Des livres en construction aux Trois ourses

18 mai

Depuis près de 30 ans, l’association Les Trois Ourses défend des livres pensés par des artistes pour les enfants, par le biais d’expositions, de formations, d’ateliers, et encourage la création en écoutant, conseillant, diffusant et parfois éditant ou co-éditant certains projets singuliers.

Du 28 au 31 mai 2015, Les Trois Ourses organisent la première édition du festival « Des livres en construction ». Depuis quelques temps, l’association a mis de côté une série de projets qui rappellent l’ambition des Prélivres de Bruno Munari : décortiquer ce qu’est le livre, jouer avec, explorer les sens de lecture. 

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À partir de ces projets imaginés par de jeunes artistes, à la lisière entre le livre et l’objet, Les Trois Ourses proposent aujourd’hui de s’interroger sur la naissance de livres atypiques. L’occasion de faire se rencontrer créateurs, éditeurs, amoureux du livre, et d’échanger avec ces acteurs différents mais complémentaires, et révéler un panorama d’expériences de productions, une réflexion sur le livre artistique, de sa création à sa diffusion.

Trois temps forts rythmeront ces quatre jours : des rencontres au Studio 13/16 du Centre Pompidou avec Les Trois Ourses, Ramuntcho Matta, Pietro Corraini, Gianpaolo Pagni, Marion Bataille et Julien Magnani, une exposition à la galerie des Trois Ourses de projets originaux à la librairie-galerie des Trois Ourses présentant le travail de Marc-Amaury Legrand, Sophie Cure, Esther Jappert, Camille Renault, Émilie Le Gulvout & Margot Pons, Éric Singelin, Anne-Émilie Philippe, Lucie Trachet, YooJoo Song, Aurélie Pertusot et enfin des ateliers pendant le week-end  PAR les artistes POUR enfants et adultes à La petite école des Trois Ourses.

Plus d’infos sur les artistes et leurs univers sur la page facebook et programme détaillé ici! 

Lectures d’enfance : la doc-doc-doc !

7 mai

Évoquer ses lectures d’enfance, c’est comme faire un flashback. On re-découvre ce qu’on lisait, on jubile, on s’émeut, on rajeunit ! On « rah je lis » !!

On fouille dans ses souvenirs, dans ses cartons, voire dans les malles du grenier familial. Et on s’immobilise, on regarde, on touche, on sent. Les émotions sont toujours là, juste enfouies. Une lecture d’enfance, et hop, on redevient une gamine, celle qui – quand elle était petite – se disait « moi quand je serai grande,…

… Je serai modulable ! »

Barbapapa

Je serai un Barbapapa, et tant qu’à faire un Barbidou. J’aimais leur côté aventurier, l’art de se dépêtrer de n’importe quelle situation et cet amour et prise de conscience pour la nature, l’écologie. Je suivais leurs histoires avec passion dans le fameux « Recueil du journal de Barbapapa« . Un tel fanatisme que lors d’un Noël de mon enfance, mon parrain m’en offrit une peluche. Souvenir intense ! 

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Talus TAYLOR (qui nous a quitté il y a peu de temps) écrivait en 1978, « L’esprit de famille et l’ingéniosité des Barbapapa triompheront toujours de l’adversité ». Wahou !!  Aujourd’hui, je ne suis pas devenue José Bové, certes, et je ne peux me transformer à tout moment … quoi que… mais j’espère en tout cas être assez « ingénieuse », pour m’adapter, réfléchir et agir dès que le besoin s’en fait ressentir.

… Je serai une princesse ! »

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Mais pas n’importe laquelle, celle dont M. Voiturier nous parlait chaque jeudi (ou alors était-ce le mardi ?). M. Voiturier, mon maître de CE2, avait absolument et toujours raison, même chez nous, à la maison quand je disais à mes parents et frère et soeur : « Si c’est vrai, c’est M. Voiturier qui l’a dit !! ». Et mon cher maître nous proposait d’emprunter des albums, chaque semaine, dont la miséreuse et fabuleuse Cendrillon. Moi je frémissais à chaque fois qu’il le citait, le titre de ce conte, m’appelant Sandrine… un début de Cendri… llon ! Une lecture de petite fille, qui rêve, se projete. Rien d’anormal ! Et qui découvre que la pantoufle n’est pas en verre mais en vair. Révélation ! Aujourd’hui, j’ai bien trouvé mon prince charmant et m’étonne de ne pas avoir lu aussi souvent, « Sissi impératrice« . Il est né en Hongrie !

… Je détesterai les crocodiles, les méchantes dames et la malveillance ! »

Bernard et Bianca

Et j’apprécierai les souris, comme Bernard et Bianca ! Oui les histoires de Walt Disney, nous en lisions beaucoup déjà et oui, nos parents nous emmenaient aussi les voir au cinéma. Et au cinéma, quand on est toute petite, il est possible de se cacher pendant un bon moment derrière les fauteuils pour éviter les affreux yeux jaunes et crocs de Néron et Brutus ! Il y est également possible de défier Médusa. Et on se prend à vouloir défendre l’orpheline… On apprend que même si on est petit, nombreux et solidaires, on peut faire des choses extraordinaires. On découvre des noms de personnages attachants, comme Orville, l’albatros, Evinrude, la libellule. On comprend le pouvoir de l’imagination et de la narration. Chouette ! Aujourd’hui, je continue à regarder des dessins-animés (oui et alors ?) mais pas que du Disney. J’apprécie plus que tout leur variété. D’ailleurs, on les appelle plutôt des films d’animation. Et pour ceux qui nous racontent ces histoires, nous font vivre des aventures de jeunesse, peu importe les nationalités : tchéques, japonais, américains, anglais, français… Les messages sont universels et l’image, indifféremment fixe ou animée, continue à nous fait rêver.

… Je serai une montagnarde ! »

Heidi_Dessin Heidi_Film

Et là, immédiatement, vous vient cette petite mélodie « Heïdi, Heïdi, petite fille des montagnes… ». Selon les versions, Heidi n’est pas tout à fait la même petite fille (cf. couvertures d’albums ci-dessus). Elle peut être tantôt vive, espiègle, proche de son grand-père, coquine avec Pierre (« Le roman de Heidi »), tantôt « lissée », serviable, bien coiffée (« Heidi et Nora »). Heidi, c’est surtout l’histoire d’une amitié qui nous est contée et un échange possible malgré le milieu social et une éducation différente. Chacun peut nourrir l’autre, et vice versa. Mince alors ! Aujourd’hui, je ne suis pas chevrière dans les Alpes, j’habite plutôt au bord de l’eau… mais quand je vois quelques sommets à l’horizon, une ritournelle peut encore venir – à l’improviste – me titiller… « Heidi, Heidi… »

… J’aurai un prénom qui finit en -ine ! » (ah non, ça, c’est déjà fait !)

Martine

Caroline

Ben oui, parce que je ne peux vous cacher, que les Martine, Caroline, et tout le toutim ont bien fait partis de mes lectures d’enfance. Des albums cartonnés, de courtes histoires, parfois sexistes (c’est vrai, c’est vrai) mais que pourtant tout le monde connaît ! D’ailleurs, ces personnages sont souvent plus connus que leurs créateurs. Qui pourrait – sans se précipiter sur Wikipédia of course ! – annoncer directement les noms des auteurs et dessinateurs, ici, maintenant ? Le plus surprenant de ces histoires, étaient pour moi, ce sentiment de liberté. Elles faisaient ce qu’elles voulaient, Caroline et Martine, dirigeaient leur vie comme elles l’entendaient, voyageaient, s’amusaient, découvraient et sans que les adultes – un peu présents quand même – soient exigeants, pénibles, intransigeants. Rébellion !!! Bon OK ce n’était pas non plus des grandes lectures révolutionnaires mais ça donnait quelques idées… Aujourd’hui, plus de Caroline, ni de Martine, juste moi, Sandrine !

… Je saurai prendre des risques ! »

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Quand j’étais petite, on avait pas tant de BD à se mettre sous la dent… Alors parfois, on piquait celles des plus grands découvrant parfois l’univers bien sombre de Canardo (SOKAL) mais emmenée aussi – pour ma part – par les aventures « mécaniques » de Julie WOOD. Belle, grande, blonde, audacieuse, un brin casse-cou, elle me donnait l’envie de se surpasser, de vitesse, de compétitivité mais surtout aussi de s’affirmer, de vivre ses passions, de foncer. Impossible d’être aussi séduisante et charismatique, assurée et spontanée, je savais quand même à l’époque que je ne lisais que de la fiction… Bref, un monde comme ça, ça n’existe pas. Ah ouais ? Mais en tout cas, ces lectures, c’était pour moi un vivifiant. Je m’y voyais, je m’y croyais pourtant. Aujourd’hui, je n’ai toujours pas mon permis moto. La vitesse parfois m’effraie, je suis nulle en mécanique basique. Mon terrain de prédilection est plutôt aquatique. Du coup, je me laisse porter. Mais relever des défis, j’ai toujours aimé et ça se poursuit.

… Je serai pleine de curiosité ! »

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Et enrichie de tant de lectures, de titres de romans inscrits dans les célébres collections « Castor poche » et « Le livre de poche jeunesse ».


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Et je ne saurai dire si nous en avions un abonnement et si j’avais tout lu à l’époque, mais les vitrines de la bibliothèque familiale en contiennent une sacrée série. Ainsi, qui n’a jamais lu « Mon ami Frédéric » ? Évoquant avec justesse et dureté la montée du nazisme (le récit commence en 1929) et de l’anti-sémitisme en Allemagne, ainsi que la fraternité mais aussi la cruauté et la bêtise humaine. Écoeurement ! Aujourd’hui, il me semble que ces sujets sont toujours d’actualité. Consternation !! Et puis, dans cette collection, j’avais lu et aimé aussi « L’autre » d’Andrée Chedid. Qui aurait pu me dire d’ailleurs, que par la suite j’adorerai aussi les textes de son petit-fils, famille imprégnée de poésie. Là encore il s’agit d’une histoire de tolérance, de respect de l’Altérité. Aujourd’hui, je tente du mieux possible de diffuser ces messages auprès de mes « nombreux » adolescents (élèves et enfants), répétant ce que j’ai pratiqué et pratique encore moi-même : des lectures à outrance, pour apprendre, découvrir, connaître, respecter, apprécier, s’imprégner, voyager, avancer, grandir, vieillir…

Alors je sais aussi que quand je serai grande… Je serai grand-mère ! »

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Et que je me soucierai – forcément – de l’envie de lire de mes petits-enfants. Au mieux, je les abonnerai à Astrapi car c’est ce que ma grand-mère a fait, baignant nos moments d’enfance des histoires de Touffu, des Copains des tilleuls mais aussi de l’inusable Marion DUVAL. Lors des rencontres entre cousins et cousines, nous les échangions, les relisions, les dévorions, allongé(e)s dans la chambre des uns ou des autres, sur les canapés de mamie, dans les jardins des oncles et tantes. Émotion ! Et pour mes petits-enfants, si ça ne leur suffit pas, je leurs proposerai aussi une montagne d’albums et d’ouvrages ludiques, interactifs, esthétiques, artistiques… toujours magnifiques !

Car c’est sûr, demain, les lectures d’enfance continueront à donner du plaisir : celui de LIRE !!!

Et parce qu’il faut bien terminer ce post un jour ou l’autre… je vous offre une dernière lecture de mon enfance…

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… dont la couverture a bien moins vieilli que son histoire… Ça, c’est de l’authentique !!

Et comme petite j’étais, et grande je le reste – joueuse   je vous le donne en mille : Qui a écrit le Magicien d’Oz ???

Chaque soir à onze heures et Le jardin de minuit (ou : Des pendules dans la BD.)

1 mai

Étonnamment, deux des meilleures BD lues ces derniers jours ont pour point commun une pendule mystérieuse…

Autre point commun, toutes deux sont adaptées de romans jeunesse, l’un que j’avais lu et chroniqué, l’autre que je ne connaissais que de nom.

Le premier est le roman de Malika Ferdjoukh Chaque soir à onze heures, adapté en BD par Eddy Simon et illustré par la talentueuse Camille Benyamina

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Le second est Tom et le jardin de minuit, roman de Philippa Pearce paru en 1958 et toujours disponible chez Folio junior. Il est ici sublimement adapté par Edith  (faut-il encore présenter Edith?) sous un titre un peu plus court.

Ces deux albums ont pas mal de choses en commun (en plus de la pendule…) Je pense par exemple qu’ils s’adressent à un large public, allant bien au delà des enfants pour Le jardin de minuit et des adolescents pour Chaque soir à onze heures. Parce qu’ils ont cette magie qui fait qu’ils vont toucher toutes personnes sensibles à la beauté des images et un récit suffisamment intrigant et cohérent pour capter toutes les attentions.

Du côté de Philippa Pearce et Édith, la pendule est un détonateur pour se faufiler dans le fantastique. Lorsque Tom entend sonner les douze coups de minuit, il s’enfuit de sa chambre pour ouvrir une porte qui mène dans un jardin fabuleux. Là, au milieu des pelouses, des fleurs et des arbres il croit être invisible. Là, le temps s’écoule à une autre vitesse, il file comme le vent ! Tom rencontre une jeune fille, Hattie, qui revêt une apparence légèrement différente selon les jours. Au fil de la lecture on découvre qu’elle vieillit, ce qui n’est pas le cas de Tom qui reste un petit garçon.

imageTom et Hattie (et un pouce) dans le merveilleux jardin imaginé par Édith

Alors qu’il pensait s’ennuyer chez son oncle et sa tante, Tom vit un été merveilleux. Il partage ses secrets à propos de ce jardin magique dans une tendre correspondance avec son frère convalescent resté au domicile familial. Tom ne veut plus rentrer chez lui et cherche à profiter tant qu’il peut de ce jardin, de sa jeunesse…
Un jour il devra faire le deuil de ces vacances magiques et rentrer chez lui, grandir et devenir un adolescent, puis un adulte ! Et oui Tom, toi aussi tu vas y passer un jour…

Les illustrations d’ Edith sont comme à l’accoutumée sublimes. Pleines de tendresse envers les enfants, leur rendant un sublime hommage. Avec Édith, l’enfance parait toujours merveilleuse et ça fait tellement de bien ! Une grande dame de la BD dont on ne parle sûrement pas assez.

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La pendule bizarre de la famille Fils-Alberne…

Dans l’adaptation de Chaque soir à onze heures, la pendule est plus inquiétante. Située dans la demeure étrange des enfants de l’illustre famille Fils-Alberne baptisée Fausse-malice, la pendule se grippe tous les soirs à 23h. C’est étrangement à 23 h que madame Fils-Alberne s’est suicidée il y a quelques temps de cela. Cela effraie beaucoup la benjamine de la famille, Marni, qui ressent toutes les nuits une présence inquiétante dans sa chambre.
Elle a de quoi être angoissée la petite… Les deux parents morts suite à une sordide affaire, elle vit accompagnée de ses frères et domestiques dans une grande maison un peu antique… Régulièrement, ils reçoivent des menaces ce qui n’est pas pour les rassurer. Mais cet album n’est pas angoissant pour autant. C’est aussi et avant tout un portrait moderne des ados d’aujourd’hui. L’héroïne, Willa, semble tout droit sortie d’une virée chez H et M. Tandis que son amie Fran, héritière d’une famille possédant de célèbres hôtels semble plutôt habituée à des marques un peu plus luxueuses. Les héros, au réalisme époustouflant, évoluent dans un Paris de rêve où les lumières jaillissent de toutes parts ; même dans la pénombre la plus inquiétante. Fran est un genre de pin-up contemporaine et Willa une fille à laquelle on peut facilement s’identifier.

 

Fran la pin-up version 2015  et son frère Iago vus selon Camille Benyamina

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Willa sur les toits de Paris sublimés par l’illustratrice…

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La prochaine fois je vous parlerai d’une série qui devrait aussi plaire aux filles adolescentes et qui traite d’une lycéenne capable de dialoguer avec les morts. Sa vie d’ado insouciante va être perturbée par ce don mais lui permettre de fantastiques rencontres.

C’est palpitant, superbe et ça s’appelle Bouche d’ombre. Une série illustrée par Maud Bégon et écrite par Carole Martinez (oui, la dame qui écrit de très bons romans). Le lien renvoie vers une interview tellement géniale que je me demande su c’est bien encore la peine d’écrire un article !

 

Et ça c’est la couverture du tome 2 tout juste paru cette semaine, juste pour vous mettre l’eau à la bouche !

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Le jardin de minuit d’Edith est publié chez Soleil dans la collection Noctambule. 100 pages de lecture pour 17,95€. Conseillé dès 8/9 ans et sans limite !!!

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina est publié chez Casterman. 96 pages pour 18€. Conseillé dès 12/13 ans et sans limite !!!

Des livres enjoués

27 avr

Fables et contes ont inspiré le concept de cette série sobrement baptisée »Contes et Jeux ». Purple Brain créations est l’éditeur de jeux de société français derrière ces jeux qui ressemblent à des livres ; en effet, la boîte imite les ouvrages dans la tradition des beaux livres anciens reliés plein cuir et tranches de têtes dorées. Benoît Forget, l’éditeur, sollicite des auteurs qui tâchent d’extraire l’essence ludique d’un conte ou d’une fable et d’en trouver les mécaniques de jeu qui collent au thème. Chaque jeu est accompagné d’une version superbement illustrée du célèbre texte dont il est adapté.

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Les trois petits cochons, Laurent Pouchain illustré par Xavier Collette: Jeu de construction à base de cartes et de dés

Baba yaga, Jérémie Caplanne illustré par Vincent Joubert: Jeu de mémoire et de rapidité

Le lièvre et le tortue, Gary Kim illustré par Mathieu Leyssenne: Jeu de parcours et de course

La cigale et la fourmi, Yoann Levet illustré par Naïade: Jeu de collecte

Le petit chaperon rouge, Annick Lobet illustré par Jérémie Fleury: Jeu coopératif

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Sont prévues 2 sorties par an dans cette gamme de jeux familiaux dès 6/7 ou 8 ans au prix de 22,95 € environ. En préparation: Le corbeau et le renard, Le joueur de flûte, Jack et le haricot magique.

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Mamie passe le bac

21 avr

Un coup de coeur et un coup de gueule en même temps, ce n’est pas courant…

« Mamie passe le bac« , c’est d’abord un coup de coeur pour une illustration de 1ère de couverture. Voyez plutôt !

Numériser

ill. de Béatrice Sautereau

 

Comment ne pas avoir envie de découvrir la vie de cette mamie, pensive, déjà bien sympathique et sûrement aussi dynamique que les couleurs qui l’agrémentent, alors qu’elle vous interpelle par ce « mamie passe le bac : ça vous pose un problème ? »

Cette « petite » mamie, c’est Mady et elle a donc décidé de passer les épreuves du bac de français, en candidat libre. Le hic – oui il y en a un – c’est qu’elle a une petite fille, Maëlys, 16 ans, qui prépare aussi ces fameuses épreuves. Et cette dernière n’apprécie pas du tout, mais alors pas du tout, ce qu’elle considére comme un délire, un caprice, une blague de mauvais goût. Maëlys vit avec sa maman, Magalie, divorcée qui elle, approuve tout à fait cette décision et admire, du coup, sa mère. Trois voix, trois femmes, trois générations, pas toujours les mêmes préoccupations et pourtant plus de points communs qu’elles n’en ont conscience elles-mêmes. Chacune se confie soit à son journal intime, soit à son blog. Chacune échange, fait part de sa mauvaise humeur (l’ado), de ses doutes (la maman), de ses nombreux efforts (la mamie). Chacune utilise les moyens de communication qui lui sont propres. Au début en tout cas… et puis Gwladys Constant bouleverse tout. L’ « ordre normal » des choses n’a plus lieu d’être. Une mamie qui passe le bac et qui s’inscrit sur facebook, une petite-fille qui l’aide et qui l’accepte comme « amie », une maman qui vit une histoire d’amour adolescente… Est-ce qu’on doit rester à sa place ? Mais où est sa place ? Et comment trouver sa « vraie » place ?

C’est un récit dynamique, pas d’ennui et une alternance des voix qui s’imprègne tout à fait de cette diversité de la communication d’aujourd’hui : sms, résaux sociaux, lettre, post-it, blog… C’est un récit frais et enjoué. J’y trouverai des similitudes avec les périples de Maxime, de « Comment (bien) rater ses vacances ». On rit beaucoup, on trouve certaines situations absurdes et pourtant pourquoi pas ? Chacun finit par trouver sa place, et surtout ne rien regretter, vivre et profiter. Bon certes, l’inévitable happy-end peut contrarier mais quand tout se passe bien dans la vie, que chacun finit par se trouver, ça peut exister ! Quand il y a de l’optimisme, ne le cachons pas !!

 

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1ère de couverture

 

Alors le coup de gueule, me direz-vous ? Ah je vois que vous suivez… Il est davantage du côté de la sélection du prix Chronos 2015, que vous pourrez trouver par ici : http://www.prix-chronos.org/selections/

En effet, quel dommage que « notre » mamie n’ait pas été retenue pour cette sélection alors que la thématique de l’inter-générationnel est bien plus qu’explicite dans ce roman. Chaque année, je guette et je lis avec impatience les titres de la sélection Chronos (6ème-5ème et 4ème-3ème, correspondant davantage avec mon public professionnel) et Oskar m’avait habitué à mieux, je dois le dire. Dans les autres romans de la sélection, chez cet éditeur (je précise), je n’ai pas autant ressenti que dans ce récit bien mené de Gwladys Constant, une vraie question de société sur la transmission des savoirs, l’échange grands-parents / petits-enfants et le problème du vieillissement. Des récits sympathiques certes, mais moins emballants. Alors attendons le mois de mai pour connaître les prix 2015 et croisons les doigts pour une sélection 2016 au top, comme c’est souvent l’habitude !

Quant à Gwladys Constant, je ne serai pas surprise de la revoir un de ces jours sur l’OL… Et je vous conseillerai déjà du même auteur « L’oncle Mika », toujours chez Oskar dans la collection « Court-Métrage », un petit récit sur l’homophobie.

Ou verra-t-on peut-être un jour Mady revenir et passer le Bac général, la licence, le Master… ?? Une autre occasion de dé-lire… r ! Ben quoi ? Ça vous posera, de nouveau, un problème ?

Gwladys CONSTANT, Mamie passe le bac, Oskar.

Séquence Littérature/Production d’écrits sur la lettre : Je t’écris, Rascal

17 avr

Lors de la dernière période nous avons travaillé sur la lettre. Je partage donc avec les lecteurs de l’Ouvre-livres la séquence élaborée pour le cycle 2 (CE1). Nous nous sommes imprégnés des éléments de ce type de texte par différentes lectures d’albums, de romans et nous avons étudiés l’album de Rascal, Je t’écris.

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Cet album rassemble de nombreuses lettres écrites par différents personnages. Martine Gravillon écrit au Père Noël, Lucas écrit à son copain Loïc, Abel écrit à son ancien maitre de CM1…… L’univers de Rascal est perceptible autant dans les personnages qui, bien que jeunes, ne sont jamais naïfs, dans les illustrations qui jouent avec les lettres juxtaposées…..Les thèmes sont graves (la guerre, le divorce, la différence…) et le jeu poétique avec les mots est présent dans chaque missive.

Au début, je pensais ne faire lire que quelques lettres, mais ce sont les élèves qui en ont fait la demande, ayant saisi qu’il y avait quelque chose à deviner à travers les mots….qu’ils avaient des liens à établir entre les lettres.

Parallèlement nous avons écrit un message aux parents, une carte postale et enfin une vraie lettre. Tous ces courriers avaient de vrais destinataires, les deux derniers écrits ayant été postés . En arts visuels, nous avons découvert l’art postal et ces œuvres magnifiques et nous avons tenté de créer notre enveloppe, à l’aide de collage, peinture, coloriage …..

Bref un projet bien sympa, avec comme point central, la littérature jeunesse.

La séquence est  ici.

Les ateliers sont  là.

En lecture libre, les élèves avaient à disposition

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Il s’agit d’un recueil de lettres et autres cartes postales, télégramme entre un enfant et une maîtresse. Le directeur invite l’enfant à effectuer sa rentrée scolaire. L’enfant répond à sa maîtresse en trouvant de multiples excuses abracadabrantes pour son retard:  mission secrète, randonnée en Amazon… album accessible aux faibles lecteurs.

Je_t_ecris_j_ecris  Je t’écris, j’écris, Geva Caban et Zina Modiano , Gallimard Jeunesse, 2002.

Une petite fille en vacances  écrit des lettres à son amoureux. Petit roman plutôt utilisé en CE2 ou alors avec des lecteurs aguerris en cette période 4.

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Le gentil facteur, Janet et Allan Ahlberg, Albin Michel Jeunesse, 2005.

L’incontournable album du gentil facteur qui apporte des lettres aux personnages de contes. Epuisé, il faut fouiller dans les bibliothèques pour le trouver. Texte adapté aux jeunes lecteurs avec (ce n’est parfois pas du luxe) rappel des différents contes.

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Les lettres de Biscotte Mulotte, A.M.Chapouton, Flammarion, 2014.

Une petite souris laisse des lettres aux élèves d’une classe. Petite histoire bien sympathique . De nombreuses exploitations en ligne.

En lecture offerte, j’ai proposé:

Joly-Qui-A-Pique-Le-Courrier-Livre-895863821_ML Qui a piqué le courrier de la classe verte? Nicolas de Hirsching, Fanny Joly, Casterman, 2001.

 

Je finirai cet article avec un lien vers le Festival de la correspondance organisé à Grignan (Drôme) qui verra pour la première fois la participation des écoles. (Merci Marie pour l’info!)

http://www.grignan-festivalcorrespondance.com/

 

Tous à vos lettres !

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Bibliographie sur la correspondance:

http://www.ricochet-jeunes.org/themes/theme/180-correspondance/page/9

Albums & DVD

6 avr

Quel illustrateur n’a pas rêvé un jour de voir bouger ses images ? Les 4 illustrateurs qui vont suivre ont eu la chance de réaliser ce type de projet en publiant leur album accompagné d’un court-métrage. 

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La mare aux têtards, Guillaume Delaunay, Autrement Jeunesse, 2010, 18 €

Gobi le triton vit dans sa mare avec une bande de têtards et d’autres petites bêtes aquatiques. Il aime faire sa sieste sur une feuille de nénuphar, mais tout le monde semble vouloir l’en empêcher: têtards, pluie, carpe… 

A l’origine de cet ouvrage, il y a un dessin animé créé par Guillaume Delaunay et le studio d’animation et de création La Station Animation. Une vingtaine d’épisodes ont été écrits et présentés à différentes chaînes de télévision mais…C’est le projet d’album qui a vu le jour! Pour autant, le pilote d’environ 3 mn est présenté en DVD dans l’album où sa technique d’aquarelle se prête parfaitement au microcosme de la mare.

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Beau voyage, Samuel Ribeyron, Editions Corridor, 2010, 18 €

Beau voyage raconte une histoire d’ amitié entre un enfant et son grand-père pépiniériste. Pour faire le tour du monde, il faut une boussole dans son coeur et un compas dans l’oeil. Il faut connaître le nord, le sud, l’est, l’ouest et les cinq continents. Ce grand-père connaît tout ça depuis longtemps…
 
L’album est accompagné d’un DVD qui prolonge l’histoire du livre dans un film d’animation d’environ 8 mn réalisé en animation volume. Il a été publié aux éditions Corridor qui offrent une belle collection intitulée  » Un petit court et puis… ». Il s’agit donc de livres illustrés accompagnés d’un film d’animation sur support DVD. « Les éditions Corridor proposent des résidences pour les auteurs, illustrateurs et réalisateurs. A disposition, un studio-atelier, tout le matériel technique et un accueil hors du commun pour réaliser son projet » dixit Samuel Ribeyron sur son blog.

Samuel Ribeyron est auteur-illustrateur. Il conçoit l’illustration en trois dimensions. Il coupe, colle, sculpte, peint et rafistole tout ce qui lui passe sous le nez. Il modèle ses personnages en terre, les prend en photo et campe les décors tout autour. Il crée ainsi un monde original et plein de tendresse, en carton-pâte et pâte à modeler. Il travaille également pour le cinéma d’animation (au studio d’animation Folimage où il est décorateur volume), la scénographie, la communication, avec la conception d’affiches, de programmes culturels ou encore de pochettes d’albums. Il a ainsi confié à Amélie-les-crayons, artiste avec laquelle Samuel a déjà collaboré pour la réalisation de plusieurs des pochettes de disques de la jeune femme, la musique du court-métrage Beau voyage.

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La lettre, Anne Herbauts, Casterman, 2005, 14,95 €

« Anne Herbauts a reçu une bourse pour un travail d’expérimentation sur la narration. Depuis longtemps elle souhaitait s’essayer au cinéma d’animation en volume. Elle a donc écrit une histoire « pour » ce support spécifique. En deux ans, elle a réalisé un film de 8 minutes et 12 secondes, Et Jean s’est perdu dans ses pensées. Elle évoque avec humour ce travail si particulier qui crée un étrange rapport au temps et impose de se questionner sur la notion de temps qui passe. Le film raconte la rencontre entre Jean, un ours, un certain Monsieur Cuillère à thé en train d’infuser ses pensées et un corbeau bavard et bruyant, percepteur de pensées.

Son éditeur, Casterman, lui a proposé de faire un livre en rapport avec ce film d’animation : La lettre. Anne Herbauts n’avait pas pensé à la complémentarité d’un support livre lors de la création du film. Elle ne voulait pas faire ce qu’elle qualifie de « livre emballage ». Le livre n’a donc rien à voir avec le DVD. C’est un ouvrage très graphique dans lequel on retrouve des photographies d’objets présents dans le film. Ces objets furent le point de départ de la création du livre ».

Extrait des soirées illustrées de La Joie par les livres, jeudi 06 octobre 2005

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La chose perdue, Shaun Tan, Gallimard Jeunesse, 2012, 22,50 €

Enfin, l’ovni australien Shaun Tan présente La chose perdue, à la fois dans un album et dans un court-métrage. Lui aussi est un touche-à-tout puisqu’il a successivement illustré des livres, dessiné pour des magazines de science-fiction et d’horreur destinés aux adolescents, travaillé pour divers studios pour lesquels il a participé à plusieurs réalisations en tant que concepteur graphique, publié des bandes dessinées, conçu des pochettes de CD, réalisé de fresques murales etc. En 2011, il est récompensé à Bologne par le jury du prix Astrid Lindgren