Dans les bouchons

Reprise des racontines à toute allure ou plutôt dans les bouchons avec une thématique sur les véhicules dont voici la trame:

Notre petit rituel pour débuter le temps de la racontée:

Qui se cache dans mon dos,

Ce sont mes p’tites mains coquines

 

Qui se cache dans mes mains,

Ce sont mes p’tits doigts coquins

 

Qui se cache dans ma bouche,

C’est ma langue qui bouge

 

Qui se cache dans mon sac,

Ce sont mes histoires qui roulent…

Jeu de doigts d’intro

1… 2 et 3,

c’est parti !

Cinq doigts voyageurs

Cinq petits doigts qui s’ennuient

S’en vont en voyage.

 

Cinq petits doigts qui s’ennuient

S’en vont cette nuit.

 

Le plus gros part en camion Vroum vroum vroum

Le 2ème part en avion Fffiiiouuuuu

Le 3ème part en auto Tut tuuut

Le 4ème en vélo Dring dring dring

Le petit dernier est parti à pied Petit petat petit petat

 

Livre fil rouge de la séance: Dans les bouchons, Aino-Maija Metsola, Gallimard Jeunesse, 2016

Un livre-puzzle cartonné explique la notion de «devant-derrière» par le biais d’un embouteillage. Il contient 6 pièces  imprimées recto-verso à détacher et à assembler pour former 2 versions du puzzle. Une fois le jeu fini, elles se rangent à l’intérieur du livre.

Nous avons ainsi reproduit l’embouteillage en plaçant les moyens de transports les uns derrière les autres et en associant une histoire, une comptine ou une chanson à chaque entrée.

Tracteur : Livre Le tracteur, Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs, 2012 Peuf peuf peuf !

 

Livre fil rouge

Bus : chanson « Les roues de l’autobus » à mimer/bruiter tous ensemble Teuf teuf teuf !

Les roues de l’autobus
Tournent et tournent,
Tournent et tournent,
Tournent et tournent
Les roues de l’ autobus
Tournent, tournent,
Dans toute la ville

Les portes de l’autobus
S’ouvrent et se ferment,
S’ouvrent et se ferment,
S’ouvrent et se ferment,
Les portes de l’ autobus
S’ouvrent et se ferment,
Dans toute la ville

Les passagers du bus font
Badaboum, badaboum,
Badaboum,
Les passagers de l’autobus font
Badaboum,
Dans toute la ville

Les essuie-glaces du bus font
Swish, swish, swish,
Swish, swish, swish,
Swish, swish, swish,
Les essuie-glaces de l’ autobus font
Swish, swish, swish,
Dans toute la ville

Le klaxon du bus fait
Bip, bip, bip,
Bip, bip, bip,
Bip, bip, bip,
Le klaxon du bus fait
Bip, bip, bip,
Dans toute la ville

Les roues de l’autobus
Tournent et tournent,
Tournent et tournent,
Tournent et tournent
Les roues de l’ autobus
Tournent, tournent,
Dans toute la ville

Le bébé du bus fait
Ouin, ouin, ouin,
Ouin, ouin, ouin,
Ouin, ouin, ouin,
Le bébé du bus fait
Ouin, ouin, ouin,
Dans toute la ville

La maman du bus fait
Chut, chut,chut
Chut, chut,chut,
La maman du bus fait
Chut, chut, chut,
Dans toute la ville

Les roues de l’autobus
Tournent et tournent,
Tournent et tournent,
Tournent et tournent
Les roues de l’autobus
Tournent, tournent,
Dans toute la ville

 

Livre fil rouge

Camion : Jeu de doigts

Voici un camion : (Faire semblant de conduire)

Vroum Vroum Vroum

… Un volant

(Tourner un volant devant nous)

… Des pédales

(Bouger les pieds)

… Des vitesses

(Bouger le bras de droite à gauche)

… Des essuie-glaces

(Balancer les bras au-dessus de la tête)

… Et un gros moteur

(Ecarter les bras)

Pour aller à mille à l’heure !

Vroum Vroum, tut tut

 

Livre fil rouge

Vélo : Jeu chanté « A véli vélo » pour les bébés

A véli véli vélo

A vélocyclette

A véli véli vélo

A vélocyclo

A véli véli vélo

A vélocipède

A véli véli vélo

A vélomoto

 

Le vélo de Valentine, Christian Ferrari, Anne Brouillard, Lirabelle, 2006

 

Livre fil rouge

Pompiers : Au feu les pompiers, Elodie Nouhen, Didier Jeunesse, 2003

 

Livre fil rouge

Feu rouge : Circulez !, Jan Bajtlik, La Joie de lire, 2016

On propose régulièrement des histoires à bruiter grâce à une sonothèque aux enfants, cette fois-ci, nous tentons l’expérience avec les tout-petits. Les sons sont à déclencher au moment où le texte est prononcé:

Mettre les gaz

Elvis

Appuie sur le champignon

ZZZZ (ronflements)

dans le tunnel (moto)

Ambulance

Aaaaah (Freinage)

Je tente une échappée (Course cycliste)

Oh la vache

 

Conclusion Un train passe, Donald Crews, L’école des loisirs, 2017 Tchou tchouuu…. A bruiter grâce au métalo-notes en fonction des couleurs des wagons

C’est une forêt extraordinaire !

Un article depuis bien longtemps en attente, mais il n’est jamais trop tôt ou trop tard, n’est-ce pas ? Pour parler de certains albums qui marquent nos instants magiques de lecture.

« La forêt » est un album qui fait partie de ceux-là. « La forêt » est une invitation à la promenade, une ode à la nature. C’est aussi une très belle déclaration faite à la vie, une fine parabole. Dans « La forêt », l’aspect immaculé des personnages – pleine page – aux yeux évidés contraste avec les couleurs vives et gaies de la végétation. Ces yeux, un peu intrigants, sont également une invitation à la découverte, l’admiration, la contemplation. Chaque page tournée nous tient en « mode » curiosité et nous permet de nous enfoncer peu à peu dans l’épaisseur de l’histoire. Les représentations collent au moment précis d’une vie, l’enfance, les « singeries » dans les arbres, l’amusement ; l’adolescence, la découverte de soi, de son image, les émotions, l’Amour ; … Il y a aussi tous les moments de joie, de tristesse, les rencontres, la solitude, la solidarité, l’accomplissement, la sérénité, l’attente…

En parallèle, on y lira une autre Histoire, avec un grand H. Celle des Hommes, des Civilisations, de l’Humanité.. « La Forêt » a alors un goût de réflexion, de pause philosophique.

C’est aussi un album très BEAU et tactile, plein de sensibilité. On y utilise l’embossage, l’évidage, les pliures pour proposer une drôle d’aventure-lecture. Les illustrations, incontestablement, en font une vraie perle littéraire. Coup de coeur assuré.

Ricardo BOZZI. La forêt. Illustré par Violeta LOPIZ et Valerio VIDALI. Gallimard jeunesse, 2018. Coll. Giboulées. 25€

« C’est ici que la forêt est le plus enchevêtrée. À chaque pas, on risque de se cogner ou de s’égratigner. Mais d’après la science et le bon sens, il est impossible de retourner en arrière. »

Les lois de l’été turques

Le printemps dernier, j’ai eu la chance de découvrir la ville d’Istanbul accompagnée d’un couple d’amis qui vit & travaille là-bas temporairement. J’ai été très curieuse de découvrir les librairies stambouliotes et notamment l’une d’elle spécialisée en jeunesse. Tout en sachant que visiter une ou deux boutiques n’est pas représentatif de la production turque, j’ai été déçue de constater que la plupart des ouvrages (les albums en particulier) est issue de traductions (beaucoup de titres anglo-saxons et même – cocorico – quelques français).

Mon cher & tendre a eu un coup de cœur pour un album signé Shaun Tan, un artiste australien dont le coup de pinceau ne m’était pas inconnu

De retour à la maison, il y a eu de nombreuses lectures de l’album à notre p’tit bout et ne parlant pas du tout turc, il faut bien avouer que cela s’apparentait vraiment pour le papa comme pour la maman à un langage inventé de toutes pièces mais ça n’a pas empêché notre fils de nous réclamer encore et encore ce livre, dont la magie a beaucoup résidé dans les mystérieuses, oniriques, surréalistes illustrations de Shaun Tan. Et c’est tout un scénario qui s’est construit dans chacune de nos trois têtes autour d’Asla neden diye sorma

Les deux adultes parents que nous sommes ont pourtant fini par faire quelques recherches pour enfin dénicher une version française et découvrir le texte en français.

C’était une belle expérience littéraire que de s’approprier un ouvrage par les images associées à des sonorités inconnues tout en se démarquant de la lecture d’un album sans texte pourtant…

Les lois de l’été, Shaun Tan, Gallimard jeunesse, 2014

Asla Neden Diye Sorma, Shaun Tan, Desen, 2015

Nos amis, qui apprennent le turc, étaient très enthousiastes à l’idée de proposer leur propre traduction de l’album. Il faut dire que la mise en page invite à écrire à même les feuilles… En attendant la version des copains, nous avons retranscrit la traduction française sur notre exemplaire stambouliote. Nous pourrons alors faire un petit exercice de comparaison d’ici quelques temps!

Au moment de publier ce post, quelle ne fut pas ma joie de tomber sur un album turc traduit en français, coup de cœur des éditions Rue du Monde…

 

Moi, j’adore la pluie, Ozge Bahar Sunar, Ugur Altun, Laurana Serres-Giardi (trad.), Rue du monde, 2019

A la moindre goutte d’eau tombée du ciel, les rues se vident, les portes se ferment… tout le monde court se mettre à l’abri parce que personne n’aime la pluie ! Alors, Madame la Pluie boude ! Vexée d’être si mal considérée, elle décide de disparaître à jamais. Certes, les habitants profitent allègrement du grand soleil, mais, de jour en jour, l’herbe vire au jaune, l’eau se raréfie et… une petite fille est même privée de son plus grand plaisir, danser sous la pluie ! Au cœur de l’album, le lecteur découvre en effet le secret de cette fillette, qui va réussir à faire revenir la pluie : ses oreilles ne fonctionnent pas. 
N’entendant aucun son, elle ne peut danser que portée par le rythme des gouttes de pluie que son corps perçoit. C’est cette sensation magique qui la fait si magnifiquement danser… Quel bonheur que la pluie revienne pour cette fillette… mais quelle chance aussi pour les fleurs, les arbres et les poissons rouges du bassin ! Ce Coup de cœur d’ailleurs venu de Turquie nous raconte dans un style graphique très contemporain une histoire riche autour de la pluie, cet élément vital pour la nature et les humains, mais il nous fait aussi réfléchir au handicap, pour le bien de tous.

Yağmur Adam ve En Güzel Dans,Özge Bahar Sunar, Uğur Altun, Redhouse kidz, 2019

Une petite vidéo pour vous donner une idée de l’ouvrage! Dommage qu’on n’entende pas la lecture en langue turque…

Histoires de jeunesse n°1 – avec Anne-Laure Bondoux

La littérature de jeunesse s’invite dans les podcasts aussi. Allons à la découverte de la collection de podcasts natifs « Histoires de jeunesse » chez Bayard Jeunesse éditions.

Ces podcasts dédiés aux écrivains incontournables de la littérature de jeunesse souhaitent entraîner les auditeurs dans les coulisses de l’écriture et amener les auteurs vers leurs lecteurs. Tous les passionnés de littérature jeunesse, qu’on parle des libraires, bibliothécaires, enseignants, documentalistes ou encore des jeunes lecteurs eux-mêmes, sauront apprécier ces épisodes où les écrivains sont amenés à dévoiler leur imaginaire, leurs sources d’inspirations et à s’étendre sur leur processus de création. Un bel outil pour préparer une rencontre d’auteur, découvrir sa bibliographie, plonger les ados dans l’univers des écrivains…

Anne-Laure Bondoux est la première invitée de « Histoires de jeunesse » sorti le jeudi 29 novembre 2018.  A suivre: Marie-Aude Murail, Murielle Szac, Jean-Claude Mourlevat, Clémentine Beauvais, Marie Desplechin, Antoine Dole.

Ce podcast, à retrouver le premier jeudi de chaque mois, est préparé et animé par Leslie Meyzer. Direction éditoriale : Hélène Pasquet. Réalisation : Nolwenn Thivault et Emmanuel Viau. Création musicale, habillage sonore et mixage : Emmanuel Viau. Production : Laurence Szabason. Création visuelle : Aline Lefrère.

Disponible sur toutes les plateformes de diffusion de podcasts : Apple Podcasts, Google Podcasts, SoundCloud, Spotify, Deezer et toutes les applications de podcasts pour smartphones Androïd comme Podcast Addict, Podcast Republic, Castbox…

L’Ouvre-livres vous conseille notamment ces romans d’Anne-Laure Bondoux:

Emilie vous invite à dévorer:

L’Aube sera grandiose, Gallimard Jeunesse, 2017, 14,90€ en grand format

C’est une mère & son ado de fille, une cabane et un secret de famille à dévoiler…

Sandrine vous recommande…

Tant que nous sommes vivants, Gallimard Jeunesse, 2014, 15€ en grand format ou 6,90€ en poche

Parce qu’il faut bien choisir un titre pour cette chronique, que c’est bien dans ce conte, qu’elle m’a fait perdre pied, complètement emportée et confirmé mon coup de coeur pour cette génialissime auteure… Mais vous pouvez en lire Tant d’autres…

Gaëlle vous suggère:

La vie comme elle vient, Ecole des loisirs, 2017 (nouvelle ed), 7,80 €.

Parce que la vie comme elle vient, elle vient pas toujours très bien mais il faut quand même apprendre à danser sous la pluie comme nous l’a enseigné Sénèque…

 

Sélection de Noël, les romans

Les contes de Petit Duc

 

Les contes de Petit Duc, de Jérémy Fischer et Jean-Baptiste Labrune, ed. Magnani, 25,90€.

Alors là ! Mais alors là, nul doute qu’on tient là une merveille que personne ne va remarquer et ça va m’énerver. Je ne vous fais pas l’éloge de la couverture, vous voyez vous-même comme elle en jette. Et l’histoire, et bien l’histoire, elle est universelle, intemporelle, intelligente. C’est un livre dont on fait ce qu’on veut ! On le lit comme un conte aux plus jeunes qui s’amuseront des noms improbables et foufous des peuples qui sont les héros de l’histoire. Certes vous galèrerez un peu à les lire mais quelle joie quand on y parvient. Si vous butez sur ces patronymes imprononçables, refilez le bouquin à un enfant qui lit tout seul et je ne doute pas qu’il s’en emparera. Au pire, il y aura bien un adulte dans le coin qui se dira : mais c’est quoi ce livre avec de si belles couleurs ? Un roman illustré pour tous, qui fait sautiller de joie par ses sublimes illustrations et son propos fort malin !

Véronique Ovaldé et Joann Sfar - A cause de la vie.

A cause de la vie, Joann Sfar et Véronique Ovaldé, ed. J’ai Lu, 7,90€.

Voilà donc un livre dont on ne sait si c’est une BD, un roman graphique ou allez savoir quoi encore. Et quelle importance ? Quand on est à ce point pris dans le tourbillon de l’histoire et happé par la beauté des mots, plus rien d’autre ne compte que le plaisir de lire.
Un magnifique roman avec la taille d’une BD et des dessins de Sfar dedans ! Et un peu de Perec et d’Amélie Poulain. Énorme coup de cœur que j’ai serré dans mes bras en le terminant.

Dès 11-12 ans. existe aussi en grand format chez Flammarion.

Malika Ferdjoukh - Broadway Limited Tome 2 : Un shim sham avec Fred Astaire.

Broadway limited t2, un shim-sham avec Fred Astaire, de Malika Ferdjoukh, ed. Ecole des loisirs, 18,50€.

Je ne sais pas si c’est flatteur mais ce roman c’est l’équivalent d’une bouillotte en plein hiver dans une chambre humide. Je peinerai à décrire la joie de retrouver toute la maisonnée dans ce tome 2 ! Probablement le livre « jeunesse » que j’attendais le plus ces dernières années. Et il est là, il ne déçoit pas. Malika Ferdjoukh est toujours la reine de la littérature pour ados, elle sait comme personnes trouver les formules qui font mouche et les métaphores qui sonnent dans nos têtes. Encore un grand roman, à faire lire à tous les adultes.

Ados/adultes.

Jefferson. Jean-Claude Mourlevat. Gallimard jeunesse, 2018. 13, 50 € – à partir de 9/10 ans

Comme souvent, je n’ai rien à redire sur le choix de la thématique, l’écriture, l’angle d’attaque, le style et la vivacité de cet auteur. Dans « Jefferson« , il revisite « La Ferme des animaux » en quelque sorte et nous propose un monde dans lequel les animaux parlent, réfléchissent, aiment, lisent… et dans lequel un crime est commis. Jefferson, notre héros, un hérisson très élégant et intelligent, va être accusé à tort du meurtre et va décider, avec son meilleur ami Gilbert le Cochon, de se rendre chez les humains, persuadé que s’y trouve l’énigme de cette drôle d’histoire. Ce qu’il va découvrir, dépassera bien-entendu son imagination. Une fine sensibilisation à la cause et maltraitance animale. Comme dirait l’Autre, de temps en temps simplement se placer de l’Autre côté…

L’archipel, T1 et 2. Bertrand Puard. Casterman, 2018. 16 € – dès 12-13 ans

C’est une première lecture de cet auteur, en ce qui me concerne, car je n’avais pas du tout lu la série des « Effacés« . Yann et Sacha se ressemblent comme des frères, à tel point que l’un – recherché par la police – s’appropriera l’identité de l’autre, retrouvé enfermé dans une prison (la fameuse Archipel) pour expier des fautes qu’il n’a pas du tout commis. Un récit polyphonique, un rythme soutenu, des rebondissements, de grands mystères (ben oui, pourquoi se ressemblent-ils tellement ??) et des ados qui en ont assez d’être manipulés. Bref, un bon roman d’espionnage et d’aventures. On voyage, on voyage…  Le tome 3 ne devrait tarder. Pour les amateurs de suspense.

Sauveur & fils, T4. Marie-Aude Murail. Ecole des loisirs, 2018. 17 €. À partir de 13 ans. 

Même si sa parution date un peu (janvier 2018), ça me paraît une excellente idée de cadeau pour poursuivre cette aventure littéraire avec Sauveur, son fils Lazare et tous les personnages rencontrés dans son cabinet de psychologie auxquels, tome après tome, on a fini par beaucoup s’attacher. Marie-Aude Murail a bien ce talent de nous raconter des histoires comme si on écoutait – au coin du feu (c’est mieux !) – les confidences et vies de nos voisins, de nos copains, de notre entourage… Une truculente familiarité. Et pas que de la bobologie.

J’ai suivi un nuage. Maëlle Fierpied. Ecole des loisirs, 2018. 12,50 € – À partir de 9-10 ans.

Mon réel coup de coeur de cette année ! Le sujet très particulier – la maladie psychologique – en fait un de ces romans qui encouragent à discuter, échanger pour mieux comprendre. Mais pas d’inquiétude, la thématique est finement amenée et le point de vue de l’enfant rend le sujet plus lisible et touchant. Beaucoup de tolérance et d’amour pour sa maman ! D’ailleurs, comment ne pas penser au roman d’Olivier Bourdeaut « En attendant M. Bojangles », en le lisant. Des romans qui changent profondément notre façon de voir (juger) les « dérangeantes » choses de la vie.

Marie-Curie

Marie Curie. Isabel Thomas ; A. Weckmann. Gallimard jeunesse, 2018. (Coll. Les Grandes vies). 9,90 €. À partir de 8 ans.

Ce « petit » documentaire se lit tout comme un roman, et explique simplement – avec des termes très accessibles – les origines, l’histoire et les grandes recherches et découvertes de Marie Curie. Les illustrations, au peps incontesté, appuient le propos, l’égayent mais aident aussi à la compréhension. À dispo. également dans cette collection, Nelson Mandela, Frida Kahlo, Léonard de Vinci. La vulgarisation un peu plus « glamour », nous, on ne dit pas Non !

Sirius, Stéphane Servant, Rouergue, 2017, 16,50€

Sirius, c’est deux enfants, un cochon et de l’espoir! Ce roman de science-fiction nous emmène dans un monde dévasté où plus aucun animal n’a sa place jusqu’au jour où le passé trouble de la planète resurgit. Une seule échappatoire s’impose alors aux jeunes héros: rejoindre la Montagne.

Un roman-pavé initiatique qui provoque une belle et profonde réflexion sur la condition animale et l’impact de l’Homme sur son environnement.

Deux secondes en moins, Marie Colot, Nancy Guilbert, Magnard, 2018, 14,90€

Deux secondes en moins, c’est deux adolescents, un perroquet et beaucoup de musique. Ce roman de vie quotidienne mêlent deux drames très différents mais qui vont réunir nos jeunes protagonistes tous deux passionnés par le piano sous la houlette de leur professeur si lumineux et enthousiasmant.

Une bouffée d’optimisme sous des pages a priori ombragées.

C’est le temps de l’Avent

Il est venu le temps de l’Avent, ces quelques semaines précédent la fête de Noël. Nombreuses sont les familles à utiliser un calendrier pour marquer le décompte jusqu’au 24 décembre. Quelques propositions autour des histoires pour les tout-petits et pour les plus grands.

revue Pomme d’api, n°634 Décembre 2018, 5,95€, dès 3 ans

Cette année encore, Pomme d’api offre un calendrier de l’Avent à ses petits lecteurs sans colle ni ciseaux, où tout est prêt à l’emploi. Il ne reste plus qu’à ouvrir chaque soir la fenêtre de papier qui renvoie à une belle et brève histoire tournée vers un animal différent au fil des jours: hérisson, ours, renard, chouette, blaireau…

Quelle aubaine pour nous qui souhaitions confectionner de nos petits mains un calendrier inspiré de leur modèle de Décembre 2016 autour des bisous animaux. Nous allons ainsi pouvoir mêler les deux en collant simplement à l’intérieur de chaque fenêtre la consigne associée. Une petite photo de notre complément viendra préciser tout ça d’ici la fin du mois 😉

Mon merveilleux sapin de l’Avent, Camille Garoche, Casterman, 2018, 24,95€, dès 2 ans

Chaque jour de décembre, c’est la découverte d’un conte, d’un poème ou d’un chant de Noël – tels que les fameux Michka, « Petit Papa Noël », « Vive le vent », Le Bonhomme de pain d’épice, Casse-Noisette, « Mon beau sapin » mais aussi des légendes méconnues telles que L’ours de Dovrefjell, Rikiki, Le Tomten, Les lutins – puis la recherche de la décoration habilement cachée dans l’illustration de la page et l’accroche sur le sapin de papier à l’aide des fentes discrètes.

Superbe proposition toute en finesse de Camille Garoche dont les illustrations nous plongent délicatement dans l’ambiance hivernale et festive. Plus les plus grands (enfants), on a irrémédiablement l’envie de se ruer vers les livres présentées en une page et quoi de mieux en cette période que de se retrouver lovés en famille autour de livres?

Mais aussi…


L’énigme du Père Noël, 24 histoires pour attendre Noël, Stéphane Daniel, Nathalie Choux, Hors série musique, Gallimard Jeunesse, 2011, 20,10€, dès 2 ans

Le Père Noël est très embêté. À la veille de sa tournée, il a reçu une lettre anonyme : cette année comme toutes les autres années, il aurait oublié quelqu’un ! Avec l’aide de Troll, son petit lutin, il va tout mettre en œuvre pour trouver cet oublié de Noël. 24 histoires racontées par Pierre Richard et une énigme qui se résoud le 24 décembre…
Un livre-CD à lire et à écouter comme un calendrier de l’avent avec, pour chaque soir, une petite histoire… et une surprise à découvrir !

Le géant de Noël, Magali Bardos, Actes sud, 2016, 4,95€, dès 3 ans

Noël approche, il est temps de se préparer. Roland le Géant enfile alors son long manteau d’hiver… Au fil de sa promenade, il trouve de drôles d’objets et rencontre de nouveaux compagnons qu’il glisse dans ses 24 Poches : une étoile, un bouquet de sapins, des lutins, un pingouin…

24 histoires avant Noël, Sophie Carquain, Jacques Azan, Albin Michel Jeunesse, 2011, 14€

Avec humour et tendresse, Sophie Carquain a tricoté 24 savoureuses histoires de Noël pour enfants curieux. En attendant Noël, ils découvriront la fausse-vraie vie farfelue du Père Noël (avec ses bonheurs et ses colères, ses espoirs et ses doutes, ses premières tournées, ses vacances au soleil…), les lutins et les lutines qui fabriquent les jouets, et rencontreront même la fée Carabosse et le père Fouettard !

Je ne suis pas un auteur jeunesse. Vincent Cuvellier.

Quelle joie de retrouver Vincent Cuvellier « à confesse » ! Car si j’aime l’écrivain de fiction qu’il est, j’adore encore plus qu’il se livre sans façon. Déjà, dans La fois où je suis devenu écrivain, j’avais pris un plaisir dingue à lire ses confessions d’élève médiocre au talent fou.

Dans Je ne suis pas un auteur jeunesse, lui  au « charisme d’une palourde », lui qui se revendique le spécialiste du « petit livre rigolo » ne veut pas entendre parler d’auteur jeunesse. Et faut pas le chercher avec ça :

J’imagine un musicien qui ferait des disques pour enfants et qui dirait « je suis compositeur jeunesse ».

N’a t’il pas franchement raison ?

Dans ce nouvel ouvrage, l’auteur nous raconte son métier, sa passion, ses galères, ses joies, ses colères. Comme d’habitude, toujours sur un ton juste, dans le langage oralisé qui le caractérise avec cette manie jubilatoire du bon mot au bon endroit. Le mot qu’il faut : grossier si nécessaire, soutenu si la situation l’exige. J’ai trouvé très intéressant en tant que libraire et participant à l’organisation d’un salon de BD, de lire son avis sur les rencontres avec les scolaires ou l’organisation des salons du livre… J’ai été choquée qu’il ait été invité dans des classes où les maîtresses n’avaient même pas pris la peine de faire découvrir un de ses livres aux élèves. M’est avis qu’il a bien fait de se casser même si ça lui a valu une certaine réputation d’emmerdeur. Tant pis. Y a des limites.

J’ai beaucoup aimé que l’auteur convoque ses figures paternelles et de référence et qu’il les fasse intervenir tout au long de ses confessions. C’est le général De Gaulle qui intervient le 1e, et le général faut pas le titiller. Il se plait à bousculer Vincent Cuvellier « Tu arrêtes de faire ouin-ouin, et tu essaies une dernière fois de devenir écrivain ».

Puis on croise aussi Lino Ventura en train de « slurper » des pâtes. Il se laisse pas emmerder Lino, parce que c’est bien de pas se laisser marcher sur les pieds. Puis, Claude François l’inattendu qui débaroule. Tous ces personnages tissent avec l’auteur de savoureux dialogues, viennent tantôt lui botter le cul tantôt l’apaiser.

Quel soulagement d’écrire un article sans trop surveiller son langage !

Merci Vincent Cuvellier d’avoir depuis tant d’années libéré la parole et les mots de leur carcan. Merci d’avoir remisé la double négation au placard. Merci de cette franchise nécessaire à propos de votre métier parfois ingrat. Merci de dire aux élèves médiocres qu’ils ne seront pas rien dans la vie pour autant.

Lisez Vincent Cuvellier ! Il y en a pour tous les âges. Gavez-vos gosses d’Émile, la série culte pour les jeunes lecteurs qui parle de vieilles dames, de poubelles et d’enterrement, avec parfois des soupçons d’endives au  jambon. Et puis, tous ses romans, qui se dévorent si vite. Aucune excuse ne sera tolérée !