L’album sans texte, mais pas sans lecture…

Quelques idées d’albums sans texte, en complément d’un post précédemment publié ici :

Dedans dehors, Anne-Margot Ramstein et Mathias Aregui chez Albin Michel

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Un album où tout est question de point de vue. Chaque double page présente deux tableaux, l’un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, et nous fait relativiser notre manière de voir les choses. Un plaisir pour les yeux, qui ouvre à la discussion, à l’imagination, par exemple avec les contes de fées, mais aussi une réflexion sur certains thèmes, comme la liberté, avec cette cage à oiseaux. Cet album était nominé pour le prix Sorcières dans la catégorie Carrément beau maxi.

Les mêmes auteurs ont décliné la notion de temps avec Avant – après, peut-être plus traditionnel dans son approche.

Petit poilu

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Quel succès pour cette série, sans doute grâce à l’adaptation en dessin animé qui rend ce personnage connu des enfants ! En tout cas, la bande dessinée sans texte a pour mérite d’initier les enfants à la lecture d’une narration, avec ses rebondissements, à l’art de raconter et d’inventer. Ce personnage petit et poilu a encore de beaux jours devant lui.

Sara

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Depuis plus d’une vingtaine d’années, cette illustratrice compose des albums dont la plupart sont sans texte, avec la technique des papiers déchirés.

Une fois découvert l’univers de Sara, vous le reconnaîtrez sans problème et l’apprécierez certainement. Ses dernières parutions sont Si les chats de Venise et Barbebleue.

 

 

Et puis juste pour vous citer la collection Histoires sans paroles, chez Autrement junior, dont les titres sont parfois inégaux, mais dont certains restent intéressants.

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Je suis ton père…

Pas de précipitation, vous ne trouverez aucun Luke Skywalker, aucun Jedi, aucun Dark Vador… ci-après. Mais peut-être que cette critique vous intéressera quand même. 😉

Après avoir découvert « Après la peine » d’Ahmed Kalouaz, j’ai enchaîné avec « La maraude » (je suis comme ça, moi). Ces deux romans ont de nombreuses similitudes, à savoir la relation père-fils, le décalage générationnel mais aussi le rétablissement de la communication, et peut-être le pardon.

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Dans ces deux ouvrages, que l’on suive le récit de Ludovic ou de Théo, c’est surtout à la figure du père que s’attaque A. Kalouaz. Celui qui a des failles, qui a des doutes, qui a de « vieux » rêves, qui s’égare, qui fuit. Dans l’un, nous avons le père qui triche avec la loi, qui se fait prendre et qui écope d’une peine de prison. Dans l’autre, nous avons celui qui perd son travail, qui déprime, qui part. Ils ont leurs différentes raisons, une envie de  rattraper le passé, de réparer une injustice ou une envie de protéger. Et leurs fils, en pleine adolescence, en pleine construction, ne les jugent pas, mais veulent surtout les « retrouver » (dans tous les sens du terme) et veulent comprendre. Cette recherche s’effectue d’ailleurs de manière concrète, sur la route, dans la rue. Elle est ponctuée de rencontres, à la découverte aussi des autres (« La maraude » aura d’ailleurs ma préférence, l’auteur y laissant la parole à quelques SDF, type témoignages. Touchant !).

Ces deux romans de la collection DoAdo, chez Du Rouergue, se lisent très facilement. La relation père-fils interroge, surtout à une période de la vie où tout compte fait (que l’on soit adulte ou jeune), chacun se cherche malgré le décalage de l’âge, de la perception de la vie, de l’avenir. Pas de faux-semblant entre père et fils. Et l’idée que l’un est toujours fort, grand, protecteur, courageux et surtout le « chef » de famille ne repose, tout compte fait, sur rien. Aux fils donc de grandir, de devenir responsable, de se faire adulte. C’est un échange de personnalités judicieux qu’Ahmed Kalouaz amène très bien dans ces histoires.

L’avantage également, bien que ce soit de plus en plus courant, c’est d’avoir des protagonistes masculins. Une prescription plus aisée face à quelques lecteurs (et non lectrices, si vous avez bien compris) fâchés avec la lecture ou juste réticents concernant les romans.

« Après la peine » 2014 et « La maraude » 2016 d’Ahmed KALOUAZ, Du Rouergue. Collection DoAdo.

« Tout à l’heure, un homme du groupe de la place Notre-Dame m’a dit de sa voix caverneuse : « Tu vois, petit, la bonté, ça peut devenir une faiblesse, ici, si tu fais pas attention. » J’ai pensé à mon père, si doux avant que le sol se dérobe sous ses pieds, incapable de violence et de brutalité. » Théo, « La maraude« 

La Passe-miroir – série *COUP DE COEUR*

                        

C’est grâce à la parution du tome 3 « La mémoire de Babel » chez Gallimard en juin 2017 ainsi qu’à l’enthousiasme d’une ouvre-livreuse lors d’une conversation que j’ai plongé dans l’univers de la saga

LA PASSE-MIROIR de Christelle Dabos.

***COUP DE COEUR***

 

 

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la citadelle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. » tome 1

Je vous invite à mettre cette série dans toutes les mains de vos ados! Et vous aussi adultes,  laissez trainer votre curiosité. La Passe-Miroir est un savant mélange d’aventure, de lutte de pouvoirs, mondes imaginaires flottants, histoires d’amour, amitiés  et énigmes à tiroirs…!

L’Univers fantasy à l’imaginaire singulier, mélange de Belle Epoque et mythologie, me rappelle avec délice les mondes dessinés par Jean-Claude Mourlevat, Myazaki ou Yves Grevet.

En plus de l’intrigue originale, complexe et au rythme enlevé c’est la singularité de la plume de Christelle Dabos qui m’a interpellée.

La psychologie des personnages -même secondaires- est développée avec finesse, les mondes et les familles des personnages sont décrits avec une précision cinématographique et même les objets sont introduits avec des anecdotes détaillés…  Au fil des pages, on voyage dans un univers imaginaire déboussolant où les secrets mènent une aventure palpitante. Au fil des pages, on rencontre également des personnages attachants, sensibles, un peu cassés, réservés, maladroits: des anti-héros réalistes.

Pour moi, c’est la recette idéale pour tomber accro.

Je suis ravie que cette série soit née d’une auteure française, cela change dans ce genre littéraire – et cela nous permet d’apprécier la subtilité et l’authenticité des mots choisis (pas comme certaines malheureuses traductions…). Christelle Dabos nous offre avec La Passe-Miroir son 1er roman (!!), un ouvrage brodé de motifs conséquents puisqu’il est déjà riche de 3 x 500 pages. Pas étonnant qu’avec cela, Christelle Dabos ait été lauréate du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard jeunesse, RTL et Télérama en 2014!

En fermant la dernière page du 3ème tome, j’ai eu le même pincement au cœur qu’en quittant l’univers d’Harry Potter… et depuis ce jour, je ne fais que trépigner d’impatience en attendant que le tome 4 se dessine sous la plume de l’auteure… Je ne crois pas être la seule dans ce cas, puisque sur les réseaux sociaux et Internet, on peut trouver des communautés de Liseurs, Liseuses (en référence au don d’Ophélie) qui s’amusent à enrichir l’univers littéraire de dessins, anecdotes, foire aux questions (FAQ).

 

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D’autres ouvre-livreuses ont avant moi succombé aux charmes de la série de Christelle Dabos notamment Emilit qui nous parlait déjà avec passion du Tome 1 dans cet article d’il y a déjà 4 ans! Je vous invite à poursuivre votre immersion dans cet univers avec le travail graphique de l’illustrateur des couvertures, Laurent Gapaillard et également sur le site de la passe-miroir où Christelle Dabos accueille les réflexions/questions des Liseurs, liseuses et glissera -jespère- des indices quant à ses inspiration du dernier tome à paraître.

 

J’espère vous avoir donné envie de plonger dans la série.

Je vous promets de belles heures de lecture et d’évasion.

 

La Passe-Miroir

« Les fiancées de l’hiver », « Les disparus de Clairdelune », « La mémoire de Babel » 

Christelle Dabos /// Gallimard Jeunesse,  18 € – Tome1 et Tome 2  disponible en poche jeunesse et Folio

 

 

 

Nouvelle année, nouveau projet : 7 lieues et 1 livres

Chères lectrices et lecteurs,

Toute l’équipe de l’Ouvre-livres vous souhaite une année 2018 en pleine forme, inspirante et littéraire, remplie de jolis mots et d’aventures aussi mémorables que Bastien, Fifi, Calpurnia, Vango, Tomek ou Ophélie… (vous voyez de qui on cause?)!

Pour ouvrir notre nouvelle saison d’article, on laisse la plume à une lectrice et son projet 2018 étonnant : 7 lieues et un livre, entre littérature jeunesse et tourisme éditorial

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Coucou ! Je m’appelle Noémie, je suis une ancienne étudiante du master édition de Saint-Cloud et future éditrice jeunesse. Depuis le 2 janvier, j’ai embarqué dans un grand voyage: un tour du monde qui me conduira dans 7 lieux différents mais surtout un périple autour des albums jeunesse.

 > 7 lieues et un livre, qu’est-ce que c’est ?

7 lieues et un livre est un projet fou sur lequel je travaille depuis un an maintenant. Ca a commencé sous la forme d’une idée un peu abstraite, celle de conjuguer mon besoin de voyager avec ma passion pour la littérature jeunesse. Et puis, petit à petit, ma « lubie », comme elle est affectueusement décrite par mes proches, a pris forme et est devenue un tour du monde à la rencontre de 7 éditeurs jeunesse sous la forme de mini-stages d’un mois dans chaque pays. Bien sûr, cela ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Il m’a fallu contacter des éditeurs à travers le monde (voire en rencontrer certains au salon du livre jeunesse de Bologne en Italie), trouver des partenaires pour financer le projet et le soutenir, communiquer autour de ce dernier… Pas mal d’implication mais le départ approche.

> Quels sont les pays retenus et pourquoi ?

Dans l’ordre chronologique, je vais me rendre au Maroc, au Portugal, au Rwanda, en Inde, en Nouvelle-Zélande, au Chili et enfin au Canada. Au départ, je n’ai pas choisi des pays mais plutôt des éditeurs. Je voulais partir à la rencontre d’éditeurs jeunesse publiant des albums pour enfants d’une certaine qualité. Je me suis très vite arrêtée, un peu arbitrairement, sur le chiffre 7. Europe, Afrique, Monde arabe, Asie, Océanie, Amérique latine et Amérique du Nord, ça collait aussi géographiquement. Pour certaine zone géographique, ce ne sont pas les éditeurs jeunesse qui manquent, comme en Europe. Là j’ai été un peu plus exigeante sur le choix du pays et de la maison d’édition. Pour d’autres régions du monde, comme en Afrique, le choix était plus limité et, par conséquent, plus évident.

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> Concrètement qu’est-ce que tu vas faire dans ces pays ?

C’est encore la grande interrogation de ce voyage. J’ai mes points de chute mais je ne sais pas vraiment ce que je vais faire dans chacune de ces maisons d’édition. Et c’est normal. Et c’est tant mieux. Le principe est vraiment de mettre en lumière le travail des différents éditeurs. En quoi il diffère, ou non, de chez nous, en France ? Quels sont les enjeux de la littérature jeunesse dans chaque pays ? Mais pour bien comprendre ce qui se joue avec le livre pour enfants, il faut aussi s’intéresser à l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre et saisir les opportunités d’interagir avec eux. Dans le cas des pays francophones, je suis par exemple déjà en contact avec les Alliances françaises et les Instituts français de certains pays. Visiter des imprimeries, participer à des animations en librairies, rencontrer des auteurs ou des illustrateurs, les possibilités sont infinies.

> Et après ce voyage ?

Pour moi, ce tour du monde, c’est l’occasion de donner de la visibilité à l’album jeunesse. C’est pourquoi j’essaye d’en parler autour de moi, sur le blog du projet et sur les réseaux sociaux. Expliquer toutes les réflexions qu’il y a derrière la conception et la réalisation de ces livres avec une visée quasi pédagogique. C’est mon but premier en tout cas. Et j’espère beaucoup pouvoir conclure ce voyage dans la même veine, avec une exposition et des interventions en guise de retours d’expérience. Mais ça, on verra bien…

Pour suivre Noémie dans ses aventures littéraires autour du monde, rendez-vous sur son site et réseaux sociaux
https://7lieues1livre.wixsite.com/blog

https://www.facebook.com/7lieues1livre/

https://www.instagram.com/7lieues1livre/ 

 

Il arrive, il arrive !

Voilà, s’il vous reste encore quelques manques de cadeaux (et on est certaines que c’est le cas), surtout en Littérature jeunesse (pas bien, pas bien ! ;-)), on vous propose VIVEMENT :

  • Pour les plus jeunes : le drôlissime, brillantissime, tendrissime et dernier album de Gilles Bachelet, « Une histoire d’amour » qui fait du plus basique de nos objets du quotidien des surprises et nouveautés. Une poésie au liquide vaisselle et un humour à vous faire récurer les casseroles un bon moment. Et surtout c’est un album qui sonne le : Pourquoi on ne vivra plus jamais de la même façon, dans nos maisons, et qu’on continuera – encore et toujours – à croire en l’amour.
  • Pour les plus grands « enfants », un très bel album (coup de coeur de début d’année 2017), celui de Henry Cole chez Little Urban : « Chat perdu« . Cet illustrateur américain de talent, nous emmène dans une aventure de toute beauté, tant les dessins au crayon sont travaillés, les détails des décors captivants et les situations réalistes. C’est un album sans texte magnifique, qui nous incite très vite à chercher et retrouver ce « fameux » chat perdu. Un itinéraire à travers la ville, revisitée à l’occasion.
  • Pour les ados., « Le groupe » sera un choix de roi. Si, si je vous assure. Jean-Philippe Blondel ne cessera de nous étonner, tant sa finesse psychologique est grande, concernant autant les ados que les adultes. Tant il aime nous mener par le bout du nez et nous surprendre (une chute très intelligente). Tant ses personnages sont touchants. Tant il est capable de nous donner envie de lire et d’écrire. Trop fort ! Tant ce « groupe » qui paraît tellement réservé, voire exclusif, nous semble si proche. Une belle idée du dévoilement, de la sincérité et du partage à travers le papier, les mots couchés. Se révéler enfin être celui qu’on est vraiment, faire tomber les barrières et s’assumer. Une leçon transmise aux jeunes lecteurs, mais qui nous parle aussi quand on pense être (enfin) devenus grands. C’est chez Actes sud junior. Ca se dévore.

Et si vous avez encore besoin d’idées, nous avons aimé aussi : 

Il est maintenant temps de vous souhaiter un très joyeux Noël.

Offrez et soyez gâtés ! C’est cet échange qui comble tout le monde en cette fin d’année. Et surtout lisez, lisez et partagez…

La fille qui avait bu la lune

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Le weekend dernier, je cherchais un livre pour mon fils et ce livre m’a tapé dans l’œil. Ça parle de sorcières, de magie, de lune, d’êtres maléfiques, et de monstres.

Chaque année un bébé est abandonné par le village en sacrifice à la sorcière des bois et chaque année la sorcière des bois le sauve sans comprendre ce qui se passe et le confie à une famille aimante. Cette année, les choses ne se passent comme d’habitude et viennent bouleverser l’équilibre de ce monde.

Résultat : j’ai dévoré ce livre en un weekend. Et pourtant, ma pile de livres à lire est déjà bien haute. Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’y ai trouvé plein de poésie et de l’humour.  Ça parle aussi d’amour, sous ses différentes formes.

J’ai vraiment été conquise par ce livre et je le recommande ! Mon seul regret est qu’il soit déjà fini.

Sûr que cet ouvrage sera relu l’été prochain !

 

 

Médias et littérature jeunesse : quelles critiques pour quels publics ?

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Samedi dernier avait lieu, au sein de la Bibliothèque centrale de Tours, l’inauguration du Centre Patrice Wolf, un nouveau centre de ressources en littérature pour la jeunesse alimenté en partie par les ouvrages donnés par l’ancien co-animateur de « L’as-tu lu mon p’tit loup ».

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À cette occasion une table ronde était organisée, consacrée aux relations entre les médias et la littérature jeunesse. Animée par Anne Clerc, Déléguée Générale des Amis de la BNF, elle réunissait  trois journalistes spécialisées sur le sujet ; Françoise Dargent, du Figaro, Jeanne Beutter, journaliste indépendante et Lucie Cauwe, qui anime maintenant le blog Lucie&co, et est aussi administratrice du groupe intitulé « Autour de la littérature de jeunesse » sur Facebook.

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Appartenant au collectif de passionnées qui œuvrent sur ce blog Louvrelivres, c’est un sujet qui ne pouvait que m’intéresser.

Mon projet initial était bien évidemment de vous faire un compte-rendu le plus exhaustif possible des différentes discussions survenues tout au long de cette table ronde.

 2017-11-23_143633Je ferai cependant une entorse à cette initiative. En effet, Cécile Boulaire, Maître de conférences à l’Université François-Rabelais de Tours, et spécialisée en littérature pour la jeunesse, était présente ce jour là et son article dans Album ‘50’  a parfaitement retransmis leurs échanges ainsi que les débats qui s’en sont suivis.

Étant moi-même « la bibliothécaire qui a apporté son témoignage et qui, une dizaine de minutes plus tard, a dit « c’est vrai que je n’avais pas du tout vu les choses sous cet angle », apportant la preuve concrète que cette après-midi de débat avait fait avancer la réflexion », je souhaitais apporter un complément d’information concernant ma réflexion.

Celle-ci faisait réponse à la journaliste Jeanne Beutter qui émettait des réserves quant à la « concurrence » faite -selon elle- par les rédactrices et rédacteurs de ces différents blogs vis-à-vis des journalistes de métier, dont elle-même. Il est exact, en effet, que je n’avais pas envisagé que cela pouvait être perçu comme une activité concurrentielle.

Cependant, comme je l’ai fait remarquer, il me semble que les ambitions du collectif ne portent pas sur le même champ d’action. Il est vrai que nous ne sommes pas journalistes. Ce n’est pas pour autant que notre regard est moindre, voire « bisounours », ou naïf comme pourraient le laisser supposer les propos de Lucie Cauwe -retransmis par Cécile Boulaire- vis-à-vis des différents blogs. Bloggeuses, « (…) une expression d’emblée perçue comme péjorative (…) » ici ; « (…) nébuleuse de jeunes femmes, lectrices de littérature pour la jeunesse (et, peut-être, seulement de littérature pour la jeunesse…), passionnées par les livres qu’elles lisent, parfois mères de jeunes enfants, qui semblent considérer que ces trois conditions suffisent à rendre légitimes leurs avis sur les livres pour enfants, exprimés sur leurs blogs personnels  (…) ici

 La présentation que Cécile Boulaire fait des bloggeuses et bloggueurs dans son article est d’ailleurs, à mon sens, un très bon reflet de notre collectif, composé en effet de  « professionnel(le)s qui, au cours de leur parcours, ont ressenti le besoin de se former et qui, à l’issue de leur formation, ont très logiquement souhaité faire partager au-delà de leur petit cercle de connaissance les propos critiques qu’ils et elles se sentaient désormais en mesure d’argumenter. » Bibliothécaires, libraires, professeures-documentalistes ou professeures des écoles, nous sommes toutes en poste et, de par nos professions, toutes médiatrices du livre, donc habituées à examiner en détail les ouvrages et  les « critiquer » afin d’effectuer des choix. Mais force est de reconnaître que la place de la contribution médiatique de professionnels/elles du livre  interpelle, et questionne.

Comment situer,  par exemple, les libraires rédactrices et rédacteurs de la revue des libraires Page ?

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Quid des libraires pour la jeunesse rédactrices et rédacteurs dans  la revue Citrouille et son blog  associé, Librairies sorcières ?

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Et, enfin, que penser des relations entre  « tous les professionnels du livre et de la lecture pour la jeunesse » apportant leurs contributions dans La Revue des Livres pour enfants ?

C’est une réflexion dont nous pourrions débattre plus longuement ensemble mes collègues et moi-même. Je pense plus particulièrement à Gaëlle, qui est parfois intervenue dans plusieurs de ces revues.

À suivre, donc.