quel(s) temps

Le dernier accueil de classe de la bibliothèque avant le confinement avait pour thème le temps. Drôle de coïncidence à l’aune des mesures sanitaires gouvernementales actuelles me direz-vous… Occasion tout trouvée pour vous en reparler aujourd’hui car, chez vous aussi, les repères temporels sont peut-être un peu chamboulés ces temps-ci…

Introduction sous forme d’échange sur ce qu’évoque le temps pour les élèves:

Grâce aux mots, le temps infini est séparé en différents moments de la vie. Les mots sont utiles pour mesurer le temps, le découper en morceaux. Quels mots connaissez-vous du plus petit au plus grand ? Il y a des objets aussi qui servent à mesurer le temps pour nous aider : sablier, horloge/montre (24h d’une journée), semainier (7 jours de la semaine), calendrier (12 mois de l’année), arbre généalogique (montre les personnes d’une famille du + jeune au + vieil ancêtre), album photos (de souvenirs de moments passés) …

On va prendre plusieurs exemples du temps en racontant quelques histoires :

Jours de la semaine : Comptine « Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince »

Jour/nuit: Que fait la lune la nuit ? Anne Herbauts, Casterman, 1998

Cycle de la Vie (et de la mort):

Un, deux, pois, Françoise Malnuit, Grandir, 1992 ou la version kamishibaï

En t’attendant, Emilie Vast, MeMo, 2013

Chanson « Quand Fanny » (5 poupées russes sortent les unes après les autres et s’alignent)

Quand Fanny était un bébé, un bébé, un bébé
Quand Fanny était un bébé elle faisait comme ça
Ouin, ouin ,ouin . (en se frottant les yeux et suçant son pouce)

Quand Fanny était une p’tite fille, une p’tite fille, une p’tite fille
Quand Fanny était une p’tite fille elle faisait comme ça
Na na na nanère euh ! (en faisant un pied de nez)

Quand Fanny était une jeune fille, une jeune fille, une jeune fille
Quand Fanny était une jeune fille elle faisait comme ça
Soupir… (mains sur les hanches et la main dans ses cheveux, levant les yeux au ciel)

Quand Fanny était une maman, une maman, une maman
Quand Fanny était une maman, une maman, une maman elle faisait comme ça
« Chut…dors mon bébé  » (en le berçant)

Quand Fanny était une grand-mère , une grand-mère ,une grand-mère
Quand Fanny était une grand-mère elle faisait comme ça
Ouille, ouille, ouille! mon dos (en se tenant le dos)

Quand Fanny était un squelette ,un squelette, un squelette
Quand Fanny était un squelette, elle faisait comme ça

Cccccccccccccrac! (claquer des dents, des doigts et des genoux)

Quand Fanny était une poussière, une poussière ,une poussière
Quand Fanny était une poussière elle faisait comme ça

Fffffffffffffffffou….(souffler sur une poussière imaginaire)

Le visage de Mamina, Simona Ciraolo, Gallimard Jeunesse, 2017

Saisons : Arbre, Amandine Laprun, Actes sud junior, 2017 (à lire en écoutant « La redécouverte » tirée de la BO d’Amélie Poulain)

Année : Belle année, Anaïs Brunet, Sarbacane, 2018

Fuseaux horaires : Au même instant sur la Terre, Clotilde Perrin, Rue du monde, 2011

Météo : Ma robe magique, Kayako Nishimaki, Autrement (aujourd’hui épuisé, théâtre d’ombres fabriqué d’après l’album sur une idée de Poucet galet, vidéo ici)

En cette période de confinement, une petite discussion est peut-être bienvenue avec le(s) enfant(s) de la maison. Ce peut-être le moment de chercher les livres qui mettent le temps en scène, de créer son « carnet de voyage immobile: l’histoire de notre confinement » à l’image de Blisscocotte qui a ouvert sur Instagram une annexe tout aussi colorée où elle montre de quoi œuvrer de façon créative en famille.

Pour les plus petits, comme on le disait récemment sur Instagram en présentant Tintamarre et gazouillis, une journée tout en bruits d’Eva Montanari chez Thierry Magnier, on pourra peut-être remettre des mots – ici des onomatopées – sur les moments-clés du tout-petit. Car cet album doux et bruyant à la fois appelle au partage entre parents et enfants autour de l’emploi du temps. On peut ainsi évoquer ensemble les épisodes essentiels pour l’un, pour l’autre, chercher à les bruiter, avec ses propres sons, qu’on utilise des interjections, des instruments de musique ou des objets banals de la maison?


Tintamarre et gazouillis, une journée tout en bruits, Eva Montanari, Editions Thierry Magnier, 2018

Dans Les mots du temps, une série de mots a été définie par Catherine Grive et photographiée par Janik Coat: maintenant, avant, après, matin, soir, aujourd’hui, hier, demain, jamais, longtemps, vite, lentement, passé, avenir, instant, toujours, éternité, début, fin. Pourquoi pas s’en inspirer pour créer son propre dictionnaire du temps qui passe? Vous avez du temps, du papier et un crayon, un appareil photo (ou un téléphone 😉 )? Et bien lancez-vous et si vous n’avez plus d’encre dans l’imprimante, ça attendra bien un peu pour l’impression 😉

1, Ed. Thierry Magnier, 2014

 

 

 

 

 

 

Le Noël 2013 de l’Ouvre-livres

Cette année encore nous avons fait les courses à votre place. Le tournis ne vous a t-il jamais pris dans une librairie ? Quand on est entouré de piles de livres, coincé contre des étagères, il n’est pas aisé de dénicher LE bouquin parfait parmi ces monticules d’ouvrages. Nous sommes allées fouiller afin de vous proposer nos idées cadeaux que voici :

POUR LES TOUT-PETITS (0-3
ans)

Bon voyage bébé! de Beatrice Alemagna, publié par hélium, 10,90 euro.

Je pars toujours à la même
heure.
Le voyage sera long.
D’abord, il faut faire sa valise.
Je ne dois pas oublier mon biberon, ni mon doudou…
Ma tétine, bien sûr…
Et mon livre préféré.

Dans ce petit livre destiné au rituel du coucher, on découvre un bébé à la
bouille craquante qui nous narre le long voyage qu’il effectue tous les soirs dans les règles de l’art… Tout est minutieusement répertorié car il ne faut rien oublier ! Le bébé s’empare de sa valise, enfile une tenue bien adaptée pour un gros dodo, se munit
de tout le nécessaire, fais des bisous par ci par là et zou ! Fin du voyage, destination finale : le lit. Un ouvrage drôle et rassurant aux illustrations douces. Pour lire la chronique entière d’Emi lit, c’est par .

Beatrice Alemagna semblait destinée à devenir une grande artiste. Née à Bologne où se tient la prestigieuse « Children’s Book Fair », elle n’a eu de cesse de répéter dans sa jeunesse qu’elle voulait être une artiste ! C’est l’une des rares illustratrices italiennes à avoir percé en France. Bien que certains des plus fameux et inventifs illustrateurs jeunesse soient italiens, Bruno Munari, Iela et Enzo Mari ils ne sont pas si nombreux à leur avoir emboîté le pas avec succès en France. Roberto
Innocenti 
bien sûr ou encore Tullio Corda publié bien plus récemment. On ne peut manquer ici de citer la célèbre maison d’édition Corraini dont vous pouvez trouver une partie de la production dans certaines librairies Sorcières (pas toutes!)

Collection P’tit land art de Marc Pouget chez Plume de carotte, 9,90
euro.

Marc Pouget est l’Andy Goldsworthy des touts-petits ! Dans ces imagiers tout cartons destinés aux plus petites mains, la poésie surgit à chaque page. La collection qui compte un titre par saison vient de s’achever avec la parution de l’Hiver.
De jolies compositions saisonnières dont l’aspect éphémère en pleine nature perdurera dans ces photos.

En savoir plus…

Le land art est un art éphémère réalisé avec des matériaux naturels. L’œuvre  s’inscrit dans une démarche d’harmonie avec le paysage puis disparaît.  Outre Goldsworthy,
on peut citer les rois de l’emballage Christo et Jeanne Claude, Andrew Van Der Merwe.

PETIT ZOOM SUR DELPHINE CHEDRU,
JANIK COAT, ANNETTE TAMARKIN ET LUCIE
FELIX !!!

Mais pourquoi donc elles 4 réunies ? Car ces dernières années elles ont implanté du pimpant dans les livres pour les bébés et que ça change du pinpon.

Paru il y a quelques mois chez un éditeur tout beau tout nouveau baptisé Marcel et Joachim voici L’imagier de Delphine Chedru. Ce bel objet bien épais à la façon du célèbre Livre des bruits chez Loulou et compagnie est conçu en partenariatavec Petit
Pan
, les rois du tissu coloré et, depuis peu du chouette carreau de ciment… Si le principe est classique, une image pour un mot, le résultat est des plus coquets. Un imagier qui plaira donc aux mamans averties (et coquettes).

 Janik Coat             ou          Delphine Chedru ?  featuring Bernard Duisit (ingénieur papier)

Deux pop-up hélium pour les petits spécialement pensés pour les  menottes qui ont la tirette qui les démangent. Munis de flaps ou tirettes relativement maniables par rapport à ce qu’on trouve sur le marché. Ici l’on s’amuse dansla version Janik
Coat
à s’habiller ou se déshabiller, c’est selon. Dans celui de Delphine
Chedru
on bricole des toutous (ah la joie de rallonger le teckel en saucisse !) Vous pouvez jeter ici un œil sur le très bon site de la librairie La Soupe de l’espace pour en voir les animations.

On s’approche tout doucement mais sûrement du livre « d’artiste » pour les petits (ce qui ne veut trop rien dire mais je pense que vous saisissez où je veux en venir). Ce sont ces livres qui sont tellement différents de ce qui est habituellement proposé qu’on se demande si c’est vraiment pour les enfants ou pour les parents ou pour les adultes qui n’ont pas d’enfants mais les veulent pour eux…

Lucie Félix auréolée de prix pour son premier livre 2 yeux ? incarne parfaitement cette tendance. Son nouvel album Après l’été poursuit en beauté son travail pour les tout-petits. Lucie Félix livre sur son site internet deux belles vidéos qui vous permettront de voir l’intérieur de ses ouvrages et la dimension qu’ils prennent lorsqu’on en tourne les pages. Ces deux ouvrages sont publiés par Les Grandes personnes et sont au prix de 12,5 euro.

Bien avant Lucie Félix, la belge Annette Tamarkin ne s’était pas gênée pour proposer aux tout-petits de très beaux livres jouant sur les formes, les contrastes, les couleurs. 

Quelques exemples des ouvrages d’Annette Tamarkin pour les tout-petits. Des
livres avec des surprises, des couleurs qui jaillissent de partout, des petites bêtes cachées et même un jeu de mémo à la fin de Bleu vache ?

LA RELEVE

Aux Grandes personnes la relève semble assurée en la personne d’Emma Giuliani dont le superbe et délicat Voir le jour devrait logiquement être non seulement un chouette cadeau de Noël mais aussi un indispensable cadeau de naissance.

Citons-ici aussi la talentueuse Martine Perrin qui nous offre en cette fin d’année un ouvrage qui semble repousser les limites de son talent vers l’infini (si, si !). Mon arbre
à secrets
est génialement réalisé avec Olivier Ka il est plein de bidules et de zinzins qui volent, pendouillent (mention spéciale à l’arbre en fin de livre, sublime…) Un livre aérien tout en transparence et en calque. Publié par les Grandes personnes il coûte 14,50 euro. On peut en voir des morceaux de choix sur le site d’Olivier Ka.
La délicatesse de l’ouvrage, la finesse des calques laissent imaginer qu’il vaut mieux réserver ce livre aux plus grands.

ALBUMS

Voici quelques albums qui trouveraient volontiers leur place sous le sapin.

20131016-125206.jpgCoup de cœur absolu, nous vous incitons à relire la chronique réservée au dernier Mélanie Rutten L’ombre de chacun. Un album splendide, divisé en chapitres qui aide à grandir et à s’émerveiller. Un indispensable !

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Au même instant sur la Terre, de Clotilde Perrin est un album cartonné de 24 volets. Il propose de découvrir ce qui se passe au même moment sur notre planète Terre en Alaska, en Afrique….

Editions Rue du Monde. A partir de 3 ans. 24,80 euros.

Je vous invite à découvrir l’univers coloré de Clotilde Perrin ici

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Sous le grand Banian de Jean-Claude Mourlevat et Nathalie Novi. Editions Rue du Monde. 2005.

Un très bel album qui nous présente la relation touchante qu’entretiennent deux sœurs. Jean-Claude Mourlevat nous plonge dans l’imaginaire aux motifs indiens aidé de Nathalie Novi et de ses illustrations magnifiquement rougeoyantes , une réelle émotion.

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Bonjour le Monde! de Catharina Walckx.

Un petit album bien frais qui véhicule une agréable joie de vivre. Une petite fille parcourt le monde en compagnie de son canard et salue tous ceux qu’elle croise. Pas de leçon de politesse, juste le plaisir de saluer, d’aller vers l’autre. Un album qui respire positif.

Ecole des Loisirs, 2013. A partir de 5 ans. 15 euros.

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Le voleur d’enfants  de Michaël Escoffier, Clément Lefèvre.

Nous voilà en compagnie d’un voleur d’’enfant. Un être horrible, avec de longues dents. Brr… Un petit bijou comme on les aime, un conte mystérieux qui connaît un dénouement agréable. Les illustrations sont excellentes, elles nous emportent dans un monde étrange pour mieux nous surprendre. Un album à raconter, raconter, raconter…

Editions Chocolat! 2010. A partir de 5 ans. 13 euros.

Quelques autres idées jetées en vrac car on ne peut pas faire un article qui fait 10 pages…

La maison souterraine aux cent étages 9782809709339publié par Picquier jeunesse. 2e tome de la série mais même principe : Le livre s’ouvre dans sa hauteur, une jeune fille est invité dans une maison de cent étages. Chaque double page nous fait visiter la maison d’une famille d’animaux, chaque maison à 10 étages. Ainsi l’on découvre leur vie trépidante et les nombres jusqu’à cent. Un vrai régal ! Comment faire passer les nombres pour de la rigolade auprès des plus réticents. Attention ! Cet album convient AUSSI à ceux qui sont bons en maths… Dès 5 ans.

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Les frères Lafontaine, Plombiers de l’extrême est un album amusant dans lequel deux super pingouins plombiers sont mis au rebut lorsqu’un autre plombier vient casser les prix. Heureusement pour eux cet hurluberlu n’y connait rien en plomberie et raccommode les tuyaux à coup de sparadrap… Publié par Milan dès 4 ans.

ROMANS

Envie d’un peu de chaleur alors que les premiers flocons tapissent les campagnes françaises ? La solution peut être de partir sur les collines Hollywoodiennes en (très bonne) compagnie de Malika Ferdjoukh.

En apercevant la couverture on se prend à rêver qu’à l' »École » on ait lu et entendu nos appels au secours de ces derniers mois. Nous étions inquiets car les couvertures souvent fades ne collaient plus à l’ambiance d’aujourd’hui mais ressemblaient à « la crise ». Timidement mais sûrement cette année a vu éclore de belles couleurs  ! La
preuve en est une nouvelle fois avec La bobined’Alfred dont la couverture éclatante et tonique est signée Séverin Millet. Voilà donc le moment de vous parler de ce
roman dont la couverture vous livre quelques indices à propos de cette histoire ensoleillée. Sous les palmiers, un cocktail  à la main, en compagnie de Sir Alfred Hitchcock himself, Harry Bonnet va carrément dépasser les bornes. Pourtant c’est vraiment un type sympa, 16 ans, fils de cuistot montmartrois dingue de cinéma.
Plutôt bien élevé mais vraiment trop curieux. Pour ce duo dingo de ciné une incroyable aubaine se fait jour. Une star hollywoodienne Lina Lamont, leur propose de l’accompagner à Hollywood pour que le père d’Harry devienne son chef cuisinier. Peu après leur arrivée, Lina demande à Gustave, le père d’aller remplacer dans le plus grand secret le cuisinier d’un de ses amis célébrissime. Harry, piqué par sa curiosité s’engouffre dans le coffre et surgit au beau milieu du plateau de cinéma d’Hitchcock comme un cheveu sur la soupe.Malika Ferdjoukh choisit dans ce roman de narrer le rêve d’Hitchcock qui mourrait d’envie de tourner Mary Rose, d’après la pièce de James Matthew Barrie comme vous pouvez le lire ici dans un entretien avec François Truffaut. Nous assistons donc durant ce roman au tournage du film et à ses déboires.

La bobine d’Alfred est un roman divertissant et enjoué, qui rend un peu la pêche en
cette morne saison. Tel un film, tous les ingrédients y participent : les décors mythiques d’Hollywood, les rebondissements, le flash-back du début, les tiraillements des amours adolescentes. J’aime ces romans dans lesquels ont perçoit clairement une ambiance, une atmosphère. C’est le cas ici puisque l’on se sent  pleinement réchauffé par le soleil de Californie. On en sort revigoré et plein d’une certitude déjà acquise depuis longtemps : Malika Ferdjoukh est une grande dame de la littérature jeunesse. Capable de jongler entre les styles, les romans sérieux, les romans drôles, les romans policiers, les thèmes de société. Malika sait tout faire.
Conseillé dès 12/13 ans. Publié par l’École des loisirs et vendu au prix de 14
euro.

passe miroirPour ceux qui ne sont pas frileux nous proposons un voyage inoubliable dans un grand nord imaginé par Christelle Dabos dans sa série La passe-miroir qui débute
magistralement avec Les fiancés de l’hiver. Nous sommes ici conquis par cet univers
magique où l’imagination de l’auteur semble n’avoir aucune limite. L’héroïne Ophélie et son futur mari, le dérangeant Thorn ont séduit même celles qui détestent l’héroïc-fantasy… Cet ouvrage précédemment chroniqué
ici vous est donc chaudement
recommandé dès 12/13 ans. Publié par Gallimard Jeunesse, 18 euro.

20131001-212621.jpgRevenons sur terre avec le
roman de Ruta Sepetys, Big easy.  Lui aussi déjà chroniqué sur notre blog nous en remettons une couche et insistons car c’est vraiment un excellent roman d’époque. Celui d’un destin mal parti, celui de la jeune Josie Moraine, fille d’une prostituée peu portée sur le bien être de sa progéniture. A lire absolument dès 12/13 ans ! Publié lui aussi par Gallimard Jeunesse, 16,5 euro.

Une fois encore Susin Nielsen nous gratifie d’un roman inoubliable sur les tourments des ados. Avec Le journal malgré lui d’Henry K Larsen,  elle y va fort et
parvient à nous faire rire et pleurer et même les deux à la fois. Allez, n’attendez plus, si vous ne savez pas quoi choisir prenez celui-là ! Non pas parce que nous le préférons aux autres cités ici mais parce que c’est celui qui nous semble le plus à même de plaire à absolument TOUT LE MONDE (oui, c’est bien écrit ça.) 20131021-215949.jpgÉditions hélium, 14,5 euro.

Attention au départ, décollage imminent…pour la Lune. A la suite d’un concours orchestré par la Nasa, 3 ados se préparent à partir pour l’astre lunaire des décennies après Neil Armstrong et Buzz Aldrin.  Après un prologue mystérieux où le nom des participants a été rendu anonyme et une lente découverte des 3 protagonistes – Mia la norvégienne totalement réfractaire à l’idée d’aller sur la Lune avant de se dire que le voyage lui apporterait une célébrité bien utile pour percer dans le monde de la musique, Midori la japonaise ne rêvant que de quitter son pays et Antoine le français prêt à tout pour s’éloigner de son ex, la mécanique de l’horreur se met en marche.  Une relecture glaçante de la conquête spatiale. N’oubliez pas d’attacher vos ceintures !

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172h sur la lune, Johan Harstad, collection Wiz chez Albin Michel Jeunesse, 2013, 19,50 €

DOCUMENTAIRES

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Elle n’est pas passée inaperçue chez nous cette drôle de leçon d’architecture ! L’architecture
vue par les pigeons 
est un surprenant documentaire mêlant sérieux et humour pour un résultat décapant. Promenez-vous dans ces monuments célèbres en compagnie de Basile Plumagile, votre guide. Un pigeon qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas… Pour la chronique entière c’est ici.
Editions Phaïdon, 19,95 euro.

Moule à gaufres, voilà notre coup de cœur gourmand ! Ce sont les 22 régions de France métropolitaine ainsi que l’Outre-mer qui sont passées en revue dans ce grand documentaire recensant notre patrimoine culinaire si riche et varié grâce à des anecdotes, des infos aussi bien géographiques qu’historiques sans oublier des recettes et pas les moindres. Des chefs renommés – membres de l’association Relais & Châteaux – proposent leur version de plats traditionnels et ce tout en restant faciles à réaliser par petits et grands. Le livre est bien construit : on nous présente les régions par ordre alphabétique sur deux doubles pages exposant les spécialités locales. A chaque fois, la première double page  affiche la carte du coin et ses 10 productions emblématiques + une mention pour les parents vantant un cépage incontournable tandis que la double page suivante aborde une route révélant comment naissent les saveurs d’un terroir + un encart sur un produit décliné (un fruit, un légume ou un animal particulier) et enfin une recette de grand chef à exécuter en famille !

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Atlas de la France gourmande, illustré par Hervé Pinel, Albin Michel et Bottin Gourmand, 2012, 19 €

Ce bel ouvrage explore le corps de A comme Abdomen à Z comme Zzzz. Certes, il s’agit d’un dictionnaire mais pas que. Le dedans, le dehors, le connu, l’incongru sont tour à tour évoqués avec tout plein de mots interdits qu’on a tous cherché un jour. Vous l’aurez compris, les niveaux de lecture sont multiples grâce aux mots savamment choisis par Katy Couprie (définitions et articles tantôt explicatifs et sérieux tantôt humoristiques et décalés, citations authentiques ou non et autres ornements typographiques) et ses images aux techniques variées (planches en quadrichromie, photographies tramées, dessins au trait, gravures anciennes détournées, têtes de chapitre à l’eau forte etc). On aime le fait qu’il rappelle à la fois les ouvrages d’anatomie d’antan et les radiographies et autres imageries médicales d’aujourd’hui.

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QUINTE n.f Toux à répétition, rouge ou noire, revenant précisément toutes les cinq heures. Voir Toux p. 192 

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Comme il est écrit sur la quatrième de couverture : « de quoi nourrir la découverte de son corps, son imaginaire, pour se connaître et connaître les autres ».

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 Dictionnaire fou du corps, Katy Couprie, Editions Thierry Magnier, 2012, dites trente-trois €

Lulu, le brontosaure, les poissons qui prennent le thé, Rémi Clafoutis et les autres…

Ce week-end j’ai lu tout plein de romans !

Je n’en suis pas peu fière mais l’exploit mérite d’être relativisé car je n’ai lu « que » des romans pour les « cadets ». La lecture est-elle un sport pour que l’on qualifie cette catégorie un peu au dessus des premières lectures, de « cadet » ? Collections Mouche, Milan benjamin, Folio cadet, Milan cadet voire même Milan cadet +, on se croirait sur un ring de boxe.

Cette catégorie aux drôles de noms revêt une importance toute particulière, c’est selon moi celle qui va faire que l’on prend son envol ou pas vers des lectures plus importantes. Vers un nombre de pages plus  élevé, vers des histoires moins illustrées (même si l’on remarque que de plus en plus de romans sont de nouveau illustrés, aérés), vers les « vrais » livres diraient certains. Parmi ces romans au noms de collections toutes plus sportives les unes que les autres, voici ceux que j’ai choisi de vous présenter :

Pour le premier cité, je l’annonce d’emblée, j’ai triché. Car je l’ai lu il y a déjà plusieurs semaines mais c’est un gros coup de coeur (c’est pour ça que c’est écrit en gras et en vert). Il s’agit d’un ouvrage tout de dorures et de verdure vêtu, découvert dans la sélection des premières lectures du prix Sorcières. J’en profite pour dire que cette année les Prix Sorcières seront annoncés et remis lors de la fête du livre jeunesse de Villeurbanne. Je n’en rajoute pas une couche sur les gagnants que l’on connaît déjà dans les librairies Sorcières parce que c’est INTERDIT de le dire à l’avance.interdit

luluJe parle là d’un charmant livre des éditions Milan qui s’intitule Lulu et le brontosaure, écrit par Judith Viorst et illustré par Lane Smith. Le charme désuet de l’ouvrage au look un peu rétro est au service d’une histoire drôlement amusante, celle de Lulu, l’infâme Lulu. Une gamine haute comme trois pommes mais qui est digne des pires chipies que la littérature pour la jeunesse ait proposé. Elle trépigne, elle geint, elle hurle pour obtenir ce qu’elle désire et ce n’est pas moins qu’un brontosaure. Elle chante aussi. Ça fait « Je veux un brontoto, un brontoto, un brontosaure rien que pour moi! » (je vous laisse imaginer l’air, le mien reste en tête longtemps…). Cette grr de Lulu, devant le refus tout net de ses parents, fugue avec sa jolie valise, afin de trouver son brontoto. Sous la forme d’un conte, elle affronte tout un tas de bestioles ignobles, les épuise avec ses manies et sa voix criarde jusqu’à ce qu’elle le voie… enfin.

Il est là son brontoto ! Elle le trouve, tente de l’apprivoiser mais (il y a un mais), le brontosaure trouve ça génial d’avoir un petit humain de compagnie, car il n’en a jamais eu. Devinez si Lulu fera le poids face à la bête ? Évidemment pas. Elle finira même en laisse, tient. Mais l’auteure qui n’est pas si méchante nous laisse le choix et propose trois fins alternatives. J’ai été ravie de cet ouvrage qui est proposé dans une belle édition reliée (et dorée ! j’insiste). Une chouette histoire et un bel objet.

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Mes copines du blog, folles de Guillaume Guéraud (ou de ses livres je ne sais pas trop), ont piqué ma curiosité. J’ai donc lu Bob le raté tout juste paru chez Sarbacane. Une sorte de roman graphique trop bien illustré par Alfred qui fait aussi pas mal de bandes-dessinées. J’ai tout de suite aimé l’accroche sur la 4e de couverture qui donne le ton:

« Une histoire criminelle au cœur de la pègre avec des gangsters de haut vol et des personnages hauts en couleur de la poisse et de la chance mais aussi des allumettes et la femme du président des États-Unis ! »

Bob est un voleur raté qui sort de prison mais depuis tout petit « il avait constamment échoué. Les sacs qu’il dérobait étaient toujours vides. les voitures qu’il fauchait tombaient toujours en panne. Les sirènes des banques qu’il attaquait se mettaient toujours à hurler. Et, même à l’époque ou il ne volait que des sucettes dans les épiceries, il se faisait toujours pincer ».

Malgré ce piètre palmarès, Bob veut se refaire. Lorsqu’il entend parler d’une compétition dans laquelle s’affrontent les meilleurs voleurs du monde, Bob ne peut s’empêcher malgré les railleries, de vouloir participer.

Que va t’il rapporter ? Va t’il gagner ? Vous le saurez en lisant le premier épisode de la collection Série B. La série promet des péripéties jamais vues à la télé, ni dans la cour de récré, ni chez mémé !

On est vraiment dans l’ambiance d’un film noir, je trouve cette série très novatrice et je suis contente de trouver là une alternative aux polars de la série Mini Syros qui étaient bien seuls dans leur catégorie de polars pour les plus jeunes. Le graphisme et le lettrage sont vraiment géniaux et les textes de Guéraud sont au poil. Je suis plus perplexe sur l’âge car le récit est très court toutefois le vocabulaire de la criminalité peut-être pas forcément accessible. Je pense conseiller cette série à partir de 8 ou 9 ans.

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Attention changement de style radical ! Avec un an de retard, pourvue d’une appréhension certaine et d’un a priori catastrophique j’ai pris l’initiative de lire … Rémi Clafoutis de Michael Broad chez Bayard poche dans ce que j’appelle « la collection à rayures ». Oui, celle-là même qui propose les inoubliables Sheltie le poney, ou encore les regrettés Coeur Grenadine, les revenants Chair de poule, les tonitruantes Cabane Magique… Je partais moqueuse, perplexe, blasée. Au bout de 5 pages mon mari est parti de la chambre car je riais tellement qu’il ne pouvait pas bouquiner tranquillement (anecdote véridique). J’ai le rire facile, il est vrai. Toutefois cette petite série devient, je l’annonce officiellement, mon nouveau « livre pour ceux qui n’aiment pas lire ». Ce petit roman qui est le premier tome d’une série qui en compte 3, est composé de deux histoires abracadabrantes mais vraies, racontées par Rémi dans son carnet avec dessins à l’appui. La première est de loin la plus marrante. Rémi découvre que la dame de la cantine qui sert du chou tous les jours (vous imaginez?), est en réalité un robot programmé pour. Et ce jour-là, Rémi est puni, il doit manger double ration de chou. Le robot-dame de cantine, se met à gronder « encore plus de chou! » pour lui mettre sa seconde fournée. Rémi fait voler l’assiette remplie à ras-bord, le robot n’apprécie pas, fait un bond de deux mètres, poursuit Rémi en criant « encore du chou » tout en démontant les portes qui croisent son chemin. Rémi réfugié dans sa salle de classe est terrorisé jusqu’à ce que le robot dérape (sur du chou), fasse un salto et se cabosse. Ce ne sont ensuite que Bang! et Clang! puisque le robot-dame de cantine qui s’appelle Mrs Brown est tout démantibulé. Bon, voilà, c’est pas convaincant mais je vous jure que c’est très drôle et que ça mérite d’être découvert. Foi de libraire. A  lire sans modération, qu’on aime le chou ou pas, dès 8 ans.

Là, tout d’un coup, je sens qu’il faut que je remonte le niveau avant de perdre toute crédibilité.

chocolat

Restons dans le culinaire mais passons au dessert. Enfin, ça dépend pour qui. Vous allez vite comprendre pourquoi. Écrit par Elise Fontenaille, en collaboration avec l’ethnologue Clarisse Buono ce roman appétissant appelé Pour un carré de chocolat s’inspire de la réalité. Et oui il y a des endroits où l’on récolte le cacao sans même savoir quel goût ça a dans la tablette.

Dans le village ivoirien de Boignykro, Jean Reno, Mandela et la belle Innocente décident de travailler à la récolte de cacao pour se faire un peu d’argent et grignotent (du temps) sur leurs heures d’école pour aller travailler. Du chocolat, ils n’en ont jamais vu de leur vie, ce qui n’est sûrement pas le cas de l’autre Jean Renoreno. Pour connaître le goût du chocolat il faudrait de l’argent mais aussi aller à Abidjan. Impossible pour Jean Reno (le nôtre) qui rêve pourtant d’en offrir à Innocente pour qui son cœur de pré adolescent s’emballe. Cette lubie de gagner de l’argent pour lui offrir un carré de chocolat leur fait frôler la mort. On est loin de l’ambiance de Rémi Clafoutis, mais si le sujet porte à le réflexion c’est tout de même un ouvrage joyeux. Elise Fontenaille relate cette histoire avec l’accent qu’il faut et dès les premières lignes il nous semble entendre parler et rire ces enfants ivoiriens. Un joli petit roman avec (un autre) Jean Reno.

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tonton

Récemment paru dans la collection « Roman » des Mini Syros, voici Allô Jésus, ici Momo. Ou comment un banal problème de maths fait ressurgir d’antiques querelles de voisinage. Tout commence quand Doumbia pêche face à un problème de maths concernant un rendu de monnaie pour l’achat de barquettes de framboises. Elle se rend chez monsieur Habib l’épicier, s’exprime mal et celui-ci comprend que l’instituteur l’accuse de mal rendre la monnaie. S’ensuivent des quiproquos s’enchaînant en ribambelle. Le tout finit dans la crèche toutes religions confondues. Ouf, on a eu peur. Avec Henriette Santon en guest star pour coacher ces apprentis bergers, rois mages (et les moutons). Je ne crois pas que ce sympathique roman fera partie des inoubliables du fonds Syros mais c’était tout de même un moment de lecture agréable. J’ai a peu près le même avis concernant Dépêche-toi tonton de Roland Fuentès. Cette nouvelle aventure de tonton Zéro nous montre combien il est ridicule de toujours vouloir gagner du temps plutôt que d’en prendre.

Pour finir, car ça fait bien 2 heures que je suis sur cet article, je garde une pépite pour la fin. Un genre de livre sorti de nulle part et qui va sûrement passer complètement inaperçu, je vous présente un roman venu d’Estonie, écrit par Piret Raud (je ne sais pas qui c’est) :

poissons

Il s’intitule donc comme vous pouvez le voir Le thé des poissons , il n’est pas publié comme le laisse penser la couverture à La Joie de lire mais au Rouergue.  Il se compose de tout petits récits dans lesquels les poissons prennent le thé ! Mais ce n’est pas tout, il y a aussi des œufs qui mettent la tête à l’envers et des théières qui font du yoga, et une histoire que j’adore dans laquelle il y a un téléphone portable peureux qui tremble tout le temps. C’est charmant, drôle, presque jamais vu. J’adore ce genre de livres surprenants, déconcertants mais toutefois bidonnants. Cela me rappelle un autre roman également composé de courtes histoires que j’ai lu l’an dernier Dom do dom du hongrois Ervin Làzàr, tout aussi loufoque dans lequel on croisait un cheval bleu, un sapin mobile, d’autres curieuses choses mais le tout évoluant dans une joyeuse communauté. dom_do_dom_HIBOUK_web_500

Je vous quitte sur ces quelques idées consacrées aux lecteurs à partir de 8 ans. Je ne mets pas de limite d’âge,  il ne manquerait plus que ça.

En attendant, mangez du chou. Ou du chocolat.