Au coin de ma rue

27 mar

A partir d’un témoignage qu’il a récolté auprès de l’intéressée, Laure, François David nous livre un récit juste, l’histoire d’une rencontre entre une jeune fille et un S.D.F. Luce (rebaptisée dans le roman), intriguée par le parcours et le quotidien de Charlie qui vit dans la rue, décide de l’approcher, de le côtoyer. Elle n’est pas sans supporter les remarques méfiantes, méprisantes et parfois intolérantes de son entourage, de ses camarades et même de ses professeurs. Collégienne, en 4ème, elle retrouve Charlie chaque fin de journée, alors qu’il fait la manche devant l’entrée du Point’Mag. Ensemble, ils discutent ou pas. Luce se contente d’être là, de l’écouter, d’être à ses côtés et parfois de comprendre sa peine, celle de ne plus voir ses enfants, de cerner sa honte, celle d’être devenu un marginal. Luce apprécie cette relation construite sur un respect mutuel, sans voyeurisme, sans intrusion. Et puis, un jour, Luce ne voit plus Charlie de la même façon…

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1ère de couv. « Charlie » François DAVID

Une histoire courte et percutante, sur un sujet d’actualité, que François David livre sans pathos et avec simplicité. Une histoire de vie, une rencontre improbable mais réelle, qui fait réfléchir.

Ce roman s’inscrit dans la collection « place du marché« , chez Le Muscadier. Dans cette collection, les titres traitent de nombreux sujets de société, d’enjeux économiques et politiques… Cette « place du marché » c’est une sorte de fenêtre ouverte sur le monde et c’est prendre connaissance, conscience, avoir un regard critique, et surtout s’intéresser à ce qui se passe au coin de sa rue, de « ma » rue. Bref, un apprentissage à l’humanité et la citoyenneté ! Ce qui me plaît en plus dans cette collection, c’est l’accessibilité de l’écriture, le format court des récits – idéal pour les lecteurs les moins aisés – et les couvertures simples et modernes, explicites. A ne pas négliger non plus, un petit prix attractif.

A proposer aux ados, dès 13 ans, curieux de tout ceux qui passent autour d’eux !!

« Charlie« , de François DAVID, Le Muscadier, Coll. « place du marché ». 52 p. 6,90 €

Pour en savoir plus sur cette collection, c’est par ici : http://www.muscadier.fr/collection/place-du-marche/

La petite casserole d’Anatole

18 mar

La petite casserole d’Anatole est un court-métrage d’Eric Monchaud multi-primé. En effet, s’il a été sélectionné dans de nombreux festivals français et internationaux et récemment nominé pour le meilleur court-métrage d’animation aux Césars, il a surtout remporté le Prix du public au festival international du film d’animation d’Annecy en 2014. Le film a été réalisé d’après l’album éponyme d’Isabelle Carrier publié chez Bilboquet en 2009; lui-même primé par les librairies Sorcières dans la catégorie « Album ». D’environ 5 mn, le court a été conçu en marionnettes animées, fabriquées sur la base de pièces de bois et de tissus.

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La petite casserole d’Anatole, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2009, 13,50 €

Anatole traîne toujours derrière lui sa petite casserole. Elle lui est tombée dessus un jour… On ne sait pas très bien pourquoi. Depuis, elle se coince partout et l’empêche d’avancer. Un jour il en a assez. Il décide de se cacher. Pour ne plus voir et ne plus être vu. Mais malheureusement, les choses ne sont pas si simples…

 

La petite casserole d’Anatole aborde ainsi avec délicatesse et subtilité le handicap et l’acceptation de la différence en allégorisant l’expression « traîner une casserole ». Le succès du court-métrage donne l’occasion de revenir sur le travail d’Isabelle Carrier dont la bibliographie est souvent tournée vers des sujets peu traités en littérature jeunesse:

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De l’autre côté, Laurence Fugier, Isabelle Carrier, Alice Jeunesse, 2013, 12,90 €

Conflit entre deux pays

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Papa loup, Isabelle Carrier, Mijade, 2012, 5,20 €

Relation parents/enfants et question de l’autorité

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La petite mauvaise humeur, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2011, 13,50 €

La relation aux autres

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Les giboulées de Mam’zelle Suzon, Léna Mariel, Isabelle Carrier, Alice Jeunesse, 2011, 11,50 €

La maladie d’Alzheimer

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Derrière le mur, Elsa Valentin, Isabelle Carrier, Alice Jeunesse, 2010, 11,50 €

Un parent en prison

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Chacun sa couleur, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2010, 14€

Le racisme

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Marie est partie, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2004, épuisé

Départ d’un être aimé

On peut dire qu’Isabelle Carrier puise dans sa vie de famille pour composer ses histoires, qu’elle co-signe ponctuellement avec Jérôme Ruillier qui partage sa vie. La petite casserole d’Anatole retrace ainsi une partie du parcours de leur fille aînée prénommée Anouk. Nous vous conseillons également vivement de vous plonger dans l’oeuvre de Jérôme qui touche avec justesse et simplicité au thème de la différence, qu’elle soit raciale, religieuse ou physique. Ce sont des albums comme une porte d’entrée à des sujets complexes qui suscitent souvent le débat chez les enfants voire même des questionnements philosophiques…auxquels on se sent parfois bien démuni pour apporter une réponse!

ça tombe bien, nous reviendrons bientôt sur la notion de débat philosophique avec les enfants!

Pratique d’actions motrices pour les enfants jusqu’à 7 ans

12 mar

Moi qui ai toujours véritablement DETESTE le sport à l’école, je m’épate presque de proposer l’ouvrage du jour… Mais ne soyez pas étonné(e)s! Allier motricité et littérature jeunesse n’est pas une idée si farfelue!

Que vous soyez enseignant à la maternelle, éducateur ou animateur, voici un support concret pour vous aider à enrichir et donner du sens à vos actions visant à développer la motricité chez les plus jeunes; elles sont réalisables en salle ou à l’extérieur.

pratiqued'actionsmotricesamphoraPratique d’actions motrices, pour les enfants jusqu’à 7 ans, Catherine Saublens, Amphora, 2014, 23,50 €

Ce qui nous a particulièrement plu, c’est que par l’introduction des histoires et des différents thèmes abordés, Catherine Saublens – éducatrice spécialisée et professeur d’éducation physique de formation – offre une motivation supplémentaire aux jeux et aux exercices pratiques des enfants et élargit ainsi leurs champs d’expérimentation. On trouve d’abord 3 chapitres représentant les trois grandes parties d’une séance de psychomotricité pédagogique et opérationnelle: mise en train, corps de leçon et retour au calme. A chaque chapitre, on trouve une répartition des jeux par tranche d’âge: petite, moyenne et grande section. On trouve ensuite une série d’exercices où les apprentissages scolaires sont combinés aux séances de psychomotricité. Pour finir, on découvre quelques astuces afin de créer le matériel qui manquerait…

Parmi les ateliers, parcours et autres circuits proposés, divers volets sont associables à des récits, qu’on songe aux supports papier, vidéo, audio et/ou multimédia: contes & légendes, comptines & chansons, fêtes & traditions, éveil historique etc.

Ainsi, dans les « Contes & légendes » évoqués, on peut exploiter des récits tels que Blanche-Neige, La Princesse et la grenouille, Le Roi Arthur, Le Monde de Narnia, Mulan ou encore Peter Pan et Le livre de la jungle dont on vous suggère quelques éditions:

perterpan&wendyPeter Pan & Wendy, James Matthew Barrie ; adaptation de Jean-Pierre Kerloc’h ; raconté par Eric Pintus, musique de Charles Mingus, Ilya Green (ill.), Didier jeunesse, 2011, 23,80 €

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Mowgli, d’après Le livre de la jungle et Le second livre de la jungle de Rudyard Kipling, traduction et adaptation de Maxime Rovere, Justine Brax (ill.), Milan Jeunesse, 2013, 18,90 €
A noter, l’éditeur italien White Star kids initie une nouvelle collection de pop-ups signés Agnese Baruzzi. Il s’agit d’adaptations de romans tirés du patrimoine littéraire enfantin. Agnese Baruzzi allie la technique du livre-théâtre, de sublimes découpes au laser et une illustration contemporaine. Les scènes 3D émergent des pages grâce à une conception ingénieuse et complexe, permettant aux jeunes lecteurs de plonger dans l’atmosphère magique du Pays imaginaire ou dans le cadre vivifiant de la jungle indienne. Autres titres disponibles: Dracula et Frankenstein.
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Peter Pan, Agnese Baruzzi, White Star kids, 2014, 24,90 €
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Le livre de la jungle, Agnese Baruzzi, White Star kids, 2014, 24,90 €
Pour le volet « Comptines & chansons », on peut mettre en avant une nouvelle collection chez Rue du monde, « Les petits chaussons », du nom de l’illustratrice ayant signés les 4 premiers titres, Julia Chausson. Ah! les crocodiles se mariera parfaitement à la séance « Rivière aux crocodiles » de Catherine Saublens par exemple.
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Ah! les crocodiles, Julia Chausson, coll. « Les petits chaussons », Rue du monde, 2014, 7,80 € 
La technique d’illustration utilisée ici – la gravure sur bois – caractérise cette collection consacrée aux comptines traditionnelles. A chaque volume, une comptine est revisitée s’achevant avec une chute originale, une note humoristique ou un pied de nez. L’image évolue au fil des pages, au gré d’un principe qui change pour chaque titre. Sont déjà parus: Pomme de reinette, Gentille alouette, Promenons-nous dans les bois.
Enfin, « Fêtes & traditions » sont largement évoquées avec des séances conçues autour d’évènements tels que la Saint Nicolas, Noël, Carnaval, la fête foraine etc où de nombreux livres peuvent être exploités.

Un TDC consacré à la Lije

6 mar
Le numéro 1089 de TDC. Textes et documents pour la classe, du 1er février 2015, a pour thème « La littérature jeunesse aujourd’hui ». Quoi, vous ne l’avez pas encore potassé ?
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1ère de couverture – TDC, n°1089, 1er février 2015

 

Il ne s’agira pas ici de réécrire tout ce qui est déjà bien expliqué, commenté, décortiqué (ou décrypté) dans ce numéro thématique. L’OL vous propose juste – à la suite d’une « petite » lecture transversale – de vous mettre en appétit.
En préambule, TDC se demande, à l’égal du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, si la littérature pour la jeunesse contemporaine ne serait pas Le 10ème art ? Nous aussi, figurez-vous ! Puis Isabelle Guillaume*, dans son article « Lectures pour tous », dresse un panorama assez représentatif de la lije de ce début du XXIème siècle. À savoir que la lije est en pleine expansion, chiffres à l’appui, et qu’elle engendre de véritables « phénomènes de société » : Harry Potter, Twilight, Hunger games… En parlant de ces titres là, rappelons qu’on utilise désormais le terme de cross-age ou « littérature passerelle » que I. Guillaume explicite, en faisant notamment référence à la création de nouvelles collections plus adaptées à ce lectorat justement, entre autres « DoAdo », « D’une seule voix », « Exprim' ». Bref, face à cet engouement certain du public pour la lije, les éditeurs ont revu en quelque sorte leur copie artistique et bien évidemment commerciale. Les adaptations cinématographiques – par exemple – comblent alors nos jeunes ados-adultes, leur permettant de passer d’un support à l’autre indifféremment. Ce que I. Guillaume précise aussi, c’est que ces succès ont « boosté » les littératures de l’imaginaire (voyant apparaître les fameuses dystopies – n.d.l.r.) et explique en quoi « cet essor contemporain de la fantasy semble révèler un phénomène ». L’auteur, ensuite, n’oublie pas de rappeler – dans ce contexte actuel – en quoi la lije est liée étroitement à la portée idéologique qu’elle véhicule. On rappelle bien entendu la loi du 16 juillet 1949, son article 2 plus particulièrement, mais on évoque aussi la Commission de surveillance et de contrôle et les titres censurés ces dernières années. Tout cela pour se poser une question bien cruciale : « peut-on tout écrire ? ». Car pour un retour en arrière nécessaire, il ne faut pas oublier que la lije était prévue au départ pour et seulement pour éduquer. I. Guillaume se demande alors si « les livres pour la jeunesse présentent-ils toujours des normes, des valeurs et un point de vue sur le monde à des lecteurs dont la personnalité et les convictions sont en construction ». Vaste programme quand, comme elle le souligne par la suite, les stéréotypes sexistes reviennent en force dans la lije actuelle. Étonnant non ? Est-ce pour cela qu’un autre point de vue de la lije s’érige, fait face en bousculant cette stéréotypie justement mais conduit également au débat, à la polémique, voire à la politique (cf. tout ce qui a été écrit, dit à propos de la bibliographie « Pour bousculer les stéréotypes fille-garçon : 92 albums pour la jeunesse » – n.d.l.r.). I. Guillaume concluera ce riche article en confirmant que « par-delà cette vision normative et édulcorée, les romans et les albums pour la jeunesse continuent à offrir à leurs lecteurs des histoires qui leur permettent de s’identifier, d’imaginer et de rêver ». Ouf !
Dans « Variations romanesques », Annick Lorant-Jolly**, nous explique que la variété d’écritures est représentative de cette littérature de jeunesse d’aujourd’hui. Les auteurs choisissent de raconter des histoires soit sous « la forme du pseudo-journal intime » pour mieux capter les lecteurs, favoriser l’identification, « accentuer cet effet de mimétisme » ; soit ils vont décider de multiplier les points de vue, les voix pour donner à voir l’Histoire, des histoires à la manière d’un reportage, donner « l’impression au lecteur de se trouver vraiment derrière la caméra ». D’autres auteurs s’intéresseront plutôt à démontrer « la complexité des êtres », en emmenant leurs lecteurs dans une construction de récit davantage intrigante, maintenant secrets et silences autour de certains de leurs personnages. D’autres seront plus sensibles à « l’art de l’évocation », invitant les lecteurs à vivre des aventures incitant souvent à la réflexion, voire la prise de position. Et puis, A. Lorant-Jolly n’oublie pas de nous rappeler que la littérature de l’imaginaire va toujours très bien (peu abîmée tout compte fait par les gros succès éditoriaux – n.d.l.r.), mettant en avant des auteurs emblématiques de ce genre, valorisant aussi l’écriture française.
Pour Gilles Béhotéguy***, l’objectif de son article est surtout de dénoncer que cette lije contemporaine fait aussi la part belle « Au retour du roman « pour filles » ». Après avoir rappelé la question du genre, les décennies de scolarisation de masse et de mixité, G. Béhotéguy s’étonne donc du retour et surtout de la multiplication des collections destinées exclusivement aux lectrices en littérature pour la jeunesse. Mais pas forcément que du rose bonbon et des froufrous dans ces romans comme il l’explique. Il  y a bien entendu une part importante de récits dignes du « faux journal intime ». Mais il y a aussi cette bit lit (« littérature mordante ») dont la saga Twilight est exemplaire, proposant aux jeunes filles cet intéressant « attrait de l’interdit » (l’amour n’étant jamais bien loin). G. Béhotéguy constate également que ces romans surfent avec une tendance aux « créatures ambiguës », voire une attirance pour l’androgynie. Enfin, ces romans « pour filles » ont aussi des héroïnes de plus en plus battantes, guerrières – à l’image de Katniss Everdeen – annonçant peut-être que « la polarisation des genres se renverse, et la prophétie d’Aragon – « L’avenir de l’homme est la femme » – se réalise dans l’avénement de ces nouvelles ».
Virginie Douglas****, nous transporte quant à elle « De l’autre côté de la Manche » nous présentant une littérature britannique, moins connue – c’est vrai – que le célèbre Harry Potter. Du coup, une rétrospective, à partir du XVIIIème siècle, nous permet de mieux connaître cette littérature pour la jeunesse anglo-saxonne qui « s’inscrit dans la même problématique que celle qui a présidé son émergence : d’abord un intérêt pour la spécificité de l’enfant, suscité par les philosophes pédagogues, mais aussi le développement d’un créneau éditorial rentable. » Vers 1970-1980, la lije en Grande-Bretagne se voit chamboulée par un intérêt grandissant des auteurs, davantage envers les grands adolescents, le public young adult et puis une préférence pour le réalisme social. La sortie de Junk de Melvin Burgess, en 1996, sera un des moments clés de cette évolution. Ce qui caractérise alors la littérature de jeunesse britannique, selon V. Douglas, est une « confusion des âges et des genres. » La parution de « À la croisée des mondes » (1995-2000) et de « Harry Potter » (1997-2007) – s’inspirant fortement de la high fantasy – amène cette littérature britannique pour la jeunesse vers une autre dimension (pourrait-on dire), faisant exploser actuellement les sorties en nombre des dystopies. V. Douglas signale à ce propos que « bien qu’on y retrouve souvent les ingrédients de la romance et de la fantasy (ou de la science-fiction), l’intérêt pour la dystopie révèle une prise de conscience sociale, politique ou environnementale par une génération de jeunes lecteurs inquiète pour son avenir ». Du coup, la littérature de jeunesse anglo-saxonne cherchant sans cesse à rebondir développerait alors une « tendance au réalisme magique ». Promettant sûrement de belles lectures en perspective et confirmant ce goût anglo-saxon pour le mélange affirmé des genres.
Quoi de plus naturel alors, en parlant de mixité, de se plonger dans l’article de Christian Chelebourg*****, intitulé « À l’heure du multimédia ». Bien conscients de l’évolution des pratiques des jeunes, notamment avec le numérique, et de la mondialisation de ces dernières, il semble inévitable à la littérature pour la jeunesse de se conjuguer avec la télévision, les jeux vidéo. Ainsi, « dans cet environnement multimédiatique, la littérature a perdu en superbe ce que ses productions ont pu gagner en notoriété, en impact sur des générations de consommateurs » nous explique l’auteur. Et pour éviter tout raccourci inutile, ou y envisager même une sorte de réticence, C. Chelebourg nous signale que cela n’enleverait en rien les aspects artistiques et esthétiques du livre, du récit, de l’histoire racontée. Il nous présente alors nombre de projets « littéraires » faisant la part belle aux technologies, évitant soigneusement de « mettre en compétition » des supports que les ados affectionnent et qui à long terme pourraient en desservir plutôt l’un que l’autre. Cela amène à réflexion, c’est évident, mais selon l’auteur pour « penser convenablement la place de la littérature jeunesse à l’heure du multimédia, il faut accepter de ne plus essentialiser le livre, de ne plus le fétichiser ». Il conclut en incitant à parler davantage des « fictions de jeunesse, sous toutes leurs formes ». L’avenir lui donnera-t-il raison ?
Enfin, Geneviève Brisac, à travers une interview avec Guy Belzane, boucle cette partie d’articles de fond et affirme « C’est la littérature que je traque ! »
Chacun des articles, documents… qui compose ce numéro thématique, font richement références à des titres, des auteurs, nous permettant d’aller nous rendre compte par nous-mêmes. Une invitation à approfondir notre connaissance de la littérature pour la jeunesse, à re-découvrir de nouveaux romans, à lire, lire, lire…
En « produits » annexes, nous avons à disposition une frise chronologique, les grandes tendances de la lije sous forme de glossaire, ainsi qu’une sitographie mais plutôt sommaire. Les bibliographies sont des bases utiles de connaissance, de travail, de recherche.
Il faut tout de même signaler à tout futur lecteur, étudiant, chercheur… que ce TDC est davantage tourné vers les romans, la lije ado, voire jeunes adultes (pour preuve son illustration de 1ère de couverture). Dans les articles, il y est très peu fait référence au plus jeune public, ainsi qu’aux albums. Nous retrouverons ces derniers plutôt dans la partie étude de documents parmi d’autres propositions pédagogiques dont voici la liste : Un album : Lilas d’Yvan Pommaux / Rêver la littérature : des histoires à inventer / Des livres d’artistes pour la jeunesse / Variations possibles sur le Petit Chaperon rouge / Polars historiques : du réalisme au surnaturel / Une tradition mondialisée : Halloween et Harry Potter / Raconter le monde aujourd’hui / Du côté des jeunes filles
Vous l’aurez compris, un numéro intéressant de TDC à feuilleter, exploiter, user… au gré de vos attentes, besoins et envies. Bonne lecture !
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Pour aller plus loin…

 

 * maître de conférence en littérature comparée à l’Université de Pau et des pays de l’Adour
** rédactrice en chef de La revue des livres pour enfants
*** maître de conférence en littérature française à l’Université Bordeaux – ESPÉ d’Aquitaine
**** maître de conférence en études anglophones à l’Université de Rouen
***** professeur de littérature de jeunesse à l’Université de Lorraine, directeur du laboratoire Littératures, imaginaire, sociétés
(merci à la DT pour la relecture)

En sortant de l’école

2 mar

Ahhh… la fameuse récitation de l’école, ce poème qu’on doit tant bien que mal apprendre par cœur pour le restituer debout devant toute la classe sous le regard de l’instit…ça rappelle des souvenirs, hein! Dans le top des poètes les plus récités en classe, il y a très certainement notre cher Jacques Prévert! Son oeuvre a été remise à l’honneur à l’occasion d’un projet coproduit par Tant Mieux Prod, Bayard Jeunesse Animation et France Télévisions.

En sortant de l’école est une collection de 13 courts métrages d’animation de 3 minutes environ, qui se propose d’associer poétiquement, dans la liberté artistique la plus exigeante, 13 poèmes de Prévert à l’univers graphique de jeunes réalisateurs tout juste sortis des écoles d’animation françaises.

en sortant de l'école

Le programme a été diffusé en mars 2014 dans l’émission jeunesse Ludo sur France 3 à l’occasion du Printemps des poètes. Cette collection rend hommage à l’esprit libertaire et explorateur de Prévert en faisant confiance à 15 jeunes réalisateurs, 15 talents. Ils ont choisi chacun un poème de Prévert et l’illustre, l’interpréte. Avec leurs envies, leurs images, leurs messages, leur rythme, leur technique et leur trait.

La diversité des techniques est une des clés de voûte de cette collection : stop motion, anime traditionnelle, banc-titre, papier découpé, 2D numérique, 3D… Prévert, qui savait comme il est parfois difficile de débuter dans la vie, a passé beaucoup de temps à donner des coups de main à ses jeunes amis talentueux. En sortant de l’école s’inspire de sa personnalité unique. L’idée est simple : leur donner carte blanche pour se faire une carte de visite !

Ce projet, tout à fait original et atypique, a tout d’abord commencé dans les écoles d’animation française. Grâce au RECA, le Réseau des écoles françaises d’animation, le projet a été présenté dans 19 écoles. Il s’agissait, pour ceux que l’aventure tentait, de choisir un poème de Prévert dans une liste de 50 et de rédiger une note d’intention de réalisation. Il leur fallait également joindre un dossier graphique et des notes d’intention sonore et musicale.

Voici les 13 courts-métrages réalisés:

Marie Larrivé et Camille Authouart (ENSAD) – Les oiseaux du souci

Lila Peuscet (EMCA) – En sortant de l’école

Burcu Sankur et Geoffrey Godet (Supinfocom Valenciennes) – Tant de forêts

Armelle Renac (Supinfocom Valenciennes) - Les belles familles

Caroline Lefevre (EMCA) – Âne dormant

Marion Auvin (EMCA) - Je suis comme je suis

Marion Lacourt (ENSAD) – Page d’écriture

Chenghua Yang (EMCA) - Le cancre

Clément de Ruyter (GOBELINS) - Le gardien du phare aime trop les oiseaux

Morgane Le Péchon (La Poudrière) – Le dromadaire mécontent

Anne Huynh (Institut Ste Geneviève) – L’école des beaux arts

Marine Blin (La Poudrière) – Quartier libre

Mélia Gilson (LISAA) – Presque

Nous vous conseillons fortement de visionner les bonus du DVD où figure un superbe documentaire sur le making-of du projet…

Pour aller plus loin:

POEMES-ET-CHANSONS-DE-JACQUES-PREVERT_ouvrage_popin

Poèmes et chansons de Jacques Prévert, Benoît Marchon, Serge Bloch (ill.), Bayard jeunesse, 2008, 17,90 €

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Quelques autres titres autour de l’univers de Jacques Prévert

dont le recueil Paroles dont sont tirés les poèmes adaptés en courts-métrages

Une saison 2…

Après le succès de la collection de courts-métrages hommage à Jacques Prévert, France Télévisions et la société de production Tant Mieux Prod signent une nouvelle saison de  « En sortant de l’école » cette fois dédiée à Robert Desnos.

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Avec pour ambition de réunir une nouvelle sélection de jeunes réalisateurs de l’animation française, « En sortant de l’école » est aussi en passe de devenir la série d’animation dédiée à la poésie. Pour cette seconde saison, treize textes de Robert Desnos, poète épris de liberté et résistant, vont prendre vie au gré de courts-métrages d’animation. « Couplet de la rue de Bagnolet », « Le Zèbre » ou « Le salsifis du Bengale » proposent autant d’approches inventives, sélectionnées avec soin parmi une centaine de projets.

« En sortant de l’école » offre à ces jeunes étudiants leur première expérience de réalisation en conditions réelles : de la résidence d’écriture à l’abbaye de Fontevraud cet été, en passant par toutes les étapes de production dans de prestigieux studios d’animations jusqu’à la diffusion sur une grande chaîne nationale.

La saison 1, récompensée via Tant de forêts, Cristal pour une production TV au Festival international du film d’animation d’Annecy 2014, réalisé par Burcu Sankur et Geoffrey Godet, diffusée en mars dernier, a déjà réuni plus de 2,5 millions de téléspectateurs dont près de 800 000 enfants âgés de 4 à 10 ans. Elle est également sortie en salle début octobre et disponible en DVD. La saison 2 sur Robert Desnos sera diffusée au printemps 2015 dans Ludo sur France 3, à l’occasion du prochain Printemps des poètes, qui se déroulera du 7 au 22 mars.

Nobi Nobi ! Wouah !

25 fév

Quand nous visitons les salons du livre, notamment jeunesse, je suis certaine que nous avons tous et toutes des objectifs et des stratégies de « déambulation ». Nous pouvons nous hâter vers les stands des éditeurs reconnus, inscrits, gravés dans le large paysage de la littérature pour la jeunesse ; ou filer vers nos éditeurs préférés ; ou bien encore sélectionner les stands-signatures (programme détaillé en mains) pour parfois tenter d’apercevoir juste le haut du crâne de Thimothée de Fombelle (je sais que je ne suis pas grande, et que ça sent le vécu). En faisant cela, nous sommes alors bien conscients de laisser de côté nombre des merveilles littéraires qui nous tendaient bien généreusement les bras. Parfois nous nous rendons aussi dans les salons du livre sans raison précise, juste pour voir… Je ne sais pas vous, mais moi souvent dans le dernier de ces cas, je fais parfois de chouettes et sympathiques découvertes. Ainsi, lors du salon du livre jeunesse de Rouen fin 2014, mon regard furetant, divaguant,… a été soudain stoppé, sur le stand de nobi-nobi, par ça :

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bandeau du « Voyage de Pippo » de Satoe TONE

Le fameux bandeau des prix littéraires, des nominés, des récompensés… c’est quand même un petit plus, la preuve en est ici ! Est-ce que sans cela, je serai passée à côté du « Voyage de Pippo » de Satoe TONE ? Nul ne sait. Mais à bien y réfléchir, pas si sûr, tant la couverture de cet album appelle à se poser, à s’évader, à rêver. Le personnage de Pippo, petite grenouille adorable, nous invite à la lecture parce qu’il semble perdu sur ce décor de 1ère de couverture, s’accrochant presque à sa besace. Tournant les premières pages, Pippo nous emmène très vite en ballade, accompagné d’une petite brebis, prête à l’aider à retrouver ses rêves. Arrêter de rêver, cela nous semble juste impossible…

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Pippo et la petite brebis rencontre le poisson qui imagine qu’il a des jambes…

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Pippo et la petite brebis avec l’oisillon qui désire avoir des amis…

Ainsi, dans les airs, au milieu des coquelicots, sous l’eau, plongé dans les blés dorés, au bord d’une rivière gelée… ce duo nous fait traverser les saisons, des paysages pastellisés, poétiques, teintés d’une grande douceur et de tendresse. Les couleurs de chaque double page sont de toute beauté, les dessins « aux contours diffus » (pour reprendre un commentaire de l’album) nous entraînent à une forme d’émerveillement. La nature y est partout paisible, intacte, laissant une place d’honneur à nos personnages. Et puis, ce récit initiatique aboutit sur une belle histoire d’amitié. Non seulement, Pippo se reprend à rêver mais il n’est plus seul. Du coup, on aime cette positivité !

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Et puis, sur le stand de nobi-nobi, le même jour (un de ceux qui nous font aimer VRAIMENT la littérature de jeunesse), une autre couverture m’appelle. Celle de l’album de Kenya HIRATA et Kunio KATO, « La maison en petits cubes » (pris sorcières 2013, meilleur album). Et nom d’une pipe, qu’il m’envahit pleinement aussi ce récit. La pipe ne fait pas juste allusion à celle que le héros, « le vieux monsieur », a constamment de collée au coin du bec et qui lui donne un faux air de popeye, avec la mine davantage grave et triste même. D’ailleurs, « Nom d’une pipe » serait plus à entrendre ici comme un « Tonnerre de Brest » du capitaine Haddock. Une exclamation, une adoration ! Je vous raconte. L’intrigue se passe dans une ville inondée, où l’eau ne cesse de monter, obligeant les habitants à réhausser sans cesse leurs maisons.

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La maison du vieux monsieur

Du coup, ils construisent de nouveaux cubes sur d’anciens cubes, eux-mêmes installés sur les fondations des maisons. Notre héros vit seul dans sa maison, il est veuf et ses enfants sont partis vivre bien loin. Et puis un jour, alors qu’il doit de nouveau bâtir, ses outils tombent et coulent tout au fond de l’eau. Souhaitant plus que tout les récupérer, il va enfiler sa combinaison de plongée et descendre dans les anciennes pièces de sa maison.

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Tout au long de cette descente, de nombreux souvenirs remontent à la surface, narrant l’histoire du « vieux monsieur », les événements vécus, sa vie. Il y a aussi beaucoup de tendresse dans ce bel album, abordant avec pudeur et justesse les thèmes du deuil, de la vieillesse, de la solitude et de l’acceptation. Le fil inéluctable et déroulant de la vie, celle qui se construit comme des petits cubes qui se superposent, nous est montré avec une certaine lucidité. Même si parfois, nous sommes amenés à nous retourner, regarder le chemin accompli. Une nostalgie bienfaitrice !

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(Victime des caprices de mon scanner, je préfère vous prévenir que les couleurs de « la maison en petits cubes » ont été modifiées. Elles sont moins contrastées et plus douces dans l’album original. Je m’en excuse.)

Pour terminer mon petit « tour » découverte de nobi-nobi (je vais vous en laisser quand même…), parlons de Panettone, ce panda appellé Pan’Pan tout droit sorti de l’imagination de Sato HOROKURA. Il a pour ami Praline, une petite fille généreuse, qui lui prépare de bons petits plats. Dans la vie, Pan’Pan est gardien d’une résidence et c’est dans ce cadre, que ces deux héros vont faire des rencontres attachantes, Rose et son frère Romarin, Rika… qu’ils vont apprendre à connaître et à apprécier. Un manga dans lequel des petites histoires, comme autant de tranches de vie, se succèdent inspirant l’amitié, la tendresse, la joie de vivre. « Une vie en douceur » comme le précise le titre. Personnellement, j’y ai vu un peu de Chi… A la fin du volume 1, l’auteure nous explique quelques traditions, fêtes… japonaises qu’elle utilise dans le récit. Il y a aussi un jeu, comment elle a imaginé ses personnages, quelques croquis préparatoires. De quoi entrer directement dans l’univers de Pan’Pan panda.

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Pan’Pan et Praline

De ces avis, n’y voyait pas trop de mièvrerie, bien au contraire… nobi-nobi nous donne à lire et à voir de la tendresse à l’état pur. Par les temps qui courent, ça ne se refuse pas !

Les albums présentés ici, sont bien-sûr à mettre entre toutes les mains.

Pan’Pan panda plaira davantage, selon moi, à de jeunes lecteurs-lectrices entre 8 et 12 ans.

« Le voyage de Pippo », Satoe TONE, nobi-nobi, 14,90 €

« La maison en petits cubes », Keny HIRATA & Kunio KATO, nobi-nobi, 14,95 €

« Pan’Pan panda » : une vie en douceur, Sato HOROKURA, nobi-nobi, 9,45 €

NAP, TAP, PEDT et autres borborygmes…

22 fév

Partager le plaisir de la lecture, tel est le but de ce blog ; c’est aussi le principe des animations en bibliothèque. Offrir une approche différente du livre, faire venir d’autres publics sont les idées directrices du programme d’animations des bibliothèques. Souvent, on y retrouve pourtant les lecteurs les plus assidus, parfois peu nombreux. Les animations sont censées cibler les différentes tranches d’âge afin de toucher tous les publics. Pour exemple, dans la bibliothèque où je travaille, nous mettons en place :

  • des lectures mensuelles pour tout-petits (de 0 à 3 ans) en présence des parents ou des assistantes maternelles, histoire de sensibiliser dès le plus jeune âge à l’objet-livre
  • des heures du conte, souvent thématiques (de 3 à 10 ans environ) à chaque période de vacances scolaires. C’est l’animation la plus fréquente en bibliothèque, évidente, incontournable.
  • Des activités manuelles (à partir de 6 ans) plus irrégulières, moins rattachées à la littérature, mais favorisant l’expression, l’imaginaire, et qui offrent une autre relation avec les enfants

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  • des cercles de lecture mensuels entre adultes, pour faire part de nos coups de cœur, de livres moins appréciés… On confronte aussi nos pratiques de lecture, on fait parfois des digressions, mais l’essentiel est de se retrouver entre lecteurs(trices) pour échanger, où l’on s’aperçoit que chaque acte de lecture est unique.

A ce programme régulier, se greffent des animations plus ponctuelles : apéro-concerts, spectacles-lectures, expositions, prix littéraire manga pour les jeunes (toutes les infos sur SaYonne’Ara ici)…

Nouveauté de l’année scolaire, la médiathèque est impliquée dans la réforme des rythmes scolaires. Vous avez forcément entendu parler du retour à la semaine d’école de quatre jours et demi. Les 3 heures du mercredi matin (ou du samedi) permettent en principe d’alléger la journée des écoliers, et de proposer sur le temps des TAP (temps d’activité périscolaire) – devenu NAP (nouvelles activités périscolaires) – des activités qui offrent une ouverture culturelle, artistique, éducative… Doit être mis en avant le côté ludique, qui, sans exclure les apprentissages, permet de les aborder de manière active, récréative. Les communes sont donc chargées de développer un projet éducatif de territoire et de mettre en pratique ce temps d’activités.

Polyvalence des petites communes oblige, en plus des missions comme le lien aux associations, communication à travers le bulletin municipal et le site web de la commune, j’ai été chargée de la gestion des NAP (planning, répartition par groupes des enfants, lien avec les intervenants…), dont la mise en place n’a pas été de tout repos. Les personnels de l’école ont été sollicités, ainsi que des volontaires bénévoles. Les groupes d’une douzaine d’enfants sont encadrés par deux intervenants, répartis par tranches d’âge et non selon le choix de l’activité, sur une période scolaire (soit 7 séances en moyenne). Les NAP ont lieu les mardis et vendredis de 15h30 à 16h30 et les activités se déroulent sur une période scolaire. A titre d’exemple, jeux de société, activités manuelles, jeux collectifs et sportifs, informatique, photographie, jardinage et cuisine… sont au programme.

Dans le cadre des activités de la bibliothèque, nous avons mis en place un projet avec une auteure qui s’était proposée spontanément pour une rencontre avec les enfants.

Emmanuelle Grundmann est primatologue, journaliste scientifique, auteure d’essais et de livres pour la jeunesse. Elle a écrit sur la nature, les animaux, l’environnement, la biodiversité… Son dernier livre, Sirocco : mission kakapo publié dans la collection Fiction nature chez Hélium est son premier roman. Elle se met à la place de ce perroquet étrange qui était en voie de disparition et nous fait découvrir ce point de vue particulier de l’animal sur l’humain, sur la jungle, sur ses congénères. Une belle découverte pour les lecteurs du cycle 3 et tous les curieux.

sirocco

Sur les premières séances de NAP, les enfants ont pu découvrir l’œuvre de l’auteure, en se focalisant sur certains de ses titres. De ces séances, des questions ont émergé : est-ce que c’est facile de grandir dans un œuf ? ou encore pourquoi ce singe a les fesses rouges ? Pour satisfaire les attentes autour de la fiction du groupe, nous avons aussi lu des albums documentaires (par exemple la collection Archimède de L’école des loisirs). Nous avons tenté de rendre les enfants actifs par des petits jeux, des échanges. Nous avons aussi interrogé la notion d’auteur pour enrichir la rencontre qui allait suivre et les enfants ont fait part de leur questionnement : C’est son métier ? Elle  »fabrique » les livres ? Elle est vieille ? Elle a écrit tout ça ? Tous les livres de la bibliothèque ? Comment connaît-elle ce qu’elle écrit sur la nuit des animaux ou sur les singes ?

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la rencontre en images

Bilan plutôt positif donc, puisque malgré le peu de marge financière, l’absence de structure liée à l’enfance et au périscolaire (centre de loisirs…) sur la commune, des projets se mettent en place à leur mesure. A chaque commune sa réforme des rythmes (et sa prise de tête…). Et chez vous ?