Sens dessus dessous

Nouvelle séance avec le groupe de 6-11 ans du centre de loisirs pour « Je lis, tu dessines » avec des histoires « sens dessus dessous ». Pour donner le ton dès l’arrivée des enfants à la bibliothèque, j’avais mis quelques vêtements à l’envers comme mes chaussettes, mon pull et mes lunettes, ce qui a fait beaucoup rire les enfants. Nous sommes rentrés à reculons jusqu’à l’espace jeunesse où je leur ai fait un petit discours d’introduction en verlan 😉

Voilà le déroulé de la racontée où l’on a essayé de proposer un maximum de titres jouant avec les sens de lecture :

L’Afrique de Zigomar, Philippe Corentin, L’école des loisirs, 2000

Dans ce grand classique, Pipioli le souriceau rêve d’aller en Afrique comme son amie l’hirondelle. Le merle Zigomar accepte de l’y emmener… mais il n’a aucun sens de l’orientation. Un voyage inattendu les attend. Toute la saveur humoristique de cet album repose sur le décalage entre le texte et les images jusqu’à la chute finale.

 

Le long d’un reflet, Shinsaku Fujita, Nobi Nobi

Une petite fille et son grand frère partent explorer leur ville qui s’étend le long d’un cours d’eau. Ils admirent les façades des maisons qui se mirent dans l’onde, et observent chaque remous à la surface de l’eau. Car leur ville est certes minuscule, mais son reflet la fait paraître gigantesque !

Jeux de miroir, constructions symétriques, effets d’optiques… Cet album se découvre en grande partie à travers l’image inversée de la petite ville, qui donne au lecteur une vision de la réalité tantôt fidèle… tantôt déformée. A lire à l’endroit…ou à l’envers!

 

Mon voisin, Marie Dorléans, Editions des Braques, 2012

Un beau jour, un nouveau voisin emménage. Les bruits qui proviennent de chez lui intriguent notre héros qui, de l’autre côté de la cloison -représentée par la pliure du livre- va s’imaginer les choses les plus folles… C’est un vrai contraste entre la réalité un peu terne page de gauche (illustrée finement en noir et blanc) et l’imagination débordante page de droite (marquée par les couleurs transparentes façon rhodoïd).

C’est l’acteur Guillaume Gallienne qui raconte l’histoire dans sa version exhaustive (elle est allégée dans le livre) et les sons prennent vie. Plus que jamais, le travail sonore illumine et complète le travail graphique et l’écriture : le son devient un personnage à part entière; c’est bien pourquoi nous avons écouté le CD!

 

Océano, Anouck Boisrobert, Louis Rigaud, Hélium, 2013

Un éblouissant pop-up pour prendre conscience de la beauté et de la fragilité des océans. La conception originale convie le lecteur émerveillé à une grande expédition à la fois sur et sous la surface de l’eau.

Du port bruissant d’activité à la banquise, en passant par une mer déchaînée par la tempête et, enfin, l’idyllique lagon aux milliers de poissons, c’est un voyage dessus-dessous qui rend hommage à la diversité et la richesse du monde marin à préserver.

Plouf, Philippe Corentin, L’école des loisirs, 1991

Autre incontournable de Corentin avec cette histoire d’un loup qui a très, très faim. Au fond d’un puits, il croit voir un fromage… C’est aussi l’histoire d’un cochon trop gourmand… C’est l’histoire d’une famille de lapins trop curieuse… C’est l’histoire de… Mais chuuuuut ! Ici, c’est le format à la française doublé de la lecture verticale qui donne une nouvelle ampleur à ce drôle de récit.

Hortense au plafond, Aurore Callias, Albin Michel Jeunesse, 2009

Le soir tout en haut de la grande maison, dans sa chambre où elle a parfois du mal à s’endormir, Hortense regarde le plafond depuis son lit. Une nuit, elle y découvre Saguzar membre intrépide de la famille nocturne des chauves-souris, qui lui propose de le rejoindre au plafond. Un peu d’acrobatie et voici Hortense partie pour une aventure tête à l’envers où elle découvre comment vivent dans sa propre maison les habitants de la nuit.

Le récit à deux voix, les carnets croisés de Saguzar (en orange) et d’Hortense (en noir), se lit tout comme l’image, à l’endroit et à l’envers. Gare au torticolis!

 

Comment lire un livre ? Daniel Fehr, Maurizio A.C. Quarello, Kaleidoscope, 2019

« Hé ! Lecteur ! À quoi tu joues ? Tu tiens le livre à l’envers ! Regarde-nous ! » Les personnages de contes sont sens dessus dessous. À toi de tourner, retourner, secouer le livre pour mettre de l’ordre dans ce bazar ! Un album interactif à faire tourner la tête ! comme le résume l’éditeur.

 

Extraits de Chimères génétiques, Julie Lannes, L’atelier du poisson soluble, 2011

Attention : Herbier Génétiquement Modifié ! A partir d’expériences scientifiques réelles, Julie Lannes a imaginé une série de plantes telles qu’elles pourraient évoluer, après « greffe » de gènes d’origine animale. Ses magnifiques gravures, très poétiques, sont d’un incroyable réalisme qui les rend d’autant plus inquiétantes.

Voilà un ouvrage accessible par les plus grands. On prendra soin de lire la 4ème de couverture ainsi que les explications de la page de titre pour bien présenter et expliquer la notion d’ADN et d’OGM avant la sélection de quelques transgénèses qui bouleversent les repères des enfants (et des adultes aussi d’ailleurs).

  • Fragaria
  • Solanum tuberosum rana
  • Solanum tuberosum aequorea victoria
  • Brassica
  • Zea mays
  • Solanum lycopersicum

 

Va jouer avec le petit garçon, Clémentine Beauvais, Maisie Paradise Shearing, Sarbacane, 2016

Qui n’a pas entendu un jour son parent lui lancer l’injonction : Va jouer avec le petit garçon ! (ou la petite fille…). Notre héros, tranquillement occupé à jouer dans son monde à lui, au jardin public, se rebelle : « Et moi, je te demande d’aller jouer avec la dame qui donne à manger aux pigeons, là, sur le banc ? Et si ce petit garçon était en fait un monstre déguisé ? Et s’il m’attirait dans son royaume sous terre, où d’autres enfants esclaves sont à son service ? » C’est le début d’une aventure loufoque où l’enfant imagine un monde secret (et souterrain) et une opération de sauvetage riche en surprises !

Les animateurs ayant informés les enfants du thème du jour, certains avaient également joué le jeu en inversant leurs chaussures ou leurs vestes. Ils n’ont pas manqué d’idées pour renverser leur journée, proposant d’inverser les toilettes des filles et des garçons ou de faire un repas du dessert à l’entrée.

Quant à leur activité plastique, les enfants ont eu le choix entre la confection d’un méli-mélo de personnages présenté par exemple sur le blog (une fois n’est pas coutume) L’atelier qui dessine permettant de combiner des têtes, torses et pieds variés et une roue de personnages permettant de permuter les têtes et détaillée ici, inspirée du travail de Norman Messenger dans le livre-jeu Imagination édité au Seuil.

Dans ma tête

L’avant-dernière séance de « Je lis, tu dessines » pour cette année scolaire avait pour thème « Dans ma tête ». Voilà de quoi était composée la racontée :

Ce n’est pas très compliqué, Samuel Ribeyron, Hongfei, 2014

La couleur des émotions, Anna Llenas, Editions Quatre fleuves, 2014

Max et les maximonstres, Maurice Sendak, L’école des loisirs, 1973

A quoi penses-tu, Laurent Moreau, Hélium, 2011

C’est cet ouvrage notamment qui nous a beaucoup inspiré pour l’activité graphique en binôme avec le livre Têtes de bulles lu plus tard. L’album met en scène les pensées de plusieurs personnages qui ont été bruités:

 

Maxime : On questionne les enfants, ça vous rappelle quelque chose ? Petit clin d’œil à la lecture précédente de Max et les maximonstres bien-sûr!

Annaëlle : Mmmm !

Rosalie : Smac

Mathieu : siffler

Marie : imiter un serpent qui siffle

Hélène : tambour océan

Eric : boîte à musique

Anna : renifler

Laurent : soupir d’aise

Armel : se frotter les yeux en baillant

Laura : feuilleter un livre

Lucien : bâton de pluie

Guillaume : Raahh !

Marion : appeau

Claudine : Dire quelques phrases du type « Rappeler Hélène », « Tiens, c’est Eric », « c’est l’anniversaire d’Antoine », « donner à manger au chat »…

Antoine : bégayer

Nicolas : silence

Jean : crécelle

Chat : miauler

 

Le grand voyage de Mademoiselle Prudence, Charlotte Gastaut, Père Castor-Flammarion, 2010

Album quasi sans texte, introduit par des répliques de la Maman de Prudence puis mis en musique. J’ai choisi un morceau de Carl Orff, tiré de ses pièces pour enfants que j’ai découvert dans une émission radio portant sur l’actualité culturelle et notamment littéraire des enfants que je ne saurais trop vous conseiller à savoir Ecoute il y a un éléphant dans le jardin . Comme je ne suis pas parvenue à retrouver le titre exact, j’ai utilisé le podcast directement et c’est à 1h12. Je suis restée 10 secondes par double page pour que la durée du titre coïncide avec la lecture et ce en partant de la fin des consignes maternelles. La musique a suscité de belles réactions chez les enfants dont certains se sont mis à danser 😀

Dans mon corps, Mirjana Farkas, La Joie de lire, 2018

Têtes de bulles, Alain Serres, Martin Jarrie, Rue du monde, 2015

A l’intérieur des gentils, Clotilde Perrin, Seuil Jeunesse, 2017

 

Quant à l’activité graphique, nous avons une nouvelle fois suivi les consignes de l’Atelier qui dessine qui vous explique tout en détails ici.

Prochaine et ultime séance fin juin avec des maisons de toutes tailles, formes, couleurs, matières…

Au coeur de la nuit

Pour cette nouvelle séance de « Je lis, tu dessines », nous voilà réunis autour d’un feu de camp réalisé en papier d’après des visuels glanés sur la toile pour se croire au cœur de la nuit, le temps d’une veillée contée, et non en plein jour à la bibliothèque!

La racontée en détails:

Nuit de rêve, Laurent Moreau, Actes sud Junior, 2012

Ecouter « L’aquarium » tirée du Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011 pour illustrer en musique cet album sans texte

Lancer le son des grillons la nuit pendant la suite de la racontée

 

Bonne nuit Monsieur Renard, Kathrin Schärer, Âne bâté, 2009

 

Le petit chaperon rouge, Clémentine Sourdais, Hélium, coll. « Contes en accordéon », 2012

Lecture tout en ombres chinoises avec une lampe, l’idéal étant de pouvoir créer de la pénombre pour la racontée

 

Dix cochons sous la lune, Lindsay Lee Johnson, Carll Cneut, La Joie de lire, 2011

Mettre en musique la lecture de certaines pages à l’aide d’une sanza

 

Que fait la lune la nuit ?, Anne Herbauts, Casterman, 1998

 

Bonne nuit, Charlotte Zolotow, Bobri, BNF/Albin Michel Jeunesse, 2015

 

Mais que font les parents la nuit ? Thierry Lenain, Barroux, Little Urban, 2017

 

Du bruit sous le lit, Mathis, Ed. Thierry Magnier, 2004

 

La bête de mon jardin, Gauthier David, Samuel Ribeyron, Seuil Jeunesse, 2017

 

Nous avons rendez-vous, Marie Dorléans, Seuil Jeunesse, 2018

 

Quelques pistes d’activités plastiques & prolongements :

Le centre de loisirs a choisi de faire des dessins sur des feuilles noires à l’aide de craies grasses et  de représenter la nuit étoilée, la lune, des feux d’artifices mais aussi des bulles et bien d’autres choses tout droit sorties de l’imagination des enfants…

 

D’après Promenade de nuit, Lizi Boyd, Albin Michel Jeunesse (épuisé à ce jour)

Sur une feuille noire, on colle un rayon de lumière réalisé avec un morceau de papier blanc et on créé son paysage aux crayons de couleur et à la craie, c’était la belle proposition du blog Bavard’âge.

 

Pourquoi ne pas fabriquer des cartes à gratter? Cela peut faire l’objet d’une séance en amont de la racontée par exemple. De nombreux tutos sont disponibles sur le net ou bien une quantité de modèles est en vente dans le commerce.

 

Si vous avez du temps, songez à vous procurer de la peinture phosphorescente et/ou fluorescente. Voilà ici un article expliquant simplement la différence entre les deux procédés souvent confondus et précisant une sélection de produits et marques s’y rapportant.

Vous pourrez alors immerger les enfants dans une pièce éclairée par une ampoule ultraviolette aussi appelée « lumière noire » pour la séance de peinture ou fabriquer une boîte dans laquelle vous placerez la source lumineuse UV afin que le groupe observe leurs illustrations apparaître…

De nombreuses propositions sont répertoriées sur le net à l’instar de celle de cette maman qui a conçu une séance pour le bain! Son article ici.

 

Pour prolonger le plaisir du fluo et du phosporescent, vous pouvez aussi organiser un temps de lecture dans le noir munis d’une lampe UV avec des livres tels que…hep hep hep! ça fera l’objet d’un prochain post avec une sélection lumineuse!

 

 

 

Une ribambelle d’histoires

Place à une ribambelle d’histoires pour ce second épisode de « Je lis, tu dessines ».

Pour rappel, cette année, il y a un rendez-vous avec le groupe des 6-11 ans d’un des centres de loisirs local. L’idée est donc de proposer une activité complémentaire avec un temps de lectures d’histoires matinal à la bibliothèque qui puisse être prolongé au centre de loisirs l’après-midi par une activité plastique et ce, une fois par période.

Avant de débuter la racontée, nous sommes revenus sur le mot « ribambelle »…Qu’évoque-t-il à ce groupe d’enfants? Si c’est une longue file de personnes ou de choses en grand nombre, c’est aussi une bande de papier présentant une suite de motifs identiques, découpés dans la bande pliée. Comme ce que les enfants vont réaliser l’après-midi même au centre de loisirs…

Déroulement de la racontée & détails des ribambelles avec une spéciale dédicace à mon autre libraire préférée Aline qui m’a permis de finaliser ma sélection-gigogne :

Guirlandes de poupées, Julia Donaldson, Rebecca Cobb, Kaléidoscope, 2013

C’est le récit qui a inspiré le thème de cette séance

 

Famille ours, Magali Attiogbé, Mango Jeunesse, 2011

Livre(s) qui se déploie(nt) à la façon des poupées gigognes/russes 

 

chanson « Quand Fanny était un bébé »

Manipulation des poupées russes, de la + petite à la + grande 

Quand Fanny était un bébé, un bébé, un bébé
Quand Fanny était un bébé elle faisait comme ça
Ouin, ouin ,ouin… (en se frottant les yeux et suçant son pouce)

Quand Fanny était une p’tite fille, une p’tite fille, une p’tite fille
Quand Fanny était une p’tite fille elle faisait comme ça
Na na na nanère euh ! (en faisant un pied de nez)

Quand Fanny était une jeune fille, une jeune fille, une jeune fille
Quand Fanny était une jeune fille elle faisait comme ça
Soupir… (mains sur les hanches et la main dans ses cheveux, levant les yeux au ciel)

Quand Fanny était une maman, une maman, une maman
Quand Fanny était une maman, une maman, une maman elle faisait comme ça
« Chut…dors mon bébé  » (en le berçant)

Quand Fanny était une grand-mère , une grand-mère ,une grand-mère
Quand Fanny était une grand-mère elle faisait comme ça
Ouille, ouille, ouille! mon dos (en se tenant le dos)

Quand Fanny était un squelette ,un squelette, un squelette
Quand Fanny était un squelette, elle faisait comme ça

Cccccccccccccrac! (claquer des dents, des doigts et des genoux)

Quand Fanny était une poussière, une poussière ,une poussière
Quand Fanny était une poussière elle faisait comme ça

Fffffffffffffffffou…(souffler sur une poussière imaginaire)

 

Matriochka, Sandra Nelson, Sébastien Pelon, Flammarion, 2009

Conte sur l’origine des poupées russes et utilisation des poupées russes déjà alignées

 

 Un cœur qui bat, Virginie Aladjidi, Joëlle Jolivet, Thierry Magnier, 2017

Récit à la façon d’un zoom 

 

De papa en papa, Emilie Vast, MeMo, 2016

« Un jour,il y a très très très très longtemps, le papa du papa du papa du papa du papa du papa, vit naître le papa du papa du papa du papa du papa. »
Ainsi commence cette longue histoire, qui de génération en génération, de papa en papa, se rapproche de nous. De page en page, les poupées russes se déploient. Les mamans leur répondent dans un livre jumeau: De maman en maman.

 

Au même instant sur la Terre, Clotilde Perrin, Rue du monde, 2011

Livre-accordéon à déplier au fil des 24 fuseaux horaires, du jour à la nuit…

 

Le livre du livre du livre, Julien Baer, Simon Bailly, Hélium, 2018

Livre-jeu qui cache un livre qui en cache un troisième, à travers un subtil enchâssement de situations et de paysages, où la même aventure semble arriver indéfiniment au jeune Thomas qui, en vacances avec ses parents, croit être perdu et trouve un livre, qui raconte l’histoire du jeune Thomas en vacances avec ses parents, qui croit être perdu… Mais bien sûr, quel que soit le lieu, les parents n’oublient jamais leur petit garçon !

 

Une histoire (presque) impossible à raconter, Bruno Gibert, Sarbacane, 2017

Que celui qui aime les histoires simples et linéaires passe son chemin ! Comme son titre l’indique, cet album se refuse à tout résumé, toute ligne droite, tout cadre précis. À peine le narrateur commence-t-il son récit qu’il se reprend par un non ! graphique et tonitruant (qui fera bien rire les enfants, lesquels vont vite se prendre au jeu) et prend une nouvelle direction – témoignant au passage des infinies possibilités d’une histoire. Tout y passe : les personnages, les situations, les rebondissements…

 

Si petit, Laurie Cohen, Marjorie Béal, Les p’tits bérets, 2013

Récit sur le principe de la comptine Trois p’tits chats

Ribambelle de personnages, livre-accordéon, guirlande de papier, dessin sur les impressions de lecture des enfants…l’animatrice a pris le relais en proposant l’activité plastique. D’autres pistes ont été développées pour faire un livre ici.

Le prochain épisode de « Je lis, tu dessines » se tiendra « au cœur de la nuit »…

Sélection de Noël : les albums

Les conseils de Gaëlle

Delphine Chedru - Chambres avec vues.

Chambres avec vues, de Delphine Chedru, ed. Albin Michel Jeunesse, 19€.

Jeux de lumières et de contrastes composent cet album avec des flaps pour les tout-petits ! La neige y parait plus blanche que jamais et l’hiver sublimé par le travail délicat de Delphine Chedru. Chaque page invite à découvrir un décor caché qui révèle de nouvelles surprises. Un album bien joli à mettre dans les mimines des petits.

Dès 2 ans.

Malika Doray - Le petit homme et la mer.

Le petit homme et la mer, de Malika Doray, ed. MeMo, 13€.

J’aime quand la beauté naît de la simplicité et c’est exactement ce qui se produit avec cet album. Ce qui se passe aussi c’est que ça m’a presque fait pleurer tellement c’est adorable. C’est un livre rigolo avec l’inversion des situations, un livre qui invite à le réflexion et qui dégoûte du poisson pané.

Dès 4 ans.

Bruno Munari - ABC - Une petite leçon d'anglais.

ABC, une petite leçon d’anglais, de Bruno Munari, ed. Les grandes personnes, 18,50€.

Je ne vous promets pas que vos gosses seront bilingues mais je vous assure la magie des couleurs et des formes par le magicien du livre animé : Bruno Munari. Publié en 1960, ce livre revit sous l’impulsion des Grandes Personnes, qui n’éditent que des merveilles comme tout le monde le sait. Les illustrations font saliver, on voudrait croquer chaque page garnie de nourriture. Si ce livre ne possède pas d’animation il n’en est pas pour autant moins subtil que les précédents. Et il y a vraiment de l’anglais dedans…

Je ne recommande pas d’âge pour ce livre, il y a fort à parier que les adultes se l’achètent pour eux de toute façon !

 

Olivier Tallec - J'en rêvais depuis longtemps.

J’en rêvais depuis longtemps, d’Olivier Tallec, Actes sud junior, 16€.

Je n’ai jamais su résister à la mignonnerie des illustrations d’Olivier Tallec ! Et là encore moins qu’à l’accoutumée car l’histoire y est tellement chouette et inattendue. De grandes et belles illustrations pleine page savoureusement légendées. Franchement, de quoi craquer complètement. Un livre qui rend gaga de joie qui fait penser à du Sempé avec ses grandes pages et son petit texte bien senti en seulement quelques mots.

Age : pour tous ceux qui n’auront pas de chien à Noël.

Beatrice Alemagna - Le fabuleux désastre d'Harold Snipperpott.

Le fabuleux désastre d’Harold Snipperpott, de Beatrice Alemagna, ed. Albin Michel, 15,90€.

J’aime d’amour fou les livres de Beatrice Alemagna et celui-ci ne déroge pas à la règle. Un album rempli de grand n’importe quoi à l’enthousiasme contagieux. Harold n’est pas près d’oublier cet anniversaire de folie qui chamboulera sa vie à tout jamais. Comme toujours, les couleurs s’emballent et se mêlent habilement. Merveilleux !

Dès 5 ans.

Luciano Lozano - Diane danse.

Diane danse, de Luciano Lozano, ed. Les éditions des éléphants, 14 €.

Diane n’est pas dégourdie à l’école mais dans son tutu elle tue. En classe, impossible de se concentrer mais une fois ses pointes chaussées elle virevolte et s’épanouit comme jamais. Cet album au look vintage est charmant et touchant car notre héroïne est une petite fille dodue dont la morphologie n’est pas si courante dans les livres pour enfants. Danseuse, replète, guillerette, cette Diane est une héroïne à faire connaître aux enfants en manque de confiance en eux. Et juste pour le plaisir aussi parce qu’il est vraiment joli et lutte contre des clichés à la vie dure.

Dès 4/5 ans.

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Presto et Mollo explorent la grotte Ronzzz, de Nao Takabatake, ed. Picquier jeunesse, 13,50€.

Rarement l’obscurité aura été si bien représentée ! Elle est ici magnifiée par les peintures de Nao Takabatake qui propose ici une sublime aventure souterraine aux rebondissements ronronnants. Un album pour aventuriers, amateurs de camping souterrain ou de belles histoires simplement.

Dès 5 ans.

Michaël Rivière - Le village sens dessus dessous. 

Le village sens dessus dessous, de Michaël Rivière, ed. Hélium, 12,90€.

Un petit bouquin comme un écrin dans lequel on retrouve la magie de Noël mais sans la niaiserie habituelle (pardon, je suis pas fan fan de Noël). Avec un retournement inattendu. J’aime ces livres qui fourmillent de petits détails, dont l’écriture soignée aux lettres bien formées rappelle le temps d’avant les sms (pardon, j’ai aussi une dent contre les écrans). Son petit format et le peu de lignes sur chaque page font qu’on peut aussi le ranger dans la catégorie premières lectures si on en a envie.

A partir de 5 ans pour leur lire ou tout seul comme un grand !

 BlexBolex - Maître Chat.

Maître chat, de Blexbolex, ed. Albin Michel jeunesse, 12,50€.

Et bim ! C’est le bruit que fait Blexbolex en frappant fort un grand coup avec ce nouvel album qui fait mal aux yeux tant il est beau. Pas de surprise niveau illustration, c’est toujours vintage à gogo. L’histoire est maligne et mignonne et bien plus que ça et l’on ne sent point la fin venir. Ça sent bon le théâtre et le livre ancien, c’est un livre dans lequel on se sent bien. Il ravira les parents et les enfants avec son exigence de chaque instant. Un album farceur avec du fracas, des croquettes, des bottes rouges et une casquette.

Pour tous les publics exigeants et avides de mots désuets dès 6/7 ans.

 

Les conseils de Lisa

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Panthera tigris, de Sylvain Alzial et Hélène Rajcak , éditions Rouergue, 15 €.

Quand un savant très très savant organise une expédition dans la jungle profonde pour  enfin rencontrer le redoutable panthera tigris, n’écoutant que son savoir encyclopédique et oubliant d’écouter les conseils préventifs de son guide… cela donne des surprises! Car face à la réalité tout va valdinguer! J’ai été emballée par l’alternance des illustrations entre forêt luxuriante et gravures didactiques à l’ancienne, entre le côté aventurier et le côté savant. A lire comme un documentaire humoristique, passionnant!

Pour les aventurier.e.s curieux.ses dès 5 ans !

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Merveilleuse nature, de Nathalie Béreau et Michaël Cailloux, éd. Thierry Magnier,  19.80€

Enfin un « cherche et trouve » poétique, subtil, raffiné qui nous plonge dans l’univers détaillé et rempli de motifs oniriques et botaniques de l’artiste Michaël Cailloux ! On dirait LA tapisserie parfaite pour rêver!  Douze doubles-pages, comme les douze mois de l’année, dans lesquelles il fait bon se plonger… en février rendez-vous au carnaval des animaux, en mai place à un pique-nique champêtre, en août c’est une plongée dans la mer surpeuplée.

Pour les yeux de lynx à partir de 4 ans.

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Des tomates sur mon balcon, d’Aurore Petit et Thierry Heuninck, éd. De La Martinière Jeunesse, 14.90€

Un manuel de jardinage pour les citadins qui rêvent d’apprivoiser un potager de balcon! Alliant la pédagogie d’un manuel pratique avec l’esthétique d’Aurore Petit, cet album donne envie que l’hiver passe à toute vitesse pour voir les premiers bourgeons et autres petites pousses de radis, fraises, basilic pointer leur nez dehors! Idéal pour se faire accompagner les mains dans la terre par les petits!

Pour les futures mains vertes dès 5 ans.

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Les sentiers perdus, de Mathilde Poncet et Stephanie Demasse-Pottier, éd. Hélium, 14.90€

Cet album m’a émue, remplie d’une douceur sensible, mis les larmes aux yeux, m’a donné envie de flâner sur les sentiers de mes souvenirs d’enfance en famille. Dialoguant avec son grand-père, une jeune fille s’aventure sur les chemins qu’il lui a appris, siffle les airs qu’il lui a chuchoté, traverse colère et tristesse au gré des paysages, avant de rentrer de son école buissonnière pour partager sa peine avec ses parents. Magnifique album sur le deuil et le pouvoir de la transmission.

Pour les flâneur.ses. et héritier.e.s d’une longue lignée familiale, dès 5 ans.

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Les coiffeurs des étoiles, de Jeanne Macaigne, éd. MéMo, 18€

Deuxième ouvrage de Jeanne Macaigne après « L’hiver d’Isabelle » et sa poésie farfelue – à tirer par les cheveux cette fois-ci!-, ses couleurs dynamiques et ses pages ultra détaillées façon Claude Ponti continuent de m’enthousiasmer!  Les coiffeurs des étoiles, parents de Romarin, Jacinthe et Timbale se sont installés sur une île après un naufrage décoiffant. Avec leurs ciseaux, ils ont tissé des liens avec les habitants de celle-ci, étranges muets dont les chevelures s’emmêlent au gré des vent et des tourments, étranges silhouettes au coeurs tristes fascinées par le ciel étoilé.  Un soir, alors que les trois frères et sœurs discutent du mystère de leurs amis, l’arbre sur lequel ils sont installés se réveille…et les embarquent dans une épopée onirique!

Pour les amoureux.ses d’étoiles dès 7-8ans.

Les conseils de Sandrine

Éléphant a une question. Lee Van de Berg & Kaatje Vermeire (traduction ; Emmanuelle Sandron). CotCotCot éditions, 2018. 15,50 €.

Bien-entendu, ne vous attendez pas à ce que dans cette chronique, je trahisse l’intrigue et vous révèle la Question super existentielle d’Éléphant. Mais en tout cas, au cours de sa quête et d’une attente de réponse, qui ne vient pas obligatoirement tant le sujet est personnel, on va suivre ce « pachyderme » – bien loin d’être lourdaud – aller à la rencontre des uns et des autres (animaux, héros de contes de fées et de folklore, personnages et objets surprenants…), se questionner et se montrer tellement sensible, mais aussi très déterminé. J’avais découvert le travail de Kaatje Vermeire avec son magnifique album « La grande dame et le petit garçon » et avais eu la chance de participer à un atelier d’illustration avec elle à Montreuil. Découverte d’une véritable artiste, créative, imaginative, amoureuse et curieuse des effets de matière brute et naturelle et de la magie de l’encrage. Et rien ne me déçoit jamais chez elle, car son univers est bien marqué, fait d’assemblages, de collages et surtout d’impressions de matériaux (textile, objets…) qui donnent une consistance et une autre lecture à chaque image. Dans cet album, le texte est drôle, fin, égayant et le choix des couleurs encore une fois subjuguant !

Pour les artistes-philosophes – À partir de 5-6 ans, et beaucoup plus si affinités…

Dans le jardin. Irène Penazzi. Maison Eliza, 2018. 16,50 €

Tout le monde dehors ! Prenons l’Air !! Cet album est une invitation à perdre son temps, à jouer, à imaginer, à créer, à batifoler et à transformer le jardin en Terre d’aventures et de voyages, au-delà des intempéries et des saisons. Un album sans texte qui se scrute, s’admire, se contemple et le temps en devient suspendu ! C’est parfois même un retour au passé… Les illustrations d’I. Penazzi sont un vrai rafraîchissement et il y a beaucoup de poésie. C’est un album également instructif et très ludique, au fil de l’eau… Dépaysant et très intelligent ! Et une Maison d’éditions qui gagne à être Re-connue.

Pour les aventuriers-poètes – À partir de 3 ans et beaucoup plus, pour les souvenirs…

Ratapoil. Delphine Durand. Du Rouergue, 2018. 16 €

Pas de trop longs discours pour vanter les mérites psychologiques et thérapeutiques de « Ratapoil ». L’auteure des Mous et de Gouniche nous emmène encore une fois au coeur de scènettes désopilantes, délirantes en suivant un personnage qui a beaucoup de mal à « dompter » sa chevelure. C’est le moins qu’on puisse dire… Sérieux et inflexible, s’abstenir ! On rigole beaucoup. Attention aux abdos !

Pour les joyeux-anti capilo-tractés… À partir de 6 ans, et OBLIGATOIRE après 17 ans (On n’est pas sérieux…)

Bêtes en devinettes. May Angeli. Les éditions des Éléphants, 2017. 16 €

Soit, soit il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais que serait Noël sans de beaux livres objets. Et si vous êtes passés à côté l’an dernier, autant vous reprendre !! Cet album s’ouvre et se découvre comme une boîte de chocolats (inutile de penser à Forrest Gump dans l’immédiat…). C’est juste une douceur. On plie, on déplie, on replie, on s’emplit… Ça ne fait pas un pli ! Le travail de gravures sur bois, hautement artistique de M. Angeli nous comble et maintient son côté intemporel. Une simplicité tellement travaillée, que les émotions sont garanties. Et les petits lecteurs seront attendris par ces « petites » bêtes qui page après page, nous semblent tellement galopantes, aboyantes,… vivantes !

Pour les sensibles-amuseurs et amusés. À partir de 2 ans, et sûrement tout au long d’une vie… De générations en générations.

Le fossile. Max Ducos. Sarbacane, 2018. 24,90 €

Qui ne connaît le travail de Max Ducos et sa passion pour les lignes, les structures, la beauté de l’architecture. Pas étonnant, alors, de le retrouver avec cet album aussi bien imaginé qu’élaboré. Un illustrateur constructeur ! Au début du récit, Clément – accompagné de son papa – découvre un quelconque caillou. Aussitôt, Le Professeur est prévenu, l’équipe arrive. S’ensuit une rigoureuse fouille qui nous emmènera à creuser, creuser… au coeur du livre lui-même. Chaque page tournée, l’intrigue se renforce, le texte s’agrandit et l’immensité de la découverte s’offre à nous ! Sans gâcher la surprise finale bien-sûr ! Max Ducos est une nouvelle fois le génial inventeur d’un livre-objet, livre-jeu qui instruit et nous questionne sur ces fascinantes « traces » du passé, disparues il y a 65 millions d’années. Presque aussi bien qu’au Musée !

Pour les apprentis paléontologues-ramasseurs de cailloux insolites. Et pour les autres, parce qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre… À partir de 6 ans.

Les riches heures de Jacominus Gainsborough. Rebecca Dautremer, Sarbacane. 19,50 €

Parce que c’est Rebecca. What else !? Et parce que Noël, c’est bien pour se faire un Grand plaisir, non ?

Pour les fanas de Rebecca-hyper réceptifs à la douceur. À partir de 5 ans,… même beaucoup, beaucoup plus

 

L’été sera Chaud !

Aujourd’hui je vous propose deux Benjamin Chaud (vous n’en aurez pas deux au prix d’un chez votre librairie autant le dire de suite), pas moins que ça !

Dans Pompon ours dans les bois on retrouve notre célèbre petit ours (ou si ce n’est pas lui, sûrement un membre de la famille élargie). Petit ours en a marre d’être un petit ours, il veut être un enfant ! Jouer à la poupée, sauter sur les lits, prendre un bain moussant… Toutes ces choses l’amusent tellement le temps d’une journée. Mais hélas, Petit ours a désobéi à ses parents pour filer en douce jouer au gosse. Et ça lui vaudra une belle frayeur !

Un album digne des précédents qui ont fait le succès du petit personnage et de son papa ours : les détails abondent, on ne sait plus où donner de l’œil et on se plait nous aussi à fouiner dans toutes les pages. A exploiter avec joie dès 3 ans.

Pompon ours dans les bois, ed. Hélium, 15,90 €.

C’est aussi le retour d’un autre personnage fétiche illustré par Benjamin Chaud et biberonné par Ramona Badescu: Pomelo, l’éléphant rose pastel au nom de pamplemousse. Ca me rappelle que quand j’étais gamine et qu’il y a avait du pomelo à la cantine je me demandais toujours ce qu’on allait bien pouvoir nous servir à manger (fonctionne avec « vol au vent », « bouchées à la reine » et autres menus obscurs aux noms enjôleurs pour faire passer la pilule).

La série, toujours aussi bucolique et épicurienne nous emmène en balade et c’est bien agréable de suivre Pomelo et Stela sous les arbres, les framboises et autres merveilles de la nature. Un album malin qui aide à réfléchir à des questions essentielles de la vie avec l’air de pas y toucher. Comme toujours, magique !

Pomelo découvre, ed. Albin Michel Jeunesse, 13 €

Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !