QUESTIONNAIRE THÈSE LITTÉRATURE POUR LA JEUNESSE

Parce que la littérature jeunesse, c’est aussi explorer le champ de la recherche, aujourd’hui, l’Ouvre-livres souhaiterait faire le relais du questionnaire de Marina.

Bonjour, dans le cadre d’une thèse en littérature de jeunesse (avec l’université du Maine) sur l’évolution des séries* dans les collections** des Bibliothèque Rose et Bibliothèque Verte, je vous soumets ce questionnaire pour m’aider à vérifier mes hypothèses. Merci de prendre quelques minutes pour y répondre.

*Une série est un ensemble de livres se rapportant à un personnage ou un groupe de personnages.
**Une collection est un ensemble de titres présentant des caractéristiques communes (genres, destinataires) au sein d’une maison d’édition.

Les questionnaires sont ouverts à toute personne de plus de 8 ans (élève de CE2).

Elle manque de réponses masculines, seulement 16%. N’hésitez pas à le partager auprès de vos conjoints, collègues et amis hommes sur les réseaux sociaux ou par mail : https://docs.google.com/forms/d/1mIVh-zleE2o17jxafUt8oixKgM6gsyldO8QxuF_NxF4/viewform?usp=send_form 

Il est disponible jusqu’au 16 février.

Du côté de notre blog, on aime aussi beaucoup les titres des Bibliothèques Rose et Verte dont plusieurs figurent parmi nos tendres lectures d’enfance. Nous vous invitons à (re)lire l’article d’Elsa sur Alice détective ou celui de Cristel sur Fantômette.

A la fable fontaine

A la fable fontaine,

M’en allant découvrir,

J’ai trouvé les vers si beaux,

Que je m’y suis plongée,

Il y a longtemps que je t’ai apprise,

Jamais je ne t’oublierai !

A l’occasion de la sortie en librairie d’Auprès de La Fontaine, fables en haïku, le dernier volet venant clôturer la trilogie des recueils signée Agnès Domergue et Cécile Hudrisier, nous avions envie de revenir sur le genre de la fable par le biais d’une petite sélection de livres.

Après les contes merveilleux et les mythes grecs, ce sont les fables de La Fontaine qui ont inspiré la revisite du duo. Quelques extraits sur le site de l’éditeur, Thierry Magnier, en attendant d’avoir la précieuse anthologie entre les mains…

Le principe reste le même: ce sont vingt fables de La Fontaine, des plus célèbres aux plus discrètes, qui ne demandent qu’à être redécouvertes, réécrites sous forme de haïku  (bref poème de 3 lignes d’origine japonaise) et illustrées à l’aquarelle par Cécile Hudrisier.

auprès de la fontaine, fables en haïku

Auprès de La Fontaine, fables en haïku, Agnès Domergue, Cécile Hudrisier, Thierry Magnier, 2016

fontaine aux fables

La fontaine aux fables, collectif, Delcourt, 2010

La Fontaine aux fables, ce sont 3 volumes de 12 fables illustrées en bande dessinée par des dessinateurs de la maison Delcourt mais fidèles au texte original de Jean de La Fontaine. A noter, on trouve également une édition de l’intégralité des 36 fables.

fables de la fontaine sur des airs de jazz

Fables de La Fontaine sur des airs de jazz,Pierre-Gérard Verny, Sébastien Pelon, Père Castor, 2008

Ce livre-disque reprend les textes originaux de 28 fables de La Fontaine et les interprète d’une manière jazzée à travers différents styles musicaux dont la java, la fugue, la valse et l’aria. 

le lièvre et la tortue

Collection « Comptines, fables et poésies » chez Bilboquet illustrées par Isabelle Carrier

Les moments-clés de la fable sont présentés de façon imagée par des illustrations composées de collages afin que le récit soit compris par les plus jeunes. Le texte intégral de La Fontaine figure en fin d’ouvrage. Le corbeau et le renard, Le lièvre et la tortue, Le loup et le chien, Le renard et la cigogne ont ainsi été réinterprétés par Isabelle Carrier.

thierry dedieu

Les fables de La Fontaine mises en scène par Thierry Dedieu, Seuil, 2008 et 2009

Dans ces recueils, les fables sélectionnées sont mises en perspective dans des tableaux tout en dentelle d’ombre et de lumière, illustrant l’une des techniques de l’art du pop-up.

fables de la fontaine pour réfléchir

Les fables de La Fontaine pour réfléchir, Laeticia Pelisse, Mauro Mazzari, coll. « Philo – des mots pour réfléchir », Oskar Jeunesse, 2010

encore des fables de la fontaine pour réfléchir

Encore des fables de La Fontaine pour réfléchir , Isabelle Wlodarczyk, Mauro Mazzari, coll. « Philo – des mots pour réfléchir », Oskar Jeunesse, 2014 

On évoque souvent les morales qui concluent les fables de La Fontaine. Elles passent souvent pour des vérités absolues, et pourtant, elles comportent bon nombre de préjugés que ces 2 ouvrages nous apprendront à déjouer  ainsi que des explications et des exemples permettant de réfléchir par soi-même et de confronter nos idées à celles des autres, pour mieux décider de ce que l’on doit en penser…

après vous M. de la fontaine gudule

Après vous, M. de La Fontaine… : Contrefables, Gudule, Livre de poche

Ce recueil de Gudule se compose de vingt-trois textes qui font suite aux Fables bien connues de Jean de La Fontaine, ce qui justifie le titre. Cependant il convient de s’interroger sur le sens de l‘expression « Après vous ». S’agit-il pour l’auteur d’imiter le fabuliste en reprenant les mêmes thèmes et en les actualisant, ou au contraire de suivre ses pas en proposant des suites immédiates à chacun de ses textes ? Nous verrons que c’est à la fois l’un et l’autre : Gudule reprend les thèmes de Jean de La Fontaine, les rend plus contemporains, mais excelle également dans des suites qui illustrent la morale classique ou la dépassent.

le corbeau et le fromage dominique descamps

Le corbeau et le fromage, Dominique Descamps, Les Grandes Personnes, 2015

C’est l’histoire d’un corbeau, désireux de redorer un blason autrefois terni par l’affront d’un certain renard. Notre maître corbeau décide, pour se venger, de croquer en entier un fromage passant par la forêt. Malheureusement, il sera pris à son propre piège.

Les linogravures aux couleurs vives de Dominique Descamps sont accompagnées de découpes et autres surprises de papier. Elles campent le décor d’un texte tout en rimes à l’humour acéré.

Du beau monde à Annecy


J’ai eu une belle surprise aujourd’hui en feuilletant l’agenda culturel et divertissant « Bouche à oreille » des bibliothèques de l’agglomération annécienne !

Des rencontres, des expos, des ateliers avec les plus talentueux auteurs de la littérature jeunesse et de la bande-dessinée.

Au programme, rien de moins qu’Anne Crausaz, Fred Bernard, Alex Cousseau, Quitterie Simon et Anne Bertier durant les mois de janvier, février et mars.


« Chemin faisant… » avec Anne Crausaz, la plus design des illustratrices pour les petits et même pour les tout-petits sera exposée à la médiathèque Louise Michel de Meythet du 13/01 au 05/03. Son travail sera mis à l’honneur dans le cadre de l’Accro-livres, organisé par le réseau des bibliothèques de l’agglomération d’Annecy.

Pour ceux qui le pourront, elle sera présente le samedi 16/01 dès 9h30 pour une rencontre et le vernissage de l’exposition.

Anne Crausaz est publiée chez les talentueuses éditions MeMo

« L’échappée-livres » avec Alex Cousseau (le jeudi 21/01 à 17h à la bibliothèque de Bonlieu au secteur jeunesse) et Quitterie Simon (le mercredi27/01 à 17h à la bibliothèque de Novel). Ces rencontres ouvertes aux enfants comme aux parents permettent de découvrir la littérature jeunesse en présence d’un auteur. 

Alex Cousseau a écrit bien des romans pour enfants ou adolescents mais il  scénarise aussi des albums jeunesse comme vous le découvrirez en suivant les liens de cet article.



Quitterie Simon écrit elle aussi des histoires qui se transforment en romans ou albums pour les enfants.



« L’aventure BD de Fred Bernard » du 09/02 au 12/03 à la bibliothèque de Bonlieu, exposition de planches extraites de L’homme bonsaï, Chroniques de la vigne et La patience du tigre. 

Une rencontre avec Fred Bernard aura lieu le 10/03 à partir de 18h30. Il parait qu’on saura si c’est un vrai mec bien ou s’il cache son jeu pour séduire son monde… (Source plaquette de la bibliothèque). On pourra aussi y faire dédicacer ses livres.

Fred Bernard a écrit une vingtaine de  livres jeunesse, illustrés par François Roca.

 

Mais il est aussi auteur et illustrateur de bande-dessinée ! Que de talents en somme…

 


« Abécédaires avec Anne Bertier »(tout comme Anne Crausaz publiée chez MeMo). Ses livres sont une invitation à découvrir les lettres et les chiffres d’une manière différente. L’auteure animera des ateliers d’illustrations avec des classes d’Annecy.

Exposition du 01/03 au 18/03 à la bibliothèque de la Prairie.


 

Bref, avec tout ça, on ne pourra pas dire qu’il ne se passe rien en province (pour une fois!)

 



Un album… un spectacle

En ce début d’année 2016, place à une nouvelle rubrique sur le blog…pour aborder la littérature jeunesse d’une façon… spectaculaire… Baptisée L’ouvre-spectacles, l’objectif sera ainsi de mettre ponctuellement en lumière des ouvrages ayant été adaptés sur scène: théâtre, danse, chanson ou tout autre forme du spectacle vivant.

Pour cette première chronique, il s’agit d’un album s’adressant aux petits: Un ours, of course.

Un ours, of course: côté livre

un ours of courseUn ours, of course, Alice Zeniter, Lawrence Williams, Julie Colombet (ill.), Actes sud Junior, 2015, 19€

Un ours solitaire décide de tomber amoureux et de se marier. Mais ce n’est pas simple, pas simple du tout. Car il lui faut tout d’abord assumer son identité d’ours. Et « un ours, c’est méchant, un ours c’est dangereux, ça tue les petits enfants et ça les mange en pot-au-feu ! ». Un livre-CD drôle, tendre et subtil autour de la question de l’identité.

Ce conte musical est à découvrir également pour les illustrations doucement velues de Julie Colombet! Petit aperçu du livre CD avec l’animation ci-dessous…

 

Un ours of course: côté spectacle

Écrit pour deux comédiens et trois musiciens, ce spectacle drôle et touchant interroge les difficultés liées à l’identité et à l’intégration. Porté par une musique folk et de nombreux instruments, Un Ours, of course fait le choix d’une mise en scène simple, donnant toute sa place à l’imaginaire des enfants et au jeu des acteurs et des musiciens.

c'est un ours of course

© Morgane Baux, qui a fait scénographie, fabrication et accessoires sur le spectacle 

La Compagnie de L’Entente cordiale est fondée à l’été 2013 par l’auteure et metteuse en scène Alice Zeniter. Après des années de travail en tant que dramaturge sur de nombreuses pièces classiques, Alice décide de créer un outil qui lui permettra de travailler différemment, et notamment de créer des œuvres originales et d’interroger l’écriture théâtrale contemporaine. Un ours, of course est son premier texte pour enfants.

La raison d’être de l’Entente Cordiale, c’est de se demander s’il est encore permis de raconter des histoires. C’est de se demander s’il est avouable quand on crée d’avoir la beauté pour horizon (peut-être). C’est d’essayer de nouvelles manières de mêler l’improvisation à l’écriture, l’écriture à la musique et le travail de l’acteur au travail de l’auteur. C’est de construire et de détruire par bribes répétées notre rapport à la fiction pour essayer de trouver ce qui reste.

A propos d’Un ours, of course, Alice Zeniter explique dans sa note d’intention que:

« Tout en utilisant les ingrédients canoniques du conte – monde de la forêt coupé des humains, animaux parlants et chantants – et la magie qui les accompagne, ce spectacle refuse le parti pris de la naïveté, d’une infantilisation merveilleuse. (…) (Le narrateur) utilise pour cela un langage recherché. Je n’ai jamais oublié à quel point le dessin animé de Robin des Bois (Walt Disney) m’avait ouvert l’oreille à l’aspect poétique de la langue en multipliant les allitérations au vocabulaire difficile: “pusillanime python”, “exaspérant aspic”. Tous ces mots je les entends encore résonner. Je voudrais faire la même chose avec l’ours, ne pas réduire le langage à ce qu’on imagine être le niveau moyen de compréhension d’un enfant mais l’agrandir au contraire, y ramener des sonorités étranges, les faire rimer. « 

Parler de la violence.Hommage à Gregory.

Récemment, j’ai assisté aux funérailles de Grégory, 18 ans, assassiné par un inconnu alors qu’il rentrait de la fac.

gregViolence gratuite. A deux pas de la maison de mon enfance. Fils de ma copine de lycée, de hand. Frère de mon élève de maternelle. Cela aurait pu être mon fils.

Nous sommes effarés quand cela se passe à la télé, mais quand cela nous touche de près, les mots viennent à manquer.

Que répondre aux jeunes enfants face à cet acte fou? Je ne sais pas, je me tourne vers la littérature qui viendra une fois de plus à mon secours.

 » La violence fait partie de ce monde, elle est donc incontournable. Il faut permettre aux enfants de la comprendre afin de pouvoir  résister à cette violence. Ainsi, ils pourront refuser de faire violence aux autres même s’ils ont  été eux-mêmes des victimes et défendre leurs valeurs en communiquant avec les autres* »

Ne soyons pas frileux même si la mort, la violence sont des sujets délicats.

Pour les plus jeunes :

Au revoir Blaireau, Susan Varley, Gallimard Jeunesse, 2010.

blaireau

Un classique.

Les amis de Blaireau sont inquiets car leur vieil ami n’est pas sorti de chez lui pour leur dire bonjour comme il le fait chaque jour…

A partir de 6 ans:

Méchante, Nadja, EDL, 1998.nadjamechantUne belle réflexion sur la violence à partager avec les jeunes lecteurs. Paula voit sa poupée préférée cassée par un groupe de garçons. Une fée la répare pendant la nuit, mais la poupée devient méchante et conseille à Paula de vilaines bêtises…..

Moi et Rien, Kitty Crowther,EDL, 2000.Moi_et_rien

Un bel album qui a comme personnage à part entière l’absence de l’être disparu. C’est un fantôme amical, une présence bienveillante, le souvenir d’une maman disparue. Il s’appelle Rien et tient compagnie à la jeune Lila qui fait lentement son deuil.  Une belle émotion.

Lucie est partie, Sébastian Loth, Mijade, 2012.lucie est ârtie

Zelda et Lucie sont les meilleures amies du monde. Un jour, Lucie disparaît sans dire quand elles reviendra. Zelda est en colère. Puis, elle part à la recherche de son amie, la vieille tortue. Elle parcourt le monde et les étoiles mais ne la trouve nulle part….Puis elle comprend…. Un bel album poétique pour parler de la mort, des émotions ressenties aux plus jeunes.

 

A partir de 8/9 ans:

L’ogresse en pleurs, Valérie Dayre, Wolf Erlbruch, Milan, 1996.

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Une ogresse a faim. Très faim. Elle se met à la recherche d’un enfant à manger. Mais pas n’importe lequel, elle a ses petites exigences…. Un conte qui permet un réel dialogue sur la mort, l’identité d’une personne….

Le sourire du roi, Rascal, Neil Desmet EDL, 2006.CVT_Le-sourire-du-roi_5968

Un  vieux roi fait les mille pas sur le chemin de ronde, il ne dort pas. Il interroge la nuit, les étoiles. Sa fille n’est plus là à ses côtés. Il ne reste plus que les souvenirs, le roi se souvient de tout. Encore une belle histoire qui démontre que le sourire et la vie renaissent de la mort contre toute attente.

A partir de 11 ans:

H.B., Thierry Lenain, Sophie Dutertre, Sarbacane 2003.

HBCet ouvrage raconte l’horreur qu’ont connue les enfants et leur maitresse de Neuilly  en 1993, lorsqu’un homme s’introduit dans leur classe de maternelle, les prend en otages, et menace de tout faire sauter. Malheureusement d’actualité suite à l’Etat d’urgence, ce récit pose de multiples questions sur la violence de l’Homme.

A partir de 13 ans:

Cité Nique-le-ciel Guillaume Guéraud, Rouergue, 1998cite-nique-le-ciel

Rachid a 13 ans, il vit à la cité Arc-en-Ciel. Son frère meurt d’une overdose, la violence est partout. Mais  Rachid refuse la fatalité, la facilité de la délinquance et rêve de devenir pilote de ligne…..pas simple.  Les thèmes de la violence, la délinquance sont abordés dans cet ouvrage, avec les mots de Guillaume Guéraud, auteur fétiche de notre Elsa.

 

Mais je veux finir cet article sur une note optimiste, voici donc mon coup de cœur  pour un très bel album qui évoque l’amour entre une mère et son enfant.

Mon amour, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2015.

mon amour

C’est le moment de se coucher, Archibald demande à sa maman:

– Dis, maman, est-ce que tu m’aimeras toute la vie ?

Maman va révéler son secret…..son amour inconditionnel pour son  Archibald. Chaque moment partagé est une raison pour s’aimer. Adorable déclaration d’amour, j’ai a-do-ré!

Cette maman, ce serait Christine, la maman de Grégory.

 

 

 

*http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00782582/document