Nobi Nobi ! Wouah !

25 fév

Quand nous visitons les salons du livre, notamment jeunesse, je suis certaine que nous avons tous et toutes des objectifs et des stratégies de « déambulation ». Nous pouvons nous hâter vers les stands des éditeurs reconnus, inscrits, gravés dans le large paysage de la littérature pour la jeunesse ; ou filer vers nos éditeurs préférés ; ou bien encore sélectionner les stands-signatures (programme détaillé en mains) pour parfois tenter d’apercevoir juste le haut du crâne de Thimothée de Fombelle (je sais que je ne suis pas grande, et que ça sent le vécu). En faisant cela, nous sommes alors bien conscients de laisser de côté nombre des merveilles littéraires qui nous tendaient bien généreusement les bras. Parfois nous nous rendons aussi dans les salons du livre sans raison précise, juste pour voir… Je ne sais pas vous, mais moi souvent dans le dernier de ces cas, je fais parfois de chouettes et sympathiques découvertes. Ainsi, lors du salon du livre jeunesse de Rouen fin 2014, mon regard furetant, divaguant,… a été soudain stoppé, sur le stand de nobi-nobi, par ça :

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bandeau du « Voyage de Pippo » de Satoe TONE

Le fameux bandeau des prix littéraires, des nominés, des récompensés… c’est quand même un petit plus, la preuve en est ici ! Est-ce que sans cela, je serai passée à côté du « Voyage de Pippo » de Satoe TONE ? Nul ne sait. Mais à bien y réfléchir, pas si sûr, tant la couverture de cet album appelle à se poser, à s’évader, à rêver. Le personnage de Pippo, petite grenouille adorable, nous invite à la lecture parce qu’il semble perdu sur ce décor de 1ère de couverture, s’accrochant presque à sa besace. Tournant les premières pages, Pippo nous emmène très vite en ballade, accompagné d’une petite brebis, prête à l’aider à retrouver ses rêves. Arrêter de rêver, cela nous semble juste impossible…

Pippo_1

Pippo et la petite brebis rencontre le poisson qui imagine qu’il a des jambes…

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Pippo et la petite brebis avec l’oisillon qui désire avoir des amis…

Ainsi, dans les airs, au milieu des coquelicots, sous l’eau, plongé dans les blés dorés, au bord d’une rivière gelée… ce duo nous fait traverser les saisons, des paysages pastellisés, poétiques, teintés d’une grande douceur et de tendresse. Les couleurs de chaque double page sont de toute beauté, les dessins « aux contours diffus » (pour reprendre un commentaire de l’album) nous entraînent à une forme d’émerveillement. La nature y est partout paisible, intacte, laissant une place d’honneur à nos personnages. Et puis, ce récit initiatique aboutit sur une belle histoire d’amitié. Non seulement, Pippo se reprend à rêver mais il n’est plus seul. Du coup, on aime cette positivité !

Pippo_3

Et puis, sur le stand de nobi-nobi, le même jour (un de ceux qui nous font aimer VRAIMENT la littérature de jeunesse), une autre couverture m’appelle. Celle de l’album de Kenya HIRATA et Kunio KATO, « La maison en petits cubes » (pris sorcières 2013, meilleur album). Et nom d’une pipe, qu’il m’envahit pleinement aussi ce récit. La pipe ne fait pas juste allusion à celle que le héros, « le vieux monsieur », a constamment de collée au coin du bec et qui lui donne un faux air de popeye, avec la mine davantage grave et triste même. D’ailleurs, « Nom d’une pipe » serait plus à entrendre ici comme un « Tonnerre de Brest » du capitaine Haddock. Une exclamation, une adoration ! Je vous raconte. L’intrigue se passe dans une ville inondée, où l’eau ne cesse de monter, obligeant les habitants à réhausser sans cesse leurs maisons.

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La maison du vieux monsieur

Du coup, ils construisent de nouveaux cubes sur d’anciens cubes, eux-mêmes installés sur les fondations des maisons. Notre héros vit seul dans sa maison, il est veuf et ses enfants sont partis vivre bien loin. Et puis un jour, alors qu’il doit de nouveau bâtir, ses outils tombent et coulent tout au fond de l’eau. Souhaitant plus que tout les récupérer, il va enfiler sa combinaison de plongée et descendre dans les anciennes pièces de sa maison.

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Tout au long de cette descente, de nombreux souvenirs remontent à la surface, narrant l’histoire du « vieux monsieur », les événements vécus, sa vie. Il y a aussi beaucoup de tendresse dans ce bel album, abordant avec pudeur et justesse les thèmes du deuil, de la vieillesse, de la solitude et de l’acceptation. Le fil inéluctable et déroulant de la vie, celle qui se construit comme des petits cubes qui se superposent, nous est montré avec une certaine lucidité. Même si parfois, nous sommes amenés à nous retourner, regarder le chemin accompli. Une nostalgie bienfaitrice !

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(Victime des caprices de mon scanner, je préfère vous prévenir que les couleurs de « la maison en petits cubes » ont été modifiées. Elles sont moins contrastées et plus douces dans l’album original. Je m’en excuse.)

Pour terminer mon petit « tour » découverte de nobi-nobi (je vais vous en laisser quand même…), parlons de Panettone, ce panda appellé Pan’Pan tout droit sorti de l’imagination de Sato HOROKURA. Il a pour ami Praline, une petite fille généreuse, qui lui prépare de bons petits plats. Dans la vie, Pan’Pan est gardien d’une résidence et c’est dans ce cadre, que ces deux héros vont faire des rencontres attachantes, Rose et son frère Romarin, Rika… qu’ils vont apprendre à connaître et à apprécier. Un manga dans lequel des petites histoires, comme autant de tranches de vie, se succèdent inspirant l’amitié, la tendresse, la joie de vivre. « Une vie en douceur » comme le précise le titre. Personnellement, j’y ai vu un peu de Chi… A la fin du volume 1, l’auteure nous explique quelques traditions, fêtes… japonaises qu’elle utilise dans le récit. Il y a aussi un jeu, comment elle a imaginé ses personnages, quelques croquis préparatoires. De quoi entrer directement dans l’univers de Pan’Pan panda.

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Pan’Pan et Praline

De ces avis, n’y voyait pas trop de mièvrerie, bien au contraire… nobi-nobi nous donne à lire et à voir de la tendresse à l’état pur. Par les temps qui courent, ça ne se refuse pas !

Les albums présentés ici, sont bien-sûr à mettre entre toutes les mains.

Pan’Pan panda plaira davantage, selon moi, à de jeunes lecteurs-lectrices entre 8 et 12 ans.

« Le voyage de Pippo », Satoe TONE, nobi-nobi, 14,90 €

« La maison en petits cubes », Keny HIRATA & Kunio KATO, nobi-nobi, 14,95 €

« Pan’Pan panda » : une vie en douceur, Sato HOROKURA, nobi-nobi, 9,45 €

NAP, TAP, PEDT et autres borborygmes…

22 fév

Partager le plaisir de la lecture, tel est le but de ce blog ; c’est aussi le principe des animations en bibliothèque. Offrir une approche différente du livre, faire venir d’autres publics sont les idées directrices du programme d’animations des bibliothèques. Souvent, on y retrouve pourtant les lecteurs les plus assidus, parfois peu nombreux. Les animations sont censées cibler les différentes tranches d’âge afin de toucher tous les publics. Pour exemple, dans la bibliothèque où je travaille, nous mettons en place :

  • des lectures mensuelles pour tout-petits (de 0 à 3 ans) en présence des parents ou des assistantes maternelles, histoire de sensibiliser dès le plus jeune âge à l’objet-livre
  • des heures du conte, souvent thématiques (de 3 à 10 ans environ) à chaque période de vacances scolaires. C’est l’animation la plus fréquente en bibliothèque, évidente, incontournable.
  • Des activités manuelles (à partir de 6 ans) plus irrégulières, moins rattachées à la littérature, mais favorisant l’expression, l’imaginaire, et qui offrent une autre relation avec les enfants

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  • des cercles de lecture mensuels entre adultes, pour faire part de nos coups de cœur, de livres moins appréciés… On confronte aussi nos pratiques de lecture, on fait parfois des digressions, mais l’essentiel est de se retrouver entre lecteurs(trices) pour échanger, où l’on s’aperçoit que chaque acte de lecture est unique.

A ce programme régulier, se greffent des animations plus ponctuelles : apéro-concerts, spectacles-lectures, expositions, prix littéraire manga pour les jeunes (toutes les infos sur SaYonne’Ara ici)…

Nouveauté de l’année scolaire, la médiathèque est impliquée dans la réforme des rythmes scolaires. Vous avez forcément entendu parler du retour à la semaine d’école de quatre jours et demi. Les 3 heures du mercredi matin (ou du samedi) permettent en principe d’alléger la journée des écoliers, et de proposer sur le temps des TAP (temps d’activité périscolaire) – devenu NAP (nouvelles activités périscolaires) – des activités qui offrent une ouverture culturelle, artistique, éducative… Doit être mis en avant le côté ludique, qui, sans exclure les apprentissages, permet de les aborder de manière active, récréative. Les communes sont donc chargées de développer un projet éducatif de territoire et de mettre en pratique ce temps d’activités.

Polyvalence des petites communes oblige, en plus des missions comme le lien aux associations, communication à travers le bulletin municipal et le site web de la commune, j’ai été chargée de la gestion des NAP (planning, répartition par groupes des enfants, lien avec les intervenants…), dont la mise en place n’a pas été de tout repos. Les personnels de l’école ont été sollicités, ainsi que des volontaires bénévoles. Les groupes d’une douzaine d’enfants sont encadrés par deux intervenants, répartis par tranches d’âge et non selon le choix de l’activité, sur une période scolaire (soit 7 séances en moyenne). Les NAP ont lieu les mardis et vendredis de 15h30 à 16h30 et les activités se déroulent sur une période scolaire. A titre d’exemple, jeux de société, activités manuelles, jeux collectifs et sportifs, informatique, photographie, jardinage et cuisine… sont au programme.

Dans le cadre des activités de la bibliothèque, nous avons mis en place un projet avec une auteure qui s’était proposée spontanément pour une rencontre avec les enfants.

Emmanuelle Grundmann est primatologue, journaliste scientifique, auteure d’essais et de livres pour la jeunesse. Elle a écrit sur la nature, les animaux, l’environnement, la biodiversité… Son dernier livre, Sirocco : mission kakapo publié dans la collection Fiction nature chez Hélium est son premier roman. Elle se met à la place de ce perroquet étrange qui était en voie de disparition et nous fait découvrir ce point de vue particulier de l’animal sur l’humain, sur la jungle, sur ses congénères. Une belle découverte pour les lecteurs du cycle 3 et tous les curieux.

sirocco

Sur les premières séances de NAP, les enfants ont pu découvrir l’œuvre de l’auteure, en se focalisant sur certains de ses titres. De ces séances, des questions ont émergé : est-ce que c’est facile de grandir dans un œuf ? ou encore pourquoi ce singe a les fesses rouges ? Pour satisfaire les attentes autour de la fiction du groupe, nous avons aussi lu des albums documentaires (par exemple la collection Archimède de L’école des loisirs). Nous avons tenté de rendre les enfants actifs par des petits jeux, des échanges. Nous avons aussi interrogé la notion d’auteur pour enrichir la rencontre qui allait suivre et les enfants ont fait part de leur questionnement : C’est son métier ? Elle  »fabrique » les livres ? Elle est vieille ? Elle a écrit tout ça ? Tous les livres de la bibliothèque ? Comment connaît-elle ce qu’elle écrit sur la nuit des animaux ou sur les singes ?

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la rencontre en images

Bilan plutôt positif donc, puisque malgré le peu de marge financière, l’absence de structure liée à l’enfance et au périscolaire (centre de loisirs…) sur la commune, des projets se mettent en place à leur mesure. A chaque commune sa réforme des rythmes (et sa prise de tête…). Et chez vous ?

Dois-je faire le Master du Mans ?

15 fév postit

Chers lecteurs et lectrices qui vous interrogez sur votre capacité et votre envie de suivre le Master LIJE du Mans sachez que nous vous comprenons !

Nous même avons toutes tergiversé avant de nous lancer dans cette épuisante, mais merveilleuse aventure en 2011…

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C’est nous en tout(es) petit(es) le matin des partiels… Le jour où, enfin, on s’est connues « en vrai » !

Très régulièrement nous recevons des mails nous demandant ce que l’on a pensé du Master. Plutôt que de ressasser les mêmes avis (et en plus ne même pas toujours avoir un petit merci en retour), voici un article pour répondre à vos questions.

Bien que nous soyons plus d’une dizaine à animer ce blog, nous partageons le même ressenti à propos de ce master qui nous a fait faire le grand huit des émotions (pendant 1 an, 2 ans ou 3 ans selon nos cas).

Parfois nous étions en phase de « la danse de la joie » (expression de notre Cricri)  danse joieD’autres fois on n’en finissait plus de dégringoler de désespoir « je vais JAMAIS y arriver les filles, ce soir j’abandonne pour de bon. »

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Jusqu’à finir par être complètement raplapla :

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Ce master est résolument exigeant. Ce n’est pas parce que la formation est à distance que le diplôme qui l’accompagne est au rabais… Il faut dès le début faire une  bonne réserve de persévérance (et de post-it).

postit(Ci-dessus les post-it d’Isa et le livre de Mme Prince, professeur du master dont nous avons apprécié le cours ! Mais attention, se munir d’un dictionnaire littéraire est conseillé car le chouette vocabulaire de Nathalie Prince était parfois « au dessus de nos capacités » )

Mais patience, persévérance et post-it ne suffiront peut-être pas pour finir l’année en beauté. Il faudra aussi compter sur une idée de génie pour le mémoire… Trouver un sujet intéressant, (pas déjà abordé cent fois), un professeur qui voudra vous accompagner, mettre au point un corpus, une bibliographie, un plan, une PROBLÉMATIQUE (le mot en lui-même annonce déjà bien des soucis…) etc, etc…

Bon, pour tout vous dire, c’est LE problème ce satané mémoire mais quand vous en viendrez à bout, une immense fierté  vous envahira. Quand j’ai eu fini, j’étais tellement HEU-REU-SE (et ma directrice  avec), que je l’ai pris en photo…

finmémoire

(Ci-dessus mon mémoire, ma nappe à pois et ma fierté qu’on ne voit pas.) En fait, en vrai, ce n’est jamais fini un mémoire mais il faut bien s’arrêter un jour…

Le mémoire c’est LE TRUC sur lequel il faut tout miser because le « coeff » élevé… Attention, je vous vois venir ! On ne vous conseille pas pour autant de ne pas faire les devoirs ni réviser les partiels ! Pour vous donner une idée, une dissertation de M1 c’est dans les 9-12 pages… Ça fait très long (surtout si le sujet vous emballe moyen).

Alors, des fois, souvent, on voulait abandonner. En fait, on voulait tout le temps abandonner. A tour de rôle. On a toutes dit STOP plus d’une fois, on a toutes pleuré ; mais bon sang qu’est-ce qu’on a ri, aussi !

On a bu plein de cafés sur facebook, on a liké, poké, pleuré en virtuel.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA(Ma tasse à café de l’époque, cassée depuis. La nappe a changé depuis, si ça vous intéresse). Un jour, j’étais très vexée par ma directrice de mémoire -qui a un humour qu’on ne comprend pas forcément au début, et elle m’avait conseillé de boire un chocolat chaud. Ça changeait du café avec les copines. Et quand on avait une petite faim, une crêpe n’était pas de refus…

galette

Avec les copines quand on devenait zinzins, abasourdies de devoirs et de lectures, on faisait des batailles de bureau mal rangés… Avec le recul, je me dis qu’on avait tout de même du temps à perdre…

bureau Isa bureau cricri

Bureau d’Isa vs bureau de Cricri (oui, on a des petits noms…)

 

 

Quand j’y repense, on avait même le temps de fantasmer…

 

fantasme

Est-ce nécessaire de le présenter ???

Je ne sais plus laquelle de nous a eu l’idée de monter un groupe sur facebook. C’est pas moi parce qu’à l’époque j’étais même pas encore facebookée… En tout cas c’est l’idée qui nous a toutes sauvées. réussir ce Master seul dans son coin, c’est peut-être possible, mais je n’y serais pas arrivé.

Après le virtuel, le réel ! Nous avons crées de nombreuses occasions de nous retrouver en chair et en os. On a fait le tour de France des salons du livre jeunesse, on a accroché des expos, rencontré/interviewé des auteurs etc…

Et ça c’est vraiment le top !

 

stpaul salon albi

villeurbanne

 SAINT PAUL TROIS CHÂTEAUX, ALBI ET VILLEURBANNE

Pendant que certaines accrochaient des tableaux d’une de nos idoles, (Emmanuelle Houdart), d’autres rencontraient une autre de nos idoles : Kitty Crowther.

houdart

kitty

Il y a même une veinarde qui a rencontré Marcel… marcel

Mais je ne sais pas si elle lui a demandé pourquoi ses chaussettes sont dépareillées ?

 

Donc, si vous vous demandez toujours si ce MASTER est fait pour vous, voici ici quelques réponses déjà envoyées par les unes et les autres aux questions posées à ce propos (à partir de maintenant, c’est sérieux).

- « Comme vous l’avez lu sur le blog, nous sommes un groupe d’anciennes étudiantes du master LIJE du Mans, chacune avec un profil différent: libraire, enseignante, bibliothécaire en bib municipale ou en comité d’entreprise, documentaliste ou tout simplement en poursuite d’études…
En effet, le master du Mans propose lui, un tronc commun en 1ère année et 3 parcours en 2nde année: enseignement, édition-librairie ou bibliothèque. Mais il a surtout la particularité de se faire à distance, ce qui implique un investissement personnel conséquent, surtout si vous devez travailler en parallèle. Si les enseignants chargés des cours sont des références voire des pointures dans la sphère de la littérature jeunesse et que les cours sont très intéressants (le programme détaillé des cours est en ligne sur le site), il faut dire que la distance (on ne se déplace à l’université que pour les épreuves) et le système de suivi du travail des étudiants (par le biais d’une plateforme sur internet uniquement ou ponctuellement par mails) ainsi que la charge de travail (un mémoire de recherche en M1 + un mémoire pro en M2 en + des partiels) demandent une motivation certaine!
 
Nous vous conseillons donc de passer en revue toutes les formations « littérature jeunesse » au vu de votre projet professionnel, si vous êtes en reconversion, en poursuite d’études ou bien déjà en poste pour approfondir certains pans de votre métier.
J’étais en poursuite d’études (après des études d’arts appliqués et une licence de lettres modernes) et souhaitais suivre cette formation afin de devenir bibliothécaire, j’ai donc également suivi le M2 pro parcours « bibliothèque ». Ma première question est, si tu changes d’orientation professionnelle, as-tu déjà une idée d’une ou d’autres professions autour de la littérature jeunesse qui t’intéressent?cela me paraît essentiel… En ce qui me concerne, initialement, je m’orientais vers le professorat des écoles mais le master m’a permis de découvrir que ce qui me plaisait avant tout était la médiation vers le jeune public des livres et que travailler en secteur jeunesse de bibliothèque correspondrait davantage à mes aspirations.
A propos du rythme et de la charge de travail, sache (sans vouloir te décourager!), que la formation est exigeante, demande beaucoup d’autonomie, de rigueur et d’investissement. Je travaillais à mi-temps en tant qu’assistante d’éducation dans un lycée (1 nuit à l’internat + 1 journée en vie solaire) les 2 années du master pour financer mes études, ce qui me ménageait une partie de mon emploi du temps pour les cours, les déplacements et nombreuses recherches à faire dans diverses bibliothèques (vu mon lieu de vie, je devais être abonnée à plusieurs bibs parfois lointaines), les devoirs à rendre, les rencontres d’auteurs/salons du livre/conférences intéressantes auxquelles on incite fortement à assister, le mémoire à préparer (un mémoire de recherche en M1 + un mémoire professionnel en M2) etc.
Étant donné que la formation est à distance, on se déplace pour certains examens au Mans mais les cours sont diffusés en ligne sur une plate forme, il existe des forums où échanger avec les autres étudiants mais pour moi (et pour mes collègues Ouvre-blogueuses), c’est là le défaut majeur de la formation, le système est laborieux, les enseignants pas toujours réactifs aux questions des étudiants, les retours & corrections après les devoirs pas toujours à la hauteur… C’est à toi de te gérer, d’organiser ton emploi du temps (ton boulot si tu travailles, le master, tes taches ménagères, ta vie de famille, ton couple et tes enfants)…Il y a eu pour chacune de nous de durs moments, des doutes, on a eu envie d’abandonner aussi parfois mais notre groupe soudé a fait  une belle part dans notre réussite. C’est important d’être entourée, de te savoir soutenue par ta famille, ton conjoint… Pour autant, ça a été d’une grande richesse pour moi: intellectuelle bien sur avec des cours géniaux, des rencontres d’auteurs et des lectures passionnantes, humaine (la rencontre de mes collègues issues de profils très variés – documentaliste, libraire, enseignante, atsem, étudiante, musicienne etc – , professionnelle (j’ai travaillé plus de 2 ans dans la bibliothèque où j’ai effectué mon stage de M2 et j’ai forgé là le gros de mon expérience professionnelle)…Ce master c’est les montagnes russes, des hauts et des bas à longueur de temps mais d’un enrichissement inestimable!
Les bons conseils d’Émilie.
- Inscrites en M1, promo 2010, nous avons surtout bénéficié d’une bonne ambiance, d’une bonne dynamique (ce qui n’est pas le cas tous les ans). Certaines ont commencé à s’entraider puis en ont attrapées d’autres au passage ! C’est ainsi que ce groupe est né.
Mais habituellement, la plateforme moodle et le forum, ce sont de trop malheureux et nombreux silences qui enlèvent à cette chouette expérience un peu d’humain, de pétillant. Cela manque de modérateur, d’ « animateur » dont le travail serait de répondre aux questions, de rassurer les angoisses, d’encourager à participer, à partager.  Nous sommes aussi – la bande de l’Ouvre-Livres – la preuve qu’un autre choix est possible. Celui de se rencontrer vraiment, dans la vraie vie, de maintenir le contact, d’utiliser d’autres moyens de communication (Moodle n’a pas le monopole), et en ce qui nous concerne de papoter, d’échanger,… sur ce genre qui nous passionne grandement, les unes et les autres, la littérature pour la jeunesse. Il ne faut pas rester seul(e) dans son « coin ».
Pour le mémoire, je ne suis sûrement pas bien placée pour te donner des conseils, puisque je ne l’ai validé que la seconde année. En reprise d’études, cet exercice me paniquait, me « sclérosait » même… Et puis, petit à petit, les choses se dénouent. Dès que l’idée générale, la problématique, le plan se dessinent dans ton esprit, l’écriture coule presque tout naturellement. Ce serait te mentir que de dire que c’est en fait facile. Mais d’expérience, je peux surtout te dire qu’il ne faut pas hésiter à se lancer, à y aller (tout le contraire de moi, en fait !), à avancer même si ensuite il faut reprendre, couper, élaguer…
Les bons conseils de Sandrine
- Ce master c’est vraiment quitte ou double car bcp abandonnent en cours de route (plus de la moitié d’après mes souvenirs du nombre que nous étions aux partiels). Réfléchis bien à tes motivations, il existe d’autres formations peut-être moins contraignantes si tu veux te réorienter en bibliothèque ou librairie.
Le problème du Master à distance c’est qu’on part en se disant c’est cool je vais bosser chez moi à mon rythme et qu’au final on est bien seul et débordé malgré tout. Tout dépend aussi du temps que tu auras à y consacrer. c’est plus compliqué avec une famille et un boulot qu’en poursuite d’études.
Mon conseil si tu te lances là-dedans c’est d’avoir déjà bien réfléchi à ton sujet de mémoire,à une  problématique etc… Car gérer le mémoire et les cours la même année c’est très compliqué surtout s’il y a un boulot et une famille avec ! Pour autant ce n’est pas infaisable, la preuve, on l’a fait !
Les bons conseils de Gaëlle

Voilà, chers fans de LIJE en plein questionnement, ce que nous pouvons vous dire de « notre » master, comment nous l’avons vécu et vaincu. Nous espérons que cet article vous aidera à vous décider et nous restons à votre disposition pour des questions plus précises (par mail) !

 

 PS : bien évidemment, les photos nous appartiennent, merci de ne pas les utiliser.

 

Séquence Théâtre Jeunesse : Une lune entre deux maisons

12 fév

b9853b19df6f0ab1259bbbaaf2eb6112seq théâtre CE1 – Copie

Pour tout vous dire, je m’étais déjà essayée au théâtre en cycle 3, j’avais consciencieusement emprunté les ouvrages conseillés par la liste de références du Ministère…..et j’avais trouvé ça ennuyeux, chronophage dans un emploi du temps de CM1 ……Bien plus tard, j’ai partagé mon ressenti plutôt négatif sur le théâtre à l’école avec Marie Bernanoce, spécialiste de la Didactique du théâtre, Enseignant-chercheur à l’Université Stendhal et sa réponse a été simple: « Pourquoi vouloir faire jouer une pièce de théâtre à des enfants, il y a tant de choses à faire avec un texte de théâtre! » Après de nombreux échanges, de multiples lectures sur la didactique du théâtre, elle m’a convaincue.

Aussi, je partage aujourd’hui une séquence sur la magnifique pièce de Suzanne Lebeau « Une lune entre deux maisons ». Elle s’adresse à des élèves de CE1, lecteurs, et permet une interdisciplinarité (vocabulaire, arts visuels, eps…)

Pour débuter cet article, voici quelques renseignements sur l’auteur et sur le texte .

Suzanne LEBEAU, Une lune entre deux maisons, Editions Théâtrales II Jeunesse, Montreuil-Sous-Bois, 2006 (1ère éd. 1980).

Suzanne Lebeau est une auteure canadienne née en 1948. Tout d’abord comédienne de théâtre, elle joue de 1966 à 1973 à Montréal, puis à Paris. Après avoir fondé la compagnie de Théâtre le Carrousel avec Gervais Gaudreault en 1975, Suzanne Lebeau se consacre exclusivement à l’écriture.

Après 25 pièces originales, 3 adaptations et plusieurs traductions, elle est reconnue internationalement comme l’un des principaux auteurs pour jeunes publics. Ses œuvres sont publiées de par le monde : Une lune entre deux maisons (1979) est la première pièce canadienne écrite spécifiquement pour la petite enfance, elle a été traduite en six langues.

Dès 1993, la dramaturge est invitée à diriger des ateliers d’écriture, à donner des conférences et à participer à des résidences d’auteurs en France et de par le monde.

De 2007 à 2010, le Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine et Suzanne Lebeau poursuivent ensemble un compagnonnage. Plusieurs saisons durant, le Théâtre Jean-Vilar a choisi d’explorer avec Suzanne Lebeau les rapports entre le réel et l’écriture.

Elle a également enseigné l’écriture à l’École Nationale de Théâtre du Canada pendant 13 ans.

Suzanne Lebeau a une réelle réflexion sur son écriture, elle souhaite adopter un point de vue :  » écrire pour enfant est davantage une façon de regarder le monde que la nécessité d’en inventer un, différent et merveilleux, plus gai, plus coloré, plus souriant. »[1]

Elle ne souhaite pas décrire un univers irréel mais bien décrire la réalité  avec ses problématiques, ses manières de vivre, sans sujets tabous:« D’un côté de la corde il y a cette volonté de protéger l’enfance et les enfants de la «dure réalité de la vie en choisissant de bâtir un univers parallèle plus joyeux et sécurisant. »[2]

Sa recherche de doctorat lui donne l’opportunité de se questionner sur les circonstances encadrant la pratique artistique destinée au jeune public : Comment faire pour que se réalisent et se mettent en place toutes les conditions nécessaires pour qu’il y ait une vraie rencontre entre les enfants et les arts ?

La pièce

Dans la pièce, Plume est un personnage vif, bavard, ouvert. Taciturne parle peu, c’est un personnage secret qui écoute et joue de la musique. Leurs maisons sont voisines, ils vont se découvrir, composer avec leurs différences et devenir amis grâce à la nuit riche de bruits hostiles et d’ombres inquiétantes.

 * Les personnages de Plume et Taciturne opposés dans leur manière d’être mais néanmoins complémentaires à l’image de leurs maisons (qui finiront par s’emboîter à la fin de la pièce) permettent d’envisager une piste didactique notamment en analysant leur discours, leur apparence.

* Les symboles présent dans chaque objet que manipulent Plume et Taciturne peuvent  permettre à l’élève de dégager une idée symbolique de la pièce. Cette réflexion permet d’utiliser la richesse du texte pour débattre d’un concept comme l’amitié, la différence.

* Les didascalies sont précises et fournies :

–  la non-sexualisation des personnages nous renvoie à une autre pièce publiée par les éditions Théâtrales II Jeunesse, Miche et Drate, Paroles blanches de Gérald Chevrolet[3], dans laquelle « deux personnages sans âge, sans sexe avec des mots tendres, poétiques et oniriques, comme « deux parties du cerveau qui dialoguent au bord du monde ». Ils se heurtent avec naïveté et humanité à un monde trop grand pour eux, sauf à se construire leur univers. »[4]

-le rapport au public : le texte didascalique est ici à dominante de régie, les personnages évoluent explicitement dans ce qui serait la mise en scène de la fiction théâtrale ; l’écriture de Suzanne Lebeau donne des règles pour les personnages, le décor, il y a un réel appel à la scène.

Quelques phrases

Scène 1-présentation des personnages 

« Plume et Taciturne sont assis par terre sous trois gros nuages. Il pleut. Ils sont un peu cachés par un gros parapluie sous lequel ils s’abritent. Taciturne a avec lui des instruments de musique de toutes sortes, des plus simples aux plus complexes. Quand les enfants arrivent, Plume se trémousse et leur envoie des saluts, de gros gestes de bienvenue, des becs. Il fait aussi signe de ne pas déranger Taciturne qui semble très absorbé par sa musique. »

 Ce texte  nous présente des personnages présents sur scène à l’entrée des élèves, ils engagent un dialogue visuel (Plume salue) et auditif (Taciturne joue de la musique). Dès leur arrivée les élèves sont immergés dans l’univers théâtral.

Scène 3- La rencontre de Plume et Taciturne

       Plume, assis, reçoit sur la tête un gros carton ou linge sur lequel est écrit : « Je m’appelle Taciturne. »

Plume.- (déconfit) J’sais pas lire.

C’est pas grave.Ca veut dire bonjour.

Maladroitement, en suivant avec ses doigts.

Plume.- « Bonjour », « bonjour, comment ça va ? »

Taciturne fait le tour de sa maison avec une clôture qu’il vient placer entre Plume et lui. Plume est si absorbé dans son déchiffrage qu’il ne voit pas Taciturne. Taciturne s’aperçoit que Plume ne sait pas lire. Il s’arrête et, avec son doigt, en suivant les lettres il lit :

Taciturne.- Je m’appelle Taciturne. »

Cette scène aborde l’apprentissage de la lecture en le définissant comme essentiel pour la communication avec l’autre, avec le monde.

Scène 9 –C’est tellement mieux quand on est deux

Taciturne : « Chut ! Plume dort. C’est comme ça que Plume et moi, on s’est rencontrés. Hier, je le connaissais pas. Maintenant c’est mon ami. »

Les deux personnages revivent une situation qui s’est déroulée hier. Le fait d’évoquer un événement passé permet de ne pas ignorer le besoin d’immédiateté du jeune élève : le fait a déjà eu lieu, le jeune enfant ne peut donc pas intervenir pour changer le cours des choses.

Cette réplique de Taciturne permet de clore la pièce avec un retour au présent et les mots simples (mais pas simplistes) traduisent le sens d’ami : celui qui a été là quand j’avais peur.

Pistes de travail envisagées

Ce texte est composé de phrases courtes, et le vocabulaire est simple. Il évoque deux thèmes qui ont du sens pour les jeunes enfants, l’amitié et la peur, il semble donc accessible aux élèves de fin de cycle 2/début de cycle3.

Ce texte ne se limite pas à sa surface, le traitement des rapports à l’autre apporte une complexité, un questionnement qui permet d’envisager une lecture littéraire du texte, un débat philosophique avec les élèves. De plus, la théâtralité de ce texte est forte et induit de nombreuses activités en classes pour les jeunes enfants comme les plus âgés comme « la place des acteurs, (..) leurs gestes, (..) leur mimique, (…) leur parole »[5] lors d’une mise en espace.

Dans le cadre d’une problématique qui s’interroge sur comment faire lire et comment analyser un texte de théâtre, une séquence de lecture suivie en fin de cycle2/ début de cycle 3 permettrait d’envisager de travailler les compétences des programmes de l’Education Nationale en centrant l’entrée sur le texte didascalique.

-« Écouter et lire des œuvres intégrales courtes ou de larges extraits d’œuvres plus longues. »

-« Lire, comprendre et interpréter un texte de théâtre  »

-« Identifier les personnages, les événements et les circonstances temporelles et spatiales d’un récit qu’on a lu. »

-« Identifier la double temporalité de la pièce grâce à partir du texte didascalique »

Les objectifs généraux de la séquence sont de se créer un horizon d’attente à partir du texte didascalique et de confirmer ou infirmer cet horizon d’attente à partir des éléments de voix didascalique tout au long du texte de théâtre, de saisir l’univers de cette pièce à travers le texte et la mise en voix effectuée au sein de la classe.

Pour élaborer cette séquence, je me suis inspirée des ouvrages de didactique du théâtre et notamment de ce dernier:

Marie BERNANOCE, A la découverte de cent et une pièce  : Répertoire critique de Théâtre contemporain pour la jeunesse, Scéren-CRDP Grenoble, 2006.

A travers une sélection de cent une pièces, Marie Bernanoce montre la diversité du théâtre contemporain pour la jeunesse. Le thème, l’écriture, la dramaturgie de chaque oeuvre est étudiée et de nombreuses pistes de travail sont proposées pour la scène et la classe.

En ce qui concerne Une lune entre deux maisons, Marie Bernanoce souligne la double temporalité de la pièce.

La pièce bénéficie de :

-la rupture de l’illusion réaliste  présente dans les répliques de Plume « oubliez pas…c’était hier »,

-l’adresse au public  signifiée à plusieurs reprises dans le texte didascalique :  Taciturne en profite pour nouer un dialogue avec les enfants, PLUME.- (aux enfants)

-le changement de décor à vue décrit par les personnages « C’était pas comme ça hier. Moi je suis arrivé le premier et c’était pas comme ça du tout. Y avait pas une seule maison. »

De plus, la mise à nu de la théâtralité apparait dans les documents accompagnant le texte de théâtre, intitulé Notes sur l’écriture d’Une lune entre deux maisons. Suzanne Lebeau cite l’utilisation de deux maisons qui deviennent une seule, le jeu scénique autour de ces deux maisons (dedans, dehors, autour, au-dessus..), l’utilisation d’objets à la fois signes et symboles comme la corde à linge qui permet de rapprocher les deux maisons, le ballon qui permet de jouer ensemble, le dessin qui est cadeau.

Enfin à noter la présence d’une scène et de propos qui mettent en jeu l’acte d’apprentissage : Plume qui essaie de comprendre un message écrit, Taciturne qui aimerait apprendre à lire à Plume pour le remercier.

Dans son analyse, Marie Bernanoce relève dans le texte l’importance de la voix didascalique.

La voix didascalique est le lieu d’articulation entre la voix de l’auteur et la voix du lecteur, construisant l’imaginaire de la fiction et de la régie. (….) cette notion permet de penser la façon interactive auteur et récepteur du texte de théâtre, et le lecteur n’est pas oublié. C’est l’outil de réconciliation des outils de la scène et des outils du texte. Elle permet de penser, dans l’activité de lecture, la relation du texte à la fiction comme la représentation, en particulier en donnant corps et force littéraire à des parties du texte que l’on a trop facilement tendance à considérer comme accessoires. »

Suzanne Lebeau le précise dans ses Notes sur l’écriture, les objets ne sont pas de simples accessoires de théâtralité, ils sont un symbole et permettent au jeune public de se construire leur monde. Aussi le ballon, la lune, la corde à linge, la cadeau ….trouveront un sens aussi dans le texte de théâtre.

Les pistes proposées aux enseignants sont une réflexion sur l’esthétique du théâtre par le biais de pistes d’exploitation en classe de non-lecteurs comme le travail sur la structuration du temps (jour/ nuit), la dictée à l’adulte d’une autre scène de peur, diverses activités de langage concernant le lexique et des activités motrices.

Si l’on considère l’adresse au public, de nombreuses idées sur la mise en œuvre de la pièce peuvent être imaginées :

-le théâtre de papier, théâtre miniature tenant en général sur une table. Les personnages sont à l’échelle du théâtre et sont actionnés par des tirettes en carton latéralement par le narrateur qui se tient généralement derrière la table. Chacun pourrait fabriquer une façade de théâtre, des décors, des figurines, les coller sur du carton et les assembler.

-le théâtre d’ombres qui consiste à projeter sur un écran des ombres produites par des silhouettes que l’on interpose dans le faisceau lumineux qui éclaire l’écran.

Et pour vous donner un aperçu :

 

 

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[1] Jasmine DUBE, « Le théâtre pour les tout-petits : point de vue de Suzanne Lebeau, dramaturge », in Lurelu, volume10, 1988, p28-32

[2] DUBE Jasmine, « Le théâtre pour les tout-petits : point de vue de Suzanne Lebeau, dramaturge », op.cit.

[3] CHEVROLET Gérald, Miche et Drate, Editions Théâtrales II Jeunesse, Montreuil-sous- bois, 2006.

[4] http://www.editionstheatrales.fr/catalogue.php?num=461

[5]BARTHES Roland, « Littérature et signification », Essais critiques, Seuil/Points, 1981 (1963), p. 258

 

 

Les bons contes font les bons amis

9 fév

 

La période de fin d’année (même si Noël est maintenant bien loin…) peut être l’occasion de quelques découvertes éditoriales, plus ou moins innovantes et créatives. Souvent, on aime à puiser parmi les textes classiques pour lancer un nouveau concept. Voici quelques-unes des récentes collections de contes fondées sur un principe narratif qui se veut ludique. De quoi sans doute occuper une partie des vacances hivernales…

Boucle-d-or-et-les-trois-ours-MagnetinesBoucle d’or et les trois ours, Lucie Brunellière, coll. « Les Magnétines », Milan, 2014, 13,90 €

Boucle d’or, les trois ours, leurs trois chaises, lits et bols de soupe… autant de magnets qui permettent aux petits de retrouver leurs personnages préférés et de recréer ce célèbre décor de conte. Un ouvrage malin pour une lecture en deux temps. Grâce aux pictogrammes compris dans le texte, l’enfant est guidé, s’approprie le conte et peut reconstruire la scène proposée sur la double page. Il peut aussi imaginer de nouvelles situations en jouant avec tous les accessoires phares de l’histoire. Une approche innovante qui rend tout son aspect ludique aux plus beaux contes classiques.

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Hansel et Gretel, Anne-Sophie Baumann, Amélie Falière, coll. « Mon théâtre de contes », Hatier, 2014, 9,99 €

La collection « Mon théâtre de contes » chez Hatier présente des livres-théâtre avec mille et un détails à observer pour plonger avec délice dans l’univers merveilleux des contes. Les pages sont découpées par endroits donnant ainsi davantage de profondeur, à l’image d’un décor de théâtre. Hansel et Gretel par exemple, a été adapté par Anne-Sophie Baumann d’après le conte des frères Grimm et illustré par Amélie Falière.

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La princesse au petit pois, Anne-Sophie Baumann, Peggy Nille (ill.), coll. « Anim’ contes », Tourbillon, 2014, 13,99 €

Voilà une nouvelle collection de contes adaptés aux petites mains chez Tourbillon: les Anim’contes. Adaptation animée de célèbres contes à découvrir du bout des doigts par les tout-petits. Les animations solides permettent aux enfants de mieux entrer dans l’histoire…

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Les trois petits cochons, coll. « Mon carrousel de contes », Veronika Kopeckova, éditions Prisma, 2014, 17,50 €

Constitué d’un livre illustré et d’un carrousel à faire tourner, ce coffret ludique propose de découvrir autrement les plus célèbres contes de notre enfance. En regardant à travers la loupe, l’enfant plonge dans le monde merveilleux du Petit Chaperon Rouge, des Trois petits cochons, de Blanche-Neige et les sept nains ou encore d’Hansel et  Gretel. Il suffit de tourner la roue située sur le côté pour suivre l’histoire grâce à 8 saynètes en 3D, tandis que le parent lit le conte.

Enfin, outre les nouveautés « papier », on souhaitait reparler du panneau ludique Mercilili chroniqué ici en août dernier et faire connaître 2 puzzles édités chez Djeco prolongeant eux, l’univers des contes merveilleux par le jeu.

D’abord, La Parade des contes. Ce puzzle géant de 1,20 m de long représente une parade des héros des contes de fées. Pinocchio fait équipe avec le petit Poucet, le grand méchant loup confond Blanche Neige avec le petit Chaperon rouge tandis que Peau d’âne discute avec Jack, le soldat de plomb et Aladdin voguent côte à côte. Tout en résolvant le puzzle, les enfants découvrent leurs personnages préférés.

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La parade des contes, Djeco, puzzle de 36 pièces, dès 4 ans

Ce puzzle-ci est également un jeu d’observation : lorsque le puzzle sera assemblé, l’enfant recherchera les nombreux éléments de la frise sur l’image du puzzle. En complément, un poster de même dimension que le puzzle : 61 x 38 cm. De quoi continuer à rêver en reconstruisant l’univers féerique du Petit Chaperon Rouge, du Chat Botté ou des Trois Petits Cochons…

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Puzzle d’observation « Contes », Djeco, puzzle de 54 pièces, de 5 à 7 ans 

Lectures d’enfance : la libraire et la maîtresse

1 fév

Les lectures d’enfance de Gaëlle et Déborah.

Déborah et moi avons plusieurs choses en commun. Une toute petite taille certes, mais aussi une passion pour les livres pour enfants qui nous a réunies autour d’un mémoire de master lisible ici. J’étais l’élève, elle était le maître ; la directrice de mémoire. Deux années ont passées, Déborah est devenue « maîtresse », quant à moi je suis toujours libraire bien que je vienne de « basculer » dans la bande-dessinée !

Désormais, on va cesser de se vouvoyer parce que ça commence à bien faire !

LE RAPPORT A LA LECTURE

Gaëlle : Déborah, je connais un peu mieux ton humour maintenant et je crains que tu ne te moques de mes livres d’enfant qui font vraiment ringards… (NDLL : Déborah est très jeune) Mais bon, après tout ce qu’on a vécu ensemble, je saute quand même le pas ! Tu me diras si tu en connais certains… Pour ma part, j’ai toujours aimé les livres mais je ne crois pas en avoir eu beaucoup chez mes parents. J’étais abonnée à des magazines et je recevais régulièrement des livres du Club Mickey. Il y en avait sur les formes, les chiffres, les lettres… J’adorais le principe de l’abonnement  et dans les livres il y avait un emplacement « Ce livre appartient à… » et j’adorais y inscrire mon nom. Manie que j’ai gardée puisque tous mes livres ou presque sont ainsi marqués ! Lorsque je les lis loin de chez moi, en voyage je précise aussi l’endroit où je l’ai lu et la date. Bien que ça ne serve à rien car je suis capable de dire exactement où et quand j’ai lu un bouquin.

Ce qui est certain c’est que mes parents ne m’ont jamais lu d’histoires le soir ! Ni même emmenée dans une librairie. Je ne pense pas avoir attrapé le virus grâce à eux. Nous vivions dans un village de montagne assez loin de tout et ma mère, qui lisait tout de même beaucoup, achetait ses livres par correspondance dans un « club ». Les livres étaient d’un moche ! Ce n’était pas les vraies couvertures et elles étaient en carton ; je me souviens que j’avais horreur de ça ! Dans leur catalogue il n’y avait pas grand chose à part les nouveautés importantes, mais il y avait toujours un dictionnaire et un Kama-sutra ! Chez nous, il y avait plein de collections différentes d’encyclopédies, des dictionnaires, des tas de livres sur les pays du monde aux photos un peu vieillies. Je lisais ce que j’avais sous la main, donc tout ça. Je me rappelle même avoir passé des heures à observer les doubles planches de mon dictionnaire Larousse Maxi-débutants. J’ai su lire très vite et très tôt j’ai lu couramment. En CP, aux vacances de Noël, j’étais capable de lire et de comprendre le journal quotidien qui était jeté sur la table de la cuisine. J’ai toujours aimé les lettres, le papier, les livres…

Gaëlle : Chez toi quel était le rapport à la lecture ?

Déborah : Quand j’étais petite, ma mère voulait ab-so-lu-ment que je lise. Que je lise vite. Et bien. Donc, évidemment, j’ai détesté lire et j’ai refusé en bloc tous les livres. Elle m’a abonné à J’aime lire et je ne lisais que les Tom-tom et Nana. Elle m’a offert des tonnes de romans historiques que je n’ouvrais absolument jamais. Quand j’avais 5 ans, elle a voulu m’apprendre à lire avec la méthode Boscher avec ce livre-ci afin que je saute le CP… J’ai tout naturellement boudé à chaque fois qu’elle s’approchait de moi avec ledit livre. Pourtant, j’aimais qu’elle me lise des histoires. J’adorais Mitch de Nadja, Le chien qui disait non de Solotareff et Tu ne dors pas petit ours ?, de Martin Waddell. Ensuite, je me suis plongée dans la lecture à 11 ans grâce aux « merveilleuses » collections Chair de poule et Cœur Grenadine

coeur grenadine

Gaëlle : Je n’avais pas la méthode Boscher mais dans le même esprit « méthode syllabique », je me suis beaucoup entraînée à lire sur ce vieux manuel déchiqueté que j’adorais: Mico le petit ours.

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Mico le petit ours, d’A. Mareuil et M. Goupil, Librairie Istra, Paris, 1975.

Je trouvais les images sublimes et j’étais très fière de lire toute seule même si le texte était « cu-cu » !

LA TRANSMISSION DU VIRUS

Gaëlle : Déborah, tu es désormais professeur des écoles en CP, as-tu conscience que tes élèves se souviendront de toi toute leur vie ?

Déborah : Oh, je ne suis pas sûre de tant les marquer. Je suis dans deux classes, j’ai aussi des Petits-moyens. Comme je ne vois pas mes élèves tous les jours, peut-être qu’ils m’oublieront comme un vieux ticket de parking délaissé au fond d’une voiture… (quelle comparaison poétique n’est-il pas !) Mais, admettons qu’ils gardent de moi une vague image floue comme l’est celle que je conserve de ma maîtresse de CP : je suis contente de leur donner les clés qui vont peut-être, un jour, leur permettre de dévorer tout Harry Potter… ou le Kama-sutra !

Gaëlle : Ma maîtresse de primaire, ça a été la même tout du long ; et elle a joué un grand rôle dans ma découverte de la lecture. A l’école il y avait les J’aime Lire dont je raffolais et le bibliobus venait quelquefois mais je ne me souviens plus de la fréquence… C’était un évènement ! Elle s’appelait Marie-Noëlle et elle était bretonne, elle nous apprenait des chants marins alors que nous étions dans la montagne… Quand elle a pris son congé parental elle a été remplacée par Marie-France qui nous a lu un livre que je n’ai jamais oublié et que j’ai racheté depuis ! Il s’agit d’un J’aime Lire qui raconte la vie des enfants des rues au Caire. J’adorais la manière dont la maîtresse prononçait les prénoms maghrébins des héros, ça m’emmenait en voyage. Je l’ai relu, adulte, avec le même plaisir et une émotion semblable.

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Les petits mégots, J’aime Lire n°78, de Zaü et Nadia (toujours disponible et sans cesse réédité !)

Gaëlle : La personne qui m’a vraiment encouragée dans la lecture c’est une de mes tantes. Elle avait chez elle plein de livres qu’elle gardait pour nous, ses neveux. La plupart c’étaient les collections de son enfance qu’elle nous transmettait, elle aimait beaucoup les BD. Elle avait des tas de collections complètes : Sylvain et Sylvette, Fripounet et Marisette et ceux que j’aimais par dessus tout : la série Lili, d’Al. G. Elle possédait aussi dans la même série tous les Aggie mais j’ai toujours eu une préférence pour l’espiègle Lili. J’ai dû lire 20 fois chaque numéro, sans exagérer. Il y en a même un qu’on avait appris par cœur avec ma cousine, c’était Lili au théâtre. On connaissait toutes les répliques de la pièce que jouaient les personnages !

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Lili en Espagne,  d’Al. G, Société parisienne d’édition, Paris, 1986.

 

Gaëlle : Et toi Déborah, est-ce un personne en particulier qui t’a « refilé le virus » ?

Déborah : Non, personne. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi certains préféraient passer du temps enfermés à lire alors qu’on pouvait faire du roller dans les rues avec les copains. Ce n’est qu’à l’adolescence que je me suis mise à lire des livres typiquement ciblés ados : Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée ; L’herbe bleue ; Junk de Melvin Burgess et autres histoires de drogués. Et puis, j’ai eu besoin de ma dose, je me suis mise à me shooter avec n’importe quoi : du Nothomb, du Levy… puis des classiques, tous les classiques possibles. Ça y est, j’étais lancée !

SÉQUENCE ÉMOTION !!!

Gaëlle : Il y a peu j’ai retrouvé MON LIVRE PRÉFÉRÉ DE TOUTE MA VIE (D’ENFANT) dans le grenier de mon papa… Quand je l’ai vu, j’ai failli pleurer. Suspense ! Le voici :

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Quatorze ours en été, d’Evelyn Scott et Virginia Parsons, éditions Deux coqs d’or, 1974.

Dedans toutes les pages sont hypnotisantes, mais j’ai un faible pour celle où l’on voit tous les ours dans leur habitat :

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Gaëlle : Ça te fait ça aussi Déborah quand tu revois des choses que tu avais petite et qui t’étaient sorties de l’esprit ? Une émotion immense et les souvenirs oubliés qui ressurgissent ? Avais-tu un livre fétiche ?

Déborah : Bien sûr ! Depuis que j’ai une petite fille, ma mère ne cesse de fouiller dans sa cave afin de ressortir de vieux trucs moches… qui m’émeuvent intensément ! Les livres (sans vouloir trahir encore une fois mon peu de rides) n’ont pas tant changé depuis que je suis petite. Ce sont presque les mêmes éditions. Pour ce qui est du livre fétiche, apparemment, j’adoooorais Norbert peint d’Antoon Krings. Mais très honnêtement, je n’en ai strictement aucun souvenir.
J’aimais beaucoup Le cadeau du petit paon et tous les livres de la collection « Un pays, un conte ». Ce petit paon, c’était mon préféré. J’avais envie de le sortir du livre et de lui faire des gros câlins.

paon

Le livre fétiche de Déborah quand elle était (déjà) petite.


Et, j’ai été très émue lorsque j’ai retrouvé Le magicien aux étoiles. C’est le livre que me lisait toujours mon père lorsque je dormais chez lui (mes parents sont séparés). Le livre a été perdu pendant un déménagement mais, il y a quelques années, j’ai cherché partout pour le retrouver. Évidemment, j’avais oublié le titre et je ne connaissais pas le nom de l’auteur, ce qui m’aidait beaucoup. Après moult péripéties, je l’ai enfin eu entre les mains ! Quelle émotion ! Et c’est là que je me suis rendue compte que mon père ne lisait pas le texte qui était écrit mais inventait totalement autre chose à partir des images ! J’étais bouleversée !

magicien

SÉRIES ET COMPAGNIE…

Gaëlle : J’ai également beaucoup eu recours aux livres de ma grande sœur… Elle avait tous les Martine, comme bien des filles des années 70 ; et j’adorais particulièrement les très vieux qui avait un genre de damier sur les pages intérieures. Ceux où elle a les cheveux courts comme dans Martine petite maman. Je crois pouvoir me remémorer les détails de certaines pages par cœur ! Comme celle-ci qui m’émerveillait et je le crois, me fait encore le même effet aujourd’hui…

T18_4ill. Marcel Marlier,  Martine petite maman, Casterman, 1968.

De nos jours, il ne me viendrait jamais à l’idée de conseiller un Martine, je crois que j’ai oublié mes émotions d’enfant ou bien que je suis devenue snob ou prétentieuse ! C’est peut-être une erreur… mais je trouve les récents Martine terriblement vilains et mal illustrés. Déborah, as-tu eu toi aussi ta dose de Marine et crois-tu qu’on est trop sévères de nos jours avec ces séries « populaires » ?

Déborah : Eh bien non ! Je suis passée totalement entre les gouttes des Martine et compagnie ! J’étais par contre fan des Max et Lili ! Pour ce qui est de mon avis… je vais tenter de synthétiser. Alors certes, Machin va sur le pot ne va pas bouleverser le monde de la littérature. Déjà, Machin est toujours un garçon, il finit toujours par faire bien caca dans son pot et utiliser un livre pour parler du quotidien aux enfants détourne le rôle de créateur d’imagination des œuvres littéraires. Bon. Mais voilà que ma fille est totalement accro à Petit Ours Brun. Alors quoi ? Devrais-je lui arracher des mains et censurer (oh ! censurer, que c’est vilain !) un livre que je juge, moi parent prescripteur, moins bon qu’un autre ? Diantre non. POB a aussi ses fonctions rassurantes, permet de poser les bases d’une structure de récit classique tout en permettant une première identification du lecteur au personnage principal l’impliquant ainsi émotionnellement. Je vais donc conclure sans être dithyrambique. Elle veut lire Petit ours refuse la drogue, il préfère l’aide humanitaire ? : qu’elle s’en gave jusqu’à l’indigestion. J’en connais bien qui ont lu Cœur grenadine

Gaëlle : Oui, tu serais mal placée ! Je ne suis pas certaine d’avoir lu des Coeur Grenadine mais je suis passée par les Chair de poule et j’ai ensuite enchaîné avec une bonne partie de Stephen King même si j’en pleurais de peur sous mon édredon…

Parmi les autres séries que ma sœur possédait, en voici quelques-unes qui ont retenu mon attention  :

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La ville, d’Alain Grée, Casterman, 1973.

Les livres d’Alain Grée sur la ville, la montagne, la mer… Je suis toujours admirative des illustrations d’Alain Grée, comme si leur modernité ne pouvait jamais se faner.

Après les Martine, nous avions quelques Caroline, que j’aimais beaucoup moins ! Dans Caroline à travers les âges, il y a une image qui me faisait vraiment frissonner…

imageimage

 

 

 

 

 

 

 

 

Celle où le gentil chat se fait arracher un dent sans anesthésie sur la place publique… Le pauvre !

Pour finir, je ne vais pas être originale mais j’étais une fan absolue de la Bibliothèque verte et Rose de chez Hachette. Mes séries préférées étaient Les 6 compagnons, Le club des cinq et Alice. Tout comme les Lili et Aggie cités plus hauts, je les ai tous lus plusieurs fois chacun… C’était vraiment la misère ! Quand je pense à tout ce qui existe maintenant…

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Déborah : (Ceci dit, maintenant, il existe aussi ça : ne te fouette donc pas trop) titeuf

La bibliothèque Rose version « de nos jours » (pas tout à fait car depuis la couverture a encore changé…) Que peuvent faire mes bons vieux Six compagnons face à Titeuf en tutu ?

 

LES INAVOUABLES/LES TRAUMATISMES

Gaëlle : J’avais aussi un minuscule livre d’Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll publié chez Deux coqs d’or. Je le lisais quand même car je n’avais pas grand chose à me mettre sous la dent. Rappelez-vous, pour peu, je lisais le bottin. Toutefois, je confesse ici que j’ai toujours eu HORREUR de cette histoire, mais bon, comme pour Le Petit Prince ou Claude Ponti ; ça ne se dit pas trop.

imageAlice au pays des merveilles, Lewis Carroll, éditions des Deux coqs d’or, série Bleue 1968.

Par ailleurs j’étais également tétanisée par deux histoires La chèvre de Monsieur Seguin et Poucette, je ne comprends pas pourquoi on lit ces atrocités aux enfants !!! Concernant La chèvre, c’était surtout l’histoire qui me faisait frémir. Poucette, c’étaient les illustrations qui me terrorisaient. Il y avait une grosse taupe et une hirondelle qui semblaient gigantesques à côté de cette brave Poucette et sa coquille de noix. BRRR !!!!! Je n’ai jamais lu ces histoires à mes fils mais j’ai pu constater qu’ils ont adoré les contes traditionnels bien qu’on y trouve notre lot d’atrocités dedans…

Déborah : Je n’aimais pas du tout non plus Alice aux pays des merveilles. J’ai en revanche toujours aimé Le petit prince depuis que j’ai entendu la version audio. J’entends encore aujourd’hui les voix du CD lorsque je lis le livre. Pour poursuivre tes souvenirs de série, j’aimais beaucoup ce titre :

chair de poule

… Et je n’en ferai donc pas de commentaire…

Gaëlle, je vous te remercie pour ce voyage dans le temps. Je n’ai reconnu ni ton Mico ni ton Jojo mais je suis ravie d’avoir pu découvrir quelques-unes des lectures de jeunesse qui ont sans doute contribué à éveiller aujourd’hui ta curiosité permanente pour la nouveauté et l’éclectisme. Gageons que nos lectures à venir continueront de nous émouvoir ! Je suis en tout cas certaine que la lecture accompagnera encore longtemps nos chemins. Puissent-ils se recroiser ! (NDLL, Déborah attend toujours mon mémoire de M2…)

Merci Déborah d’avoir participé à cette rubrique !

Takahata, Miyazaki et Ghibli, c’est par ici !

30 jan

miyazaki

Le voyage de Chihiro

Si ce n’est déjà fait, hâtez vous d’aller découvrir les esquisses des films du génial dessinateur, réalisateur, « animateur », Miyazaki, au musée des Arts ludiques, à Paris.

Après le 1er mars 2015, ce sera fini…

Cette exposition présente, en fait, 1 300 dessins originaux issus du studio japonais Ghibli et réalisés par Isao Takahata ou Hayao Miyazaki. Ils permettent toute à la fois de découvrir le travail de ces grands dessinateurs, mais aussi d’entrer dans l’univers de la création de célébres films d’animation comme « Mon voisin Totoro », « Le tombeau des lucioles », « Ponyo sur la falaise »… et bien d’autres.

Pour en savoir plus, sur le site du musée : http://artludique.com/ghibli.html

Ou naviguer sur le site français du studio : http://www.studioghibli.fr/

miyazaki 2

Le château dans le ciel