Discussion avec Loïc Clément et Anne Montel (partie 1)

 

Je ne connais pas Loïc et Anne « pour de vrai ». Nous vivons chacun d’un côté de cette diagonale géographique infernale qui sépare la Haute-Savoie de la Bretagne. Mais j’ai toujours suivi leurs travaux respectifs avec intérêt. Mon opinion est qu’ils produisent seul ou à deux parmi les ouvrages les plus beaux, stimulants et riches de la BD pour enfants. Chaque fois que je l’ai pu, j’ai rédigé des avis sur leurs ouvrages dans la lettre d’info ou via les réseaux. Loïc m’a répondu plusieurs fois pour me dire qu’ils avaient été touchés de ce que j’avais écrit et j’ai bien vu qu’entre nous une sorte d’estime mutuelle s’était mise en place. Vous pouvez d’ailleurs relire ici d’anciens articles à leur propos. A vrai dire, il est assez rare que je reçoive des remerciements sur ce sujet. J’ai donc eu envie de partager du temps avec eux pendant ce confinement. Parce que s’ils ne vivaient pas à l’autre bout de la France, je suis à peu près sûre qu’on serait amis. Voilà donc le résultat de cette discussion animée !

le-temps-des-mitaines-tome-1-la-peau-de-l-ours

Le temps des Mitaines, le jour de l’ours a paru dans une toute  nouvelle édition chez Dargaud (cliquez pour feuilleter !) et rendez-vous ici pour des activités en lien avec l’album.

 

Gaëlle : Il y a quelques Jours, Loïc, tu t’es insurgé sur les réseaux à propos du vocabulaire employé dans les critiques. Voici le post Instagram qui m’a donné envie de te contacter et d’engager cette discussion avec vous.

instagram

Je n’ai pas partagé ta cause sur notre page Instagram mais uniquement parce que je suis très nase en story ! En vrai je suis prête à fonder le Club des pinailleurs du vocabulaire et de l’orthographe avec vous !

Ce court texte humoristique a eu plusieurs effets sur moi que j’ai voulu partager avec vous.

Dans un premier temps, ça m’a fait rire parce que ton texte Loïc est très bien tourné et qu’il parle d’un sujet qui m’agace moi aussi : les mots mal utilisés. La manière dont tu formules ta demande et vraiment drôle et la cause est noble donc j’adhère.

Loïc : Ha ha… je me rappelle d’un copain d’enfance qui était allergique au mot « sympa » dans le cadre d’une critique. Il s’enflammait à ce sujet : « Un livre n’est pas « sympa » ! Une chanson n’est pas « sympa » ! Mon voisin ou ma petite sœur sont « sympas » mais une œuvre n’est pas une personne. Une œuvre n’est pas gentille ou sympathique ! C’est indécent !».

Je pense à lui maintenant que moi aussi je tique devant certaines critiques. Tic, c’est bien le mot d’ailleurs parce qu’on peut vraiment parler de tics de langage. En effet, ce n’est pas tant le mauvais emploi des mots qui me questionne mais plutôt leur usage intensif et abusif. Ça fait des années que je lutte dans la vie de tous les jours sur l’emploi de « du coup » qui est certes très mal employé c’est vrai, mais qui est surtout ULTRA employé. Ce mimétisme sémantique rend dingue une fois qu’on focalise dessus. Partout, tout le temps, les gens disent « du coup ». Du coup (clin d’œil, clin d’œil), dans les critiques, c’est la « pépite », le « bijou » qui sont partout et qui ont attiré mon attention.

Je pense honnêtement qu’on peut se dispenser de répéter tout le temps la même chose. Ce n’est pas du snobisme, c’est seulement être un peu exigeant envers soi-même. Et puis sans rire, si les trois quarts des livres sont des pépites, ça a quelle valeur au final comme qualificatif ?

pepite-oro

Notez bien que ça c’est ter-mi-né !

Gaëlle : Ma seconde réaction a été une remise en question de ma manière d’écrire. Et je m’interroge beaucoup là-dessus. J’écris depuis très longtemps des avis sur ce que je lis ! Il y a 20 ans je travaillais à la FNAC, à cette période on a commencé à écrire les fameux « coups de cœur » sur les bouquins. J’adorais ça et j’ai fait de même partout où j’ai travaillé par la suite. Mon seul problème était d’être concise car les textes étaient très courts. A la même période j’ai été chroniqueuse sur un site de BD indépendante qui s’appelait Clair de Bulle, puis plein d’autres sites et même le magazine Citrouille quand je travaillais en librairie spécialisée jeunesse. Depuis 10 ans je tiens le blog L’ouvre livres avec des copines rencontrées en Master Littérature jeunesse et depuis quelques mois la page Instagram du même nom que j’anime avec une amie bibliothécaire. Mais pour autant, je n’ai pas la prétention de me prendre pour une journaliste. Je n’ai pas suivi les études pour cela… Comme vous le savez, les « vrais » journalistes ne se préoccupent pas tellement de la littérature jeunesse. Donc ce sont beaucoup d’amateurs (non pas au sens de pas compétents mais vs professionnels) qui livrent leurs commentaires plus ou moins avisés sur des sites, blogs, pages Instagram toutes pimpantes etc. Forcément, ce n’est pas toujours au niveau (ni même pertinent). Et bien sûr, chaque personne à sa propre interprétation et ses goûts bien arrimés. Je rajoute ici une chose qui me chagrine souvent : j’ai horreur d’utiliser le mot « critique ». Déjà, à la base, le mot est connoté négativement (dans l’interprétation que j’en ai). Je n’aime pas tellement non plus « chronique ». Ça m’évoque une bronchite ou un truc chiant qui reviendrait en plus tout le temps ! Alors comme ces deux mots m’emmerdent, je rigole souvent avec ma collègue Chloé qui met nos avis en ligne sur le site BD Fugue.com. Pour la faire rire (j’aime bien faire rire), je lui dis : je t’envoie mes « chrotiques » (ou mes « criniques », j’aime varier). Je n’aime pas ces mots trop pompeux qui laissent penser qu’on sait mieux que tout le monde si c’est bien ou si c’est pas la peine de l’acheter ou si tu peux juste l’emprunter à la bibliothèque pour te faire un avis, ça suffira bien. AVIS ! Voilà un mot qui me va. Je donne mon avis, je ne fais que cela ! J’ai souvent l’impression que ce n’’est vraiment pas grand-chose mais aux yeux de certains clients ou auteurs je vois que c’est quand même déjà beaucoup. En revanche, je m’efforce toujours d’être honnête donc je conseille et déconseille tout autant.

Loïc : Si je comptais le nombre de fois ou un avis de lecteur m’a fait pleurer parce qu’il me touchait… Parfois tu lis un avis sur un blog ou sur un réseau social et la personne exprime tellement bien son ressenti que ça me bouleverse. Parfois je me dis : j’ai bossé des années sur ce livre et ça en valait la peine ne serait-ce que pour cette personne ! Parfois c’est une photo d’un enfant qui lit notre livre, parfois c’est un témoignage touchant qui entre en résonance avec la vie de la personne et parfois il s’agit de quelqu’un, tu sais pas pourquoi, mais il a entièrement compris tes intentions, ce que tu as voulu faire dans ton ouvrage. En fait, dès que les critiques revêtent un aspect personnel, c’est génial. C’est l’inverse des phrases toutes faites que je pointe du doigt. 

Anne : Moi je trouve que sous couvert de parler de livres, beaucoup de critiques ont finalement envie de tout rapporter à eux. Et c’est leur bon droit, hein, mais quand tu passes un an et demi sur un livre, qui leur a parfois été offert, que tu lis une critique de 2 lignes disant que c’est très beau avec le résumé de l’éditeur en-dessous et une simple photo de la couverture (avec une feuille d’eucalyptus à côté si c’est sur Instagram, surtout), je n’y vois aucun intérêt. Mais le critique en question nourrit sa communauté, va parfois faire un concours (en faisant gagner le livre qui lui a été offert, pourquoi pas), va taguer les auteurs et surtout l’éditeur, pour encourager ce dernier à continuer de lui envoyer des bouquins. Il a ainsi l’impression d’avoir bien fait le job. Mais quel intérêt pour nous ? Alors oui, on gagne en visibilité, certes… Mais la vérité c’est qu’on aurait plutôt envie de connaître le sentiment du lecteur sur le contenu du livre, sur les partis-pris narratifs, sur les couleurs, enfin je sais pas, un petit effort intellectuel quoi !

Mais c’est peut-être trop demander (sans ironie).

Loïc : Je sais que beaucoup d’éditeurs et d’auteurs déplorent l’absence d’une réelle critique de bande dessinée comme elle existe à propos de la musique, la littérature ou le cinéma… Moi aussi j’aimerais lire davantage de critiques qui abordent réellement une bande dessinée sous un angle technique. Pourquoi si peu de critiques parlent de narration ? On parle quand même d’art séquentiel et il n’est presque jamais question du cœur, de la substantifique moelle d’une BD à savoir le rapport qu’entretiennent entre elles les images ?

Sorti de cette remarque, je dois dire que je trouve super cet engouement d’amateurs qui s’intéressent à la BD. Plus il y aura de communautés, de passeurs de culture, plus la BD continuera à vivre et à toucher de nouveaux lecteurs. En ce moment j’ai l’impression que les « influenceurs » sont du côté d’Instagram mais peu importe le canal. Tant qu’il y a des gens pour parler des livres, ça veut dire qu’il y a des lecteurs, voire de nouveaux lecteurs, et ça c’est bien !

Maintenant, si on doit aborder les trucs qui fâchent on devrait parler des services de presse. Cet exemplaire de livre gratuit envoyé à une liste plus ou moins (très) fournie – selon la maison d’édition – de critiques devrait engager un minimum celui ou celle qui le reçoit. Je ne dis pas que la personne qui reçoit un livre gratuit doit forcément en dire du bien, pas du tout… je pense seulement qu’il faut faire un minimum le job. Copier un résumé du livre (souvent rédigé par l’auteur lui-même) et enchaîner avec une phrase lapidaire du type « un livre à mettre entre toutes les mains » ou « une véritable pépite ! », c’est de la paresse. Je suis désolé mais un livre sur lequel les auteurs ne toucheront pas un centime (ben oui, un service de presse c’est 0 euro dans la poche des créateurs) ça engage moralement. Alors certains sont très éthiques et prennent ça au sérieux (j’ai plein de noms !) mais d’autres beaucoup moins. Je ne parle pas des bouquins qui se retrouvent en vente moitié prix sur les sites d’occasion le jour de la sortie parce que des « critiques » arrondissent leurs fins de mois (c’est un autre sujet) mais plutôt de ceux qui pour justifier leur exemplaire se contentent d’un laïus interchangeable. Je focalise sur la « pépite » ou le « bijou » pour rigoler mais c’est seulement la partie émergée de l’iceberg si on y réfléchit. Combien de critiques parlent du scénario autrement que sous l’angle j’aime / j’aime pas ? Combien abordent le dessin autrement que par le biais c’est beau / c’est moche ?

Pour en finir avec ces questions, moi je pense qu’il faut revendiquer quelque part d’être amateur. Faut pas faire semblant en répétant les mêmes trucs lus partout pour faire pro ou sérieux. Amateur ou pas d’ailleurs, on a un avis, un sentiment unique qui n’appartient qu’à nous et je crois que c’est important de le retranscrire. Ça peut être un peu bancal, ou mal dit mais on s’en fout. Dire ce qu’on a pensé et argumenter le pourquoi du comment avec ses propres mots, même maladroits c’est toujours mille fois mieux qu’une « vraie pépite » …

Gaëlle : Anne, tu parles des sentiments des lecteurs qui sont importants pour toi. Loïc et toi vous êtes tous les deux assez actifs sur les réseaux sociaux. Cette visibilité et cet accès direct à votre public c’est plutôt une bonne chose pour toi j’imagine ?

Anne : Je travaille seule chez moi (enfin, seule… Loïc est à l’étage au-dessus !), et même si je suis plutôt d’un naturel solitaire, j’ai vraiment besoin d’émulation pour avancer. J’ai adoré mes études artistiques, en grande partie grâce au regard non seulement de mes professeurs sur mon travail, mais également de mes camarades de classe. J’ai besoin de retours, d’encouragements, de confirmation de quelque chose, que ce soit dans le positif comme le négatif. J’ai expérimenté diverses situations de travail : atelier seule mais hors de chez moi, atelier collectif d’auteurs BD, atelier seule chez moi… Chacune a ses propres avantages, mais si ma situation géographique le permettait, j’aimerais beaucoup pouvoir alterner entre le « seule chez moi » et un atelier collectif.

J’en reviens aux sentiments des personnes qui regardent mes dessins, il n’y a rien de plus agréable que d’avoir des retours dithyrambiques sur une illustration dans laquelle j’ai mis tout mon cœur. À ce moment précis, je sens que quelque chose passe vraiment de moi à quelqu’un d’autre. J’ai la frustration de ne pas exercer une pratique artistique ou les sentiments et réactions des lecteurs sont immédiats, comme par exemple des musiciens lors d’un concert. Je trouve que cela amoindrit un peu le plaisir que je prends à dessiner. Alors, j’essaie comme je peux d’exploiter les réseaux sociaux pour rapprocher un peu le moment de création de celui où le lecteur va découvrir le dessin, par exemple en partageant mon processus de dessin et de peinture via des stories instagram. Cela permet aussi aux lecteurs de se rendre compte du temps passé sur chaque dessin, chaque case d’une planche de BD. J’ai énormément de retours d’abonnés qui me disent à quel point ils n’imaginaient pas tout ce travail, et qu’ils en savourent davantage chaque livre !

Gaëlle : Maintenant j’aimerais vous poser une question que je me pose de manière récurrente : Faut-il écrire un avis s’il est négatif ? Pourquoi le rendre public ou risquer de peiner des artistes qui ont consacré des mois/années à couver leur œuvre ? Doit-on plutôt leur dire en « off » sous prétexte de les aider à s’améliorer ? De quel droit peut-on détruire un travail acharné ? Je ne sais pas ! Je pense quand même qu’il vaut mieux se taire sauf s’il y a une argumentation constructive derrière. Il y a quelques semaines j’ai pris l’initiative d’écrire à un auteur qui publie avec deux autres une BD qui a d’énormes qualités, un potentiel ahurissant et un tout petit défaut qui d’après moi vient gâcher cette belle œuvre. Ses remerciements m’ont surprise et touchée.

Loïc :  Pourquoi ne pas poster un avis négatif tant que c’est argumenté et constructif ?  Non, ce qui est terrible c’est le bashing gratuit parce qu’on parle quand même du travail qui se compte en années pour les créateurs. La sentence lapidaire peut faire un mal de chien… En revanche, respecter son interlocuteur en prenant le temps d’un avis construit, même négatif, ça me semble le minimum. Sinon, autant ne rien dire je pense. Quant à le dire en off, finalement c’est avec les mêmes prérequis.

Gaëlle : Je me demandais aussi comment tous les deux vous vous dépatouilliez avec les avis négatifs ?

Loïc : Il faut savoir que deux semaines après la sortie d’un livre, on ne lit plus les critiques sauf si elles nous tombent sous le nez, donc déjà on doit passer à côté de plein de trucs… Et puis on a surtout des retours positifs donc bon…

Quand on tombe sur un avis négatif malgré tout, on essaie de voir ce qui peut nous nourrir ou nous faire grandir. En ce sens, j’adore d’ailleurs les critiques de mes consœurs et confrères. J’ai des amis du métier dont l’avis m’importe énormément et me nourrit. Par exemple, le regretté Hubert avait une analyse super fine et construite de mon boulot de scénariste et je sais qu’encore aujourd’hui, j’ai certains de ses retours en tête quand j’écris. On en revient finalement aux auteurs dont tu parlais précédemment qui t’ont remercié suite à tes retours constructifs. Maintenant, pour en revenir aux critiques négatives du net, quand elles sont outrancières il faut savoir en tant qu’auteur les laisser de côté. Je pense par exemple à une critique américaine sur les Jours Sucrés qui qualifiait notre livre d’islamophobe et sexiste… Bon là… Y a rien à dire ou à faire… Et sinon il y a ceux qui ont pas trop aimé ton livre et qui te taguent… Ceux-là tu te demandes ce qu’ils ont en tête lorsqu’ils décident de faire ça. Hé, hé viens voir, viens voir ! J’aime pas ton livre ! Viens voir, viens voir ! Parles-en autour de toi !

AnneC’est clair, ça c’est vraiment terrible. Ça revient à taper sur notre épaule pour nous dire « Hé bah dis donc, il était vraiment bof ton bouquin ! Allez, salut hein ! » Et toi tu continues ta journée avec ça, ou pire, tu comptais aller dormir tranquille, comme ça m’est arrivé hier soir…

Encore pire, ce sont ceux qui donnent des notes : ça m’insupporte ! On n’est plus à l’école ! Et qu’est-ce que ça veut dire ? On a déjà eu un 17,75/20… pourquoi 75 ? c’est tellement ridicule ! Et sur Planète BD, on en parle de cette notation sur 5 ? Tu te retrouves avec de supers critiques, mais 2 étoiles sur 5… Pourquoi ? Tu sauras pas… Mais du coup, quand quelqu’un fait des recherches sur ton livre sur un moteur de recherche, eh bien cette notation qui semble vraiment mitigée apparaît dès le début des résultats, super.

Je m’écarte un peu, mais en parlant de gros sites de référencement comme ça, Babelio m’énerve beaucoup : ils vont chercher la moindre photo de toi qui a été prise à Trifouillis-les-Oies il y a 15 ans, dans une classe de CP alors qu’il faisait 30 degrés et que tu avais la grippe, pour te l’imposer sur ton profil. Et tu n’as pas le choix, c’est comme ça, pourtant c’est pas faute d’avoir fait des demandes de retrait. Bon je digresse carrément, mais c’est très pénible.

Gaëlle : La 3e chose à laquelle j’ai pensé en lisant ta diatribe Loïc, c’est : « Il va se faire lyncher ! » Car vos livres sont généralement encensés par « la critique » et que tu oses dire que certaines choses ne te conviennent pas. Il est tout de même plus flatteur d’être comparé à des bijoux qu’à … tout plein d’autres choses moins luxueuses ! Il y a des champs sémantiques moins glorieux !

Loïc : Oh mais c’est pas mon cas personnel qui importe. Déjà, il faut rappeler que ces histoires de mots interdits les « pépites » et compagnie c’est avant tout de l’humour.

Ensuite, si quelqu’un se vexe en lisant mes propos c’est qu’il se prend un tout petit peu trop au sérieux, je pense…

Tu sais, je crache dans aucune soupe. Je me pose seulement des questions même si aujourd’hui, j’essaie plus ou moins de trouver des réponses aux tiennes:)

Miss Charity, l’enfance de l’art, d’après le roman de Marie-Aude Murail, a paru aux éditions Rue de Sèvres  le 19 février. C’est le 1e volume d’une série qui en comptera trois (cliquez ici pour feuilleter !).

La suite au prochain épisode !

quel(s) temps

Le dernier accueil de classe de la bibliothèque avant le confinement avait pour thème le temps. Drôle de coïncidence à l’aune des mesures sanitaires gouvernementales actuelles me direz-vous… Occasion tout trouvée pour vous en reparler aujourd’hui car, chez vous aussi, les repères temporels sont peut-être un peu chamboulés ces temps-ci…

Introduction sous forme d’échange sur ce qu’évoque le temps pour les élèves:

Grâce aux mots, le temps infini est séparé en différents moments de la vie. Les mots sont utiles pour mesurer le temps, le découper en morceaux. Quels mots connaissez-vous du plus petit au plus grand ? Il y a des objets aussi qui servent à mesurer le temps pour nous aider : sablier, horloge/montre (24h d’une journée), semainier (7 jours de la semaine), calendrier (12 mois de l’année), arbre généalogique (montre les personnes d’une famille du + jeune au + vieil ancêtre), album photos (de souvenirs de moments passés) …

On va prendre plusieurs exemples du temps en racontant quelques histoires :

Jours de la semaine : Comptine « Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince »

Jour/nuit: Que fait la lune la nuit ? Anne Herbauts, Casterman, 1998

Cycle de la Vie (et de la mort):

Un, deux, pois, Françoise Malnuit, Grandir, 1992 ou la version kamishibaï

En t’attendant, Emilie Vast, MeMo, 2013

Chanson « Quand Fanny » (5 poupées russes sortent les unes après les autres et s’alignent)

Quand Fanny était un bébé, un bébé, un bébé
Quand Fanny était un bébé elle faisait comme ça
Ouin, ouin ,ouin . (en se frottant les yeux et suçant son pouce)

Quand Fanny était une p’tite fille, une p’tite fille, une p’tite fille
Quand Fanny était une p’tite fille elle faisait comme ça
Na na na nanère euh ! (en faisant un pied de nez)

Quand Fanny était une jeune fille, une jeune fille, une jeune fille
Quand Fanny était une jeune fille elle faisait comme ça
Soupir… (mains sur les hanches et la main dans ses cheveux, levant les yeux au ciel)

Quand Fanny était une maman, une maman, une maman
Quand Fanny était une maman, une maman, une maman elle faisait comme ça
« Chut…dors mon bébé  » (en le berçant)

Quand Fanny était une grand-mère , une grand-mère ,une grand-mère
Quand Fanny était une grand-mère elle faisait comme ça
Ouille, ouille, ouille! mon dos (en se tenant le dos)

Quand Fanny était un squelette ,un squelette, un squelette
Quand Fanny était un squelette, elle faisait comme ça

Cccccccccccccrac! (claquer des dents, des doigts et des genoux)

Quand Fanny était une poussière, une poussière ,une poussière
Quand Fanny était une poussière elle faisait comme ça

Fffffffffffffffffou….(souffler sur une poussière imaginaire)

Le visage de Mamina, Simona Ciraolo, Gallimard Jeunesse, 2017

Saisons : Arbre, Amandine Laprun, Actes sud junior, 2017 (à lire en écoutant « La redécouverte » tirée de la BO d’Amélie Poulain)

Année : Belle année, Anaïs Brunet, Sarbacane, 2018

Fuseaux horaires : Au même instant sur la Terre, Clotilde Perrin, Rue du monde, 2011

Météo : Ma robe magique, Kayako Nishimaki, Autrement (aujourd’hui épuisé, théâtre d’ombres fabriqué d’après l’album sur une idée de Poucet galet, vidéo ici)

En cette période de confinement, une petite discussion est peut-être bienvenue avec le(s) enfant(s) de la maison. Ce peut-être le moment de chercher les livres qui mettent le temps en scène, de créer son « carnet de voyage immobile: l’histoire de notre confinement » à l’image de Blisscocotte qui a ouvert sur Instagram une annexe tout aussi colorée où elle montre de quoi œuvrer de façon créative en famille.

Pour les plus petits, comme on le disait récemment sur Instagram en présentant Tintamarre et gazouillis, une journée tout en bruits d’Eva Montanari chez Thierry Magnier, on pourra peut-être remettre des mots – ici des onomatopées – sur les moments-clés du tout-petit. Car cet album doux et bruyant à la fois appelle au partage entre parents et enfants autour de l’emploi du temps. On peut ainsi évoquer ensemble les épisodes essentiels pour l’un, pour l’autre, chercher à les bruiter, avec ses propres sons, qu’on utilise des interjections, des instruments de musique ou des objets banals de la maison?


Tintamarre et gazouillis, une journée tout en bruits, Eva Montanari, Editions Thierry Magnier, 2018

Dans Les mots du temps, une série de mots a été définie par Catherine Grive et photographiée par Janik Coat: maintenant, avant, après, matin, soir, aujourd’hui, hier, demain, jamais, longtemps, vite, lentement, passé, avenir, instant, toujours, éternité, début, fin. Pourquoi pas s’en inspirer pour créer son propre dictionnaire du temps qui passe? Vous avez du temps, du papier et un crayon, un appareil photo (ou un téléphone 😉 )? Et bien lancez-vous et si vous n’avez plus d’encre dans l’imprimante, ça attendra bien un peu pour l’impression 😉

1, Ed. Thierry Magnier, 2014

 

 

 

 

 

 

Sans foi, ni loi – Marion BRUNET

C’est un peu une sensation bizarre de reprendre mes publications en ce moment, vu le contexte qui n’est à repréciser à personne, mais le temps … me manquait et me voilà confinée, donc dans l’envie – de nouveau – d’être avec vous et de partager mes dernières lectures, mes derniers coups de coeur. Rien n’est à pointer, à analyser ou à remercier. Peut-être juste à prendre comme une leçon. Bref…

Comme j’aime à le faire annuellement, je me suis attaquée aux Pépites – fiction ados du salon de Montreuil 2019 (quand je vous disais que j’avais tellement de retard !) et c’est juste un hasard de commencer par la merveille de M. Brunet et qu’une pépite d’or soit autant largement méritée. Si, si je vous assure.

  • Garrett, presque un jeune homme, grand frère, fils de pasteur, ne se trouve pas au bon endroit au bon moment (bien que) quand Abigaïl Stenson débarque dans sa triste vie et modeste fermette, pourchassée par des hommes de loi alors qu’elle vient de voler une banque. Elle n’a pas d’autre choix que de prendre en otage Garrett et l’embarquer dans sa cavale vers le Wyoming, où ils iront se réfugier dans un saloon auprès de la petite Pearl, fille de Stenson, et la belle Jenny, prostituée et amie d’Abigaïl. Garrett, tout d’abord intimidé et surtout prisonnier, va se détacher peu à peu de cette drôle de captivité et va découvrir une Ab insoupçonnée malgré le côté mystérieux et persistant du personnage, ainsi que le prix de sa liberté que cette héroïne doit sans cesse défendre et ré-affirmer.

Tout comme le rythme du récit, entre fuite, inquiétudes, bagarres et attente d’une Grande scène finale, peu de temps de pause de lecture. À l’image de Garrett, nous sommes également emparés, calés dans un confortable siège de spectateur, à profiter de chaque « Action ». Car Marion Brunet nous emmène bien-entendu, dans un authentique décor de western avec les classiques du genre (duels, saloon, bordel, whisky, shérif, chevaux, colts et poussière…) et c’est tant mieux. Et qu’elle se rassure, en ce qui me concerne, j’ai entendu distinctement les galops et hennissements des chevaux, celui des éperons d’Abigaïl à chaque pas sur le plancher et même le frottement râpeux sur une barbe naissante, quand Garrett se frotte vigoureusement le visage à l’abreuvoir.

Et puis, le point de vue narratif est tellement bien vu, de la part de l’auteure. C’est celui de Garrett alors que l’ensemble de l’intrigue se concentre sur Abigaïl, femme « sans foi, ni loi », qui rayonne d’indépendance, d’assurance et de liberté … C’est bien en tout cas, la façon dont Garrett la perçoit. Impossible de ne pas penser à une sorte de Calamity Jane, mais tellement plus moderne et actuelle. Car la situation des personnages, les préjugés soulevés, le cadre social subi font aussi penser à un quotidien bien plus proche de nous, et pas juste à un western lointain, voire une sorte de « petite maison dans la prairie ». Si c’est un peu cette image que vous aviez en tête. Poing levé, rébellion, pour être soi-même et l’assumer, c’est comme cela que Garrett sortira aussi de cette expérience. Et à tout cela, Marion Brunet nous avait déjà habitués, souvenez-vous « Dans le désordre ».

Je le redis donc « pépite d’or » incontestablement, à lire VIVEMENT !

Marion BRUNET. « Sans foi ni loi ». Pocket Jeunesse, 2019. 9782266294195 – 16€90 – à partir de 15 ans

Pour écouter celle qui en parle le mieux, c’est par ici : https://youtu.be/VTLIiCFaE90

Le livre dans le livre dans …

Oui, avouons-le, faiblesse des amoureux du livre, nous apprécions quand les livres parlent des livres… Cette mise en abyme est un procédé qui plaît aux prescripteurs, adultes, peut-être plus qu’aux enfants… Le côté injonctif, auquel il est parfois difficile d’échapper, est dommageable car il peut avoir un effet contre-productif. Non, ce n’est pas en assénant aux enfants « Il faut lire ! » que nous serons les plus efficaces, par contre faire partager notre passion, transmettre le plaisir de la lecture et laisser le temps aux choses si besoin me semble bien plus efficace.

Voici une sélection loin d’être exhaustive d’albums qui parlent de livres et de lecture, dont certains nous ont servis en accueil de classe.

Ce livre-là, Malika Doray, MeMo ed., 2007.

Ce-livre-la Un album pop-up comme hymne à la diversité des livres et des lecteurs… Parce qu’il existe des livres pour tous les lecteurs, et parce qu’il existe des lecteurs pour tous les livres… Si la technique pop-up est vraiment basique, la forme en accordéon du livre lui confère son originalité… A lire à tout âge.

 

Attends, je veux te raconter une histoire ! , Tom Williams,  Kaléidoscope,  2005.

arton1308Cette histoire en forme de randonnée est accessible pour les plus jeunes. Drôle, elle permet l’interaction, et prouve que les histoires, sont utiles aussi d’une manière bien plus prosaïque que celle de développer l’imagination : tout simplement celle de ne pas être mangé  !

 

Un livre, et plus encore, Jeanne Willis, Tony Ross, Gallimard, 2018.

product_9782075095037_244x0Ca n’échappe pas aux enfants, sur la couverture « le livre dans le livre »… Cet album plein d’humour et d’originalité nous rappelle une petite princesse bien connue… toujours pleine d’idées excentriques.

A lire à tous les âges, et à relire à l’infini…

 

Citons aussi Un livre, ça sert à quoi ? de Chloé  Leguay… et tant d’autres.

Pour terminer, une ode au livre à l’heure du numérique avec C’est un livre, Lane Smith, Gallimard, 2011.

Certes, il a moins de fonctionnalités qu’une tablette… mais …

product_9782070696512_244x0

Et enfin, je ne peux résister à vous parler de cet album qui retrace l’épopée que représente parfois le moment de l’histoire du soir en famille…

Papa qui lit, Rémi Chaurand, Charles Dutertre, Didier jeunesse, 2016.

Mettre tout le monde d’accord sur le choix de l’histoire s’avère toute une aventure, entre papa qui voudrait lire du Victor Hugo (le poème proposé est un régal…), et toute la fratrie où chacun a ses centres d’intérêt… Pour les plus grands et ceux qui commencent à lire tout seuls.

51CgIfByNGL._SX195_

Avant de clôturer cette sélection, nous voulions vous proposer deux films d’animation qui eux aussi abordent la thématique de la lecture. D’autant plus que les deux ont aussi été déclinés en livres, et que le second est l’oeuvre de Rebecca Dautremer, que l’on ne présente plus ici.

Et si vous souhaitez entamer une réflexion plus théorique sur la manière dont est traité le thème de la lecture dans la littérature pour la jeunesse, nous vous encourageons à chercher le travail de Gilles Behoteguy. Il a aussi travaillé sur la manière d’aborder le multimédia dans les romans pour adolescents, qui est souvent opposé à l’activité lecture.

Bonnes lectures à tous !

Un tour du monde des contes

Découvrir un genre, celui du conte et donner l’envie de lire des contes par soi-même, découvrir différents pays du monde à partir de lecture de contes et même se repérer dans le monde, sur un planisphère, être capable de situer des pays par rapport les uns aux autres…Voilà quelques-uns des objectifs de l’accueil de classe du jour, ici avec une classe de CE1.

On va partir autour du monde et faire plusieurs escales littéraires afin d’écouter des contes typiques de chaque pays visité et avant tout, on va revenir ensemble sur ce qu’est un conte…

Ce qui est génial avec cet accueil, c’est qu’il est évolutif, en fonction des livres disponibles ou des pays choisis et qu’il permet un formidable travail de l’enseignant en amont et en aval s’il choisit la formule « passeport » et « carnet de voyage » que voilà:

A chaque escale, on va obtenir un visa délivré par le douanier-enseignant(e) qu’il(le) va apposer sur notre passeport distribué et défini collectivement  ainsi que le visa en début de séance. Le passeport sera complété pendant la racontée, au fur et à mesure des escales. Il est aussi possible de mettre en place un « carnet de voyage » que l’élève aura peut-être même confectionné lui-même et comprenant des fiche lectures, des fiches « escale » et des espaces pour les illustrations. L’enfant  pourra ainsi remplir son carnet selon les souvenirs et préférences de l’accueil de classe, colorier le pays sur le planisphère intégré au livret et pourquoi pas enrichir son recueil de ses prochaines lectures de contes, scolaires, familiales etc.

On avait pris ce modèle en ligne sur le site momes.net pour le personnaliser puis glané des tampons à l’effigie des destinations en vue sur la toile.

Voici donc UN exemple de racontée où la sanza a permis de « traverser les frontières ». N’oublions pas d’indiquer à chaque fois à l’aide de la planisphère l’emplacement des pays « visités ».

Dessous, il y a Mon premier atlas géant, de grandes cartes faciles à lire au mur ou sur le sol,

coll. « Livres géants », Gründ, 1987, aujourd’hui épuisé dont on avait parlé là.

Afrique

  • Maghreb : Nasreddine, Odile Weulersse, Rebecca Dautremer, Père CastorFlammarion, 2005
  • Burkina Faso

Si vous avez comme moi une petite coccinelle à disposition, succès garanti auprès de la classe:

intro Comptine « Une petite coccinelle s’est posée dessus»

La coccinelle de Saïdou, Patrick Hétier, Didier Jeunesse, 2017

Amérique du nord

  • « Le nom » tiré de Ours qui-se-gratte, Patrick Bertrand, Serge Ceccarelli, Actes sud junior, 2001 (conte indien)

Asie

  • Japon : Kamishibaï Yamamba ou comment gober une sorcière, Miyoko Matsutani, Eigoro Futamata, Dôshinsha , 2009
  • Inde : Les trois poissons, Les petits contes du tapis, Seuil jeunesse, Patrick Chèze, Cécile Gambini, 2006

Europe

  • Russie : Matriochka, Sandra Nelson, Sébastien Pelon, Père Castor Flammarion, 2009 (à raconter avec 5 poupées russes)

Océanie

  • Australie : La couleur des oiseaux, Muriel Kerba, Nathan, 2003 (conte aborigène)

Pôle nord

  • Léger comme un flocon, coll. Géants du monde, Rue du monde, 2007 (poème inuit)

Avez-vous déjà mis en place ce type de projet? Des retours à partager?

Accueil de classe sur la banquise

Thématique récurrente des accueils de classes hivernaux, voici venir les animaux du froid et en particulier de la banquise. Pour ces élèves de grande section maternelle, cette séance à la façon d’une heure du conte constitue une conclusion à leur période de travail sur le thème.

Après avoir échangé ensemble sur l’environnement polaire et redéfini quelques mots clés, place aux histoires et chansons, proposées au fil de la constitution du puzzle en bois à niveaux:

Puzzle de la collection de jouets Vert baudet

Jeu de doigts d’intro : Brrr… il fait froid

 

Brrr… il fait froid

Claque, claque tes mains

Elles ont chaud, elles sont bien

 

Frotte, frotte ton front

Il rougit comme un lampion

 

Tape, tape tes joues

Mais pas comme un petit fou

 

Dring, dring ton nez

C’est pour bien le réchauffer

 

Gratte, gratte ton menton

Barbichette, barbichon

 

pingouin : Elle est bonne ?Jean Gourounas, L’atelier du poisson soluble, 2017

 

ourson  polaire : Coda, petit ours blanc, Rury Lee, Emmanuele Bertossi, Circonflexe, 2015

 

ours polaire : 1, 2, 3 banquise, Alice Brière-Haquet, Olivier Philipponneau, Raphaële Enjary, MeMo, 2014

 

phoque :  Phoques, Cousteau, Hachette Jeunesse, 1991

 

dauphin : Grand blanc, Antoine Guilloppé, Casterman, 2009

(bande-son Grand bleu « The big blue ouverture » 10 sec/double page)

 

baleine bleue: extrait tiré de Naissances merveilleuses, Aina Bestard, Saltimbanque éditions, 2019

 

+ oiseaux migrateurs : Vers le sud, Max Estes, La Joie de lire, 2016

 

+ Inuits (aussi appelés esquimaux) : peuple vivant dans la région du pôle nord

Flocon d’amour, Thomas Scotto, Elodie Nouhen, Actes sud junior, 2005

 

+ Neige : poème inuit

Léger comme un flocon, Judith Gueyfier, Rue du monde, 2007

 

Conclusion en chanson (sur l’air de Il était une bergère)

Il neige (X3)

et ron et ron, des flocons tout ronds
Il neige (X3)

des p’tits bedons tout ronds (X2)

Volez flocons de neige
Et ron et ron, volez tous en rond
Volez flocons de neige
Comme des papillons ron ron (X2)

Dansez flocons de neige
Et ron et ron, dansez tout en rond
Dansez flocons de neige
En joyeux tourbillons ron ron (X2)

Ecologie, quand tu nous tiens !

Parce que c’est un sujet d’actualité, la littérature jeunesse s’intéresse aussi à l’écologie, à la nature. Loin d’une bibliographie exhaustive, quelques titres qui nous ont accrochés ces derniers temps.

En album : La souris qui sauva toute une montagne de Alain Serres et Aurélia Fronty, aux éditions Rue du monde. D’après un conte sarde transmis par Antonio Gramsci.

Une souris a bu le lait de Toni. Elle veut se faire pardonner et lui trouver du lait. Mais par la faute de l’homme, la nature a été détruite, et les chèvres ne donnent plus de lait. Il va alors falloir que tous y mettent du leur pour retrouver le cycle normal de la vie.

Une réflexion sur ce que nous transmettons aux générations futures.

téléchargementDéjoue les pièges de la nature : un livre-jeu éducatif chez Gulf stream éditeur.

Chaque double page représente un biotope spécifique et le lecteur doit trouver les intrus, animaux, plantes ou modes de vie qui ne correspondent pas au milieu naturel représenté.

La page suivante donne les solutions, et les explications. Dans la jungle amazonienne, ou dans l’Himalaya, en aux profondes ou en Australie, il faudra trouver les 8 erreurs disséminées dans les illustrations. Savez-vous si le manchot vit en Arctique, s’il y a des cascades dans le désert et si la raie Mobula arrive à « voler » ? Attention, il y a aussi des faux pièges, dans lesquels il ne faudra pas tomber !

Jeunes et moins jeunes devront faire preuve de perspicacité, et par le biais ludique apprendront à mieux connaître la nature.

30 jours sans déchets de Sophie Rigal-Goulard. Chez Rageot, 2019.téléchargement (1)

Dans cette série humoristique , après avoir questionné notre rapport aux nouvelles technologies (portable, jeux vidéo, Internet …), ce roman fait réfléchir sur notre action au quotidien en faveur de la planète. En effet, la famille Bretin est au défi d’atteindre le zéro déchets et tous les moyens sont bons : compost bien sûr, mais aussi achats en vrac, récup’… Et les membres de la famille, diversement impliqués dans ce défi, n’ont pas les mêmes motivations…

Dans la même veine, le roman jeunesse Au secours, mes parents sont bio, zen et sans gluten de Nathalie Lombard. Un roman du point de vue d’une jeune, dont les parents ont décidé de déménager à la campagne, et dont le passage sur les toilettes sèches est assez hilarant !

téléchargement (2)Ce qu’il faut de terre à l’homme, une bande dessinée d’après Tolstoï de Martin Veyron chez Dargaud, Prix spécial du jury Angoulême 2017.

Une bande dessinée d’après une fable de Tolstoï. Je ne peux dire que quelques mots pour ce grand coup de cœur : lisez-le ! Une réflexion philosophique sur l’individualisme de la société, résonnant comme un avertissement plein de modernité. Pour les ados et adultes.