Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, de Susin Nielsen. Editions hélium (dès 12 ans)

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Ce livre a reçu le Governor General’s Literary Award, le plus prestigieux prix canadien anglais pour les romans adolescents.

Et m’est avis qu’il l’a bien mérité.

Y a t’il encore quelqu’un par ici qui n’a encore jamais lu un roman de Susin Nielsen ? Si tel est le cas je ne peux que vous engager à vous plonger dans n’importe lequel de ses ouvrages parus en français. Voilà tout juste deux ans, une première très bonne surprise nous attendait ! La parution du jubilatoire Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère , sur fond de famille recomposée, showbiz et crottes de chien. L’an dernier, 2e bonne surprise avec Moi Ambrose roi du Scrabble, dans lequel Ambrose veut que sa mère lui lâche la grappe car il ne fait rien de mal, il se contente de jouer au Scrabble (ok, avec un type qui sort de prison). Cette année, 3e coup de maître (au bout de 3 réussites, on ne peut plus dire surprise) avec Le journal malgré lui de Henry K. Larsen.

Nielsen à le sens de la formule, du drame enrobé d’humour. Aucun de ses personnages n’a la vie fastoche. Violette de Dear George Clooney avait des parents divorcés, un père remarié à une jeune starlette qui lui a fait deux jumelles adorables… que Violette hait. Ambrose est allergique aux cacahuètes, son père est mort, sa mère parano les fait déménager tout le temps, il est harcelé au collège par Troy et sa bande. Henry est de loin le moins gâté du lot mais je ne peux pas dire pourquoi. Mais il est harcelé lui aussi par Troy.

Susin Nielsen compose un puzzle se déroulant à Vancouver dans lequel nos héros se croisent, apparaissent dans les romans des autres. Ainsi, Ambrose et Henry sont scolarisés dans le même collège. Ou encore, la voisine d’Henry est la meilleure copine de la mère de Violette. Et d’autres liens encore que je n’ai pas saisis car les livres ne sont pas parus dans le même ordre en France qu’au Canada. Si vous n’en avez lu aucun, faites vous une joie de les relier tous les uns aux autres.

Tous ces romans sont un condensé de vie, parfois de mort, d’humour, d’amour.
On y rit et on y pleure à la fois, ce qui selon moi est la qualité suprême d’un roman…

Dans Le journal… Il y a un passage qui m’a donné ce frisson, cet instant où on est entre rire et larmes. Henry remonte de la buanderie commune et tente par tous moyens d’éviter sa voisine Karen avec qui il s’est brouillé pour une histoire de linge (et de soutien-gorge). En passant devant leur box, il s’y enferme et se retrouve le nez collé aux cartons de souvenirs du « temps d’avant ». Photos, couvertures de bébé, vieux jouets, Henry bascule dans sa douce enfance. Quand l’ascenseur s’ouvre , il se fourre Doudouce (la couverture de son frère) dans la bouche pour ne pas faire de bruit. Car il sanglote, envahi par les souvenirs.

Henry mène depuis CE jour une vie bringuebalante. Sa mère est dans une sorte d’asile, son père se met à boire, et lui, Henry disjoncte et se met à parler comme un robot. Son psy lui suggère de tenir un journal (bien lui en a pris!). Les scènes où Henry parle et marche « robot » sont drôlement tristes. Drôles et tristes.

J’aime Susin Nielsen depuis mon adolescence, ce temps béni où je regardais la série canadienne Degrassi, dont elle était la scénariste ! N’attendez plus pour lire ses romans. Tous ses romans, sans exception.

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