La fille qui avait bu la lune

la fille qui avait bu la lune-kelly-barnhill

Le weekend dernier, je cherchais un livre pour mon fils et ce livre m’a tapé dans l’œil. Ça parle de sorcières, de magie, de lune, d’êtres maléfiques, et de monstres.

Chaque année un bébé est abandonné par le village en sacrifice à la sorcière des bois et chaque année la sorcière des bois le sauve sans comprendre ce qui se passe et le confie à une famille aimante. Cette année, les choses ne se passent comme d’habitude et viennent bouleverser l’équilibre de ce monde.

Résultat : j’ai dévoré ce livre en un weekend. Et pourtant, ma pile de livres à lire est déjà bien haute. Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’y ai trouvé plein de poésie et de l’humour.  Ça parle aussi d’amour, sous ses différentes formes.

J’ai vraiment été conquise par ce livre et je le recommande ! Mon seul regret est qu’il soit déjà fini.

Sûr que cet ouvrage sera relu l’été prochain !

 

 

Publicités

Médias et littérature jeunesse : quelles critiques pour quels publics ?

2017-11-23_142439

Samedi dernier avait lieu, au sein de la Bibliothèque centrale de Tours, l’inauguration du Centre Patrice Wolf, un nouveau centre de ressources en littérature pour la jeunesse alimenté en partie par les ouvrages donnés par l’ancien co-animateur de « L’as-tu lu mon p’tit loup ».

2017-11-23_161255.jpg

 

À cette occasion une table ronde était organisée, consacrée aux relations entre les médias et la littérature jeunesse. Animée par Anne Clerc, Déléguée Générale des Amis de la BNF, elle réunissait  trois journalistes spécialisées sur le sujet ; Françoise Dargent, du Figaro, Jeanne Beutter, journaliste indépendante et Lucie Cauwe, qui anime maintenant le blog Lucie&co, et est aussi administratrice du groupe intitulé « Autour de la littérature de jeunesse » sur Facebook.

2017-11-23_142645

Appartenant au collectif de passionnées qui œuvrent sur ce blog Louvrelivres, c’est un sujet qui ne pouvait que m’intéresser.

Mon projet initial était bien évidemment de vous faire un compte-rendu le plus exhaustif possible des différentes discussions survenues tout au long de cette table ronde.

 2017-11-23_143633Je ferai cependant une entorse à cette initiative. En effet, Cécile Boulaire, Maître de conférences à l’Université François-Rabelais de Tours, et spécialisée en littérature pour la jeunesse, était présente ce jour là et son article dans Album ‘50’  a parfaitement retransmis leurs échanges ainsi que les débats qui s’en sont suivis.

Étant moi-même « la bibliothécaire qui a apporté son témoignage et qui, une dizaine de minutes plus tard, a dit « c’est vrai que je n’avais pas du tout vu les choses sous cet angle », apportant la preuve concrète que cette après-midi de débat avait fait avancer la réflexion », je souhaitais apporter un complément d’information concernant ma réflexion.

Celle-ci faisait réponse à la journaliste Jeanne Beutter qui émettait des réserves quant à la « concurrence » faite -selon elle- par les rédactrices et rédacteurs de ces différents blogs vis-à-vis des journalistes de métier, dont elle-même. Il est exact, en effet, que je n’avais pas envisagé que cela pouvait être perçu comme une activité concurrentielle.

Cependant, comme je l’ai fait remarquer, il me semble que les ambitions du collectif ne portent pas sur le même champ d’action. Il est vrai que nous ne sommes pas journalistes. Ce n’est pas pour autant que notre regard est moindre, voire « bisounours », ou naïf comme pourraient le laisser supposer les propos de Lucie Cauwe -retransmis par Cécile Boulaire- vis-à-vis des différents blogs. Bloggeuses, « (…) une expression d’emblée perçue comme péjorative (…) » ici ; « (…) nébuleuse de jeunes femmes, lectrices de littérature pour la jeunesse (et, peut-être, seulement de littérature pour la jeunesse…), passionnées par les livres qu’elles lisent, parfois mères de jeunes enfants, qui semblent considérer que ces trois conditions suffisent à rendre légitimes leurs avis sur les livres pour enfants, exprimés sur leurs blogs personnels  (…) ici

 La présentation que Cécile Boulaire fait des bloggeuses et bloggueurs dans son article est d’ailleurs, à mon sens, un très bon reflet de notre collectif, composé en effet de  « professionnel(le)s qui, au cours de leur parcours, ont ressenti le besoin de se former et qui, à l’issue de leur formation, ont très logiquement souhaité faire partager au-delà de leur petit cercle de connaissance les propos critiques qu’ils et elles se sentaient désormais en mesure d’argumenter. » Bibliothécaires, libraires, professeures-documentalistes ou professeures des écoles, nous sommes toutes en poste et, de par nos professions, toutes médiatrices du livre, donc habituées à examiner en détail les ouvrages et  les « critiquer » afin d’effectuer des choix. Mais force est de reconnaître que la place de la contribution médiatique de professionnels/elles du livre  interpelle, et questionne.

Comment situer,  par exemple, les libraires rédactrices et rédacteurs de la revue des libraires Page ?

page 2017-11-21_162513

Quid des libraires pour la jeunesse rédactrices et rédacteurs dans  la revue Citrouille et son blog  associé, Librairies sorcières ?

2017-11-23_165210.jpg

 

Et, enfin, que penser des relations entre  « tous les professionnels du livre et de la lecture pour la jeunesse » apportant leurs contributions dans La Revue des Livres pour enfants ?

C’est une réflexion dont nous pourrions débattre plus longuement ensemble mes collègues et moi-même. Je pense plus particulièrement à Gaëlle, qui est parfois intervenue dans plusieurs de ces revues.

À suivre, donc.

 

« L’as-tu lu mon p’tit loup » fête ses 30 ans

RF_OMM_0000006213_ITE

     C’est à l’occasion de la 6ème édition de « Radio France fête le livre », les 24, 25 et 26 novembre prochains que « L’as-tu lu mon p’tit loup », l’émission de radio consacrée à la littérature pour la jeunesse, célèbrera ses 30 ans.

Une fois n’est pas coutume, nous avons rendez-vous samedi prochain, de 17h à 18h.

 Pour cette émission spéciale, en direct et en public, Denis Cheissoux et son équipe recevront son complice des premières heures, Patrice Wolf, ainsi que plusieurs auteurs dont Timothée de Fombelle, Malika Doray ou encore Daniel Pennac.

Ouvrez grand vos oreilles !

Pour l’écouter, c’est ici 😉

Du Lejonc et de l’Orient.

Parfois, les dates de parution nous offrent de beaux enchaînements.

Depuis quelques semaines je me sens en Orient à la librairie et ça ne fait pas de mal de se promener un peu.

Le jardin du dedans-dehors de Régis Lejonc, évoque l’Iran et se combine joliment avec plein d’autres ouvrages  évoquant l’Orient. Cet album est écrit par une italienne qui a vécu en Iran dans les années 1980, Chiara Mezzalama. Il est édité par les Éditions des Éléphants. Voici la couverture :

 

Dedans, c’est la maison douillette, les rires de la fratrie, la chaleur de la famille réunie dans cet oasis de verdure et de fontaines, d’arbres majestueux. Mais ce dedans est aussi un dehors, les enfants sont toujours à l’extérieur pour jouer dans cet univers fabuleux de folle végétation et d’oiseaux colorés. Le vrai dehors, c’est la révolution, les cris, les armes, les larmes, la peur. Ils n’y vont jamais.

Un jour, un enfant du dehors pénètre dans le dedans et vient bousculer les habitudes de la fratrie. Pas farouche, la petite fille fait connaissance en lui offrant son tee-shirt en guise d’amitié. Plus tard, à son tour, il lui fera un cadeau qu’elle gardera pour toujours au fond d’une poche.

Moi ça m’a donné envie de revoir le film de Jean Renoir, Le fleuve. Certes, c’est en Inde, mais il y a aussi dedans des enfants qui jouent dans un jardin fabuleux, et pendant la lecture de cet album je n’ai cessé de penser à ce film.

Galerie Photo - Le Fleuve de Jean Renoir - DVDClassik

Le jardin du dedans-dehors, est un livre rare sur une situation politique rarement abordée pour les enfants, le petit frère de Persépolis dont la magnifique réédition en intégrale vient de pointer le bout de son nez (et hop un enchaînement, ni vu ni connu !)

Je rappelle au passage que Persépolis est à mettre entre toutes les mains et qu’il n’est pas interdit de regarder le film en plus. L’Association propose ici une intégrale reliée qui approche de la beauté de l’édition américaine, mais qui selon moi manque de dorures et d’arabesques… Mon côté bling bling, peut-être ?

En parlant d’arabesques : la reine des poils qui se tortillent, des tapis qui ondulent et des papiers-peints qui ondoient : Zeina Abirached illustre chez Marabout le livre Manger libanais, de Kamal Mouzawak (et re-hop encore un lien tiré par les cheveux…). On peut aussi en profiter pour lire cet article sur la cuisine en BD…

J’ai été servie en plumes, roues qui tournent, décors qui jaillissent et tout le tralala dans le sublime pop-up La légende du Roi serpent Zahhar. Un incroyable ouvrage ouvragé par Hamid Rahmanian et Simon Arizpe d’après le Livre des Rois écrit par Ferdowsi (je recopie la couverture, là). Je vais faire comme si j’étais au courant que ce livre a été écrit en Perse au XIe siècle.

 

Ce livre tout bonnement stupéfiant est publié par Les Rêveurs. Et encore attendez de voir l’intérieur, et là encore mes piètres photos font pâle figure face à la magnificence de la chose…

Quelques images de l’intérieur qui se déploie sous mes mains ébahies.

Un livre pour des mains minutieuses mais qu’on peut montrer aux plus jeunes pour les émerveiller.

La parution de La légende du Roi serpent Zahhak, n’est pas sans rappeler qu’un nouveau Lamia Ziadé Ma très grande mélancolie arabe, n’est pas de refus non plus…

Et oui, je triche ! Je cache des livres pour adultes dans cet article… Mais veuillez me pardonner car j’avais tant aimé son précédent livre Ô nuit, ô mes yeux !, que je ne peux m’empêcher d’en parler à tout le monde. Des romans graphiques qui se lisent comme des soap opéras ! Pour tout savoir des potins de stars, de la société et de la politique au Proche-Orient. Magnifiquement illustré et envoûtant. (Bien qu’honnêtement, le sujet au départ ne me passionnait pas des masses).

A point nommé, le voilà, c’est le coffret des 3 volumes  L’Arabe du futur ! Tout le monde connaît, presque tout le monde l’aime, il nous fait marrer même quand il joue au foot avec un chien en guise de ballon ou qu’il va à l’école avec un sac plastique à la place d’un cartable. A la librairie une fois on m’a demandé si j’avais les BD écrites par « le gentil arabe »!!! Shocking.

Sinon, bonne chance pour trouver quelqu’un qui n’a aucun des 3 à qui vous pourrez l’offrir… Sinon abattez-vous sur le tome 3 des Cahiers d’Esther qui est savoureux ! L’entrée au collège lui a donné un bel élan.

Et puis, tiens, j’y pense… Il y a quelques mois nous avions voyagé en Irak avec Lewis Trondheim et son épouse Brigitte Findakly, le temps d’un Coquelicots d’Irak.

Brigitte y raconte son enfance paisible dans un Irak bien différent de celui de 2017 puis son arrivée en France. Une beau récit pour ados et adultes.

De quoi faire une belle balade orientale en BD en cette mi-automne, n’est-ce pas ?

Pour finir la boucle, je termine sur Régis Lejonc qui a deux albums qui paraissent coup sur coup. Décidément c’est ma fête !

L’album Tu seras ma princesse, écrit par Marcus Malte et illustré par Régis Lejonc est publié chez Sarbacane. Un de ces albums dont on se dit : Mais quel merveilleux cadeau de naissance pour une fille !.  Alors oui, c’est pas de son âge mais qu’importe, elle l’aura pour plus tard. Ce livre c’est de la poésie pour les yeux et les oreilles, jugez-en par vous même avec ces quelques images :

 

Et franchement mes photos ne rendent pas du tout hommage à la beauté de l’ouvrage… En conclusion ce livre est une magnifique déclaration d’amour d’un papa à sa fille, à vous fiche la larme à l’oeil.

Chacune des pages d’illustration pourrait donner lieu à une affiche ! Tiens, d’ailleurs, connaissez-vous celle éditée par La Maison est en carton sur le thème d’Alice au pays des merveilles ? Je vous suggère un petit clic sur le lien…

Bonnes lectures !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques coups de cœur pour des albums de contes

Après une commande d’albums de contes, j’ai envie de partager avec vous quelques coups de cœur, plus ou moins récents, de manière très subjective.

Bambi de Kochka, ill. Sophie Lebot. Père Castor Flammarion, 2016,

Un bel album, une ode à la nature, tout en nuances pastels et en sensibilité, loin de la version Disney. Un texte simple, accessible aux plus jeunes. Et une adaptation de Félix Salten, écrivain autrichien, roman interdit par le IIIe Reich car considéré comme une allégorie du traitement infligé aux juifs.

bambi

La princesse grenouille, un conte russe, Gennadij Spirin, Casterman, 2000

Un conte classique avec tous les ingrédients initiatiques : épreuves, obstacles, adjuvants… A la fois représentatif du folklore russe, ce conte nous en rappellera d’autres plus connus chez nous. Des illustrations très fournies et étoffées, agrémentées d’enluminures du texte qui donnent un résultat enchanteur.

grenouille

Poucette, Charlotte Gastaut, Père Castor Flammarion, 2017

Nous avons déjà parlé plusieurs fois de Charlotte Gastaut sur le blog. Ici, une myriade de couleurs vives, pour illustrer ce conte axé sur la nature, les saisons… Les petites touches fluo amènent encore plus de pep’s à l’histoire, apportant une double illustration.

Poucette.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Peau d’âne, Hélène Druvert, Gautier-Languereau, 2015

Je termine par un album que je trouve vraiment sublime. Le conte est simplifié, rendant l’album accessible aux plus jeunes, et amoindrissant l’aspect incestueux du conte. Les illustrations avec les découpes et les reflets en font tout simplement un objet magnifique. Une vraie découverte pour moi, plus d’info sur le site de cette designer textile. 

peau

 

Je ne suis pas un auteur jeunesse. Vincent Cuvellier.

Quelle joie de retrouver Vincent Cuvellier « à confesse » ! Car si j’aime l’écrivain de fiction qu’il est, j’adore encore plus qu’il se livre sans façon. Déjà, dans La fois où je suis devenu écrivain, j’avais pris un plaisir dingue à lire ses confessions d’élève médiocre au talent fou.

Dans Je ne suis pas un auteur jeunesse, lui  au « charisme d’une palourde », lui qui se revendique le spécialiste du « petit livre rigolo » ne veut pas entendre parler d’auteur jeunesse. Et faut pas le chercher avec ça :

J’imagine un musicien qui ferait des disques pour enfants et qui dirait « je suis compositeur jeunesse ».

N’a t’il pas franchement raison ?

Dans ce nouvel ouvrage, l’auteur nous raconte son métier, sa passion, ses galères, ses joies, ses colères. Comme d’habitude, toujours sur un ton juste, dans le langage oralisé qui le caractérise avec cette manie jubilatoire du bon mot au bon endroit. Le mot qu’il faut : grossier si nécessaire, soutenu si la situation l’exige. J’ai trouvé très intéressant en tant que libraire et participant à l’organisation d’un salon de BD, de lire son avis sur les rencontres avec les scolaires ou l’organisation des salons du livre… J’ai été choquée qu’il ait été invité dans des classes où les maîtresses n’avaient même pas pris la peine de faire découvrir un de ses livres aux élèves. M’est avis qu’il a bien fait de se casser même si ça lui a valu une certaine réputation d’emmerdeur. Tant pis. Y a des limites.

J’ai beaucoup aimé que l’auteur convoque ses figures paternelles et de référence et qu’il les fasse intervenir tout au long de ses confessions. C’est le général De Gaulle qui intervient le 1e, et le général faut pas le titiller. Il se plait à bousculer Vincent Cuvellier « Tu arrêtes de faire ouin-ouin, et tu essaies une dernière fois de devenir écrivain ».

Puis on croise aussi Lino Ventura en train de « slurper » des pâtes. Il se laisse pas emmerder Lino, parce que c’est bien de pas se laisser marcher sur les pieds. Puis, Claude François l’inattendu qui débaroule. Tous ces personnages tissent avec l’auteur de savoureux dialogues, viennent tantôt lui botter le cul tantôt l’apaiser.

Quel soulagement d’écrire un article sans trop surveiller son langage !

Merci Vincent Cuvellier d’avoir depuis tant d’années libéré la parole et les mots de leur carcan. Merci d’avoir remisé la double négation au placard. Merci de cette franchise nécessaire à propos de votre métier parfois ingrat. Merci de dire aux élèves médiocres qu’ils ne seront pas rien dans la vie pour autant.

Lisez Vincent Cuvellier ! Il y en a pour tous les âges. Gavez-vos gosses d’Émile, la série culte pour les jeunes lecteurs qui parle de vieilles dames, de poubelles et d’enterrement, avec parfois des soupçons d’endives au  jambon. Et puis, tous ses romans, qui se dévorent si vite. Aucune excuse ne sera tolérée !

 

 

Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen.

 

Chère Susin Nielsen, une fois encore des millions de mercis ne suffiraient pas.

J’en viens à me demander si un jour vous écrirez un livre bof-bof ou si nous sommes condamnés à ne lire que des romans extraordinairement malins sur l’adolescence. Ne vous plantez-vous donc jamais ? Ce n’est pas que je le souhaite mais une telle perfection sur une si longue durée… Déjà à l’époque où vous étiez scénariste pour Degrassi, la série pour ados qui nous a tou(te)s fait fantasmer, vous aviez tout compris sur ces petits êtres dont l’âge varie entre 12 et 18 ans.

Grande prêtresse de l’ado tourmenté, déglingué, amputé, orphelin, alcoolique, dépressif ; malgré tous ces tourments, vos livres ne sont que lumière, joie, rire et espoirs les plus fous. On entre dans vos histoires par la petite porte, on s’immisce dans l’intimité généralement pas folichonne d’un groupe d’ados et l’on en ressort fort, fort comme jamais. Convaincu que la vie vaut d’être vécue malgré tout. Heureux aussi un peu, d’avoir passé ce cap, ces années folles pendant lesquelles tout et rien n’est possible à la fois.

Alors merci encore. Comme pour Ambrose le roi du scrabble, comme pour Henry K larsen, comme pour Violette qui voulait marier sa mère à George Clooney et tous les autres héros des romans précédents. Merci de les ramener à la vie.

Dans ce nouveau roman, Petula de Wilde a plein de manies qui exaspèrent tout le monde. Mais ce n’est pas de sa faute, elle croule sous la culpabilité depuis que sa petite sœur est morte. Alors, dans son établissement scolaire, elle va toutes les semaines fréquenter « le club des tarés ». Il y a là, une alcoolo/toxico, un amputé/mytho, un qui a été privé de l’enterrement de sa mère et qui s’en remet pas. J’en passe… Aucun, d’entre eux n’est bien sûr que faire de l’origami avec Betty la psy stagiaire va les sortir du marasme psychologiques dans lequel ils sont englués. Ils n’en ont même rien à faire.

Pourtant dans ce club des toc-toc, il va finir par y avoir une alchimie bénéfique et tous sauront exorciser leurs démons, sous l’oeil brillant de larmes de Betty qui n’est pas peu fière de sa session de déglingués.

Une fois de plus Susin Nielsen a tout compris. Encore un roman merveilleux sur ces (in)oubliables années boutonneuses et fildeferrées.

 

Et comme le dit la 1e page :

Le pessimiste a plus souvent raison que l’optimiste,

Mais l’optimiste s’amuse davantage…

Et ni l’un ni l’autre ne peuvent arrêter le cours des évènements.

ROBERT A. HEINLEIN.