Fratries

Les quatre filles du Docteur March ont marqué mon enfance. Vinrent ensuite les Quatre soeurs (oui bon, les cinq sœurs Verdelaine) puis la version BD de Cati Baur dont les illustrations font tellement honneur aux mots de Malika Ferdjoukh.

Aujourd’hui, j’ai fait un petit bout d’chemin avec les sœurs Martin et je me suis régalée alors par ces temps ensoleillés, venez vous désaltérer avec le succulent et rafraîchissantissime Diabolo fraise de Sabrina Bensalah.

Publicités

Maison(s)

Réfugions-nous dans quelques maisons de papier pour cette dernière racontée de l’année spéciale « Je lis, tu dessines ». L’après-midi sera consacrée à la fabrication de maisons diverses et variées à partir d’enveloppes telle que le blog de Maman Nougatine nous l’avait inspiré ici.

La racontée en détails:

Rien du tout, Julien Billaudeau, Grains de sel, 2016

Au début, il n’y avait rien. Rien du tout. Bien sûr, ici ou là, il y avait quelques arbres. Mais ce n’était presque rien… Jusqu’à l’arrivée de Monsieur C. …

 

La clé sous la porte, Julia Chausson, A pas de loups, 2018

C’est armée de mon trousseau de clés merveilleux que nous ouvrons ce livre-jeu pour une enquête au royaume des contes de fées. L’idée de Julia Chausson a été de mêler de mystérieuses petites annonces à ses gravures enchanteresses. Mais à qui peuvent bien appartenir ces étranges clés d’un temps passé?

 

Voici notre maison, Fiep Westendorp, Albin Michel Jeunesse, 2016

Pour cet album aux phrases minimalistes, nous vous proposons une lecture bruitée dont les sons ont été piochés sur le site de la sonothèque. L’héroïne chemine de page en pièce et un son particulier l’accompagne en complétant le récit textuel lors de la visite de sa maison. Voici les liens vers notre sélection sonore:

Porte d’entrée qui grince

Cuisine

Cheminée du salon

Verre cassé

Oiseaux

Chasse d’eau

Ronflements

Miaulements

Train électrique

Horloge

RDV sur notre compte Instagram pour découvrir une vidéo de cette lecture bruitée 😉

 

Les voisins, Einat Tsarfati, Cambourakis, 2017

L’artiste dévoile les vies inventées des familles de voisins de l’immeuble habité par une petite fille à l’imagination débordante. Chaque page ouvre ainsi la porte d’un appartement différent, dévoilant les vies cachées des divers étages de l’immeuble. Titillant la curiosité de chacun, cette histoire cultive l’imaginaire tout en rappelant joyeusement la nécessité d’une bienveillance et d’une tolérance face aux mœurs des uns et des autres.

 

La maison des bisous, Claudia Bielinsky, Casterman, 2017

Voici un petit ours en quête de bisous. Tu veux l’aider à chercher qui voudra bien l’embrasser ? Pour cela ouvre la porte, soulève les couettes et les tapis, écarte les rideaux, regarde dans les placards… et fais plein de rencontres surprenantes et rigolotes. Bienvenue dans la maison des bisous ! Des flaps à soulever pour entamer une chouette collection de bisous : bisou prout de mammouth, bisou de crapaud vilain pas beau, bisous de fourmis guilis guilis…

Qui fonctionne aussi bien avec les tout-petits qu’avec des plus grands 😛

 

Belle maison, Anaïs Brunet, Sarbacane, 2017

L’été est là. La narratrice, somnolante, est soudain réveillée par le bruit d’une clé fourrageant dans sa serrure : ses chers enfants sont revenus ! Comme on le découvre aussitôt, cet être sensible, impatient des jeux qui s’annoncent, est une maison de famille au charme suranné, édifiée au bord de la mer. Douée de raison et de la force d’aimer, elle vibre et s’émerveille…

 

Une maison pour quatre, Gilles Bizouerne, Elodie Balandras, Syros, 2015

Tigre, Eléphant, Serpent et Hibou se rencontrent un jour et ont une drôle d’idée : « Et si on construisait une maison ? » En utilisant les capacités de chacun, les quatre animaux construisent une pièce avec les moyens du bord. Mais la nuit leur réserve bien des surprises…

 

On déménage, Alice Brière-Haquet, Barroux, Little Urban, 2016

À vendre petite maison qui renferme les heureux moments partagés avec Papa, Maman, mon grand frère et moi… Un texte génial d’Alice Brière-Haquet conçu comme une petite annonce immobilière mêlé au graphisme tendre et coloré de Barroux pour appréhender un déménagement en douceur.

 

Grandimage « Chez Mémé », Cécile Gambini, La maison est en carton, 2011

Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011

Lire le texte de Cécile Gambini sur le paravent puis écouter le « Final » tiré du Carnaval des animaux pour illustrer en musique la recherche des détails de la Grandimage préalablement distribués aux enfants.

Nous avons clos le projet 2018-2019 par un goûter où les parents furent conviés à la bibliothèque afin de découvrir l’exposition de toutes les productions ainsi que les sélections de livres thématiques.

La boîte à mots de Clémentine Beauvais

Depuis que j’exerce en bibliothèque, j’ai mis en place de nombreux types de médiations pour des publics variés mais je n’ai jamais eu la chance d’organiser de rencontre d’auteur… Et même si celle-ci est en partenariat avec une librairie et d’autres bibliothèques, il n’en reste pas moins qu’elle devient ma première fois!!!!!! Vous saisissez mon enthousiasme?! Ma passion ne vient pas tant de l’événement en lui-même que de la personne que l’on va rencontrer… à savoir Clémentine Beauvais!

Pour rendre compte des petites surprises préparées pour Clémentine au fil de ses quelques rencontres savoyardes, plusieurs billets s’imposeraient… Vous lirez ici la proposition d’une des bibliothèques partenaires. Dans ce post, vous allez découvrir la séance adressée aux collégiens afin de leur présenter l’autrice. Elle a été conçue pour donner artificiellement la parole à l’écrivaine comme un entremêlement des propres articles de Clémentine Beauvais tirés de son blog français, d’interviews d’elle ou de son éditeur Tibo Bérard chez Sarbacane sur le net et de contenus éditoriaux dont j’essaierai de faire figurer les liens originaux autant que possible afin que vous poursuiviez votre lecture là-bas.

Clémentine Beauvais vit en Angleterre depuis presque 12 ans ; après des études à l’université de Cambridge, elle est enseignante-chercheuse en éducation à l’université de York, ça signifie qu’elle y donne des cours et qu’elle y fait aussi de la recherche, c’est-à-dire qu’elle écrit des articles (par exemple : Faut-il aimer les enfants quand on est auteur pour enfants?  Réimprimer Twilight: Analyse d’une couverture. Etes-vous (trop) attaché à vos personnages? Quand tu seras adulte, tu écriras pour les adultes? ). Fan des réseaux sociaux et blogueuse influente, elle a déjà publié plus de 20 livres, des albums en passant par des romans ados dont Comme des images, encensé sur la blogosphère avec pas moins de 80 articles !

Clémentine aime manier les mots et c’est une fille aux multiples facettes & casquettes aussi, on vous propose aujourd’hui d’aller à sa rencontre grâce à « une boîte à mots » ce qui va nous permettre de la découvrir à l’aide de petits mots-clés !

FRANGLAISE 

Cette Parisienne de naissance se considère « franglaise » à taches de rousseur. La romancière vit depuis douze ans en Angleterre, où elle est enseignante chercheuse en sciences de l’éducation à l’université d’York, et s’apprête à demander la nationalité britannique. « Une décision qui n’a pas été précipitée par le Brexit, précise la jeune femme. Au contraire, je me suis vraiment demandé si, après ce vote, je voulais vraiment devenir citoyenne d’un pays qui avait pris cette décision. Mais je veux cette nationalité notamment pour pouvoir voter. » 

BLOGUEUSE 

Sur son blog, elle oscille entre pensées sur la littérature jeunesse et sur l’éducation, et news concernant ses propres bouquins.

Au cas où vous ne l’auriez pas compris, Clémentine alimente son blog dans une version française mais aussi anglaise (où les articles ne sont pas les mêmes puisqu’elle ne s’adresse pas au même public 😛 ) et idem pour son ses sites internet officiels, l’un français, l’autre anglais!

De même qu’elle écrit des livres en anglais, publiés en France mais qu’elle n’a pas pour autant traduit elle-même, même si c’est elle qui a traduit Les Petites Reines les transformant en Piglettes, vous nous suivez toujours?!

TRADUCTRICE 

Elle est traductrice littéraire de l’anglais au français, pour le plus grand bonheur de son Robert & Collins. La traduction, c’est de l’écriture, de l’amour, et beaucoup de casse-tête linguistique, et elle tient à ces bébés-là tout autant qu’aux autres nés totalement de sa plume…

Les voici, ses adoptés-adaptés qu’elle présente sur son site français!

Et ces deux-là à paraître en 2019:

VERS LIBRES

C’est un vers qui n’obéit pas à une structure régulière : ni mètres, ni rimes, ni strophes (alors que le vers traditionnel dans la poésie française observe un nombre fixe de syllabes par vers et de vers par strophe).

Cependant, le vers libre conserve certaines caractéristiques du vers traditionnel (majuscules en début de ligne, mise en page laissant respirer les blancs ; séquences de vers de dimensions variables séparées par un saut de ligne ; des effets d’enjambement ; des échos sonores etc)

Mais pourquoi on vous parle de ça ?! Parce que Clémentine s’intéresse beaucoup aux vers libres pardi ! Elle a écrit Songe à la douceur suivant cette contrainte et elle est la traductrice en français de Sarah Crossan, qui publie des romans en vers libres.

SARAH CROSSAN

« Sarah Crossan est une auteure que j’admire beaucoup, et qui a eu une importance particulière pour moi car c’est avec son superbe The Weight of Water (=Swimming-pool) que j’avais découvert la forme du roman en vers pour adolescent/es.

Ayant vu que je venais de publier un roman en vers (=Songe à la douceur), Murielle Coueslan, mon éditrice chez Rageot, m’a contactée pour me demander si je connaissais le travail de Sarah. Elle venait de lire One (=Inséparables), et elle envisageait de l’acquérir.

Je lui ai immédiatement répondu: ‘Bien sûr que je connais! et oui, il faut absolument l’acquérir! et est-ce que je peux le traduire???‘. Je ne suis pas généralement du genre à m’imposer comme ça, donc je me suis fortement auto-étonnée. Et Murielle m’a répondu presque illico pour me dire oui ».

Et si vous voulez savoir pourquoi Clémentine a grave flippé à l’idée de traduire Sarah, allez fureter sur son blog !

DESSINS 

Dessinatrice à ses heures perdues, Clémentine a mis une partie en ligne.

SARBACANE

Editeur/Maison d’édition = personne(s), société qui assure(nt) la publication et la mise en vente des ouvrages d’un auteur.

Clémentine édite ses romans ados chez Sarbacane. Tibo Bérard est ainsi son éditeur, c’est lui qui choisit les textes de la collection « Exprim’  » (mais aussi de « Pépix » qui s’adresse aux 8-12 ans) et qui accompagne l’auteur durant l’écriture. Selon lui, le travail d’éditeur, c’est une collaboration étroite avec l’écrivain. Les propos ci-dessous sont tirés d’une interview découverte .

Tibo Bérard aime travailler avec ses auteurs, les faire réfléchir sur leur texte. Dans un premier temps, l’auteur et l’éditeur pensent à la structure du manuscrit. Par le dialogue, ils cherchent des idées : « je viens confronter ma grille analytique ultra précise à des gens qui sont dans l’invention pure ». Tibo Bérard demande à l’auteur pourquoi il a choisi tel terme plutôt qu’un autre, refusant à tout prix le superflu ou le décoratif. Paradoxalement, il les aide à aller plus loin dans le développement de certains motifs, les aide à prendre des risques stylistiques pour trouver leur propre voix :

Dans un second temps, Tibo Bérard relit avec son auteur le manuscrit ligne à ligne. Ils travaillent désormais sur le style, de façon très précise. Cette collaboration est indispensable pour lui : « je ne pourrais pas travailler avec un auteur qui refuserait cette étape. En plus, je suis très tyrannique c’est-à-dire que je n’impose rien réellement mais je rends des textes aux auteurs qui sont bourrés de stylo rouge. Il y en a partout. Je propose des pistes. Il me faut une réponse. En même temps, quand je laisse passer des choses, au bout d’un moment, je suis tellement obsessionnel que je les remets. Mais si j’insiste sur un point c’est que ça ne fonctionne pas. L’avantage des auteurs de cette génération, c’est qu’ils sont débarrassés de l’ego de l’écrivain qui a choisi sa virgule et qui ne veut pas en démordre ».

EXPRIM’ 

Tibo Bérard, le directeur de la collection « Exprim’  » a sa conception de la littérature jeunesse : c’est une littérature innovante, dynamique et ancrée dans le réel… Loin de la visée pédagogique demandée par une partie des professionnels de l’éducation, Exprim’ publie des romans écrits par de jeunes auteurs provenant des scènes musicales, des quartiers, et d’ailleurs.

Clémentine aime tour à tour manier le vers libre, jouer avec le langage sms et/ou les codes des réseaux sociaux, s’amuser des jeux de mots anglais/français et des faux-amis des deux langues par exemple, user de toutes sortes de fantaisies typographiques comme le calligramme, l’italique, la parenthèse ou encore insérer des dialogues théâtraux et c’est cette palette là qui a conduit Clémentine chez « Exprim’ « .

PLAYLIST

Spécificité de la collection « Exprim’  » : une playlist conçue par l’auteur(e) en personne qui reflète l’ambiance du roman. Clémentine a son avis sur la question !

BOÎTAMO 

Sur cette chaîne youtube littéraire, des personnalités littéraires vous proposent de partir à leur rencontre en vidéo ! Portrait chinois, visite d’atelier, rencontre dans un lieu coup de cœur, discussion… Autant de formats qu’il y aura d’auteurs, d’autrices, d’illustrateurs et d’illustratrices pour ouvrir cette boîte à mots…

Extrait d’un épisode avec Clémentine, pour essayer de comprendre ce qu’est la littérature ados, cette littérature si particulière qui est (oui, oui) une VRAIE littérature. c’est à 1 mn 10!

PODCAST 

« Histoires de jeunesse » dont on a déjà parlé est un podcast qui vous emmène à la rencontre d’écrivains pour la jeunesse et vous fait entrer dans les coulisses de leur écriture. 

Les auteurs sont amenés à dévoiler leur imaginaire, leurs sources d’inspirations et à s’étendre sur leur processus de création. Un bel outil pour préparer une rencontre d’auteur, découvrir sa bibliographie…

A retrouver le premier jeudi de chaque mois & ici pour notre Clémentine !

Nous y dévoile-t-elle d’où viennent ses histoires ? Comment ont-elles fait leur chemin dans son imaginaire ? Sont-elles nées d’une révolte, d’une émotion, d’une lecture, d’une chanson ? Dans cet épisode de Histoires de jeunesse, elle raconte toutes les histoires qui l’ont fait devenir écrivain…

Rendez-vous…

  • à 8:07 pour découvrir comment Harry Potter a nourri sa fascination pour l’Angleterre
  • à 20:27 pour l’entendre parler de ses personnages féminins et de leur construction
  • à 25:43 pour comprendre comment la littérature jeunesse capture l’intensité des premières fois
  • à 30:37 pour comprendre sa vision de la peur en littérature jeunesse
  • à 39:59 pour l’écouter lire un chapitre bonus de Songe à la douceur

ATELIER D’ECRITURE 

Elle enseigne l’écriture créative dans le cadre de son travail universitaire et également à travers de nombreux ateliers en classe, lors de stages, dans des écoles privées à distance etc.

En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les cours de creative writing ont un succès hallucinant. Il s’agit donc de l’apprentissage de l’écriture créative.  On peut avoir des licences, des masters et des doctorats en la matière, et il ne se passe pas un jour sans que son alerte email lui annonce qu’on ouvre un nouveau poste en creative writing quelque part dans le pays. Ce sont généralement des lectureships (=postes de prof) à mi-temps, car les universités recherchent des auteurs, et donc il est entendu que l’heureux/se élu/e aura ainsi la moitié de son temps pour écrire. Ces cours peuvent coûter de 9 000 £ par an (soit presque 10 500 €) pour les licences à 15 000 £ ou plus pour les doctorats (soit 17 385 €).

Le creative writing est donc un véritable business pour les universités en Anglo-Saxonie, et certaines d’entre elles sont très reconnues (Warwick, Bath Spa, Manchester Met…). L’extraordinaire Sarah Crossan, par exemple, est passée par le Master en Creative Writing for Children de Warwick. De nombreux auteurs enseignent dans ces cours également

En France, on commence très timidement à voir ce genre de cours, mais ce n’est pas encore normalisé. Personnellement, j’avais un avis très négatif. Et quand on m’a demandé de donner des cours, j’ai d’abord eu un énorme syndrome de l’imposteur – ça me semblait absurde d’estimer que je pouvais apprendre aux autres à écrire alors que ça faisait si peu de temps que j’écrivais moi-même.

Mon cours est divisé en plusieurs sessions assez attendues : débuts, caractérisation, structure, style et ton, sérialité, et genres, en insistant toujours sur le fait que ces catégories sont liées. Et on finit toujours par une session sur comment être publié, c’est-à-dire comment écrire un pitch, une lettre à un agent, un résumé, etc; pragmatisme anglo-saxon oblige, on ne fait pas tout ça pour ‘rien’.

C’est cette utilitarisme qui, je pense, fait la différence entre ces cours et ce qu’on appellerait plus communément des ateliers d’écriture. Bien sûr on veut y trouver du plaisir aussi, mais il est question ici d’acquérir de vraies compétences et de devenir efficace, pas (seulement) de ‘se découvrir’ en tant qu’auteur. Ca ne suffirait pas de leur faire écrire ‘ce qu’ils veulent’, de les aider à s’exprimer. Il faut leur dire si ce n’est pas commercialement viable, et ils s’attendent à être instruits précisément sur ce qui constitue une structure type ou des personnages types pour tel ou tel genre de livre. Les angliches ne rigolent pas avec ce genre de choses.

L’équilibre est donc précaire entre enseigner des ‘recettes’ commerciales et encourager une écriture de qualité ou plus personnelle… La règle d’or pour moi est de s’immerger dans de textes d’auteurs jeunesse de qualité et commercialement viables, et de voir ce qu’ils font de bien. Je force donc mes élèves à faire de l’analyse de texte, explique-t-elle sur son blog en détails dans l’un des articles rédigés sur ce vaste sujet.

THEATRE 

On a profité de ce mot « théâtre » pour donner la parole aux membres du club de théâtre qui préparent consciencieusement leur adaptation des Petites reines pour leur représentation de fin d’année ainsi qu’un extrait pour la venue de Clémentine! Mais chuuuut! c’est une surprise!

Et pour celles & ceux qui souhaiteraient assister à une représentation de l’adaptation des Petites reines par une compagnie professionnelle à savoir Rachel Arditi et Justine Heynemann, c’est par ici que ça se passe!

 

Des couvertures de certains de ses romans ados et de ses traductions figuraient aussi dans notre bocal…

SES ROMANS

Clémentine s’est considérablement triturée la cervelle pour comprendre ce que peut bien être une voix dans un livre jeunesse et pourquoi elle semble si facile à capturer sur certains formats et genres, et si difficile pour d’autres. Au cours des années, elle a adopté plusieurs spécimens de voix « qui toutes ensemble font un vacarme assez peu harmonieux sur mon étagère » précise-t-elle : glaçante dans La pouilleuse, grinçante dans Comme des images, girly-comique dans Les petites reines, tragi-lyrique dans Songe à la douceur etc. Ainsi est-elle décrite sur le site de l’école parisienne Les Mots.

Carambol’anges, Clémentine Beauvais, Eglantine Ceulemans (ill.), coll. Pépix, Sarbacane, 2015

Pour Nel, ange de rang 47, c’est une mission comme les autres : conduire une âme au Ciel, à bord de sa voiture volante. Mais l’âme en question, c’est Mamie Paulette. Mamie Paulette a 93 ans, 3 jours et un sacré caractère. Et surtout, elle a bien l’intention de découvrir qui a voulu se débarrasser d’elle… et pourquoi ! Entre les ouragans et les Démons Motards, l’ange Nel et Mamie Paulette enquêtent !

PS : Au fait, pour ceux qui se demandent si Nel est un garçon ou une fille, la réponse est : ni l’un ni l’autre, puisque c’est un ange !

 

Les Petites reines, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2015 

On les a élues «Boudins de l’année» sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses «boudinettes». Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… … pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines ! ! !

 

Songe à la douceur, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2016 

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon.
Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer.

Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

 

Comme des images, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2014 

Il était une fois des ados sages comme des images, au prestigieux lycée Henri-IV, à Paris. Un lycée où les élèves, dès la seconde, se voient déjà en avocat, en médecin, en ministre. L’histoire commence le jour où Léopoldine a rompu avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Timothée, par vengeance peut-être, a envoyé un mail avec une vidéo de Léopoldine, à tout le monde. Ses amis, sa sœur jumelle Iseult, les profs, les lycéens, les parents : tout le monde.

Chronique de notre Gaëlle ici!

 

Brexit romance, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2018

Juillet 2017 : un an que le Royaume-Uni a voté en faveur du Brexit. Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar pour chanter dans Les Noces de Figaro. A ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE.
Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des nœuds au cerveau — et au cœur !

 

Inséparables, Sarah Crossan, Rageot, 2017

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?

 

Swimming-pool, Sarah Crossan, Rageot, 2018

C’est une vraie histoire d’Angleterre, de la vraie Angleterre, pas celle que vous fantasmez en regardant Downtown Abbey ou Coup de Foudre à Notting Hill: celle des villes ni moches ni belles, avec des gens qui se retrouvent à vivre là on ne sait pas trop comment, avec des ronds-points, des bus aux vitres maculées de sauce tomate, des magasins à un pound, des maisons toutes pareilles où habitent des familles recomposées, des ados qui s’embrassent dans un coin de parc avec leur chemise d’uniforme du lycée froissée à moitié sortie du pantalon.

C’est l’histoire de Kasienka qui débarque à Coventry, tout juste arrivée de Pologne, pour retrouver son père qui est quelque part par là. Sa mère est convaincue qu’elle le retrouvera, et qu’ils repartiront pour Gdansk pour être à nouveau une famille. Kasienka est moins optimiste. Mais elle va découvrir le collège anglais – et les persiflages des nymphettes environnantes – la langue anglaise, un Anglais, une sorte-de-famille, un voisin qui met de la lumière dans tous ses sourires, et surtout la natation. Voilà comment Clémentine promeut ce roman qu’elle qualifie comme son préféré de Sarah Crossan sur son blog.

Une ribambelle d’histoires

Place à une ribambelle d’histoires pour ce second épisode de « Je lis, tu dessines ».

Pour rappel, cette année, il y a un rendez-vous avec le groupe des 6-11 ans d’un des centres de loisirs local. L’idée est donc de proposer une activité complémentaire avec un temps de lectures d’histoires matinal à la bibliothèque qui puisse être prolongé au centre de loisirs l’après-midi par une activité plastique et ce, une fois par période.

Avant de débuter la racontée, nous sommes revenus sur le mot « ribambelle »…Qu’évoque-t-il à ce groupe d’enfants? Si c’est une longue file de personnes ou de choses en grand nombre, c’est aussi une bande de papier présentant une suite de motifs identiques, découpés dans la bande pliée. Comme ce que les enfants vont réaliser l’après-midi même au centre de loisirs…

Déroulement de la racontée & détails des ribambelles avec une spéciale dédicace à mon autre libraire préférée Aline qui m’a permis de finaliser ma sélection-gigogne :

Guirlandes de poupées, Julia Donaldson, Rebecca Cobb, Kaléidoscope, 2013

C’est le récit qui a inspiré le thème de cette séance

 

Famille ours, Magali Attiogbé, Mango Jeunesse, 2011

Livre(s) qui se déploie(nt) à la façon des poupées gigognes/russes 

 

chanson « Quand Fanny était un bébé »

Manipulation des poupées russes, de la + petite à la + grande 

Quand Fanny était un bébé, un bébé, un bébé
Quand Fanny était un bébé elle faisait comme ça
Ouin, ouin ,ouin… (en se frottant les yeux et suçant son pouce)

Quand Fanny était une p’tite fille, une p’tite fille, une p’tite fille
Quand Fanny était une p’tite fille elle faisait comme ça
Na na na nanère euh ! (en faisant un pied de nez)

Quand Fanny était une jeune fille, une jeune fille, une jeune fille
Quand Fanny était une jeune fille elle faisait comme ça
Soupir… (mains sur les hanches et la main dans ses cheveux, levant les yeux au ciel)

Quand Fanny était une maman, une maman, une maman
Quand Fanny était une maman, une maman, une maman elle faisait comme ça
« Chut…dors mon bébé  » (en le berçant)

Quand Fanny était une grand-mère , une grand-mère ,une grand-mère
Quand Fanny était une grand-mère elle faisait comme ça
Ouille, ouille, ouille! mon dos (en se tenant le dos)

Quand Fanny était un squelette ,un squelette, un squelette
Quand Fanny était un squelette, elle faisait comme ça

Cccccccccccccrac! (claquer des dents, des doigts et des genoux)

Quand Fanny était une poussière, une poussière ,une poussière
Quand Fanny était une poussière elle faisait comme ça

Fffffffffffffffffou…(souffler sur une poussière imaginaire)

 

Matriochka, Sandra Nelson, Sébastien Pelon, Flammarion, 2009

Conte sur l’origine des poupées russes et utilisation des poupées russes déjà alignées

 

 Un cœur qui bat, Virginie Aladjidi, Joëlle Jolivet, Thierry Magnier, 2017

Récit à la façon d’un zoom 

 

De papa en papa, Emilie Vast, MeMo, 2016

« Un jour,il y a très très très très longtemps, le papa du papa du papa du papa du papa du papa, vit naître le papa du papa du papa du papa du papa. »
Ainsi commence cette longue histoire, qui de génération en génération, de papa en papa, se rapproche de nous. De page en page, les poupées russes se déploient. Les mamans leur répondent dans un livre jumeau: De maman en maman.

 

Au même instant sur la Terre, Clotilde Perrin, Rue du monde, 2011

Livre-accordéon à déplier au fil des 24 fuseaux horaires, du jour à la nuit…

 

Le livre du livre du livre, Julien Baer, Simon Bailly, Hélium, 2018

Livre-jeu qui cache un livre qui en cache un troisième, à travers un subtil enchâssement de situations et de paysages, où la même aventure semble arriver indéfiniment au jeune Thomas qui, en vacances avec ses parents, croit être perdu et trouve un livre, qui raconte l’histoire du jeune Thomas en vacances avec ses parents, qui croit être perdu… Mais bien sûr, quel que soit le lieu, les parents n’oublient jamais leur petit garçon !

 

Une histoire (presque) impossible à raconter, Bruno Gibert, Sarbacane, 2017

Que celui qui aime les histoires simples et linéaires passe son chemin ! Comme son titre l’indique, cet album se refuse à tout résumé, toute ligne droite, tout cadre précis. À peine le narrateur commence-t-il son récit qu’il se reprend par un non ! graphique et tonitruant (qui fera bien rire les enfants, lesquels vont vite se prendre au jeu) et prend une nouvelle direction – témoignant au passage des infinies possibilités d’une histoire. Tout y passe : les personnages, les situations, les rebondissements…

 

Si petit, Laurie Cohen, Marjorie Béal, Les p’tits bérets, 2013

Récit sur le principe de la comptine Trois p’tits chats

Ribambelle de personnages, livre-accordéon, guirlande de papier, dessin sur les impressions de lecture des enfants…l’animatrice a pris le relais en proposant l’activité plastique. D’autres pistes ont été développées pour faire un livre ici.

Le prochain épisode de « Je lis, tu dessines » se tiendra « au cœur de la nuit »…

Sélection de Noël : les albums

Les conseils de Gaëlle

Delphine Chedru - Chambres avec vues.

Chambres avec vues, de Delphine Chedru, ed. Albin Michel Jeunesse, 19€.

Jeux de lumières et de contrastes composent cet album avec des flaps pour les tout-petits ! La neige y parait plus blanche que jamais et l’hiver sublimé par le travail délicat de Delphine Chedru. Chaque page invite à découvrir un décor caché qui révèle de nouvelles surprises. Un album bien joli à mettre dans les mimines des petits.

Dès 2 ans.

Malika Doray - Le petit homme et la mer.

Le petit homme et la mer, de Malika Doray, ed. MeMo, 13€.

J’aime quand la beauté naît de la simplicité et c’est exactement ce qui se produit avec cet album. Ce qui se passe aussi c’est que ça m’a presque fait pleurer tellement c’est adorable. C’est un livre rigolo avec l’inversion des situations, un livre qui invite à le réflexion et qui dégoûte du poisson pané.

Dès 4 ans.

Bruno Munari - ABC - Une petite leçon d'anglais.

ABC, une petite leçon d’anglais, de Bruno Munari, ed. Les grandes personnes, 18,50€.

Je ne vous promets pas que vos gosses seront bilingues mais je vous assure la magie des couleurs et des formes par le magicien du livre animé : Bruno Munari. Publié en 1960, ce livre revit sous l’impulsion des Grandes Personnes, qui n’éditent que des merveilles comme tout le monde le sait. Les illustrations font saliver, on voudrait croquer chaque page garnie de nourriture. Si ce livre ne possède pas d’animation il n’en est pas pour autant moins subtil que les précédents. Et il y a vraiment de l’anglais dedans…

Je ne recommande pas d’âge pour ce livre, il y a fort à parier que les adultes se l’achètent pour eux de toute façon !

 

Olivier Tallec - J'en rêvais depuis longtemps.

J’en rêvais depuis longtemps, d’Olivier Tallec, Actes sud junior, 16€.

Je n’ai jamais su résister à la mignonnerie des illustrations d’Olivier Tallec ! Et là encore moins qu’à l’accoutumée car l’histoire y est tellement chouette et inattendue. De grandes et belles illustrations pleine page savoureusement légendées. Franchement, de quoi craquer complètement. Un livre qui rend gaga de joie qui fait penser à du Sempé avec ses grandes pages et son petit texte bien senti en seulement quelques mots.

Age : pour tous ceux qui n’auront pas de chien à Noël.

Beatrice Alemagna - Le fabuleux désastre d'Harold Snipperpott.

Le fabuleux désastre d’Harold Snipperpott, de Beatrice Alemagna, ed. Albin Michel, 15,90€.

J’aime d’amour fou les livres de Beatrice Alemagna et celui-ci ne déroge pas à la règle. Un album rempli de grand n’importe quoi à l’enthousiasme contagieux. Harold n’est pas près d’oublier cet anniversaire de folie qui chamboulera sa vie à tout jamais. Comme toujours, les couleurs s’emballent et se mêlent habilement. Merveilleux !

Dès 5 ans.

Luciano Lozano - Diane danse.

Diane danse, de Luciano Lozano, ed. Les éditions des éléphants, 14 €.

Diane n’est pas dégourdie à l’école mais dans son tutu elle tue. En classe, impossible de se concentrer mais une fois ses pointes chaussées elle virevolte et s’épanouit comme jamais. Cet album au look vintage est charmant et touchant car notre héroïne est une petite fille dodue dont la morphologie n’est pas si courante dans les livres pour enfants. Danseuse, replète, guillerette, cette Diane est une héroïne à faire connaître aux enfants en manque de confiance en eux. Et juste pour le plaisir aussi parce qu’il est vraiment joli et lutte contre des clichés à la vie dure.

Dès 4/5 ans.

https://products-images.di-static.com/image/nao-takabatake-presto-mollo-explorent-la-grotte-ronzzz/9782809713657-475x500-1.jpg

Presto et Mollo explorent la grotte Ronzzz, de Nao Takabatake, ed. Picquier jeunesse, 13,50€.

Rarement l’obscurité aura été si bien représentée ! Elle est ici magnifiée par les peintures de Nao Takabatake qui propose ici une sublime aventure souterraine aux rebondissements ronronnants. Un album pour aventuriers, amateurs de camping souterrain ou de belles histoires simplement.

Dès 5 ans.

Michaël Rivière - Le village sens dessus dessous. 

Le village sens dessus dessous, de Michaël Rivière, ed. Hélium, 12,90€.

Un petit bouquin comme un écrin dans lequel on retrouve la magie de Noël mais sans la niaiserie habituelle (pardon, je suis pas fan fan de Noël). Avec un retournement inattendu. J’aime ces livres qui fourmillent de petits détails, dont l’écriture soignée aux lettres bien formées rappelle le temps d’avant les sms (pardon, j’ai aussi une dent contre les écrans). Son petit format et le peu de lignes sur chaque page font qu’on peut aussi le ranger dans la catégorie premières lectures si on en a envie.

A partir de 5 ans pour leur lire ou tout seul comme un grand !

 BlexBolex - Maître Chat.

Maître chat, de Blexbolex, ed. Albin Michel jeunesse, 12,50€.

Et bim ! C’est le bruit que fait Blexbolex en frappant fort un grand coup avec ce nouvel album qui fait mal aux yeux tant il est beau. Pas de surprise niveau illustration, c’est toujours vintage à gogo. L’histoire est maligne et mignonne et bien plus que ça et l’on ne sent point la fin venir. Ça sent bon le théâtre et le livre ancien, c’est un livre dans lequel on se sent bien. Il ravira les parents et les enfants avec son exigence de chaque instant. Un album farceur avec du fracas, des croquettes, des bottes rouges et une casquette.

Pour tous les publics exigeants et avides de mots désuets dès 6/7 ans.

 

Les conseils de Lisa

9782812616013

Panthera tigris, de Sylvain Alzial et Hélène Rajcak , éditions Rouergue, 15 €.

Quand un savant très très savant organise une expédition dans la jungle profonde pour  enfin rencontrer le redoutable panthera tigris, n’écoutant que son savoir encyclopédique et oubliant d’écouter les conseils préventifs de son guide… cela donne des surprises! Car face à la réalité tout va valdinguer! J’ai été emballée par l’alternance des illustrations entre forêt luxuriante et gravures didactiques à l’ancienne, entre le côté aventurier et le côté savant. A lire comme un documentaire humoristique, passionnant!

Pour les aventurier.e.s curieux.ses dès 5 ans !

https _ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com_attachments_large_2_6_9_005084269

Merveilleuse nature, de Nathalie Béreau et Michaël Cailloux, éd. Thierry Magnier,  19.80€

Enfin un « cherche et trouve » poétique, subtil, raffiné qui nous plonge dans l’univers détaillé et rempli de motifs oniriques et botaniques de l’artiste Michaël Cailloux ! On dirait LA tapisserie parfaite pour rêver!  Douze doubles-pages, comme les douze mois de l’année, dans lesquelles il fait bon se plonger… en février rendez-vous au carnaval des animaux, en mai place à un pique-nique champêtre, en août c’est une plongée dans la mer surpeuplée.

Pour les yeux de lynx à partir de 4 ans.

http _librairiesandales.hautetfort.com_media_01_02_80765526

Des tomates sur mon balcon, d’Aurore Petit et Thierry Heuninck, éd. De La Martinière Jeunesse, 14.90€

Un manuel de jardinage pour les citadins qui rêvent d’apprivoiser un potager de balcon! Alliant la pédagogie d’un manuel pratique avec l’esthétique d’Aurore Petit, cet album donne envie que l’hiver passe à toute vitesse pour voir les premiers bourgeons et autres petites pousses de radis, fraises, basilic pointer leur nez dehors! Idéal pour se faire accompagner les mains dans la terre par les petits!

Pour les futures mains vertes dès 5 ans.

LocalImageExists.php

Les sentiers perdus, de Mathilde Poncet et Stephanie Demasse-Pottier, éd. Hélium, 14.90€

Cet album m’a émue, remplie d’une douceur sensible, mis les larmes aux yeux, m’a donné envie de flâner sur les sentiers de mes souvenirs d’enfance en famille. Dialoguant avec son grand-père, une jeune fille s’aventure sur les chemins qu’il lui a appris, siffle les airs qu’il lui a chuchoté, traverse colère et tristesse au gré des paysages, avant de rentrer de son école buissonnière pour partager sa peine avec ses parents. Magnifique album sur le deuil et le pouvoir de la transmission.

Pour les flâneur.ses. et héritier.e.s d’une longue lignée familiale, dès 5 ans.

https _www.la-ferte-bernard.fr_wp-content_uploads_2018_11_JEANNE_MACAIGNE-les_coiffeurs_des_etoiles-2018-408x500

Les coiffeurs des étoiles, de Jeanne Macaigne, éd. MéMo, 18€

Deuxième ouvrage de Jeanne Macaigne après « L’hiver d’Isabelle » et sa poésie farfelue – à tirer par les cheveux cette fois-ci!-, ses couleurs dynamiques et ses pages ultra détaillées façon Claude Ponti continuent de m’enthousiasmer!  Les coiffeurs des étoiles, parents de Romarin, Jacinthe et Timbale se sont installés sur une île après un naufrage décoiffant. Avec leurs ciseaux, ils ont tissé des liens avec les habitants de celle-ci, étranges muets dont les chevelures s’emmêlent au gré des vent et des tourments, étranges silhouettes au coeurs tristes fascinées par le ciel étoilé.  Un soir, alors que les trois frères et sœurs discutent du mystère de leurs amis, l’arbre sur lequel ils sont installés se réveille…et les embarquent dans une épopée onirique!

Pour les amoureux.ses d’étoiles dès 7-8ans.

Les conseils de Sandrine

Éléphant a une question. Lee Van de Berg & Kaatje Vermeire (traduction ; Emmanuelle Sandron). CotCotCot éditions, 2018. 15,50 €.

Bien-entendu, ne vous attendez pas à ce que dans cette chronique, je trahisse l’intrigue et vous révèle la Question super existentielle d’Éléphant. Mais en tout cas, au cours de sa quête et d’une attente de réponse, qui ne vient pas obligatoirement tant le sujet est personnel, on va suivre ce « pachyderme » – bien loin d’être lourdaud – aller à la rencontre des uns et des autres (animaux, héros de contes de fées et de folklore, personnages et objets surprenants…), se questionner et se montrer tellement sensible, mais aussi très déterminé. J’avais découvert le travail de Kaatje Vermeire avec son magnifique album « La grande dame et le petit garçon » et avais eu la chance de participer à un atelier d’illustration avec elle à Montreuil. Découverte d’une véritable artiste, créative, imaginative, amoureuse et curieuse des effets de matière brute et naturelle et de la magie de l’encrage. Et rien ne me déçoit jamais chez elle, car son univers est bien marqué, fait d’assemblages, de collages et surtout d’impressions de matériaux (textile, objets…) qui donnent une consistance et une autre lecture à chaque image. Dans cet album, le texte est drôle, fin, égayant et le choix des couleurs encore une fois subjuguant !

Pour les artistes-philosophes – À partir de 5-6 ans, et beaucoup plus si affinités…

Dans le jardin. Irène Penazzi. Maison Eliza, 2018. 16,50 €

Tout le monde dehors ! Prenons l’Air !! Cet album est une invitation à perdre son temps, à jouer, à imaginer, à créer, à batifoler et à transformer le jardin en Terre d’aventures et de voyages, au-delà des intempéries et des saisons. Un album sans texte qui se scrute, s’admire, se contemple et le temps en devient suspendu ! C’est parfois même un retour au passé… Les illustrations d’I. Penazzi sont un vrai rafraîchissement et il y a beaucoup de poésie. C’est un album également instructif et très ludique, au fil de l’eau… Dépaysant et très intelligent ! Et une Maison d’éditions qui gagne à être Re-connue.

Pour les aventuriers-poètes – À partir de 3 ans et beaucoup plus, pour les souvenirs…

Ratapoil. Delphine Durand. Du Rouergue, 2018. 16 €

Pas de trop longs discours pour vanter les mérites psychologiques et thérapeutiques de « Ratapoil ». L’auteure des Mous et de Gouniche nous emmène encore une fois au coeur de scènettes désopilantes, délirantes en suivant un personnage qui a beaucoup de mal à « dompter » sa chevelure. C’est le moins qu’on puisse dire… Sérieux et inflexible, s’abstenir ! On rigole beaucoup. Attention aux abdos !

Pour les joyeux-anti capilo-tractés… À partir de 6 ans, et OBLIGATOIRE après 17 ans (On n’est pas sérieux…)

Bêtes en devinettes. May Angeli. Les éditions des Éléphants, 2017. 16 €

Soit, soit il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais que serait Noël sans de beaux livres objets. Et si vous êtes passés à côté l’an dernier, autant vous reprendre !! Cet album s’ouvre et se découvre comme une boîte de chocolats (inutile de penser à Forrest Gump dans l’immédiat…). C’est juste une douceur. On plie, on déplie, on replie, on s’emplit… Ça ne fait pas un pli ! Le travail de gravures sur bois, hautement artistique de M. Angeli nous comble et maintient son côté intemporel. Une simplicité tellement travaillée, que les émotions sont garanties. Et les petits lecteurs seront attendris par ces « petites » bêtes qui page après page, nous semblent tellement galopantes, aboyantes,… vivantes !

Pour les sensibles-amuseurs et amusés. À partir de 2 ans, et sûrement tout au long d’une vie… De générations en générations.

Le fossile. Max Ducos. Sarbacane, 2018. 24,90 €

Qui ne connaît le travail de Max Ducos et sa passion pour les lignes, les structures, la beauté de l’architecture. Pas étonnant, alors, de le retrouver avec cet album aussi bien imaginé qu’élaboré. Un illustrateur constructeur ! Au début du récit, Clément – accompagné de son papa – découvre un quelconque caillou. Aussitôt, Le Professeur est prévenu, l’équipe arrive. S’ensuit une rigoureuse fouille qui nous emmènera à creuser, creuser… au coeur du livre lui-même. Chaque page tournée, l’intrigue se renforce, le texte s’agrandit et l’immensité de la découverte s’offre à nous ! Sans gâcher la surprise finale bien-sûr ! Max Ducos est une nouvelle fois le génial inventeur d’un livre-objet, livre-jeu qui instruit et nous questionne sur ces fascinantes « traces » du passé, disparues il y a 65 millions d’années. Presque aussi bien qu’au Musée !

Pour les apprentis paléontologues-ramasseurs de cailloux insolites. Et pour les autres, parce qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre… À partir de 6 ans.

Les riches heures de Jacominus Gainsborough. Rebecca Dautremer, Sarbacane. 19,50 €

Parce que c’est Rebecca. What else !? Et parce que Noël, c’est bien pour se faire un Grand plaisir, non ?

Pour les fanas de Rebecca-hyper réceptifs à la douceur. À partir de 5 ans,… même beaucoup, beaucoup plus

 

Tablier d’automne

Pour la trame de ma racontine de saison autour de quelques-uns des symboles de l’automne, j’ai sorti mon tablier multi-poches. Cette séance s’adressant aux tout-petits, elle mêle donc lectures, chansons, jeux de doigts et accessoires qu’ils peuvent manipuler à l’issue des histoires.

Chaque poche cache un petit élément qui appelle un livre, une chanson ou un jeu de doigt au choix.J’aime alterner les formes pour capter l’attention du public. Les différentes composantes sont modifiables au gré des envies, en fonction de l’âge des enfants et/ou de leur attention le jour J mais aussi des histoires qu’on a (ou pas) sous le coude. Voici la sélection de l’édition 2018:

  • une marionnette à doigt représentant un animal de la forêt:

-une chouette: livre Un peu perdu, Chris Haughton, Ed. Thierry Magnier

-un renard: chanson « J’ai vu le loup, le renard et la belette »

-un cerf: livre Dans sa maison, un grand cerf, Jutta Bauer, L’école des loisirs

-une souris: chanson « Les souris multicolores »

-un lapin: chanson « Mon petit lapin (s’est sauvé dans le jardin) »

-un blaireau: livre Le petit bonhomme des bois, Pierre Delye, Martine Bourre, Didier Jeunesse

-un écureuil: livre-marionnette Petit écureuil, Hélène Chetaud, Casterman

  • une figurine en tissu représentant un aliment

– un fruit ici la pomme (on peut aussi mettre en avant certains légumes d’automne): livre Pomme, pomme, pomme, Corinne Dreyfuss, Ed. Thierry Magnier

-un champignon: chanson « J’ai ramassé des champignons »

  • un vrai élément ramassé en balade comme

-une coquille d’escargot: livre Escargot rêve, Béatrice Fontanel, Céline Caneparo, Sarbacane

-une feuille morte: livre Le vent m’a pris, Rascal, Pastel

-un fruit, ici la noisette (mais il y a aussi le marron, la noix…)


Pour cette poche, j’ai revisité l’album La noisette d’Eric Battut chez Didier Jeunesse d’après l’idée soufflée par une internaute (Merci Estelle pour ne pas te nommer si tu passes par là 😉 ) qui s’était elle-même inspirée de cette vidéo:

Dans ma version, j’utilise des figurines en bois tirées du set de 9 petits animaux de la forêt de la marque Le Toy Van (qui comprend au total renard, ours, écureuil, lapin, tortue, souris, faon, hérisson et dont je vous reparlerai à l’occasion!).

J’ai choisi de représenter la noisette sur un cube en bois comme dans les propositions des copines et le petit ver de terre qui sort à la fin du récit est dissimulé grâce à du papier adhésif transparent (de la marque Filmolux, un des fournisseurs professionnels en bibliothèque) scotché sur l’une des faces. Pour la racontée, j’ai préféré ne pas faire sauter les animaux (cubes ou figurines) mais plutôt frapper sur mes cuisses avec mes mains invitant ainsi le groupe d’enfants à m’imiter; succès garanti! Les petits tapent et répètent ainsi de plus en plus fort au fil de l’histoire la phrase-refrain « ils sautent sur la noisette ».

 

Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !