multicolore. Chaque chapitre nous emmène plus loin encore dans la gourmandise des univers littéraires que l’on a envie de découvrir. Laissez tomber luminothérapie, homéopathie, kinésithérapie, mouchoirs, chocolats, et autres ordonnances pour aller mieux: ce livre est un médicament contre tous les maux! Il détrône même les bonbons STOPTOU qui pendant longtemps étaient pour moi le St-Graal du réconfort. Jean-Claude Mourlevat a fait plus fort, parce qu’un bonbon ça fond trop vite et que deux ça fait mal au ventre: cette histoire est, depuis le défi lecture 2001 (où j’étais en 5°7)(oui je sais je suis un bébé), mon nounours, ma Bible, mon câlin, mon coup de cœur littéraire jusque là non détrôné.

Lisa lit ça.