Jusqu’en haut

C’est un élégant format vertical qui appelle, branche après branche, la grimpée de cet arbre amazonien. Le trait épuré mais réaliste d’Emilie Vast se prête à merveille à ce conte randonnée par accumulation qui nous emmène dans cet écosystème spécifique qu’est la canopée. Les noms des animaux sonnent ainsi comme des personnages tant ils nous sont pas peu connus…

« Coati, Ocelot, Ibis, Tamandua, Toucan, Paresseux, Singe hurleur et Ara bleu finissent alors leur ascension jusqu’en haut de l’arbre, pour atteindre petit Singe-Ecureuil ».

Jusqu’en haut, Emilie Vast, coll. « Tout-petits MeMômes », MeMo, 2019

D’ailleurs, une double page descriptive nous est offerte en fin d’ouvrage pour enfin en savoir plus sur ces protagonistes exotiques. MeMo propose de les compter, nommer et de les chercher-trouver des racines jusqu’à la cime, tantôt dans les pages où l’arbre trône dans son entier tantôt dans des gros plans en alternance. La chute finale ramène le tout-petit dans son quotidien avec bienveillance.

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Chez les Indiens d’Amérique

Retour sur l’un des accueils de classe niveau maternelle fait au cours de ce mois de mars. Nous sommes ainsi partis à la rencontre des Indiens d’Amérique. En guise d’initiation à la culture indienne, histoires, chansons et autres jeux de doigts ont été proposés aux petits élèves. Nous avons construit le totem de la classe au fil de la racontée. Petite précision à l’attention des adultes quant à l’origine du totem, il s’agit d’un objet propre aux tribus amérindiennes de la côte nord-ouest de l’Amérique du nord qui nous semblait pertinent pour rendre ludique et attrayante la découverte de la culture autochtone en général. De même, nous avons mis en scène la séance autour de notre feu de camp en papier (déjà présenté ici) pour figurer une veillée telle qu’elle se pratiquait là-bas à l’époque.

Intro : Berceuse « Ani couni » à écouter

Ani couni chaouani (joindre les mains en prière les baisser puis les ouvrir)
Ani couni chaouani
Awawa bikana caïna (tourner les mains & poignets)
Awawa bikana caïna (moulinets)
E aouni bissini (faire les essuie-glaces avec les mains)
E aouni bissini

Donner la traduction aux enfants (2 variantes circulent, celle-ci correspondant bien au projet « veillée » a été privilégiée):

Tous les soirs les indiens sont autour du feu x2
Ils écoutent la chanson de la nuit x2
Pour aller coucher leurs petits x2

La gestuelle est inspirée de cette vidéo:

Aujourd’hui, on va construire ensemble le totem des « Moyenne section ». Vous savez ce qu’est un totem chez les indiens ? Montrer quelques images en exemple.

Totem des moyenne section

Un totem est un poteau en bois chez les indiens. Chaque tribu a son propre totem. Les totems représentent des animaux qui ont toujours eu une place très importante dans la vie des indiens. Tous les animaux du plus petit papillon jusqu’au grand bison possédaient des pouvoirs précieux qui pouvaient être transmis aux hommes. Quels animaux vont apparaître sur votre totem ?!

Pour fabriquer ce « totem », il a fallu mettre de côté diverses boîtes de lait en poudre, décorées de papiers colorés aux motifs variables. Les masques accolés ont été chinés sur le net, avec un graphisme dans l’esprit des Indiens d’Amérique.

Renard= la ruse

 

La petite boule blanche part à l’aventure, Christophe Loupy, Isabelle Dohin, Gildas Chéné, Belin, 2010

Loup= l’apprentissage

Chanson « Les indiens de Malicoco »

Les Indiens de Malicoco,

S’en vont à la chasse (bis) (mimer le fusil)

Les Indiens de Malicoco,

S’en vont à la chasse  (mimer le fusil)

Et reviendront bientôt !

Houhou Houhou Hug ! (mimer)

Une main derrière la tête, une main derrière le dos

 

Les Indiens de Malicoco,

S’en vont à la pêche (bis) (mimer la canne)

Les Indiens de Malicoco

S’en vont à la pêche (mimer la canne)

Et reviendront bientôt !

Houhou Houhou Hug ! (mimer)

Une main derrière la tête, une main derrière le dos

 

Les Indiens de Malicoco,

S’en vont faire la fête (bis)

Les Indiens de Malicoco,

S’en vont faire la fête

Et reviendront bientôt

Houhou Houhou Hug !!! (mimer)

Une main derrière la tête, une main derrière le dos

 

Raton laveur= le talent

Méli-mélo chez les indiens, Martine Perrin, Milan, 2005

 

Ours= la force

Petit sioux, Patricia Geis, Mango Jeunesse, 2003

 

Hibou= la sagesse

Chanson « Nagawika » (les mots soulignés ont été proposés en langue des signes pour faire le parallèle avec la langue des signes que les indiens utilisaient entre différentes tribus)

Un petit indien, un petit indien
Nagawika, Nagawika

Chantait gaiement sur le chemin
Nagawika, Nagawika (bis)

Quand je serai grand, Quand je serai grand
Nagawika, Nagawika

J’aurai un arc et un carquois
Nagawika, Nagawika (bis)

Avec mes flèches, avec mes flèches
Nagawika, Nagawika

Je chasserai le grand bison
Nagawika, Nagawika (bis)

Sur mon cheval, sur mon cheval
Nagawika, Nagawika

J’irai plus vite que le vent
Nagawika, Nagawika (bis)

Autour du feu, autour du feu
Nagawika, Nagawika

Je danserai toute la nuit
Nagawika, Nagawika (bis)

Un petit indien, un petit indien
Nagawika, Nagawika

Chantait gaiement sur le chemin
Nagawika, Nagawika (bis)

 

Cerf= la fierté

Fleur-de-Cactus et Castor-Têtu, Jean Leroy, Audrey Poussier, L’école des loisirs, 2017

 

Conclusion : Berceuse de « Chenoa » à écouter en distribuant des plumes multicolores à l’assemblée

Les enfants ont été invités à se passer la plume d’indien sur le visage, sur les bras, sur les pieds, sur les mains pour finir la séance tout en tranquillité…

 

 

 

 

 

 

 

 

La boîte à mots de Clémentine Beauvais

Depuis que j’exerce en bibliothèque, j’ai mis en place de nombreux types de médiations pour des publics variés mais je n’ai jamais eu la chance d’organiser de rencontre d’auteur… Et même si celle-ci est en partenariat avec une librairie et d’autres bibliothèques, il n’en reste pas moins qu’elle devient ma première fois!!!!!! Vous saisissez mon enthousiasme?! Ma passion ne vient pas tant de l’événement en lui-même que de la personne que l’on va rencontrer… à savoir Clémentine Beauvais!

Pour rendre compte des petites surprises préparées pour Clémentine au fil de ses quelques rencontres savoyardes, plusieurs billets s’imposeraient… Vous lirez ici la proposition d’une des bibliothèques partenaires. Dans ce post, vous allez découvrir la séance adressée aux collégiens afin de leur présenter l’autrice. Elle a été conçue pour donner artificiellement la parole à l’écrivaine comme un entremêlement des propres articles de Clémentine Beauvais tirés de son blog français, d’interviews d’elle ou de son éditeur Tibo Bérard chez Sarbacane sur le net et de contenus éditoriaux dont j’essaierai de faire figurer les liens originaux autant que possible afin que vous poursuiviez votre lecture là-bas.

Clémentine Beauvais vit en Angleterre depuis presque 12 ans ; après des études à l’université de Cambridge, elle est enseignante-chercheuse en éducation à l’université de York, ça signifie qu’elle y donne des cours et qu’elle y fait aussi de la recherche, c’est-à-dire qu’elle écrit des articles (par exemple : Faut-il aimer les enfants quand on est auteur pour enfants?  Réimprimer Twilight: Analyse d’une couverture. Etes-vous (trop) attaché à vos personnages? Quand tu seras adulte, tu écriras pour les adultes? ). Fan des réseaux sociaux et blogueuse influente, elle a déjà publié plus de 20 livres, des albums en passant par des romans ados dont Comme des images, encensé sur la blogosphère avec pas moins de 80 articles !

Clémentine aime manier les mots et c’est une fille aux multiples facettes & casquettes aussi, on vous propose aujourd’hui d’aller à sa rencontre grâce à « une boîte à mots » ce qui va nous permettre de la découvrir à l’aide de petits mots-clés !

FRANGLAISE 

Cette Parisienne de naissance se considère « franglaise » à taches de rousseur. La romancière vit depuis douze ans en Angleterre, où elle est enseignante chercheuse en sciences de l’éducation à l’université d’York, et s’apprête à demander la nationalité britannique. « Une décision qui n’a pas été précipitée par le Brexit, précise la jeune femme. Au contraire, je me suis vraiment demandé si, après ce vote, je voulais vraiment devenir citoyenne d’un pays qui avait pris cette décision. Mais je veux cette nationalité notamment pour pouvoir voter. » 

BLOGUEUSE 

Sur son blog, elle oscille entre pensées sur la littérature jeunesse et sur l’éducation, et news concernant ses propres bouquins.

Au cas où vous ne l’auriez pas compris, Clémentine alimente son blog dans une version française mais aussi anglaise (où les articles ne sont pas les mêmes puisqu’elle ne s’adresse pas au même public 😛 ) et idem pour son ses sites internet officiels, l’un français, l’autre anglais!

De même qu’elle écrit des livres en anglais, publiés en France mais qu’elle n’a pas pour autant traduit elle-même, même si c’est elle qui a traduit Les Petites Reines les transformant en Piglettes, vous nous suivez toujours?!

TRADUCTRICE 

Elle est traductrice littéraire de l’anglais au français, pour le plus grand bonheur de son Robert & Collins. La traduction, c’est de l’écriture, de l’amour, et beaucoup de casse-tête linguistique, et elle tient à ces bébés-là tout autant qu’aux autres nés totalement de sa plume…

Les voici, ses adoptés-adaptés qu’elle présente sur son site français!

Et ces deux-là à paraître en 2019:

VERS LIBRES

C’est un vers qui n’obéit pas à une structure régulière : ni mètres, ni rimes, ni strophes (alors que le vers traditionnel dans la poésie française observe un nombre fixe de syllabes par vers et de vers par strophe).

Cependant, le vers libre conserve certaines caractéristiques du vers traditionnel (majuscules en début de ligne, mise en page laissant respirer les blancs ; séquences de vers de dimensions variables séparées par un saut de ligne ; des effets d’enjambement ; des échos sonores etc)

Mais pourquoi on vous parle de ça ?! Parce que Clémentine s’intéresse beaucoup aux vers libres pardi ! Elle a écrit Songe à la douceur suivant cette contrainte et elle est la traductrice en français de Sarah Crossan, qui publie des romans en vers libres.

SARAH CROSSAN

« Sarah Crossan est une auteure que j’admire beaucoup, et qui a eu une importance particulière pour moi car c’est avec son superbe The Weight of Water (=Swimming-pool) que j’avais découvert la forme du roman en vers pour adolescent/es.

Ayant vu que je venais de publier un roman en vers (=Songe à la douceur), Murielle Coueslan, mon éditrice chez Rageot, m’a contactée pour me demander si je connaissais le travail de Sarah. Elle venait de lire One (=Inséparables), et elle envisageait de l’acquérir.

Je lui ai immédiatement répondu: ‘Bien sûr que je connais! et oui, il faut absolument l’acquérir! et est-ce que je peux le traduire???‘. Je ne suis pas généralement du genre à m’imposer comme ça, donc je me suis fortement auto-étonnée. Et Murielle m’a répondu presque illico pour me dire oui ».

Et si vous voulez savoir pourquoi Clémentine a grave flippé à l’idée de traduire Sarah, allez fureter sur son blog !

DESSINS 

Dessinatrice à ses heures perdues, Clémentine a mis une partie en ligne.

SARBACANE

Editeur/Maison d’édition = personne(s), société qui assure(nt) la publication et la mise en vente des ouvrages d’un auteur.

Clémentine édite ses romans ados chez Sarbacane. Tibo Bérard est ainsi son éditeur, c’est lui qui choisit les textes de la collection « Exprim’  » (mais aussi de « Pépix » qui s’adresse aux 8-12 ans) et qui accompagne l’auteur durant l’écriture. Selon lui, le travail d’éditeur, c’est une collaboration étroite avec l’écrivain. Les propos ci-dessous sont tirés d’une interview découverte .

Tibo Bérard aime travailler avec ses auteurs, les faire réfléchir sur leur texte. Dans un premier temps, l’auteur et l’éditeur pensent à la structure du manuscrit. Par le dialogue, ils cherchent des idées : « je viens confronter ma grille analytique ultra précise à des gens qui sont dans l’invention pure ». Tibo Bérard demande à l’auteur pourquoi il a choisi tel terme plutôt qu’un autre, refusant à tout prix le superflu ou le décoratif. Paradoxalement, il les aide à aller plus loin dans le développement de certains motifs, les aide à prendre des risques stylistiques pour trouver leur propre voix :

Dans un second temps, Tibo Bérard relit avec son auteur le manuscrit ligne à ligne. Ils travaillent désormais sur le style, de façon très précise. Cette collaboration est indispensable pour lui : « je ne pourrais pas travailler avec un auteur qui refuserait cette étape. En plus, je suis très tyrannique c’est-à-dire que je n’impose rien réellement mais je rends des textes aux auteurs qui sont bourrés de stylo rouge. Il y en a partout. Je propose des pistes. Il me faut une réponse. En même temps, quand je laisse passer des choses, au bout d’un moment, je suis tellement obsessionnel que je les remets. Mais si j’insiste sur un point c’est que ça ne fonctionne pas. L’avantage des auteurs de cette génération, c’est qu’ils sont débarrassés de l’ego de l’écrivain qui a choisi sa virgule et qui ne veut pas en démordre ».

EXPRIM’ 

Tibo Bérard, le directeur de la collection « Exprim’  » a sa conception de la littérature jeunesse : c’est une littérature innovante, dynamique et ancrée dans le réel… Loin de la visée pédagogique demandée par une partie des professionnels de l’éducation, Exprim’ publie des romans écrits par de jeunes auteurs provenant des scènes musicales, des quartiers, et d’ailleurs.

Clémentine aime tour à tour manier le vers libre, jouer avec le langage sms et/ou les codes des réseaux sociaux, s’amuser des jeux de mots anglais/français et des faux-amis des deux langues par exemple, user de toutes sortes de fantaisies typographiques comme le calligramme, l’italique, la parenthèse ou encore insérer des dialogues théâtraux et c’est cette palette là qui a conduit Clémentine chez « Exprim’ « .

PLAYLIST

Spécificité de la collection « Exprim’  » : une playlist conçue par l’auteur(e) en personne qui reflète l’ambiance du roman. Clémentine a son avis sur la question !

BOÎTAMO 

Sur cette chaîne youtube littéraire, des personnalités littéraires vous proposent de partir à leur rencontre en vidéo ! Portrait chinois, visite d’atelier, rencontre dans un lieu coup de cœur, discussion… Autant de formats qu’il y aura d’auteurs, d’autrices, d’illustrateurs et d’illustratrices pour ouvrir cette boîte à mots…

Extrait d’un épisode avec Clémentine, pour essayer de comprendre ce qu’est la littérature ados, cette littérature si particulière qui est (oui, oui) une VRAIE littérature. c’est à 1 mn 10!

PODCAST 

« Histoires de jeunesse » dont on a déjà parlé est un podcast qui vous emmène à la rencontre d’écrivains pour la jeunesse et vous fait entrer dans les coulisses de leur écriture. 

Les auteurs sont amenés à dévoiler leur imaginaire, leurs sources d’inspirations et à s’étendre sur leur processus de création. Un bel outil pour préparer une rencontre d’auteur, découvrir sa bibliographie…

A retrouver le premier jeudi de chaque mois & ici pour notre Clémentine !

Nous y dévoile-t-elle d’où viennent ses histoires ? Comment ont-elles fait leur chemin dans son imaginaire ? Sont-elles nées d’une révolte, d’une émotion, d’une lecture, d’une chanson ? Dans cet épisode de Histoires de jeunesse, elle raconte toutes les histoires qui l’ont fait devenir écrivain…

Rendez-vous…

  • à 8:07 pour découvrir comment Harry Potter a nourri sa fascination pour l’Angleterre
  • à 20:27 pour l’entendre parler de ses personnages féminins et de leur construction
  • à 25:43 pour comprendre comment la littérature jeunesse capture l’intensité des premières fois
  • à 30:37 pour comprendre sa vision de la peur en littérature jeunesse
  • à 39:59 pour l’écouter lire un chapitre bonus de Songe à la douceur

ATELIER D’ECRITURE 

Elle enseigne l’écriture créative dans le cadre de son travail universitaire et également à travers de nombreux ateliers en classe, lors de stages, dans des écoles privées à distance etc.

En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les cours de creative writing ont un succès hallucinant. Il s’agit donc de l’apprentissage de l’écriture créative.  On peut avoir des licences, des masters et des doctorats en la matière, et il ne se passe pas un jour sans que son alerte email lui annonce qu’on ouvre un nouveau poste en creative writing quelque part dans le pays. Ce sont généralement des lectureships (=postes de prof) à mi-temps, car les universités recherchent des auteurs, et donc il est entendu que l’heureux/se élu/e aura ainsi la moitié de son temps pour écrire. Ces cours peuvent coûter de 9 000 £ par an (soit presque 10 500 €) pour les licences à 15 000 £ ou plus pour les doctorats (soit 17 385 €).

Le creative writing est donc un véritable business pour les universités en Anglo-Saxonie, et certaines d’entre elles sont très reconnues (Warwick, Bath Spa, Manchester Met…). L’extraordinaire Sarah Crossan, par exemple, est passée par le Master en Creative Writing for Children de Warwick. De nombreux auteurs enseignent dans ces cours également

En France, on commence très timidement à voir ce genre de cours, mais ce n’est pas encore normalisé. Personnellement, j’avais un avis très négatif. Et quand on m’a demandé de donner des cours, j’ai d’abord eu un énorme syndrome de l’imposteur – ça me semblait absurde d’estimer que je pouvais apprendre aux autres à écrire alors que ça faisait si peu de temps que j’écrivais moi-même.

Mon cours est divisé en plusieurs sessions assez attendues : débuts, caractérisation, structure, style et ton, sérialité, et genres, en insistant toujours sur le fait que ces catégories sont liées. Et on finit toujours par une session sur comment être publié, c’est-à-dire comment écrire un pitch, une lettre à un agent, un résumé, etc; pragmatisme anglo-saxon oblige, on ne fait pas tout ça pour ‘rien’.

C’est cette utilitarisme qui, je pense, fait la différence entre ces cours et ce qu’on appellerait plus communément des ateliers d’écriture. Bien sûr on veut y trouver du plaisir aussi, mais il est question ici d’acquérir de vraies compétences et de devenir efficace, pas (seulement) de ‘se découvrir’ en tant qu’auteur. Ca ne suffirait pas de leur faire écrire ‘ce qu’ils veulent’, de les aider à s’exprimer. Il faut leur dire si ce n’est pas commercialement viable, et ils s’attendent à être instruits précisément sur ce qui constitue une structure type ou des personnages types pour tel ou tel genre de livre. Les angliches ne rigolent pas avec ce genre de choses.

L’équilibre est donc précaire entre enseigner des ‘recettes’ commerciales et encourager une écriture de qualité ou plus personnelle… La règle d’or pour moi est de s’immerger dans de textes d’auteurs jeunesse de qualité et commercialement viables, et de voir ce qu’ils font de bien. Je force donc mes élèves à faire de l’analyse de texte, explique-t-elle sur son blog en détails dans l’un des articles rédigés sur ce vaste sujet.

THEATRE 

On a profité de ce mot « théâtre » pour donner la parole aux membres du club de théâtre qui préparent consciencieusement leur adaptation des Petites reines pour leur représentation de fin d’année ainsi qu’un extrait pour la venue de Clémentine! Mais chuuuut! c’est une surprise!

Et pour celles & ceux qui souhaiteraient assister à une représentation de l’adaptation des Petites reines par une compagnie professionnelle à savoir Rachel Arditi et Justine Heynemann, c’est par ici que ça se passe!

 

Des couvertures de certains de ses romans ados et de ses traductions figuraient aussi dans notre bocal…

SES ROMANS

Clémentine s’est considérablement triturée la cervelle pour comprendre ce que peut bien être une voix dans un livre jeunesse et pourquoi elle semble si facile à capturer sur certains formats et genres, et si difficile pour d’autres. Au cours des années, elle a adopté plusieurs spécimens de voix « qui toutes ensemble font un vacarme assez peu harmonieux sur mon étagère » précise-t-elle : glaçante dans La pouilleuse, grinçante dans Comme des images, girly-comique dans Les petites reines, tragi-lyrique dans Songe à la douceur etc. Ainsi est-elle décrite sur le site de l’école parisienne Les Mots.

Carambol’anges, Clémentine Beauvais, Eglantine Ceulemans (ill.), coll. Pépix, Sarbacane, 2015

Pour Nel, ange de rang 47, c’est une mission comme les autres : conduire une âme au Ciel, à bord de sa voiture volante. Mais l’âme en question, c’est Mamie Paulette. Mamie Paulette a 93 ans, 3 jours et un sacré caractère. Et surtout, elle a bien l’intention de découvrir qui a voulu se débarrasser d’elle… et pourquoi ! Entre les ouragans et les Démons Motards, l’ange Nel et Mamie Paulette enquêtent !

PS : Au fait, pour ceux qui se demandent si Nel est un garçon ou une fille, la réponse est : ni l’un ni l’autre, puisque c’est un ange !

 

Les Petites reines, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2015 

On les a élues «Boudins de l’année» sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses «boudinettes». Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… … pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines ! ! !

 

Songe à la douceur, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2016 

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon.
Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer.

Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

 

Comme des images, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2014 

Il était une fois des ados sages comme des images, au prestigieux lycée Henri-IV, à Paris. Un lycée où les élèves, dès la seconde, se voient déjà en avocat, en médecin, en ministre. L’histoire commence le jour où Léopoldine a rompu avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Timothée, par vengeance peut-être, a envoyé un mail avec une vidéo de Léopoldine, à tout le monde. Ses amis, sa sœur jumelle Iseult, les profs, les lycéens, les parents : tout le monde.

Chronique de notre Gaëlle ici!

 

Brexit romance, Coll. Exprim’, Sarbacane, 2018

Juillet 2017 : un an que le Royaume-Uni a voté en faveur du Brexit. Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar pour chanter dans Les Noces de Figaro. A ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE.
Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des nœuds au cerveau — et au cœur !

 

Inséparables, Sarah Crossan, Rageot, 2017

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?

 

Swimming-pool, Sarah Crossan, Rageot, 2018

C’est une vraie histoire d’Angleterre, de la vraie Angleterre, pas celle que vous fantasmez en regardant Downtown Abbey ou Coup de Foudre à Notting Hill: celle des villes ni moches ni belles, avec des gens qui se retrouvent à vivre là on ne sait pas trop comment, avec des ronds-points, des bus aux vitres maculées de sauce tomate, des magasins à un pound, des maisons toutes pareilles où habitent des familles recomposées, des ados qui s’embrassent dans un coin de parc avec leur chemise d’uniforme du lycée froissée à moitié sortie du pantalon.

C’est l’histoire de Kasienka qui débarque à Coventry, tout juste arrivée de Pologne, pour retrouver son père qui est quelque part par là. Sa mère est convaincue qu’elle le retrouvera, et qu’ils repartiront pour Gdansk pour être à nouveau une famille. Kasienka est moins optimiste. Mais elle va découvrir le collège anglais – et les persiflages des nymphettes environnantes – la langue anglaise, un Anglais, une sorte-de-famille, un voisin qui met de la lumière dans tous ses sourires, et surtout la natation. Voilà comment Clémentine promeut ce roman qu’elle qualifie comme son préféré de Sarah Crossan sur son blog.

34ème salon du livre jeunesse de Beaugency

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Le 34ème Salon du livre jeunesse de Beaugency se déroule ce week end, du vendredi 29 mars au dimanche 31 mars 2019, au complexe sportif Des Hauts De Lutz.

Une trentaine d’auteurs/es et illustrateurs/trices viennent à la rencontre de leurs lecteurs, dont :

* Rébecca Dautremer, invitée d’honneur de cette édition et conceptrice de l’affiche,

* Geoffroy de Pennart, auteur, illustrateur

* Vincent Cuvelier, auteur,

*Audrey Calleja, illustratrice,

* Carl Norac, auteur,

* Ghislaine Herbéra, auteure, illustratrice………

 

et pleins feux sur la jeune maison d’édition À pas de loups.

Programme consultable en ligne!

 

Je serai présente sur le stand du CRILJ dimanche après midi 😉

Au coeur de la nuit

Pour cette nouvelle séance de « Je lis, tu dessines », nous voilà réunis autour d’un feu de camp réalisé en papier d’après des visuels glanés sur la toile pour se croire au cœur de la nuit, le temps d’une veillée contée, et non en plein jour à la bibliothèque!

La racontée en détails:

Nuit de rêve, Laurent Moreau, Actes sud Junior, 2012

Ecouter « L’aquarium » tirée du Carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Pépito Matéo, Vanessa Hié, Didier Jeunesse, 2011 pour illustrer en musique cet album sans texte

Lancer le son des grillons la nuit pendant la suite de la racontée

 

Bonne nuit Monsieur Renard, Kathrin Schärer, Âne bâté, 2009

 

Le petit chaperon rouge, Clémentine Sourdais, Hélium, coll. « Contes en accordéon », 2012

Lecture tout en ombres chinoises avec une lampe, l’idéal étant de pouvoir créer de la pénombre pour la racontée

 

Dix cochons sous la lune, Lindsay Lee Johnson, Carll Cneut, La Joie de lire, 2011

Mettre en musique la lecture de certaines pages à l’aide d’une sanza

 

Que fait la lune la nuit ?, Anne Herbauts, Casterman, 1998

 

Bonne nuit, Charlotte Zolotow, Bobri, BNF/Albin Michel Jeunesse, 2015

 

Mais que font les parents la nuit ? Thierry Lenain, Barroux, Little Urban, 2017

 

Du bruit sous le lit, Mathis, Ed. Thierry Magnier, 2004

 

La bête de mon jardin, Gauthier David, Samuel Ribeyron, Seuil Jeunesse, 2017

 

Nous avons rendez-vous, Marie Dorléans, Seuil Jeunesse, 2018

 

Quelques pistes d’activités plastiques & prolongements :

Le centre de loisirs a choisi de faire des dessins sur des feuilles noires à l’aide de craies grasses et  de représenter la nuit étoilée, la lune, des feux d’artifices mais aussi des bulles et bien d’autres choses tout droit sorties de l’imagination des enfants…

 

D’après Promenade de nuit, Lizi Boyd, Albin Michel Jeunesse (épuisé à ce jour)

Sur une feuille noire, on colle un rayon de lumière réalisé avec un morceau de papier blanc et on créé son paysage aux crayons de couleur et à la craie, c’était la belle proposition du blog Bavard’âge.

 

Pourquoi ne pas fabriquer des cartes à gratter? Cela peut faire l’objet d’une séance en amont de la racontée par exemple. De nombreux tutos sont disponibles sur le net ou bien une quantité de modèles est en vente dans le commerce.

 

Si vous avez du temps, songez à vous procurer de la peinture phosphorescente et/ou fluorescente. Voilà ici un article expliquant simplement la différence entre les deux procédés souvent confondus et précisant une sélection de produits et marques s’y rapportant.

Vous pourrez alors immerger les enfants dans une pièce éclairée par une ampoule ultraviolette aussi appelée « lumière noire » pour la séance de peinture ou fabriquer une boîte dans laquelle vous placerez la source lumineuse UV afin que le groupe observe leurs illustrations apparaître…

De nombreuses propositions sont répertoriées sur le net à l’instar de celle de cette maman qui a conçu une séance pour le bain! Son article ici.

 

Pour prolonger le plaisir du fluo et du phosporescent, vous pouvez aussi organiser un temps de lecture dans le noir munis d’une lampe UV avec des livres tels que…hep hep hep! ça fera l’objet d’un prochain post avec une sélection lumineuse!

 

 

 

« Ils écrivent, elles lisent, genre ! »

Un cycle de conférences, à Amiens (80), avec des universitaires et professionnels pour se re-plonger dans le monde de Martine et Caroline, de Julie et de Bufallo Belle, de la Semaine de Suzette, du Magasin des Enfants de Mme Le Prince de Beaumont,… et terminer avec le positionnement de certains éditeurs et illustrateurs concernant la littérature « genrée » actuelle.

Pour le programme complet, c’est par ici : Livret conférences

Dans le grenier d’Huguette #1

Le grenier, c’est bien connu, est un endroit où se nichent des trésors souvent oubliés… Avec l’arrivée de mon petit bout, ma belle-mère a rouvert des boîtes depuis plusieurs décennies restées closes et quelle ne fut pas notre joie commune de (re)découvrir des pépites livresques (mais aussi des joyaux ludiques mais c’est un autre sujet!).

Coup de projecteur sur un Jour de neige, un livre animé qui exploite la qualité de la page transparente associée aux tirettes reproduisant la magie de la tombée de la neige!

Jour de neige, Paul Dowling, Hachette Jeunesse, 1995

Paul et Nougat jouent sous la neige… Quel plaisir de grimper dans les arbres, de construire un bonhomme et de glisser en luge! Un livre avec des images qui bougent !

Lire un livre animé, c’est avant tout se faire plaisir puis par la suite, à force de (re)lectures et en fonction de l’âge des enfants, essayer de deviner comment ça fonctionne en décortiquant les mécanismes de papier qui permettent l’animation voire plus tard encore, fabriquer soi-même ses propres ouvrages animés. Un document offrant de belles pistes ici.