Tablier d’automne

Pour la trame de ma racontine de saison autour de quelques-uns des symboles de l’automne, j’ai sorti mon tablier multi-poches. Cette séance s’adressant aux tout-petits, elle mêle donc lectures, chansons, jeux de doigts et accessoires qu’ils peuvent manipuler à l’issue des histoires.

Chaque poche cache un petit élément qui appelle un livre, une chanson ou un jeu de doigt au choix.J’aime alterner les formes pour capter l’attention du public. Les différentes composantes sont modifiables au gré des envies, en fonction de l’âge des enfants et/ou de leur attention le jour J mais aussi des histoires qu’on a (ou pas) sous le coude. Voici la sélection de l’édition 2018:

  • une marionnette à doigt représentant un animal de la forêt:

-une chouette: livre Un peu perdu, Chris Haughton, Ed. Thierry Magnier

-un renard: chanson « J’ai vu le loup, le renard et la belette »

-un cerf: livre Dans sa maison, un grand cerf, Jutta Bauer, L’école des loisirs

-une souris: chanson « Les souris multicolores »

-un lapin: chanson « Mon petit lapin (s’est sauvé dans le jardin) »

-un blaireau: livre Le petit bonhomme des bois, Pierre Delye, Martine Bourre, Didier Jeunesse

-un écureuil: livre-marionnette Petit écureuil, Hélène Chetaud, Casterman

  • une figurine en tissu représentant un aliment

– un fruit ici la pomme (on peut aussi mettre en avant certains légumes d’automne): livre Pomme, pomme, pomme, Corinne Dreyfuss, Ed. Thierry Magnier

-un champignon: chanson « J’ai ramassé des champignons »

  • un vrai élément ramassé en balade comme

-une coquille d’escargot: livre Escargot rêve, Béatrice Fontanel, Céline Caneparo, Sarbacane

-une feuille morte: livre Le vent m’a pris, Rascal, Pastel

-un fruit, ici la noisette (mais il y a aussi le marron, la noix…)


Pour cette poche, j’ai revisité l’album La noisette d’Eric Battut chez Didier Jeunesse d’après l’idée soufflée par une internaute (Merci Estelle pour ne pas te nommer si tu passes par là 😉 ) qui s’était elle-même inspirée de cette vidéo:

Dans ma version, j’utilise des figurines en bois tirées du set de 9 petits animaux de la forêt de la marque Le Toy Van (qui comprend au total renard, ours, écureuil, lapin, tortue, souris, faon, hérisson et dont je vous reparlerai à l’occasion!).

J’ai choisi de représenter la noisette sur un cube en bois comme dans les propositions des copines et le petit ver de terre qui sort à la fin du récit est dissimulé grâce à du papier adhésif transparent (de la marque Filmolux, un des fournisseurs professionnels en bibliothèque) scotché sur l’une des faces. Pour la racontée, j’ai préféré ne pas faire sauter les animaux (cubes ou figurines) mais plutôt frapper sur mes cuisses avec mes mains invitant ainsi le groupe d’enfants à m’imiter; succès garanti! Les petits tapent et répètent ainsi de plus en plus fort au fil de l’histoire la phrase-refrain « ils sautent sur la noisette ».

 

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Dehors !

Allez ouste! C’est l’été on ne va quand même pas rester enfermés !

Le matin je vous propose d’aller Au marché (ed. Sarbacane) vous promener dans les alléchantes illustrations de Noëlle Smit en compagnie d’Emma, de sa maman et de leur teckel Caramel. Ah la joie de se perdre dans de si beaux étals aux couleurs lumineuses ! Pas besoin de texte dans ce livre qui vous incite à l’immersion au cœur de la vie du marché. Les détails fourmillent, la vie est pimpante dans les allées du marché.

Tous plein de détails à chiner peuplent ce livre qui compose un vrai hommage au marché, ses couleurs, ses odeurs et son ambiance inimitable.

L’après-midi, j’ai envie de vous dire d’aller Jouer dehors (ed. Hélium) avec Laurent Moreau dont chaque livre nous ravit les mirettes. Inventaire des plaisirs de l’extérieur dont on ne profite jamais assez, cet album invite à explorer les mille et une manières de s’occuper dehors avec trois bouts de ficelle et même rien. Et ça fait du bien !

 

Faites des gosses !

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Spéciale dédicace à tous les parents. La vie avec des gosses c’est pas le rêve tous les jours mais que serait-on sans eux ?

Voici une petite sélection d’albums récents sur le thème de la parentalité qui ont attiré mon œil.

Je vous suggère de débuter votre lecture par l’album Big Bang Pop ! (ed. Atelier du Poisson Soluble) dont le titre pétille dans la bouche autant que les illustrations vous feront pétiller les yeux. Claire Cantais, reine des coups de ciseaux dans le Canson coloré vous fait ici une belle leçon qui part du big bang à la naissance du bébé à qui vous offrirez cette merveille ! Des couleurs et des onomatopées de partout ornent cet album singulier.

Pour les parents déjà un peu plus avancés dans cette grande aventure je vous conseille de jeter un œil à l’album Comment élever un Raymond (ed.Sarbacane), drôle de manuel d’élevage concocté par Marie de Lestrade et « vintagement » illustré par Marie Dorléans. Un Raymond késako ? On nous dit que c’est un genre d’animal,  fréquemment posé sur le canapé, que ça ne sent pas bon, que ça aime les chatouilles, que ça boit du lait, que ça n’aime pas le potiron… Un livre drôle et touchant sur les étapes de la parentalité jusqu’à ce que le Raymond vienne avec son Raymond à lui sonner chez vous ! Et là, ta-dam : grosse émotion.

Aux filles qui rêvent d’une petite sœur et même de milliers de petites sœurs pour faire les quatre cent coups je propos la lecture d’un album adorable : Petites sœurs de Tomo Miura aux éditions La joie de lire. Rarement j’ai vu des bouilles aussi mignonnes ! Des sourires qui dévorent le visage des personnages ornent toutes les pages. Et puis au final, être fille unique c’est bien aussi ! Trop chou comme dirait une amie bien plus jeune que moi.

Impossible de ne pas craquer pour le sublime Quand tu seras grand dans lequel Emily Winfield Martin semble avoir mis tout son talent et son amour des enfants au profit d’un album mémorable ! Un ouvrage qui me semble être un parfait cadeau de naissance, prompt à bouleverser bien des jeunes parents par sa beauté et son intelligence. Les éditions des éléphants nous proposent décidément de belles publications.

Enfin, pour survivre à toutes ces progénitures, je pense qu’il s’agit de conclure avec Maman robot (ed. Sarbacane) qui reprend le thème de la fameuse « charge mentale » tant à la mode. Zidrou au scénario vous met en garde ! Prenez soin de votre maman avant qu’elle ne se transforme en robot à tâches ménagères voire qu’elle ne se mette en grève…

 

Un album aux couleurs et motifs joyeux de Sébastien Chebret, comme une maman qui reçoit un collier de nouilles (sérieusement faites un effort la prochaine fois les enfants !)

 

 

Lettres de mon hélicoptêtre

Petit rafraichissement découvert cet été.

UnCouv-lettres-de-mon-helicoptetre-copie-620x752 soir d’ennui, une petite fille malicieuse, un peu mécanicienne et aventurière quitte la capitale sur un drôle d’engin volant. Elle va faire le tour du monde et découvrir différents pays sans oublier d’écrire consciencieusement à ses parents pour leur raconter.

Clémentine Beauvais peint le portrait d’une adorable fillette très attachante dans un récit drôle. Le chat qui l’accompagne malgré lui, les personnages rencontrés ici et là sont joliment croqués aux crayons de couleur par Anne Rouquette.

Les Post Scriptum sont  savoureux (ceux sur l’école m’ont bien fait rire, déformation professionnelle oblige!), la naïveté de « l’adorable fillette » est cocasse (elle ne regarde jamais derrière elle), l’écriture ponctuée  de rimes désordonnées est délicieuse, le dénouement de ce voyage est surprenant et les illustrations invitent à se laisser porter par cette histoire.

A (s’)offrir sans hésitation.

Lettres de mon hélicoptêtre, Clémentine Beauvais, Anne Rouquette, Sarbacane, 2016.

Lecture autonome dès 8 ans. Lecture partagée dès 5 ans !

Sélection CE1 Les Incos 2016-2017.

Ldmh

 

 

 

La Cabane à Histoires

La cabane à histoires, c’est un projet télé qui s’annonce pour septembre sur Piwi +. Cette série destinée aux 4-7 ans et mêlant prises de vues réelles et animation comprendra 26 épisodes de 7 mn réalisés par Célia Rivière et produits par Dandeloo.

cabane à histoires

Quatre enfants réunis par l’amitié sont prêts à se plonger dans la littérature de jeunesse, lovés dans leur « cabane à histoires », celle de Lisette, pour découvrir à chaque fois un nouvel album.

Voici quelques-uns des titres qui devraient être mis en scène:

mon chien qui pue

Mon chien qui pue, Christine Roussey, La Martinière Jeunesse, 2015

festin de Noël

Le festin de Noël, Nathalie Dargent, Magali Le Huche, P’tit Glénat, 2008

Poucette

Poucette, Andersen, Charlotte Gastaut, Père Castor, 2011

les-concombres-du-roi

Les concombres du roi, Evelyne Brisou-Pellen, Judith Gueyfier, Belin, 2014

popotin de l'hippopotame

Le popotin de l’hippopotame, Didier Lévy, Marc Boutavant, Albin Michel Jeunesse, 2003

la-Petite-sirene-a-lhuile

La petite sirène à l’huile, Emilie Chazerand, Aurélie Guillerey, Sarbacane, 2015

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Panique au village des crottes de nez, Mrzyk et Moriceau, Les Fourmis Rouges, 2015

999 têtards

999 têtards, Ken Kimura, Yasunari Murakami, Autrement Jeunesse, 2005

Pour en savoir +, RDV sur la page Facebook du projet pour lever le voile sur les coulisses mais aussi sur notre article « Vu à la télé » qui évoquait quelques émissions télé jeunesse tournée vers la littérature de jeunesse!

 

Antoine et la fille trop bien

On est encore un peu loin des vacances d’été mais…

-Imaginons que vous ayez un(e) ado dans les parages qui raffole des albums de Max de Radiguès : 520 km et Un été en apnée.

-Supposons que pour une raison que vous seul connaissez, vous ayez envie de lui faire plaisir en lui offrant une BD dans le même esprit.

-Partons du principe que votre libraire (ou votre blogueur) vous a déjà forcément convaincu d’offrir Cet été-là. Deux solutions s’offrent à vous : filer rattraper le temps perdu en acquérant l’album des cousines Tamaki ou bien fouiner encore parmi les nouveautés.

Dans ce cas, tout frais sorti des cartons, je ne peux que vous recommander de sauter sur Antoine et la fille trop bien d’Alexandre Franck publié chez Sarbacane (13,90€).

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Antoine vit dans une famille aisée et passe ses étés dans une grande demeure avec ses parents de droite. Lui, la droite ou la gauche il s’en fout un peu. Son truc c’est Einstein et la relativité. Un intello en somme, mais plutôt cool. Avec les filles, c’est le néant. Quand débarque Adèle, la fille d’amis (de droite) de ses parents, Antoine se sent grandir d’un coup. MAIS débarque son grand frère, l’affreux et malpoli Alexandre qui revient de pension pour mettre le boxon. Vacances houleuses, vacances heureuses ? En tout cas pas le temps de s’ennuyer avec cet énergumène dans les pattes. La mère frôle l’infarctus à chaque instant en compagnie de ce fils maudit. Antoine, qui avait déjà tendance à s’effacer, devient transparent en présence de cet aîné diabolique.

Je recommande vivement cet album aux ados et aux adultes qui préfèrent revivre leur pénible adolescence en lecture plutôt qu’en vrai (ouf, ce n’est pas possible) !

 

 

 

Les petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane (coll. eXprim)

HAUT LES MOCHES !!!
OH, LES MOCHES !!! (Ce qui n’est pas pareil)

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Dans Comme des images , Clémentine Beauvais avait déjà particulièrement bien analysé les ravages des réseaux sociaux auprès des adolescents. Fragile, l’une y avait laissé sa vie.
L’histoire commune de Mireille, Astrid et Hakima débute lorsque Théo (ex meilleur ami d’enfance de Mireille) a l’idée de lancer un concours de boudins au collège via une page facebook dédiée aux filles les plus ingrates. Ici, à l’inverse de Comme des images, les réseaux sociaux ne font pas de gros dégâts mais poussent les trois héroïnes à se surpasser. Pas de place aux lamentations dans Les petites reines ! Place à l’initiative, à la débrouillardise, à l’autonomie ! Élues boudins,
Mireille (boudin de bronze, jadis boudin d’or) Astrid (boudin d’or) et Hakima (boudin d’argent) prennent leur vie en main. Mireille, au sacré tempérament, serait presque vexée de ne plus être au top du top ; elle décide alors de rencontrer les deux autres boudins qui l’ont honteusement détrônée.

De caractères différents, chaque boudin trouvera néanmoins un motif pour rallier Paris à bicyclette d’ici le 14 juillet. Car elles n’ont pas en commun que leur laideur et leur largeur ; d’autres raisons les guident dans cette folie de rejoindre la capitale à coups de pédales vengeurs. L’une veut retrouver son père, l’autre faire un scandale auprès d’un général et la 3e veut approcher son idôle : Nikola Sirkis. Seules, elles n’oseraient pas mais ensemble elles sont capables de tout. Y compris de vendre bien ironiquement du boudin dans une caravane pour financer leur road-trip.

Unies dans la souffrance du pédalage, nos trois boudins sont loin d’imaginer ce qui les attend lorsqu’elles posent leurs grosses fesses sur la selle de leur vélo au départ de Bourg en Bresse (Bourkenbresse) au matin du 8 juillet.

Avec elle, le Soleil, qui sera de la partie tout du long. Pas le vrai soleil, mais Kader le frère d’Hakima, surnommé ainsi par Mireille ; éblouie dès leur rencontre. Kader ne fait pas de vélo, il est en fauteuil roulant. Kader prend la tête de ce drôle d’attelage en poussant de toutes ses forces avec ses mains et en même temps il tire les trois filles vers une célébrité bienfaisante et reconstructrice. Mireille n’en revient pas d’être chapeautée par un gars si solaire et musclé et gentil et beau et et et … Alors elle est tellement intimidée qu’elle ne sait jamais trop quoi lui dire de malin ou simplement normal. Elle bafouille sans cesse « Savakader? » Intrusion du langage sms parfaitement inclus dans ce roman qui joue savamment avec les codes d’aujourd’hui.

Influence des réseaux sociaux, omniprésence des médias à l’affut du moindre scoop, langage sms qui se mêle à la plus jolie des langues ; Clémentine Beauvais s’impose comme une auteure incontournable de la littérature jeunesse.

Un roman à lire par les ados et les adultes curieux du monde étonnant qui les entoure !

Et dans le tas, a continué Hakima d’une voix qui n’était plus qu’un chuchotement, je vois ceux qui tombent en pédalant, et qui pédalaient, pédalaient, pédalaient, avec leurs grosses pattes, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’il leur avait poussé des ailes, et qu’ils pouvaient se sauver.

The end.

15,50 € (et ça les vaut largement)