Sélection de Noël, les romans

Les contes de Petit Duc

 

Les contes de Petit Duc, de Jérémy Fischer et Jean-Baptiste Labrune, ed. Magnani, 25,90€.

Alors là ! Mais alors là, nul doute qu’on tient là une merveille que personne ne va remarquer et ça va m’énerver. Je ne vous fais pas l’éloge de la couverture, vous voyez vous-même comme elle en jette. Et l’histoire, et bien l’histoire, elle est universelle, intemporelle, intelligente. C’est un livre dont on fait ce qu’on veut ! On le lit comme un conte aux plus jeunes qui s’amuseront des noms improbables et foufous des peuples qui sont les héros de l’histoire. Certes vous galèrerez un peu à les lire mais quelle joie quand on y parvient. Si vous butez sur ces patronymes imprononçables, refilez le bouquin à un enfant qui lit tout seul et je ne doute pas qu’il s’en emparera. Au pire, il y aura bien un adulte dans le coin qui se dira : mais c’est quoi ce livre avec de si belles couleurs ? Un roman illustré pour tous, qui fait sautiller de joie par ses sublimes illustrations et son propos fort malin !

Véronique Ovaldé et Joann Sfar - A cause de la vie.

A cause de la vie, Joann Sfar et Véronique Ovaldé, ed. J’ai Lu, 7,90€.

Voilà donc un livre dont on ne sait si c’est une BD, un roman graphique ou allez savoir quoi encore. Et quelle importance ? Quand on est à ce point pris dans le tourbillon de l’histoire et happé par la beauté des mots, plus rien d’autre ne compte que le plaisir de lire.
Un magnifique roman avec la taille d’une BD et des dessins de Sfar dedans ! Et un peu de Perec et d’Amélie Poulain. Énorme coup de cœur que j’ai serré dans mes bras en le terminant.

Dès 11-12 ans. existe aussi en grand format chez Flammarion.

Malika Ferdjoukh - Broadway Limited Tome 2 : Un shim sham avec Fred Astaire.

Broadway limited t2, un shim-sham avec Fred Astaire, de Malika Ferdjoukh, ed. Ecole des loisirs, 18,50€.

Je ne sais pas si c’est flatteur mais ce roman c’est l’équivalent d’une bouillotte en plein hiver dans une chambre humide. Je peinerai à décrire la joie de retrouver toute la maisonnée dans ce tome 2 ! Probablement le livre « jeunesse » que j’attendais le plus ces dernières années. Et il est là, il ne déçoit pas. Malika Ferdjoukh est toujours la reine de la littérature pour ados, elle sait comme personnes trouver les formules qui font mouche et les métaphores qui sonnent dans nos têtes. Encore un grand roman, à faire lire à tous les adultes.

Ados/adultes.

Jefferson. Jean-Claude Mourlevat. Gallimard jeunesse, 2018. 13, 50 € – à partir de 9/10 ans

Comme souvent, je n’ai rien à redire sur le choix de la thématique, l’écriture, l’angle d’attaque, le style et la vivacité de cet auteur. Dans « Jefferson« , il revisite « La Ferme des animaux » en quelque sorte et nous propose un monde dans lequel les animaux parlent, réfléchissent, aiment, lisent… et dans lequel un crime est commis. Jefferson, notre héros, un hérisson très élégant et intelligent, va être accusé à tort du meurtre et va décider, avec son meilleur ami Gilbert le Cochon, de se rendre chez les humains, persuadé que s’y trouve l’énigme de cette drôle d’histoire. Ce qu’il va découvrir, dépassera bien-entendu son imagination. Une fine sensibilisation à la cause et maltraitance animale. Comme dirait l’Autre, de temps en temps simplement se placer de l’Autre côté…

L’archipel, T1 et 2. Bertrand Puard. Casterman, 2018. 16 € – dès 12-13 ans

C’est une première lecture de cet auteur, en ce qui me concerne, car je n’avais pas du tout lu la série des « Effacés« . Yann et Sacha se ressemblent comme des frères, à tel point que l’un – recherché par la police – s’appropriera l’identité de l’autre, retrouvé enfermé dans une prison (la fameuse Archipel) pour expier des fautes qu’il n’a pas du tout commis. Un récit polyphonique, un rythme soutenu, des rebondissements, de grands mystères (ben oui, pourquoi se ressemblent-ils tellement ??) et des ados qui en ont assez d’être manipulés. Bref, un bon roman d’espionnage et d’aventures. On voyage, on voyage…  Le tome 3 ne devrait tarder. Pour les amateurs de suspense.

Sauveur & fils, T4. Marie-Aude Murail. Ecole des loisirs, 2018. 17 €. À partir de 13 ans. 

Même si sa parution date un peu (janvier 2018), ça me paraît une excellente idée de cadeau pour poursuivre cette aventure littéraire avec Sauveur, son fils Lazare et tous les personnages rencontrés dans son cabinet de psychologie auxquels, tome après tome, on a fini par beaucoup s’attacher. Marie-Aude Murail a bien ce talent de nous raconter des histoires comme si on écoutait – au coin du feu (c’est mieux !) – les confidences et vies de nos voisins, de nos copains, de notre entourage… Une truculente familiarité. Et pas que de la bobologie.

J’ai suivi un nuage. Maëlle Fierpied. Ecole des loisirs, 2018. 12,50 € – À partir de 9-10 ans.

Mon réel coup de coeur de cette année ! Le sujet très particulier – la maladie psychologique – en fait un de ces romans qui encouragent à discuter, échanger pour mieux comprendre. Mais pas d’inquiétude, la thématique est finement amenée et le point de vue de l’enfant rend le sujet plus lisible et touchant. Beaucoup de tolérance et d’amour pour sa maman ! D’ailleurs, comment ne pas penser au roman d’Olivier Bourdeaut « En attendant M. Bojangles », en le lisant. Des romans qui changent profondément notre façon de voir (juger) les « dérangeantes » choses de la vie.

Marie-Curie

Marie Curie. Isabel Thomas ; A. Weckmann. Gallimard jeunesse, 2018. (Coll. Les Grandes vies). 9,90 €. À partir de 8 ans.

Ce « petit » documentaire se lit tout comme un roman, et explique simplement – avec des termes très accessibles – les origines, l’histoire et les grandes recherches et découvertes de Marie Curie. Les illustrations, au peps incontesté, appuient le propos, l’égayent mais aident aussi à la compréhension. À dispo. également dans cette collection, Nelson Mandela, Frida Kahlo, Léonard de Vinci. La vulgarisation un peu plus « glamour », nous, on ne dit pas Non !

Sirius, Stéphane Servant, Rouergue, 2017, 16,50€

Sirius, c’est deux enfants, un cochon et de l’espoir! Ce roman de science-fiction nous emmène dans un monde dévasté où plus aucun animal n’a sa place jusqu’au jour où le passé trouble de la planète resurgit. Une seule échappatoire s’impose alors aux jeunes héros: rejoindre la Montagne.

Un roman-pavé initiatique qui provoque une belle et profonde réflexion sur la condition animale et l’impact de l’Homme sur son environnement.

Deux secondes en moins, Marie Colot, Nancy Guilbert, Magnard, 2018, 14,90€

Deux secondes en moins, c’est deux adolescents, un perroquet et beaucoup de musique. Ce roman de vie quotidienne mêlent deux drames très différents mais qui vont réunir nos jeunes protagonistes tous deux passionnés par le piano sous la houlette de leur professeur si lumineux et enthousiasmant.

Une bouffée d’optimisme sous des pages a priori ombragées.

Publicités

Chaque soir à onze heures et Le jardin de minuit (ou : Des pendules dans la BD.)

Étonnamment, deux des meilleures BD lues ces derniers jours ont pour point commun une pendule mystérieuse…

Autre point commun, toutes deux sont adaptées de romans jeunesse, l’un que j’avais lu et chroniqué, l’autre que je ne connaissais que de nom.

Le premier est le roman de Malika Ferdjoukh Chaque soir à onze heures, adapté en BD par Eddy Simon et illustré par la talentueuse Camille Benyamina

IMG_0673

image

Le second est Tom et le jardin de minuit, roman de Philippa Pearce paru en 1958 et toujours disponible chez Folio junior. Il est ici sublimement adapté par Edith  (faut-il encore présenter Edith?) sous un titre un peu plus court.

Ces deux albums ont pas mal de choses en commun (en plus de la pendule…) Je pense par exemple qu’ils s’adressent à un large public, allant bien au delà des enfants pour Le jardin de minuit et des adolescents pour Chaque soir à onze heures. Parce qu’ils ont cette magie qui fait qu’ils vont toucher toutes personnes sensibles à la beauté des images et un récit suffisamment intrigant et cohérent pour capter toutes les attentions.

Du côté de Philippa Pearce et Édith, la pendule est un détonateur pour se faufiler dans le fantastique. Lorsque Tom entend sonner les douze coups de minuit, il s’enfuit de sa chambre pour ouvrir une porte qui mène dans un jardin fabuleux. Là, au milieu des pelouses, des fleurs et des arbres il croit être invisible. Là, le temps s’écoule à une autre vitesse, il file comme le vent ! Tom rencontre une jeune fille, Hattie, qui revêt une apparence légèrement différente selon les jours. Au fil de la lecture on découvre qu’elle vieillit, ce qui n’est pas le cas de Tom qui reste un petit garçon.

imageTom et Hattie (et un pouce) dans le merveilleux jardin imaginé par Édith

Alors qu’il pensait s’ennuyer chez son oncle et sa tante, Tom vit un été merveilleux. Il partage ses secrets à propos de ce jardin magique dans une tendre correspondance avec son frère convalescent resté au domicile familial. Tom ne veut plus rentrer chez lui et cherche à profiter tant qu’il peut de ce jardin, de sa jeunesse…
Un jour il devra faire le deuil de ces vacances magiques et rentrer chez lui, grandir et devenir un adolescent, puis un adulte ! Et oui Tom, toi aussi tu vas y passer un jour…

Les illustrations d’ Edith sont comme à l’accoutumée sublimes. Pleines de tendresse envers les enfants, leur rendant un sublime hommage. Avec Édith, l’enfance parait toujours merveilleuse et ça fait tellement de bien ! Une grande dame de la BD dont on ne parle sûrement pas assez.

IMG_0218

La pendule bizarre de la famille Fils-Alberne…

Dans l’adaptation de Chaque soir à onze heures, la pendule est plus inquiétante. Située dans la demeure étrange des enfants de l’illustre famille Fils-Alberne baptisée Fausse-malice, la pendule se grippe tous les soirs à 23h. C’est étrangement à 23 h que madame Fils-Alberne s’est suicidée il y a quelques temps de cela. Cela effraie beaucoup la benjamine de la famille, Marni, qui ressent toutes les nuits une présence inquiétante dans sa chambre.
Elle a de quoi être angoissée la petite… Les deux parents morts suite à une sordide affaire, elle vit accompagnée de ses frères et domestiques dans une grande maison un peu antique… Régulièrement, ils reçoivent des menaces ce qui n’est pas pour les rassurer. Mais cet album n’est pas angoissant pour autant. C’est aussi et avant tout un portrait moderne des ados d’aujourd’hui. L’héroïne, Willa, semble tout droit sortie d’une virée chez H et M. Tandis que son amie Fran, héritière d’une famille possédant de célèbres hôtels semble plutôt habituée à des marques un peu plus luxueuses. Les héros, au réalisme époustouflant, évoluent dans un Paris de rêve où les lumières jaillissent de toutes parts ; même dans la pénombre la plus inquiétante. Fran est un genre de pin-up contemporaine et Willa une fille à laquelle on peut facilement s’identifier.

 

Fran la pin-up version 2015  et son frère Iago vus selon Camille Benyamina

IMG_0676

 

Willa sur les toits de Paris sublimés par l’illustratrice…

IMG_0675

La prochaine fois je vous parlerai d’une série qui devrait aussi plaire aux filles adolescentes et qui traite d’une lycéenne capable de dialoguer avec les morts. Sa vie d’ado insouciante va être perturbée par ce don mais lui permettre de fantastiques rencontres.

C’est palpitant, superbe et ça s’appelle Bouche d’ombre. Une série illustrée par Maud Bégon et écrite par Carole Martinez (oui, la dame qui écrit de très bons romans). Le lien renvoie vers une interview tellement géniale que je me demande su c’est bien encore la peine d’écrire un article !

 

Et ça c’est la couverture du tome 2 tout juste paru cette semaine, juste pour vous mettre l’eau à la bouche !

image

Le jardin de minuit d’Edith est publié chez Soleil dans la collection Noctambule. 100 pages de lecture pour 17,95€. Conseillé dès 8/9 ans et sans limite !!!

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina est publié chez Casterman. 96 pages pour 18€. Conseillé dès 12/13 ans et sans limite !!!

Le Noël 2013 de l’Ouvre-livres

Cette année encore nous avons fait les courses à votre place. Le tournis ne vous a t-il jamais pris dans une librairie ? Quand on est entouré de piles de livres, coincé contre des étagères, il n’est pas aisé de dénicher LE bouquin parfait parmi ces monticules d’ouvrages. Nous sommes allées fouiller afin de vous proposer nos idées cadeaux que voici :

POUR LES TOUT-PETITS (0-3
ans)

Bon voyage bébé! de Beatrice Alemagna, publié par hélium, 10,90 euro.

Je pars toujours à la même
heure.
Le voyage sera long.
D’abord, il faut faire sa valise.
Je ne dois pas oublier mon biberon, ni mon doudou…
Ma tétine, bien sûr…
Et mon livre préféré.

Dans ce petit livre destiné au rituel du coucher, on découvre un bébé à la
bouille craquante qui nous narre le long voyage qu’il effectue tous les soirs dans les règles de l’art… Tout est minutieusement répertorié car il ne faut rien oublier ! Le bébé s’empare de sa valise, enfile une tenue bien adaptée pour un gros dodo, se munit
de tout le nécessaire, fais des bisous par ci par là et zou ! Fin du voyage, destination finale : le lit. Un ouvrage drôle et rassurant aux illustrations douces. Pour lire la chronique entière d’Emi lit, c’est par .

Beatrice Alemagna semblait destinée à devenir une grande artiste. Née à Bologne où se tient la prestigieuse « Children’s Book Fair », elle n’a eu de cesse de répéter dans sa jeunesse qu’elle voulait être une artiste ! C’est l’une des rares illustratrices italiennes à avoir percé en France. Bien que certains des plus fameux et inventifs illustrateurs jeunesse soient italiens, Bruno Munari, Iela et Enzo Mari ils ne sont pas si nombreux à leur avoir emboîté le pas avec succès en France. Roberto
Innocenti 
bien sûr ou encore Tullio Corda publié bien plus récemment. On ne peut manquer ici de citer la célèbre maison d’édition Corraini dont vous pouvez trouver une partie de la production dans certaines librairies Sorcières (pas toutes!)

Collection P’tit land art de Marc Pouget chez Plume de carotte, 9,90
euro.

Marc Pouget est l’Andy Goldsworthy des touts-petits ! Dans ces imagiers tout cartons destinés aux plus petites mains, la poésie surgit à chaque page. La collection qui compte un titre par saison vient de s’achever avec la parution de l’Hiver.
De jolies compositions saisonnières dont l’aspect éphémère en pleine nature perdurera dans ces photos.

En savoir plus…

Le land art est un art éphémère réalisé avec des matériaux naturels. L’œuvre  s’inscrit dans une démarche d’harmonie avec le paysage puis disparaît.  Outre Goldsworthy,
on peut citer les rois de l’emballage Christo et Jeanne Claude, Andrew Van Der Merwe.

PETIT ZOOM SUR DELPHINE CHEDRU,
JANIK COAT, ANNETTE TAMARKIN ET LUCIE
FELIX !!!

Mais pourquoi donc elles 4 réunies ? Car ces dernières années elles ont implanté du pimpant dans les livres pour les bébés et que ça change du pinpon.

Paru il y a quelques mois chez un éditeur tout beau tout nouveau baptisé Marcel et Joachim voici L’imagier de Delphine Chedru. Ce bel objet bien épais à la façon du célèbre Livre des bruits chez Loulou et compagnie est conçu en partenariatavec Petit
Pan
, les rois du tissu coloré et, depuis peu du chouette carreau de ciment… Si le principe est classique, une image pour un mot, le résultat est des plus coquets. Un imagier qui plaira donc aux mamans averties (et coquettes).

 Janik Coat             ou          Delphine Chedru ?  featuring Bernard Duisit (ingénieur papier)

Deux pop-up hélium pour les petits spécialement pensés pour les  menottes qui ont la tirette qui les démangent. Munis de flaps ou tirettes relativement maniables par rapport à ce qu’on trouve sur le marché. Ici l’on s’amuse dansla version Janik
Coat
à s’habiller ou se déshabiller, c’est selon. Dans celui de Delphine
Chedru
on bricole des toutous (ah la joie de rallonger le teckel en saucisse !) Vous pouvez jeter ici un œil sur le très bon site de la librairie La Soupe de l’espace pour en voir les animations.

On s’approche tout doucement mais sûrement du livre « d’artiste » pour les petits (ce qui ne veut trop rien dire mais je pense que vous saisissez où je veux en venir). Ce sont ces livres qui sont tellement différents de ce qui est habituellement proposé qu’on se demande si c’est vraiment pour les enfants ou pour les parents ou pour les adultes qui n’ont pas d’enfants mais les veulent pour eux…

Lucie Félix auréolée de prix pour son premier livre 2 yeux ? incarne parfaitement cette tendance. Son nouvel album Après l’été poursuit en beauté son travail pour les tout-petits. Lucie Félix livre sur son site internet deux belles vidéos qui vous permettront de voir l’intérieur de ses ouvrages et la dimension qu’ils prennent lorsqu’on en tourne les pages. Ces deux ouvrages sont publiés par Les Grandes personnes et sont au prix de 12,5 euro.

Bien avant Lucie Félix, la belge Annette Tamarkin ne s’était pas gênée pour proposer aux tout-petits de très beaux livres jouant sur les formes, les contrastes, les couleurs. 

Quelques exemples des ouvrages d’Annette Tamarkin pour les tout-petits. Des
livres avec des surprises, des couleurs qui jaillissent de partout, des petites bêtes cachées et même un jeu de mémo à la fin de Bleu vache ?

LA RELEVE

Aux Grandes personnes la relève semble assurée en la personne d’Emma Giuliani dont le superbe et délicat Voir le jour devrait logiquement être non seulement un chouette cadeau de Noël mais aussi un indispensable cadeau de naissance.

Citons-ici aussi la talentueuse Martine Perrin qui nous offre en cette fin d’année un ouvrage qui semble repousser les limites de son talent vers l’infini (si, si !). Mon arbre
à secrets
est génialement réalisé avec Olivier Ka il est plein de bidules et de zinzins qui volent, pendouillent (mention spéciale à l’arbre en fin de livre, sublime…) Un livre aérien tout en transparence et en calque. Publié par les Grandes personnes il coûte 14,50 euro. On peut en voir des morceaux de choix sur le site d’Olivier Ka.
La délicatesse de l’ouvrage, la finesse des calques laissent imaginer qu’il vaut mieux réserver ce livre aux plus grands.

ALBUMS

Voici quelques albums qui trouveraient volontiers leur place sous le sapin.

20131016-125206.jpgCoup de cœur absolu, nous vous incitons à relire la chronique réservée au dernier Mélanie Rutten L’ombre de chacun. Un album splendide, divisé en chapitres qui aide à grandir et à s’émerveiller. Un indispensable !

au-meme-instant

Au même instant sur la Terre, de Clotilde Perrin est un album cartonné de 24 volets. Il propose de découvrir ce qui se passe au même moment sur notre planète Terre en Alaska, en Afrique….

Editions Rue du Monde. A partir de 3 ans. 24,80 euros.

Je vous invite à découvrir l’univers coloré de Clotilde Perrin ici

543379

Sous le grand Banian de Jean-Claude Mourlevat et Nathalie Novi. Editions Rue du Monde. 2005.

Un très bel album qui nous présente la relation touchante qu’entretiennent deux sœurs. Jean-Claude Mourlevat nous plonge dans l’imaginaire aux motifs indiens aidé de Nathalie Novi et de ses illustrations magnifiquement rougeoyantes , une réelle émotion.

9782211215671_1_75

Bonjour le Monde! de Catharina Walckx.

Un petit album bien frais qui véhicule une agréable joie de vivre. Une petite fille parcourt le monde en compagnie de son canard et salue tous ceux qu’elle croise. Pas de leçon de politesse, juste le plaisir de saluer, d’aller vers l’autre. Un album qui respire positif.

Ecole des Loisirs, 2013. A partir de 5 ans. 15 euros.

COUV_le_voleur_d-enfants

Le voleur d’enfants  de Michaël Escoffier, Clément Lefèvre.

Nous voilà en compagnie d’un voleur d’’enfant. Un être horrible, avec de longues dents. Brr… Un petit bijou comme on les aime, un conte mystérieux qui connaît un dénouement agréable. Les illustrations sont excellentes, elles nous emportent dans un monde étrange pour mieux nous surprendre. Un album à raconter, raconter, raconter…

Editions Chocolat! 2010. A partir de 5 ans. 13 euros.

Quelques autres idées jetées en vrac car on ne peut pas faire un article qui fait 10 pages…

La maison souterraine aux cent étages 9782809709339publié par Picquier jeunesse. 2e tome de la série mais même principe : Le livre s’ouvre dans sa hauteur, une jeune fille est invité dans une maison de cent étages. Chaque double page nous fait visiter la maison d’une famille d’animaux, chaque maison à 10 étages. Ainsi l’on découvre leur vie trépidante et les nombres jusqu’à cent. Un vrai régal ! Comment faire passer les nombres pour de la rigolade auprès des plus réticents. Attention ! Cet album convient AUSSI à ceux qui sont bons en maths… Dès 5 ans.

Les-Freres-Lafontaine-plombiers-de-l-extreme_ouvrage_large

Les frères Lafontaine, Plombiers de l’extrême est un album amusant dans lequel deux super pingouins plombiers sont mis au rebut lorsqu’un autre plombier vient casser les prix. Heureusement pour eux cet hurluberlu n’y connait rien en plomberie et raccommode les tuyaux à coup de sparadrap… Publié par Milan dès 4 ans.

ROMANS

Envie d’un peu de chaleur alors que les premiers flocons tapissent les campagnes françaises ? La solution peut être de partir sur les collines Hollywoodiennes en (très bonne) compagnie de Malika Ferdjoukh.

En apercevant la couverture on se prend à rêver qu’à l' »École » on ait lu et entendu nos appels au secours de ces derniers mois. Nous étions inquiets car les couvertures souvent fades ne collaient plus à l’ambiance d’aujourd’hui mais ressemblaient à « la crise ». Timidement mais sûrement cette année a vu éclore de belles couleurs  ! La
preuve en est une nouvelle fois avec La bobined’Alfred dont la couverture éclatante et tonique est signée Séverin Millet. Voilà donc le moment de vous parler de ce
roman dont la couverture vous livre quelques indices à propos de cette histoire ensoleillée. Sous les palmiers, un cocktail  à la main, en compagnie de Sir Alfred Hitchcock himself, Harry Bonnet va carrément dépasser les bornes. Pourtant c’est vraiment un type sympa, 16 ans, fils de cuistot montmartrois dingue de cinéma.
Plutôt bien élevé mais vraiment trop curieux. Pour ce duo dingo de ciné une incroyable aubaine se fait jour. Une star hollywoodienne Lina Lamont, leur propose de l’accompagner à Hollywood pour que le père d’Harry devienne son chef cuisinier. Peu après leur arrivée, Lina demande à Gustave, le père d’aller remplacer dans le plus grand secret le cuisinier d’un de ses amis célébrissime. Harry, piqué par sa curiosité s’engouffre dans le coffre et surgit au beau milieu du plateau de cinéma d’Hitchcock comme un cheveu sur la soupe.Malika Ferdjoukh choisit dans ce roman de narrer le rêve d’Hitchcock qui mourrait d’envie de tourner Mary Rose, d’après la pièce de James Matthew Barrie comme vous pouvez le lire ici dans un entretien avec François Truffaut. Nous assistons donc durant ce roman au tournage du film et à ses déboires.

La bobine d’Alfred est un roman divertissant et enjoué, qui rend un peu la pêche en
cette morne saison. Tel un film, tous les ingrédients y participent : les décors mythiques d’Hollywood, les rebondissements, le flash-back du début, les tiraillements des amours adolescentes. J’aime ces romans dans lesquels ont perçoit clairement une ambiance, une atmosphère. C’est le cas ici puisque l’on se sent  pleinement réchauffé par le soleil de Californie. On en sort revigoré et plein d’une certitude déjà acquise depuis longtemps : Malika Ferdjoukh est une grande dame de la littérature jeunesse. Capable de jongler entre les styles, les romans sérieux, les romans drôles, les romans policiers, les thèmes de société. Malika sait tout faire.
Conseillé dès 12/13 ans. Publié par l’École des loisirs et vendu au prix de 14
euro.

passe miroirPour ceux qui ne sont pas frileux nous proposons un voyage inoubliable dans un grand nord imaginé par Christelle Dabos dans sa série La passe-miroir qui débute
magistralement avec Les fiancés de l’hiver. Nous sommes ici conquis par cet univers
magique où l’imagination de l’auteur semble n’avoir aucune limite. L’héroïne Ophélie et son futur mari, le dérangeant Thorn ont séduit même celles qui détestent l’héroïc-fantasy… Cet ouvrage précédemment chroniqué
ici vous est donc chaudement
recommandé dès 12/13 ans. Publié par Gallimard Jeunesse, 18 euro.

20131001-212621.jpgRevenons sur terre avec le
roman de Ruta Sepetys, Big easy.  Lui aussi déjà chroniqué sur notre blog nous en remettons une couche et insistons car c’est vraiment un excellent roman d’époque. Celui d’un destin mal parti, celui de la jeune Josie Moraine, fille d’une prostituée peu portée sur le bien être de sa progéniture. A lire absolument dès 12/13 ans ! Publié lui aussi par Gallimard Jeunesse, 16,5 euro.

Une fois encore Susin Nielsen nous gratifie d’un roman inoubliable sur les tourments des ados. Avec Le journal malgré lui d’Henry K Larsen,  elle y va fort et
parvient à nous faire rire et pleurer et même les deux à la fois. Allez, n’attendez plus, si vous ne savez pas quoi choisir prenez celui-là ! Non pas parce que nous le préférons aux autres cités ici mais parce que c’est celui qui nous semble le plus à même de plaire à absolument TOUT LE MONDE (oui, c’est bien écrit ça.) 20131021-215949.jpgÉditions hélium, 14,5 euro.

Attention au départ, décollage imminent…pour la Lune. A la suite d’un concours orchestré par la Nasa, 3 ados se préparent à partir pour l’astre lunaire des décennies après Neil Armstrong et Buzz Aldrin.  Après un prologue mystérieux où le nom des participants a été rendu anonyme et une lente découverte des 3 protagonistes – Mia la norvégienne totalement réfractaire à l’idée d’aller sur la Lune avant de se dire que le voyage lui apporterait une célébrité bien utile pour percer dans le monde de la musique, Midori la japonaise ne rêvant que de quitter son pays et Antoine le français prêt à tout pour s’éloigner de son ex, la mécanique de l’horreur se met en marche.  Une relecture glaçante de la conquête spatiale. N’oubliez pas d’attacher vos ceintures !

9782226247384g

172h sur la lune, Johan Harstad, collection Wiz chez Albin Michel Jeunesse, 2013, 19,50 €

DOCUMENTAIRES

basile

Elle n’est pas passée inaperçue chez nous cette drôle de leçon d’architecture ! L’architecture
vue par les pigeons 
est un surprenant documentaire mêlant sérieux et humour pour un résultat décapant. Promenez-vous dans ces monuments célèbres en compagnie de Basile Plumagile, votre guide. Un pigeon qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas… Pour la chronique entière c’est ici.
Editions Phaïdon, 19,95 euro.

Moule à gaufres, voilà notre coup de cœur gourmand ! Ce sont les 22 régions de France métropolitaine ainsi que l’Outre-mer qui sont passées en revue dans ce grand documentaire recensant notre patrimoine culinaire si riche et varié grâce à des anecdotes, des infos aussi bien géographiques qu’historiques sans oublier des recettes et pas les moindres. Des chefs renommés – membres de l’association Relais & Châteaux – proposent leur version de plats traditionnels et ce tout en restant faciles à réaliser par petits et grands. Le livre est bien construit : on nous présente les régions par ordre alphabétique sur deux doubles pages exposant les spécialités locales. A chaque fois, la première double page  affiche la carte du coin et ses 10 productions emblématiques + une mention pour les parents vantant un cépage incontournable tandis que la double page suivante aborde une route révélant comment naissent les saveurs d’un terroir + un encart sur un produit décliné (un fruit, un légume ou un animal particulier) et enfin une recette de grand chef à exécuter en famille !

      SAMSUNG CAMERA PICTURES  SAMSUNG CAMERA PICTURES

816KBi2jbRL._SL1485_

Atlas de la France gourmande, illustré par Hervé Pinel, Albin Michel et Bottin Gourmand, 2012, 19 €

Ce bel ouvrage explore le corps de A comme Abdomen à Z comme Zzzz. Certes, il s’agit d’un dictionnaire mais pas que. Le dedans, le dehors, le connu, l’incongru sont tour à tour évoqués avec tout plein de mots interdits qu’on a tous cherché un jour. Vous l’aurez compris, les niveaux de lecture sont multiples grâce aux mots savamment choisis par Katy Couprie (définitions et articles tantôt explicatifs et sérieux tantôt humoristiques et décalés, citations authentiques ou non et autres ornements typographiques) et ses images aux techniques variées (planches en quadrichromie, photographies tramées, dessins au trait, gravures anciennes détournées, têtes de chapitre à l’eau forte etc). On aime le fait qu’il rappelle à la fois les ouvrages d’anatomie d’antan et les radiographies et autres imageries médicales d’aujourd’hui.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

QUINTE n.f Toux à répétition, rouge ou noire, revenant précisément toutes les cinq heures. Voir Toux p. 192 

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Comme il est écrit sur la quatrième de couverture : « de quoi nourrir la découverte de son corps, son imaginaire, pour se connaître et connaître les autres ».

61YchlJr4cL

 Dictionnaire fou du corps, Katy Couprie, Editions Thierry Magnier, 2012, dites trente-trois €

Le jour où j’ai rencontré Malika F.

… elle était malade. Nimbée dans des vapeurs de lavande, elle était bel et bien là à Villeurbanne, la ville connue pour son quartier des Gratte-ciel (qui pourrait être logé dans un ex-pays de l’est au vu de son architecture extra-vagante), mais aussi pour sa célèbre Fête du livre jeunesse. Cette année vous l’avez compris le thème était la couleur.

Ceci dit, je ne m’y suis pas rendue pour y voir des pots de peinture même si j’en ai vu de chouettes lors de la performance d’Hervé Tullet et des nombreux enfants venus patouiller des ronds sur le bitume avec lui :

Hervé Tullet, jusqu’à vendredi lors de la journée professionnelle, je le connaissais à peine. Honte à moi, je pensais que c’était un monsieur qui dessinait des bonhommes en carré rouge et des points jaunes. Grâce à l’école Jean Moulin qui a travaillé une bonne partie de l’année avec lui, j’ai découvert qu’on lit du Tullet et que même on peut faire les bruitages qui vont avec : « oh oh! », « huuuu » ( à vous de voir si vous le sentez ou pas !) Moment tout simplement génial et émouvant de voir tous ces gamins répondre aux ordres d’Hervé Tullet qui lit le livre avec eux de manière si expressive. Le dimanche j’ai pu gribouiller (quel plaisir) le Livre de coloriage publié par Bayard la géniale Cuisine aux crayons éditée par Phaidon. Et autant vous dire qu’il n’y a pas d’âge pour gribouiller et dessiner des hamburger de Pâques…

Ici on voit un charmant bambin et une ouvre-livreuse  (pas moi!) qui a passé l’âge en train de faire des gribouillis à la Tullet…Mais y a pas d’âge on vous dit !

Passé ce moment régressif, j’avoue que la raison principale de ma venue était donc de rencontrer enfin Malika Ferdjoukh. Comme je ne suis pas une groupie, j’ai du me botter les fesses pour l’aborder et comme elle était malade je ne voulais pas la déranger. Pourtant une irrépressible envie de lui dire combien je (on) l’aime m’a donné la force de me faire dédicacer les Quatre soeurs. Vous savez, ce roman miraculeux qui fait rire et pleurer à la fois.

En la rencontrant je me suis souvenue qu’une des ouvre-livreuses m’avait raconté sa rencontre avec elle et qu’elle l’avait trouvé étonnamment peu sûre d’elle. C’est aussi ce que j’ai ressenti en lisant ses mails il y a quelque temps. Malika F. j’ai envie de vous dire, même si ça vaut ce que ça vaut de ma part, qu’il n’y a aucun doute à avoir. On vous aime tant ! Quand je conseille vos livres je dis toujours aux parents lisez-les ! Sombres citrouilles plaît d’ailleurs beaucoup aux adultes, ados/adultes revoilà l’infinie question des frontières de la littérature pour la jeunesse… Je crois que si on écrit des livres qui plaisent aux deux publics à la fois c’est quand même qu’on a un talent spécial et c’est pas l’Ecole des Loisirs qui dira le contraire.

Petit clin d’œil : lors de mes déambulations à la MLIS qui est la bibliothèque de Villeurbanne mon regard a été happé par des couvertures qui me sont étrangement familières puisqu’il s’agit de la série sur laquelle je rédige mon mémoire de Master. On ne peut être tranquille nulle part décidément :

Bon, je ne sais pas qui les a disposés mais c’est pas dans l’ordre tout ça !

Pour les curieux dès 8-9 ans, pour les amateurs de séries loufoques à l’humour décalé, pour les fans de Fenwick, pour ceux qui aiment la moustache, pour ceux qui aiment les livres qui chatouillent là où ça fait mal, la série Kurt du norvégien Erlend Loe est unique en son genre. Et je suis ma foi fort contente que mes collègues de la bibliothèque soient d’avis avec moi.

Je suis repartie de cette fête un peu frustrée car je ne m’habituerais jamais à faire la queue pour les ateliers par exemple et parce qu’il fait trop chaud dans la salle des auteurs et parce que c’est écrit en tout petit qu’il faut retirer un ticket pour assister aux lecture de contes (qui a dit que je suis bigleuse ?), mais je m’en fiche car j’ai rencontré Malika.

Trouville-Palace, Malika Ferdjoukh

Je referme les pages de ce livre et je me dis « déjà ? ». Il n’y aucun doute je vais relire Malika Ferdjoukh. Pourquoi ? Quelques mots suffisent : émotion, originalité, humour, intelligence, j’aime que l’on écrive ainsi aux jeunes lecteurs.

Maurice doit passer quelques jours chez sa grand-tante Willa à Trouville car il a la scarlatine et sa mère doit partir pour des raisons professionnelles : on se dit ok, elle va lui en faire baver avec ses airs de vieille fille désuète et à la fin ils vont s’aimer, oui c’est ça mais ce n’est pas aussi simpliste. Willa et Maurice ont deux caractères bien trempés, c’est à celui qui ne cèdera pas, celui qui décoincera l’autre à coup de répliques impitoyables et sincères. Car au fond ni l’un ni l’autre ne sont de mauvais bougres. Et puis apparait l’énigmatique Mina, jeune fille qui intrigue Maurice au détour d’un couloir de l’ancien hôtel fantômatique. Là encore on est surpris par le dénouement de l’histoire et on est saisi par l’émotion de ce texte sans rien de trop. Je ne peux m’empêcher de penser à un petit air de Fée Carabine, ce ton insolent comme pour mieux décrire les sentiments….

Demain je le propose à mes élèves sans aucune hésitation.                                                                             Cricri

Enid de Malika Ferdjoukh et Cati Baur

Cet été, la version illustrée du premier opus de la série Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, Enid,  est arrivée à la bibliothèque, en mon absence. Coïncidence, j’avais emporté les quatre volumes de la série dans mes valises ! C’est ainsi que j’ai partagé la vie quotidienne des cinq sœurs Verdelaine, seules dans le manoir familial depuis la mort accidentelle de leurs parents.

Si traduire en images l’univers d’un écrivain n’est jamais chose facile, Cati Baur a, selon moi, parfaitement réussi l’exercice.  J’avais déjà adoré son one shot J’arrête de fumer –  au point de l’offrir à une amie, sans cesse en train d’essayer d’arrêter ! 

Ici, les illustrations  de la bande dessinée sont en parfaite adéquation avec le récit et  font écho aux mots de l’auteure. Les étapes de la narration sont bien respectées et, de fait,  je n’ai pas ressenti ce manque que l’on peut parfois avoir sur une adaptation lorsqu’on connait trop bien l’original et que l’on aimerait que « tout y soit ».

A travers le regard de la benjamine, Enid, j’ai donc retrouvé l’atmosphère duelle du roman, à la fois réaliste et merveilleux.De fait, les apparitions fantomatiques des deux parents disparus s’insèrent parfaitement dans le quotidien de la fratrie.

J’attends avec impatience la sortie des prochaines adaptations !

Isabelle

Chaque soir à 11 heures, Malika Ferdjoukh.

 

Mais que se passe-t’il donc chaque soir à 11h ???

Faites confiance à Malika Ferdjoukh pour faire durer le suspense car il vous faudra bien avaler environ 300 pages avant d’avoir la réponse.  Ça c’est pour la mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que vous risquez de ne pas vous rendre compte que vous êtes déjà à la fin. Et là la bonne nouvelle devient mauvaise nouvelle car c’est déjà fini. Et oui, c’est trop injuste.

J’ai toujours une petite appréhension lorsque je commence un nouveau Malika F., car je l’aime tant que je redoute le moindre faux pas. En l’occurrence, j’avoue que dans le cas de ce roman, la couverture des plus roses kitsch me faisait craindre le pire. Sans oublier que l’on n’est pas ici dans la collection Medium de l’Ecole des Loisirs mais que l’on inaugure une toute nouvelle collection sur le thème des Emotions (avec une majuscule) chez Flammarion. Et Malika a choisi comme thème l’Amour. Assez pour me faire angoisser avant de commencer. Pour ne pas nous faciliter la tâche, notre héroïne -qui une fois de plus a un nom à coucher dehors-, navigue dans le milieu de la jeunesse bourgeoise parisienne. Sa meilleure amie étant Francesca Hilbert, héritière des hôtels du même nom. Au passage, délicat hommage à la gracieuse Paris Hilton.

Wilhelmina, donc, est folle amoureuse du beau Iago Hilbert, frère de Francesca dite « Fran », car c’est tellement plus cool. Tous fréquentent le prestigieux lycée Saint-Lycomède. Vu comme ça on se dit : ça va être de la chick-lit à deux balles et sincèrement je l’ai craint pendant un nombre de pages assez élevé.

Puis, puis, puis, Willa (car c’est plus cool aussi), rencontre un type très étrange, un peu gothique, un peu romantique, un peu torturé qui porte un nom encore plus incongru que tous les autres personnages réunis : Edern Fils-Alberne. Alors lui, c’est la totale : parents morts, soeur aveugle, vieille bicoque délabrée. Je pensât : Malika, où tu vas par là ?

Après avoir frôlé la chick-lit, j’ai crains qu’on ne bascule dans le vampiro-angelo-romantico gnan-gnan. Que nenni !

Malika savait apparemment ce qu’elle faisait, car passé le cap des 150 pages, je n’en pouvais plus de vouloir tout savoir, tout comprendre.

Donc, en résumé, Chaque soir à 11 heures, il se passe un truc étrange dans la vieille baraque des Fils-Alberne. C’est un brin des Quatre soeurs avec une grosse part de Sombres citrouilles qui se mélangent dans ce roman qui n’égale pas à mon avis les deux cités mais se laisse lire fort agréablement.